2015 : Réinvention & ralentissement

2015, année de la réinvention, année du ralentissement

Boooon, alors un bilan. difficile de dire en quelques mots ce que j’ai traversé en une année, surtout cette année. En dehors des points sur la ligne, des événements forts, quel est ce fil rouge auquel je puisse donner du sens? Quelle est la grande Histoire qui se lit derrière toutes les petites histoires?

Si l’année dernière au même moment j’étais plein de gratitude, content et confiant de ce nouveau départ, de ma sortie de Paris, aujourd’hui je suis à la fois heureux mais plein de questionnements. Beaucoup plus d’inquiétudes pour notre monde et son devenir.

A un niveau personnel je me sens confiant et heureux de mes choix mais plein d’interrogations et de curiosité sur la façon dont va se dérouler la suite.

2015 c’est une année de grosse transition de l’activiste parisien au néo-cévenol, un changement de modèle complet, un changement de métiers, un changement de région, un changement de maison, un changement de style de vie… une réinvention sur tous les plans.

Quitter la région parisienne, son rythme et ses rêves, sa pollution et ses angoisses pour atterrir au milieu des biquettes, là où il y a autant d’habitants dans toute la vallée que dans une rame de métro, c’est un peu l’image qui marque vraiment cette année 2015.

2015 c’est l’année où j’ai arrêté Symba, le projet pour lequel j’ai tant investi ces 2 et 8 dernières années.
2015 c’est l’année où j’ai quitté le château de Millemont pour venir m’installer dans les Cévennes avec Julie
2015 c’est l’année où j’ai découvert la vie en collectif, à la campagne
2015 c’est l’année où j’ai enfin touché la beauté et la grandeur de la nature
2015 c’est l’année où j’ai appris à me servir de mes mains
2015 c’est l’année où j’ai décidé de créer une nouvelle activité avec la femme que j’aime

C’est comme si après avoir cru vivre mon rêve, je me retrouvais en pleine nature, à méditer sur ce que j’avais mal fait, pourquoi, comment, et à en payer le prix. C’est comme si, je redevais construire le sens de mon existence après cette aventure si prenante, devoir me reconstruire, me réinventer, comprendre les errements, les erreurs et prendre la fuite, une solution de repli, de protection, de réinvention et de ressourcement.
Après la fuite à Varennes, la fuite dans les Cévennes. Pas sûr qu’un jour je revienne, pas sûr que l’envie me reprenne.

C’est comme si, grâce à cet arrêt soudain, je m’étais autorisé à vivre un rêve qui restait inaccessible jusqu’à maintenant : “je n’allais quand même pas quitter Paris pour aller élever des chèvres dans le Larzac” Ben non, jusqu’à maintenant un jugement m’en empêchait, une culpabilité, une peur de prendre soin de moi et de faire ce qui me parle au fond de moi, comme un besoin de croire qu’il faut que je reste sur le front de l’activisme, de cette peur de ce que les autres vont en penser, de ce qu’ils vont dire, penser et juger de moi.
Mais comme si en diminuant de fait cette polarité d’entrepreneur sauveur mégalo qui va changer le monde, je retrouvais un peu de ma base et de ce qui compte pour mon équilibre personnel et celui de la femme que j’aime.

Comme un basculement du militant engagé tourné d’abord vers l’extérieur à l’homme présent, tourné d’abord vers l’intérieur, vers mes besoins. Je n’y serai probablement pas arrivé sans être d’abord allé à fond et au bout de mon rêve d’activiste.

Cela me pose la question de qu’est-ce qui compte vraiment? Qu’est-ce qui compte le plus? Me donner à 300% pour créer une solution qui me parait nécessaire pour sauver notre monde qui s’effondre? Ou être présent et aimant auprès de la femme que j’aime et pouvoir construire avec elle? Comment équilibrer ces polarités sans sacrifier l’une pour l’autre? Comment faire vibrer toutes ces facettes et m’épanouir dans toutes mes relations?

Ce qui est sûr, c’est que j’avais besoin d’aller au bout, de tenter l’aventure, de la vivre, d’essayer. Ça pour essayer, j’ai essayé.

Comment ne pas balancer et rayer tout ce que j’ai fait ces 7 dernières années en terme d’études sur la finance et les monnaies? Comment ne pas tout oublier mais remettre ces connaissances et ces expériences au service de projets plus petits tout en gardant cette grande vision de l’ensemble des projets que nous aurons à construire.

Proposer des week-ends de formation sur la création monétaire / les monnaies complémentaires / l’économie du partage et les plateformes / la blockchain pourraient être une piste. N’hésitez pas à me mettre un commentaire ou un mail si cela vous parle.

C’est donc bien ce qui s’est passé pour moi cette année : quitter et arrêter un projet que j’ai créé, aimé, porté et développé avec d’autres pour me recentrer sur mon équilibre personnel. Diminuer l’ambition, ralentir, ralentir, ralentir, rétrécir les objectifs, revenir à du petit, à du simple, à du maîtrisable, à du réalisable, à du presque connu. Que c’est reposant… De faire des choses avec mes mains, des petites choses, d’en voir le résultat à la fin de la journée, que ce soient des planchers de yourtes ou des buttes en permaculture, il y a un avant et un après, c’est profondément nourrissant et hypra concret.

La nature a son rythme, elle prend son temps, aujourd’hui et dans cette année 2015, j’ai appris à ralentir pour me mettre au diapason avec cette nature qui m’entoure.

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Un petit flashback des grands événements-phases de l’année :

Janvier : Symba à fond
L’année commence à fond pour le projet Symba et les interventions sur les monnaies : une audition au CESE avec Bernard Lietaer pour essayer de convaincre des sextagénaires que les monnaies complémentaires sont un canot de secours bien nécessaire pour notre Titanic à la dérive. J’oscille entre des rendez-vous avec coopaname et des rencontres avec le parc régional des chevreuses, je multiplie les rendez-vous pour trouver des parties prenantes intéressées pour Symba : un projet de monnaie régional.

Février : licenciement officiel

Le gérant en moi licencie le salarié en moi pour faute de fonds. Malgré les 87 sociétaires, les sous manquent pour continuer de pouvoir me rémunérer et travailler à plein temps au service du projet. S’en suivra une longue aventure avec pôle emploi pour leur expliquer et tenter de leur prouver qu’en tant que salarié, j’avais un lien de subordination… je vous passe les détails, mais cet épisode me met maintenant au rang numéro 2 des spécialistes des galères avec Pôle emploi. J’en sortirai perdant et pourrai donc être une bonne oreille pour toutes personnes ayant des déboires profonds avec cette institution délicieuse et cette suite d’individus qui ne prennent pas la responsabilité des défauts organisationnels de leurs process. Je comprendrai et accueillerai respectueusement toute personne ayant envie de mettre des cocktails molotov dans quelques bureaux en leur expliquant que cela ne règlera pas leurs problèmes, bien que pouvant soulager temporairement le désarroi qui peux exister face à cette administration au service des promesses de campagne de notre président chéri.

Avril : 1er tour dans le sud, découverte des éco-lieux, rencontre de conseiller d’orientation alternatifs, où aller et que faire, quand, à nos âges, on a envie de sortir de la grande ville, comment ne pas partir en autarcie mais rester connectés aux réseaux qui bougent?

En avril, j’ai aussi fait une cagnotte pour pouvoir payer mes loyers, faisant appel à l’incroyable solidarité de 40 contributeurs.

Mai :
Enfin, après avoir vu toutes ses vidéos, j’ai l’occasion de découvrir Chilly Gonzales au Philarmonie :

OuiShare Fest, intensité & transversalité
Organiser un atelier avec Charles Eisenstein & Joe Ross, raconter et partager des bribes de la nouvelle histoire, des déclics, des moments où nous sommes sortis de ce que l’ancienne histoire attendait de nous. J’ai pris beaucoup de plaisir à travailler avec Anke pour coordonner, faciliter la cohésion entre les 70 volontaires, les 20 connectors et l’équipe de 10 personnes gérant l’organisation du Fest. Pas d’argent pour le déménagement, je me retrouve à demander à un auditoire de 150 personnes de l’aide, manuelle et financière pour descendre les 600 km qui me séparent de ma nouvelle maison. Un an auparavant, nous gagnions avec Symba les OuiShare Fest awards. Le vent a tourné.

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25 Mai Départ de Millemont pour l’Aérium

Mes activités « professionnelles » pour ce que ce mot a encore de sens pour moi aujourd’hui :
Un week-end à faciliter l’AG de Kaméa-meah avec l’équipe du film Enquête de sens, des interventions à Reims, à l’istec à paris pour des cours et des formations sur les monnaies complémentaires, une intervention sur l’économie collaborative pour le séminaire stratégique de France Active en Corse et une mission de conseil avec l’Université du Nous sur leur développement-communication dont vous entendrez bientôt parler. J’ai aussi animé une table ronde avec le PDG de BNP Paribas pour France Active…
J’ai eu la chance d’organiser un budget participatif de 15 000€ pour les 70 connectors de OuiShare : comment chaque membre de la communauté peut voter et distribuer « sa » part du budget aux projets qu’il veut soutenir, une expérience très intéressante pour les organisations qui veulent s’ouvrir…

Rentrée et découverte du Choeur de la Buège mené par Marianne Aya Omac

J’avais découvert cette femme grâce à Maryvonne à un concert au New Morning à Paris, Julie a eu le courage de passer l’audition la première, puis étant acceptée, je me suis lancé à mon tour dans cette audition a capella face à cette chanteuse que je respecte grandement. Un stress d’enfant m’envahi : que chanter? je finirai avec Wish you were Here de Pink Floyd & Across the Universe des beattles.. et je serai pris.
Depuis que nous avons été accepté, je me régale, chaque mercredi de chanter, de vibrer, d’être avec les hommes, d’entendre les voix des femmes, cette harmonie.. quel pied!

Stage Tantra Homme en Novembre

C’est en novembre que nous sommes allés avec Julie au Hameau de l’étoile pour être Assistants de Jacques Lucas & Marisa Ortolan pour leurs puissants et merveilleux stages l’Homme tantrique et la Femme tantrique. J’étais assistant pour la deuxième fois avec Jacques tandis que Julie était assistante avec Marisa et les 45 femmes.
C’est un de ces moments où je me sens à la maison, vraiment bien, présent pour accompagner l’initiation de ces 45 hommes qui viennent se découvrir, passer un rituel, une porte, une étape de leur vie pour grandir dans nos chemins d’Hommes. Un vrai régal, une vocation claire pour tous les deux, nous sommes sur cette voie pour accompagner des Hommes et des Femmes, quels que soient leurs âges qui souhaitent cheminer sur ces voies de la connaissance de Soi et du Tantra.

Power & Love

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C’est fin novembre que nous avons créé avec Julie notre association Power & Love. Socle pour pouvoir proposer nos stages à l’Aérium et ailleurs. Publiée le 12 décembre au JO, c’est là encore un rêve qui se réalise : créer avec la femme que j’aime, créer à deux, dans cette danse des polarités et pouvoir accompagner ensemble hommes et femmes sur différents plans.
Power & Love c’est un peu ce Yin Yang qui doit rassembler les deux polarités, ne pas en chérir une pour délaisser l’autre, c’est bien cet équilibre, la force du ET : de la Puissance ET de l’Amour.
La puissance comme force qui conduit toutes les choses à leur réalisation.
L’amour comme force qui relie toutes les choses entre elles.
Pourvu que leur réunion nous apporte l’harmonie dont nous avons besoin.
Un site web avec les premières dates de nos week-ends est en route, si vous êtes dores et déjà intéressés, faites moi/nous signe, vous pourrez nous retrouver et vous inscrire à l’adresse suivante : http://powerandlove.strikingly.com
Notre premier stage sera sur la réconciliation des polarités féminines et masculines… 😉

L’aventure de l’aérium

Vivre à la campagne c’est d’abord le plaisir, le miracle et le bonheur de pouvoir voir les étoiles tous les soirs. De me relier à cet infini grandiose qui nous entoure et me rappelle à ma condition d’être humain. C’est aussi le plaisir de bénéficier d’un air pur de la montagne, c’est aussi la chance d’avoir une eau de source toujours fraiche.. autant de richesses qui me manquent de plus en plus dès que je quitte ce havre de paix. Des choses aussi simples qui sont gratuites, qui existent à l’état brut dans la nature, qui SONT la nature et qui pourtant manquent à tellement d’habitants sur cette planète. 3 privilèges qui devraient être des bases de vie absolument nécessaire pour tout terrien.

Apprendre à me servir de mes mains..

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A travers le travail du bois pour faire les planchers de yourtes, la construction de buttes au jardin, la mise en place d’une serre, je découvre les outils, les marteaux, les visseuses, les ciseaux à bois, je découvre les matériaux et pour chaque matériau l’outil qui va avec. J’apprends à modeler la matière. C’est vrai que les tableaux excels et les powerpoint, je maîtrise, mais construire un plancher par exemple, ce n’était pas ma compétence première. Ici chaque jour, nous nous transmettons des connaissances qui nous permettent de grandir en autonomie, dans l’éco-construction, en biodynamie… Ainsi j’ai réalisé mes premières planches à découper sur des chutes de parquet… et j’ai envie d’aller plus loin, mais allons-y molo… 🙂

Le foyer sera bientôt fini, le bureau aussi, les travaux avancent à la fois vite et lentement..

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Planter, faire pousser…
J’en ai rêvé tant de fois à Paris, avoir du terrain, de la terre, dépasser le souci hyper profond de la propriété capitalistique pour pouvoir avoir un bout de terre où cultiver, où planter, un petit carré de cette planète où nous puissions y faire pousser cette Vie, cette intelligence qui ne demande qu’à fleurir et grandir. Et là j’ai pris mes plus grandes claques, de cette abondance, de cette générosité, de ces légumes à profusion, gratuits, sans travailler, ils sont là, ils poussent, sans cesse et repoussent. Des courgettes en veux-tu en voilà, des tomates parties trop vite à cause du froid, des potirons, des pommes de terre, des petites tomates dans le jardin. Tu les manges, ça repousse. Jamais j’ai vu ça dans un supermarché. L’abondance est là, à 10 mètres de la cuisine. Elle vient concurrencer petit à petit nos dépenses de courses. En plus il y a ce sentiment merveilleux de faire pousser des petits, de faire grandir des êtres vivants, d’accompagner la Vie dans ce qu’elle a de plus beau, de plus simple : de la terre, du soleil, un peu d’eau et puis après c’est cinéma : c’est elle qui enseigne, qui montre, qui transmet, qui révèle ses secrets, l’intelligence de la Vie, Dieu en action, de la pure grâce, du génie infini..
Celui ou celle qui a inventé la nature… franchement, respect.

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Et puis après une journée remplie de choses aussi simples et en même temps physiquement mobilisantes, je peux aller me couché nourri, rempli. Faire ça dehors, sous le soleil couchant derrière les montagnes donne une beauté à cet instant, à chaque journée. Chaque jour a son coucher de soleil unique, perso, sur mesure. Complétude.

Une année très riche pour un pauvre

L’autre aspect particulier de 2015, c’est que je l’ai traversée sans un sou. A part les 2 mois de salaires de Symba jusqu’à fin février, je n’ai pas eu de revenu fixes et j’ai du vivre avec 500 ou 1000€ maximum par mois ce qui me place en dessous du seuil de pauvreté. La cagnotte leetchi d’avril m’a sauvé. Le soutien d’amis et de ma chérie aussi. Incroyable et surprenantes solidarités… merci… merci…
Et puis le rythme de vie dans les Cévennes m’a permis de diminuer un maximum mes dépenses : nourriture pour partie du jardin, loisirs gratuits, peu de transport, pas de centres commerciaux 😉 bref la décroissance de gré ou de force. Cela ne m’a pas empêché d’avoir une vie très riche.

S’organiser, penser, construire, imaginer et rénover un lieu, inventer un nouveau mode de vie
Mon emploi du temps est complètement vide et pourtant toutes mes journées sont bien remplies. C’est ce paradoxe qui est fou. Je suis très actif, mais plus au sens d’avant. Cela fait partie de ce changement, de cette réinvention, un nouveau rapport au temps, à mes besoins, à l’argent.

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Je suis en recherche de cet équilibre entre les activités sur place, les activités rémunératrices sur place ou ailleurs…
Lâcher le connu pour sauter dans l’inconnu.

Sans la conscience, aucune chance!
Enfin, et c’est sûrement le plus beau et le plus dur, partir, fuir c’est facile. Recommencer, reprendre à zéro, il y a un départ frais, un renouveau, mais c’est bien avec mes peurs et mes craintes, avec mes envies et mes désirs que je suis venu ici reconstruire mon histoire. J’ai ramené mes constructions mentales, mes pensées, mes blessures, toutes mes valises psychologiques m’accompagnent où que j’aille et je suis encore une fois face à ce mur de l’ego, cet océan de conscience, si je ne m’apporte pas ce que personne d’autres que moi ne peut m’apporter, je serai toujours à hurler sur les autres pour mes manques.

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C’est donc aussi l’occasion rêvée pour moi de prendre la responsabilité, une fois pour toute, que je créée mon monde, qu’inlassablement mon histoire se réécrit, que je projette mon cinéma intérieur sur mon environnement et qu’il n’y a que moi pour choisir de changer de bobines, d’en réécrire des scènes, de virer le réalisateur ou mettre de la distance entre ce que le petit Etienne a vécu et ce qui aujourd’hui m’agit.

Alors voilà le défi pour moi en 2016 : plonger et désactiver les blessures du passés pour écrire l’œuvre de ma vie d’adulte, pas celle qui a été écrite pour moi, mais celle que j’ai maintenant envie de m’offrir et de partager.

Je vous souhaite pour 2016 de ralentir et de trouver votre propre rythme, d’entendre votre propre musique, celle qui au plus profond de vous résonne, même très timidement et de la laisser entendre autour de vous!


Comme je suis un garçon organisé, vous pouvez retrouver mes bilans :

2014 – 2013 –2012 –2011 – sept 2010

Post-attentats

intialement posté le 25 décembre 2015 : Post-attentats

J’ai vécu les attentats complètement en décalage, étant au milieu d’un stage de tantra dans le sud de la France. En plein travail intérieur sur le masculin sacré, la paix en soi et la réconciliation avec le féminin. Autant vous dire que j’étais à mille lieux de la réalité ambiante et de l’onde de choc parisienne de vendredi soir.

1. Paix aux âmes qui sont parties ce week-end, mon soutien aux blessés, à leurs proches et leurs familles.

2. Si l’épisode Charlie était violent parce que nous connaissions ces dessinateurs et que la cible symbolique était l’humour et la liberté de parole, ici c’est choquant, parce que ce sont des quartiers que je connaissais, des personnes que je connaissais ou que j’aurai pu connaître. Nous sommes passés à l’étape supérieure, plusieurs actes en même temps, à visage découvert, en kamikaze et tuant, en grand nombre, des gens qui profitent de choses simples, du bonheur de la vie, de la musique, de la culture, d’une terrasse de café entre amis, cette fois ce sont des gens « inoffensifs » qui étaient les cibles.

3. Le mégaphone médiatique a complètement rempli mon Facebook de la vague émotionnelle débordante des événements, de l’hyper violence, à l’hyper réaction à l’hyper questionnement de qui est coupable, à qui la faute, que faut-il faire, qui les nourrit et comment les arrêter. Du ressenti que le deuil est impossible tant qu’une vengeance, une solution, une justice, un coupable, un responsable n’a pas été nommé et puni à la hauteur des faits macabres qui ont été commis. Le terrorisme est terrifiant et nous nous retrouvons terrorisé à propager la terreur qu’ils nous infligent. L’onde de choc est amplifiée par les médias de masse qui nous abreuvent de notre dose d’informations pour pouvoir imaginer survivre dans cet environnement devenu angoissant.

4. La violence ne résoudra rien, la guerre non plus, la réponse était, est et sera ailleurs.

5. Pourquoi?
Qu’est-ce que cette violence qui nous est envoyée en pleine tronche? En quoi sommes nous responsables? Quelle part de violence en nous pouvons nous nous approprier dans ce qui nous est renvoyé à coup de kalach et de TNT? De quelle violence physique, psychique, émotionnelle, spirituelle suis-je responsable, que j’ai porté à l’autre, aux autres et qui aujourd’hui jaillit comme un balancier dans son inéluctable retour? Quelle est cette cause que moi, que nous, occidentaux, parisiens, français, bobos avons supporté, toléré, soutenu et propagé, même sans le savoir, sans nous en rendre compte et qui engendre cette conséquence que nous ne sommes pas prêts à accueillir.
Quelle est cette non-action que nous avons eu, cette tolérance ou indifférence à l’injuste, ce manque de fraternité, de solidarité qui a laissé grandir ce fossé qui aujourd’hui nous pousse si facilement à tracer une belle ligne entre les bons et les méchants? Quel modèle offrons-nous, défendons-nous dans nos sociétés occidentales qui permette à chacun de trouver sa place? Quel sens proposons-nous qui inclue l’ensembles des vivants sur cette planète?

Si je condamne profondément et fermement les actes, je ne peux balayer aussi simplement la critique qui est adressée à la violence du modèle mourant certes, mais encore vivant qui anime nos sociétés aux économies capitalistes libérales et qui laisse sur le carreau un grand nombre d’entre nous et des espèces qui co-habitent avec nous sur cette planète.

6. Alors que faire?
Continuer de vivre, se réunir, rencontrer et aimer son prochain, dire la vérité, se divertir, faire ce qui nous rend heureux, qui a du sens pour nous, notre entourage et la planète, pour la communauté des vivants. Nourrir le vivre au quotidien. Semer des graines et les arroser, prendre soin de son jardin. Percer la lumière derrière les ombres. Rayonner la vie qui est là, encore, toujours et qui continue de pulser à travers nous. S’indigner contre l’épouvantable, se lever contre l’injustice, dénoncer l’insupportable, respecter les vivants et agir pour un monde plus désirable. Créer du Beau. Redonner du sens aux valeurs de fraternité, d’égalité et de liberté, les habiter pleinement au quotidien.

7. Le gouvernement en profite pour réagir avec les deux seules techniques qu’il a et qui du haut de sa pyramide de contrôle restent apparemment les seules boutons logiquement actionnables pour rassurer la population sous le choc : plus de dureté, plus de sécurité.

8. Le fichier de gens louches est prêt à être rempli avec pour faux espoir et bonnes justifications d’éviter que la terreur nous frappe à nouveau.

9. La COP21 représente la mascarade la plus complète en terme d’enjeux – espoirs – solutions inexistants pour passer dans un monde climatiquement vivable pour tous et fait flipper le-les gouvernement-s par les enjeux qu’elle représente encore.

10. Donc pour ceux qui espéraient / croyaient encore à une sage décision venue d’en haut qui pourrait magiquement régler tous nos problèmes, le durcissement du gouvernement régit par la peur double (des terroristes, et que ça dérape niveau alter) s’en trouve bien opportunément justifié.

11. La COP21, avec tous les enjeux de cocotte minute qui siffle déjà à s’en faire péter les oreilles qu’elle comporte, se fera donc à huis clos. Comme si les décisions qui impactent l’ensemble des êtres vivants sur cette planète pouvaient encore être confiées à 200 pantins qui doivent concilier croissance, rentabilité économique et promesses de campagne pour satisfaire leur auto-reproduction lors de leur prochaine échéance électorale.

12. Le peuple est interdit, pour sa propre sécurité, de venir demander le droit que l’on respecte la planète et les générations futures.

13. L’embarras et la responsabilité du choix
Nous avons donc le choix entre ne rien faire et espérer que par le plus grand miracle, après 20 cop, cette fois-ci, par magie, les protocoles et accords intelligents pour le plus grand nombre soient pris : je n’y crois pas vraiment et cela me semble mal parti.
ET
Descendre dans la rue, braver l’interdiction qui vient d’en haut pour secouer le cocotier et jouir de notre liberté de citoyens pour rappeler à ceux qui nous gouvernent qu’ils ont des responsabilités notamment face aux dérèglements climatiques. Prendre le risque, dans ce méli-mélo, d’être fiché, listé, répertorié, encore une fois, une fois de plus et de s’afficher avec d’autres, plus ou moins nombreux comme opposés à toutes ces décisions liberticides qui sont prises quotidiennement à contre-sens de l’évolution.

Autrement dit, pour rester dans la légalité, nous sommes cordialement invités à une mort par réchauffement climatique sous sédatifs politico-judiciaro-liberticide-anti-terroriste hyper rassurante : les gouvernements et le système économique auront gagné cette bataille mais on y perd la planète et sans garantie d’éviter toutes les nouvelles attaques terroristes.

L’étau se resserre.
Tout est prêt pour que ça pète.
De la pression peut émerger une autre voie.

Quelle histoire choisissons-nous d’écrire dans ce chapitre ô combien décisif de notre vie sur la planète Terre?

L’image ci-dessous est un dessin d’Anna Petard Lieffrig offert à son amie Aurélie Burot.
Anna est décédée suite aux attaques de vendredi soir, Aurélie est à l’hôpital, elle va s’en sortir.
Puisse cette image nous inspirer.

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Intégrity – something must happen

Initialement posté le 18 janvier 2016 : Integrity – Something must happen.

I thought money was the biggest problem and the deepest architecture of power and that by changing money, even at a small scale we would, and could free ourselves of many of the problems that are crushing our society today piece by piece. I studied international finance & complementary currencies looking for alternatives for the last 7 years and I started a project in the region around Paris that didn’t reach a critical mass.

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The problem we face is a simultaneous complexity at many levels. There are many answers and many situations that need to be addressed at the same time. The crisis is global, the answer must be global, but in a networked society, we can only act from our very local level, from the I.

We are facing a triangle of
-> Global consciousness: Global causes, global forces that we are aware of, that we understand the direction to be taken and the political decision that should be taken according to this coherent world vision.
-> INDIVIDUAL SURVIVOR: Local constraints: my rent, my food, my way to « earn my living »: earn the financial means to free myself from Maslow’s first levels of the pyramid: shelter, food, security… to be able to do things that make sense at a very local level in my everyday life.
-> Confidence + Trust: the satisfaction that acting at a local level in the right story has a ripple effect strong enough to satisfy the need of the new world vision and that enough individual will do too and that the right decisions at the top will be taken.

Is this enough? Is my individual action in coherence with a global positive vision enough?
Will it be sufficient for the shift to happen before it’s too late?

While money remains a very powerful architecture that guides the life of many of us, or should I say, the survival of many of us, at a psychological level it is our fears that are leading us to decide, to resign, to support what our souls could call the unbearable. It is not that we are weak, it is just that we are alone, facing a system that is so complex, so strong, and some mechanisms that are so deeply rooted in our system, we are facing demons of fog, ghosts of wind and streams of dust.
We know some aspects of what we criticize and what we should change, but at the individual level, we feel powerless. What can I do against such forces?
Being unconscious of this might seem easier because the fact of knowing and yet, not being able to give a successful answer makes us even weaker, it sometime leads to the destruction of our self-esteem and confidence.
Yet, every action we have that is part of a different story than the one that has been taught to us is a step toward a better future. Every step that is divergent from the voices from society that tell us what is good, what is normal, what is legal and how we should behave is a resistance act. Every little tiny choice that we make that say something different is a victory from the old story. It has a ripple effect that sends a signal to the world that has a double effect: it doesn’t feed the old system and it nourishes the new. Even if it is just one time, it is the first opening of another future.

Every creation of art, expression of ourselves trough music, poetry, writing, video, documentary is an act of communication that brings us closer to a beautiful world.

We need something else.

Solutions arise and do exist already in every field, we know what could be done and how it could be done according to the new story, yet we still fail to get out of the systemic washing machine at a global level. Some countries have tried. Some countries have iconic leaders that gave us temporary relief and strength to see that it is possible but we still fail to get a strong network of resisting country together, we are still very connected but not enough within our own countries boundaries. We are still limited to the old politician game where majority needs to be within a department, a city, a region, while our playground now is the earth.

The game is fake – les dés sont pipés
The system as it is seems undefeatable and too big to fail: governments save the banks that played against us, they save banks with our own money. And at the same time, they protect the companies that are destroying the planet. If we strike, manifest or oppose ourselves to this silly game, in France: we get listed, arrested and may end up in jail. We are trapped between the terrorist violence and the police violence. The power that be are getting sharper and sharper, lobbying, the state & corruption are

Jumping into the Unknown
At the individual level, the only way for me to achieve this path is through inner peace & integrity. The consciousness and the faith that I am ready to be killed to remain faitful to an idea, to an ideal, to a vision. This calls deep in my bones and flesh, in my mind and spirit and asks the question of who I am and what will remain of me. This questions my deep perception of the answer to what do I believe in and why am I here. It doesn’t mean I will die for it, but it means that life without this is deeply corrupted. This questions all the levels of my being and the reason of my choices?

Am I here to enter the boxes the system prepared for me and nourish it with my energy?
Am I here to experience my creativity and imagination to create new structures that free us from this dangerous machine?
Am I capable of creating a different story, feeling that I am part of the great web of life, of a conscious evolution of humanity that needs to rewire its organizations, way of deciding, power links and value system?
Can I feel the call in my body, in my mind, in my blood that begs me and asks to take action for a better life on this planet? A greater respect toward all living things, a sweeter harmony between humans and a strong posture against the unbearable?
Am I ready to take that leap?
Am I alone?

Refaire surface

Nous sommes en septembre 2018.
Je suis papa depuis presque 6 mois.
Je me suis présenté aux législatives l’année dernière dans la 4ème circonscription de l’Hérault.
J’ai déménagé 4 fois en 4 ans : Paris / Millemont / Les cévennes l’aérium / La vallée de la buèges puis St Martin de Londres depuis octobre 2017.
J’ai quitté facebook en mars encore un peu stimulé par l’affaire cambridge analytica mais ça faisait un moment que j’avais dit que je le ferai.
J’ai écrit quelques articles sur mon site www.etiennehayem.fr qui est géré avec un strikingly mais pas beaucoup de prise de parole, de partage depuis 4 ans, depuis que j’ai quitté l’aventure Symba et les Yvelines.

J’avais fait mon bilan début 2017 en vidéo, avant de me présenter aux législatives :

J’ai préparé mon bilan de l’année 2017, que je n’ai jamais posté, alors que c’était une habitude, un rituel que j’aimais bien.

Beaucoup de choses ont changé. Me revoici à réimporter mon blog wordpress. J’ai créé un nextcloud sur un serveur qui m’appartient pour ne plus héberger mes données chez dropbox.

J’ai envie de refaire de ce blog un chez moi. un endroit où je puisse poser un avis, une pensée sur les choses. Prendre le temps de donner mon point de vue. Il y a tant à dire.
à suivre.

3ème chapitre de ma Vie : en avant!

Il était une fois la Vie.
De grands changements s’ouvrent à moi dans cette période de grande transition et je souhaitais vous les partager.
Le troisième chapitre de ma vie s’ouvre et avec lui l’arrivée de la trentaine, l’incarnation : l’Homme.

Je vais quitter Paris après presque 10 ans de bons et loyaux services. Arrivé en 2004 pour mon école de commerce, j’ai besoin de retrouver la nature, un bocal plus grand comme ils disent dans Big Fish. Après 5 ans d’école et 5 ans à m’être formé au Wutao, au Tao, au jeu du Tao, aux pratiques d’intelligence collective, aux monnaies j’ai besoin de sortir respirer au grand air.
J’ai choisi d’emménager au Château de Millemont dans les Yvelines, à 45 minutes de Paris.
C’est une longue et belle histoire, d’une rencontre autour du livre Sacred Economy de Charles Eisenstein (à propos de l’économie du don et des monnaies complémentaires ) qui m’a amené à rencontré Joe Ross qui m’a fait rencontrer Peter, l’hôte de ces lieux.
Une synchronicité, un hasard pourrait-on dire, un appel du large et une reconnexion à la terre et à la Nature qui tombe… à pic! Sortir de mon 30m2 pour pouvoir me balader au grand air dans la forêt, jouer de la musique, du piano, de la guitare, de l’alto, dans les pièces haute de plafond ou dehors qui sauront accueillir toutes mes vibrations. L’opportunité aussi pour moi de planter, faire pousser, des graines, des plantes, des arbres, des projets, Symba et moi. Développer mes racines… le fameux retour à la Terre. La serre et le jardin avec son mandala en permaculture sont à 50 mètres, la forêt un peu plus bas. L’expérimentation d’OpenSource BeeHives un peu plus loin et le projet de réparation des terres malades se dessinent plus loin à la carrière. Earth’s Call, le festival de musique organisé par Joe en Juin 2015 fêtera les 500 ans du Château et j’y participe déjà en tant qu’ami-conseiller-bonne oreille.
C’est aussi l’opportunité pour moi d’investir le lieu et de le faire vivre. Symba s’y installe, à côté des autres innovations du monde qui est en train de naître. Une sorte d’incubateur naturel.


Nous serons à Millemont la semaine prochaine pour notre 2ème séminaire Symba avec une quinzaine de personnes et cela me réjouit de partager cet espace pour co-construire Symba dans un temps présent au rythme du vent. Nous y ferons également notre première AG à la rentrée!

En finissant les signatures des statuts de la coopérative, je deviens le premier gérant de la SCIC Symba, le projet que j’ai initié avec toute la joyeuse équipe que vous commencez à connaître. Changement de statut, de rôle, prise de responsabilité, près de 7 ans depuis ma crise de conscience du subprime, un parcours long et riche pour finalement incarner ce changement dont je parle, ces initiatives dont je me faisais jusqu’ici le porte-voix.
La sensation de descendre de ma chaire de spécialiste pour arriver sur le terrain de la cocréation, de l’expérimentation et de la vulnérabilité. Après les grands designs et la théorie, place à la rencontre de la réalité, du terrain et de la mise en œuvre concrète, place au rassemblement, à l’engagement et à l’action au service de Symba.
Cette affirmation aussi après de nombreuses expériences en collectif et pratiques de l’intelligence collective qu’il y a besoin de leaders, de visionnaires qui puissent offrir du leadership et de la vision pour permettre à chacun d’offrir ses talents et de rayonner à sa juste place.
Je suis heureux et honoré de porter ce rêve d’humanité et de contribuer à le faire descendre dans la matière, à rendre réel ces liens, ces reliances, cette confiance que nous partageons déjà et à faciliter sa progression dans notre réalité quotidienne.

Un autre grand changement aussi, c’est la fin de la relation avec Chloé. Nous avons passé notre premier WE en amis au mariage de Nicolas & Marie. Finir par un mariage, c’était beau et juste. C’était fort, et j’ai beaucoup de gratitude pour tout ce que notre relation m’a apporté. J’ai retrouvé la musique, découvert Chez Adel avec toute la joyeuse bande et j’ai pu me réconcilier avec mon alto, reprendre goût, guérir. Je suis heureux de l’intelligence avec laquelle nous nous sommes quittés, conscients de l’amour que nous avions l’un pour l’autre et conscients de nos différences et de nos temporalités respectives. L’impression d’être devenu adulte, et que se quitter, même quand on s’aime, c’est aussi une preuve d’amour et de respect pour soi et pour l’autre.

L’univers étant grand et vaste, j’ai eu la chance d’être mis en relation avec Juli Eai. Je l’ai rencontré la semaine dernière à Montpellier et c’est un nouveau et beau chapitre amoureux qui s’ouvre dans une relation consciente de cœur à cœur. Surprenant, étonnant, irréel, magnifique, merveilleux, détonnant, une histoire de conte de fée bien ancrée dans le réel. C’est simple, fluide, complètement nouveau et je ne savais pas que c’était possible, ce naturel, cette évidence… Je n’en dis pas plus pour l’instant, simplement que je suis heureux et que ça, c’est bon.

Autre chose que j’avais envie de vous partager c’est l’intervention que j’ai faite au CESER (Centre Economique Social et Environnemental Régional) de Champagne Ardennes il y a 2 semaines. 3 heures à présenter les monnaies complémentaires à une commission composée d’un joyeux mélange de citoyens, entrepreneurs et responsable associatifs. Un plaisir, un régal, un accueil très chaleureux et une rémunération en participation consciente de 800€. Il y avait un an j’avais envisagé que les CESER et le CESE étaient les bons interlocuteurs pour faire bouger les choses sur les monnaies.
Et là, j’ai été payé 800€ pour partager à des gens intéressés ce qui me passionne dans la vie : j’ai bel et bien créé mon métier, ils ont choisi le montant et la valeur, ce qui donne à chaque euro reçu du sens et un goût autre que celui de la négociation et le rapport de force. Quel bonheur dans le train du retour de voir que je suis en train de réaliser mon rêve, tout ce que j’avais dessiné, imaginé, espéré il y a plusieurs années est en train de se mettre en place, pas à pas.

Last but not least comme on dit, je suis en train de devenir propriétaire d’une voiture pour pouvoir me déplacer dans la campagne et les environs. C’est Olivia qui m’a parlé de cette voiture qui n’avait pas bougé depuis 5 ans, une golf 3.. VR6. Opération mécano pour la faire rouler, checker les différents voyants, papiers et hop, en avant les histoires! Ma première voiture.. ça aussi, c’est bien nouveau, je ne m’y attendais pas et pourtant ça coule de source, quelque part ça me réjouit… même si je n’ai jamais été très bagnole… la liberté provinciale n’est plus très loin

Voilà chers amis, les grands changements de ce nouveau Chapitre qui s’ouvre pour moi. J’ai l’intention d’organiser une fête à Millemont pour mes 30 ans vers Octobre pour célébrer et partager ces passages avec vous.

Je suis heureux de vous partager ces évolutions, de les vivre avec vous, heureux de vous connaître et d’être relié à vous. Heureux que nous partagions cette histoire commune d’Humanité en transition, ce chemin, ce moment charnière où nous sommes amenés à devenir qui nous Sommes.

Merci d’Être qui vous Êtes. Je vous souhaite beaucoup de bonheur dans vos Vies, de Joie dans vos Cœurs et des Rêves grands et magnifiques car nous en avons bien besoin et que, comme on dit chez SEML : il ne tient qu’à nous de les Créer!

L’été sera chaud. La rentrée sera riche alors reposez vous bien
Love

 

10 ans de Vie dans un appartement, time to move!

En train de décrocher les tableaux, les peintures, les affiches de mon appartement parisien. 10 ans de vie. Des souvenirs, des mémoires, de la nostalgie, et de la joie.

De la joie de faire le tri, de bouger, grandir, emménager ailleurs, de re-choisir ce que je garde, ce que j’emmène et ce qui reste.
Du plaisir de voir les babioles, les petites cartes, les traces de tous ces instants.
Des souvenirs de toutes ces périodes, 5 ans d’istec à occuper l’appartement jour et nuit en mode soirée ou associatif, des sous-locations pendant que j’étais en allemagne, au mexique, en argentine ou en hollande. Des souvenirs des différentes périodes de vie qui se sont succédées, de l’étudiant à l’auto-entrepreneur. De l’auto-entrepreneur au gérant de coopérative.

Prendre le temps de retirer chaque clou, en conscience, comme des traces de mon passage ici. Replier les vêtements et voir que les affaires qui accompagnent ma vie tiennent dans quelques cartons.

zoupiquerie
déménagement

Replier et ranger le coin musique. Refermer et zipper un chapitre pour pouvoir en ouvrir un nouveau. Quels sont les livres qui ne me suivront pas, quelles sont les affaires que je laisse derrière pour pouvoir repartir fraichement.

Wow. 10 ans. Le changement… c’est maintenant!

Aveu de vulnérabilité

Construire un nouveau système monétaire, imaginer les règles d’une nouvelle monnaie, de nouvelles règles pour identifier, reconnaître, mesurer, échanger la valeur pose des millions de questions, pour définir des paramètres, des options, des modes de fonctionnements nouveaux et la confiance que nous pouvons avoir entre nous, ses fondamentaux.

C’est un exercice difficile qui demande de laisser derrière nous tout ce que nous avons connu, de reconnaître qu’il faut recommencer à zéro, repenser depuis la feuille blanche et imaginer autre chose, à la fois pas si différent et pourtant intrinsèquement nouveau.

Construire un système cohérent, complet qui puisse satisfaire les besoins des humains dans une société fluide, conscient des limites de la planète, de notre place dans la chaîne du vivant, de l’impératif besoin de coopération, de respect dans nos relations entre voisins, entre régions, entre pays, du besoin de partage et de responsabilités face à tous les challenges qui nous regardent en ce début de 21ème siècle vient nous questionner profondément, jusqu’au coeur de nos peurs les plus profondes.

Cette quête nous challenge d’abord sur notre foi en l’homme, en l’humain, en la vie. Elle nous challenge aussi sur le comment faire tout cela. Elle nous challenge sur notre capacité à mettre tout cela en oeuvre. Ensemble? Qui y croit vraiment? Nous aimons repérer rapidement les bisounours, les dénigrer et reprendre nos affaires. Mais de vrais peurs sont tapies ici : la peur du manque, la peur de se faire trahir, la peur de ne pas avoir assez, la peur de se faire arnaquer… Elles existent et nous collent contre le mur, nous paralysant pour éviter de faire le saut dans le vide dans ces nouveaux systèmes qui appellent un vrai lâcher prise et une confiance profonde en la vie, en l’avenir.

Et même si c’était possible, nos croyances nous rattrapent et nous disent qu’il est trop tard, ou qu’on y arrivera pas ensemble, ou en tout cas pas à l’échelle de la planète.

Je suis convaincu que c’est possible, en fait je ne vois déjà plus d’autres alternatives. L’ancien étant déjà condamné à tous les niveaux, il n’est plus une option viable et rester collés au mur ne fait que compliquer et retarder le saut qu’il faudra de toutes façons faire…

L’aveu de vulnérabilité :
Dans cette quête, j’aimerai pouvoir vous garantir que nous savons le faire, que nous avons les réponses, que nous allons y arriver, que tout est déjà calé et que vous n’avez plus qu’à nous rejoindre et que c’est facile et garanti. J’aimerai vous garantir que vous pouvez avoir confiance et qu’avec nous tout va fonctionner. Ce n’est pas le cas. J’aurai aimé tout maîtriser et vous dire c’est bon, venez tout est prêt. Ce serait mentir.
Nous avons déjà des exemples de systèmes qui marchent, mais ce n’est plus possible à mes yeux de prendre cette garantie et de m’engager à ce que ces systèmes fonctionnent, fassent tout à notre place, gèrent nos ressources, nos échanges, reconnaissent la valeur et que si l’un de nous ne peut plus payer, que le système garantisse le fonctionnement, le paiement, la confiance des uns et des autres.

Je peux m’engager à faire tout mon possible pour que le système fournissent les informations pour créer la confiance, que le système soit transparent et permettent aux acteurs d’agir en étant informés, nous allons d’ailleurs nous y engager! Mais il ne nous est plus possible de garantir quoi que ce soit et il ne nous est pas possible en tant que gérant du système de prendre cette position.

Ce serait même de la folie à mon sens de vouloir recommencer et faire comme si nous avions la capacité de prédire l’avenir et de tout garantir, l’avenir, les défauts, les échecs et les risques.

Ce que par contre je sais, c’est que nous sommes une espèce plutôt douée, magique même, faite de millions de cellules qui interagissent entre elles et avec les millions d’espèces qui nous entourent en permanence, nous constituons un ensemble complexe et pourtant bien cohérent qui a trouvé un grand nombre de moyen d’évoluer, de s’adapter pour grandir, survivre, muter, se transformer et aller de l’avant.

Si je n’avais pas confiance dans un système qui peut tout garantir, j’ai confiance dans notre espèce et dans notre capacité à trouver des solutions ensemble, dans notre capacité à coopérer, à nous serrer les coudes et les coeurs pour faire face ensemble, pour organiser, définir, ce qui compte, comment nous pourrons créer des relations saines, respectueuses, durables, libres et fraternelles.

Cela nous demande de l’écoute, de la solidarité, du respect et de rappeler à notre mémoire la conscience de l’interdépendance qui nous unit et nous a toujours unit.

C’est ce qui nous attend. N’attendons pas plus, l’heure est venue.

Relions-nous, cocréons et prospérons ensemble.

Le super-organisme s’éveille à lui-même

Chaque jour, je rencontre des nouveaux collègues, des coopérateurs. Pourtant je suis auto-entrepreneur à Paris. Pourtant ils sont à Londres, en Allemagne, ou à New York. Mais nous nous relions, jour après jour, nous nous reconnaissons car nous faisons partie du même organisme, nous contribuons à la même œuvre : rendre l’économie plus humaine, resynchroniser les humains dans le grand ballet cosmique. Chacun constitue un des organes de ce nouveau corps que l’humanité est en train de co-créer. Chacun apporte des réponses au sujet sur lequel tous planchent. Chacun apporte une spécificité que les autres n’ont pas exploré et ainsi nous nous complétons.

Nous nous connectons et en 3 mots nous nous reconnaissons comme si nous étions dans la même entreprise, dans la même équipe de foot ou dans la même chorale. Nous partageons la même cause, nous partageons les mêmes valeurs, souvent nous avons beaucoup plus en commun qu’avec bons nombre de nos voisins ou des personnes avec qui nous avons pu grandir ou passer des dizaines d’années.

Nous faisons partie d’une espèce bizarre, drôles d’utopistes qui rêvent de changer le monde. Mais elle ne fait pas que cela, chacun est déjà en train de changer son monde. Localement, pas à pas. Et nous nous relions pour nous donner de la force, pour échanger nos recettes, nos visions, nos apprentissages et nos échecs, accélérer la transition et notre façon de l’aborder. Plus nous avançons et plus nous savons que nous ne sommes pas utopistes et que l’utopie est de croire que cela peut continuer comme avant.

C’est comme si j’observais et en même temps que je participais à la création de ce super-organisme.
Qui va faire le sang dans la nouvelle économie? avec quelles propriétés? Qui va faire les poumons dans ce nouvel organisme? qui en aura la responsabilité? y en aura-t-il seulement 2? Comment on décidera? Qui gèrera le cœur et comment? Y-a-t-il un cerveau qui coordonne? des milliers? Qui gèrera la gestion des déchets et comment? Quel système immunitaire pour se protéger des virus? Comment on répliquera l’ADN de nos cellules? Comment garantir l’autonomie locale et la reliance globale?

Chaque jour qui passe, je me connecte avec des chercheurs, des expérimentateurs, des pionniers, des têtes de réseau, ici en allemand, là en espagnol, ailleurs et souvent en anglais. Leur dernière conférence où ils parlent de la propriété est sur internet, leur dernier livre parlent des communautés qui coopèrent, l’autre s’est spécialisé sur la liberté de l’information. D’autres encore plus connus racontent les communautés qui émergent, la légende du colibri. La mosaïque prend forme, le puzzle se complète.. invisible des écrans de télé. La toile se tisse point par point.

Et toujours cette joie, de découvrir que nous sommes des millions. DES-MILLIONS!

Gaïa

Ce Super-organisme est immortel car l’esprit qui l’habite est celui même de la Vie. Il est inarrêtable car son moteur et celui de la Vie. Il est diffus et confus car il est si grand que nous n’arrivons pas à capter sa forme. Il est si puissant qu’il est encore invisible et imperceptible de nos petits yeux ou de nos médias traditionnels. Il est d’une espèce nouvelle qui a sûrement existé par le passé, mais je ne crois pas à cette échelle.

L’Humanité est en train de devenir adulte et de muter. Son corps change à une grande vitesse. Bien sûr l’ancien corps se tord et domine encore le champ de perception traditionnel, mais si vous regardez entre les lignes, si vous regardez derrière les apparences, si vous vous synchroniser sur cette intention, alors vous allez entrer dans la grande danse de cet univers en mutation, en ébullition, en construction.

Nous sommes des millions. Nous sommes partout. Nous sommes en chacun de nous, au fond de chacun des Humains, nous sommes la Vie qui veut vivre. Nous sommes la Vie qui veut guérir, soigner, aider et s’aligner avec l’Univers, vibrer en cohérence et s’unir en résonance.

Ce n’est pas la planète qui est en danger, c’est Nous. Le réchauffement climatique n’est pas un danger pour la planète, c’est l’opportunité pour nous de faire fondre la glace qui entoure nos cœurs.

Ouvrez les yeux, ouvrez le cœur et entrez dans la danse, l’Humanité recrute, d’ailleurs vous avez été embauché il y a longtemps, il est temps de vous en souvenir!

Humanité réveille-toi et rejoins la plus grande équipe jamais constituée!

2014 : The Wave is Here

Preparing the biggest event of our live is like waiting for the Wave. Surfers spend most of their time in water, paddling, watching, waiting. They prepare, they train, they spend hours and hours of swimming waiting for the good wave, the one they have been dreaming of. They need to be prepared because when it’s here, it is here.

Like a black swan, it might never come, you might wait for it all your life and dying without having the pleasure to had surfed it. It might never be the one you expected, it might come a day you are not surfing. But if you are here, the day it comes, this will be the biggest wave of your life, the moment you have been waiting and preparing for. The moment you dreamed about every morning when you stood up. The reason why you are alive and living on this earth.

I have been dreaming of a world of cooperation. Radical cooperation.

A world in which competition between businesses doesn’t exist.
A world in which companies collaborate to create useful services for conscious markets.
A world where there is no difference between a citizen, a company & a politics, a world where we all get to work together as a team, as a family, as a tribe, as the different organs of a big body, a world where we paddle together in the same direction.
A world in which nature, animals and the environment is part of us and not perceived as something external : outside of us.
A world in which we respect each other, nature and the animals as I respect my arm, my foot and my friends. Not because I get to pay fees and taxes if I hurt it, but because I can feel empathy, because I can feel united to it, because I know I am part of Nature and Nature is part of me.
A world in which behaviors are not pushed, limited or controlled externally by laws, lobbies and punition, but inner driven by values like integrity, consciousness of the whole and the gold feeling and grace of being Human.
A world where dreams and intuitions are our real motors and compass.
I dream of a world where money is not developing the powers in place and widening the wealth gap between humans but rather a world where money serves as an elastic to keep us close together, where money binds and unites us in a collective mission : develop all life toward coherence and unity.
In this world, there is no work or companies that exist with people that do it for the money. An unbearable boss is not an option anymore and a boss becomes a questionable role. Each action is driven by happiness, driven by the Joy of doing what you like to do. Each day, each moment is created in consciousness that I am the Creator of my life and that I co-create the events that happen to me. I know that my inner state and my happyness create the world that surrounds me. Therefore I know that Happyness is the Truth!

Each day of work is linked to a bigger purpose to contributing to something bigger then just us. Money becomes an accessory because you are already filled and overwhelmed by what you receive when you do what you love. In this world, money becomes just a tool, an indicator for us to rewire the flows of our society depending on the Needs and the Priorities, like blood pressure or heart beat.

A world where you are so passionate about what you are doing that you could get all your friends to join you.
A world where each day of your life is different yet each day of your life is the most amazing day of your life.
A world where you know that each problem, each bug, each situation is an opportunity to grow, to ask help and to progress.

We all have it inside our hearts, we dream of it but many shut down their dreams because of fears or deceptions. Fear of not knowing how to do it, fear of not knowing the consequences.. fear of being hurt again and sad of potentially not succeeding.

2014 is a year of surfing. Whatever your dream is, has been, was, will be, it is time to trust yourself, to dive into the deepest waters to find the jewel, the gift, the purpose of your presence here. Once you have found it, it is time to come back and to offer it to the world, the world needs you. I need you.

I beg you to respect yourself as your respect Nature, I beg you to trust yourself as I trust you, I beg you to harvest your dream and to share it with the world. I need you to thrive, I need us to thrive, each and everyone of us.

I wish for you in 2014 to find your Dream and to share it with the world.

I feel that 2014 is the year of a new dawn : surfers, riders, humans, let’s ride together!
The Wave is Here.

Sommes nous libres de payer nos impôts? ou obligés?

Et si nous étions libre de payer nos impôts, à quoi ressemblerait notre économie, notre nation?
Wikipedia fonctionne dans l’économie du don et nous permet à tous d’en profiter bien que seulement une minorité contribuent. Cette dynamique spécifique du web a permis à l’humanité de se doter d’une encyclopédie en ligne d’une ampleur inédite.

Et si, à la manière de Wikipedia, nous étions libres de contribuer, ou non, à la hauteur que nous souhaitons aux impôts que nous donnons à notre nation?
Et si, à la manière de l’économie du don, nous étions libres de contribuer ou non aux services que nous recevons, qu’est-ce que cela changerait?

Si plutôt qu’une obligation, nous avions le choix, et la visibilité sur la conséquence. Imaginez sur le site impots.gouv.fr une jauge « nous sommes à 756 millions d’impôts récoltés sur les impôts sur les revenus pour 2013 » il nous faut encore 42 milliards pour permettre de faire fonctionner notre économie.
« encore 3 milliards » et nous pourrons assurer le programme d’investissement pour les écoles
« encore 7 milliards » et nous pourrons continuer la guerre en centrafrique
« encore 12 milliards » et nous pourrons continuer de financer la dette française

Utopie? Faisable? A quelles conditions? Qu’est-ce que cela changerait pour vous?