Les business model à l’ère du numérique

les bits veulent être gratuits, mais je ne veux plus des modèles de pub

Monétiser le monde, monétiser les humains

Comment on en est arrivés là?
Le challenge impressionnant c’est de voir la valorisation boursière et la capitalisation de facebook parce qu’on peut y vendre de la pub. Même avant qu’on puisse y vendre de la pub, twitter & facebook avaient des valorisations boursières monstrueuses, décorrélées de toute réalité. On ne savait d’ailleurs pas comment elles allaient gagner de l’argent, avec quel business model, mais ce n’était pas un problème, puisqu’elles grossissaient. C’est ça, les start-ups, tant que ça grossit, le souci n’est pas de savoir comment on va gagner de l’argent, on se dit qu’on aura toujours le temps de trouver plus tard.
Parce que ça vaut de la thune, des tonnes de gens y mettent des tonnes de fric. Du coup, c’est gratuit, on a un service développé et mis à jour en continu, qui grossit qui grossit. Pour grossir encore, le produit est réfléchi pour nous sucer notre temps, notre énergie et nos datas, pour nous faire amener un maximum d’amis. Du coup on se fait sucer et en échange tout ça est vendu à des agences de pubs, des marketeux, des annonceurs qui cherchent leur audience.

C’était tout l’enjeu du web, ne pas mettre de barrière à l’entrée pour pouvoir partager les bits de données de façon illimitée.

Les 4 modèles du web :

Chris Anderson écrivait dans « free » les différents business model possibles pour ces économies numériques abondantes. Il en proposait 4 :

  1. Cross-subsidies : un produit gratuit et un produit payant (mon blog est gratuit, mon mooc est payant ou l’entrée est gratuite mais les boissons sont payantes)
  2. Le marché à 3 : la radio est gratuite pour moi parce qu’elle est payée par des annonceurs qui veulent me faire passer un message
  3. Le modèle freemium : le produit de base est gratuit, pour avoir toutes les fonctionnalités je dois payer (soundcloud, le monde etc..)
  4. Les marchés non monétaires : principalement le modèle du don et le troc

Nous sommes arrivés à un moment où l’intérêt du web et ses capacités techniques ont été bouffées par les géants : Google et Facebook sont les gros géants du web, ils sont gratuits et ils vivent de la pub. Cela veut dire qu’ils ont grandi autant qu’ils le pouvaient, nous faisant rentrer dans un maximum de leurs services pour nous sucer un maximum de nos données, pour pouvoir les vendre.
Non pas parce qu’ils sont méchants, ou mal intentionnés, non simplement parce que c’est le business model qu’ils ont trouvé. C’est con, et à la fois, ils n’auraient pas pu se développer à ce point s’ils avaient choisi un business model payant au départ. C’est comme bitcoin, le fait que la masse monétaire soit limitée à 21 millions et que la distribution se fasse aux premiers arrivés est vraiment injuste sur la durée, mais sans cette précaution de départ, il n’y aurait pas eu le réseau. Bien.

Chassez la pub, elle revient au galop

Google & Facebook on donc choisi le modèle 3 : marché à 3, tout est gratuit parce que quelqu’un paye pour vous envoyer un message ciblé : de la pub. L’avantage c’est que c’est gratuit, l’inconvénient, c’est que nous sommes devenus des cibles, avec nos cookies, avec nos traces, avec nos intérêts, nous sommes devenus les cibles de la pub…

Prenez 10 de vos likes et allez faire ce test créé par Michal Kosinscki, il vous dira qui vous êtes, pour qui vous votez, votre orientation sexuelle, votre religion, si vous êtes plutôt compétitif ou coopératif, introverti ou extraverti et toutes une autre douzaine de profils psychologiques. Donnez lui 68 likes et il vous dira avec 98% de certitudes toutes ces infos. Donnez lui 5 ans de votre historique facebook et il vous dira des choses sur vous que vous ignorez probablement.
Prenez l’exemple de Cambridge Analytica et l’élection américaine et vous arrivez au bout de ce qu’on peut faire avec ces datas et le micro-targeting adapté aux comportements des personnes, le tout à leur insu.
A ma connaissance, à ce jour, c’est tout à fait légal. Les données ont été récupéré via une application abusive, c’est certain, mais si elles avaient été récupérées par d’autres moyens, personne ne lèverait le petit doigt pour crier au scandale.

Donc d’une je laisse et même je donne mes infos gratuitement et de deux je suis pris pour cible.

Tout ce que je déteste : la pub = dépenser de l’argent pour montrer des contenus à des gens qui ne sont pas forcément consentants et qui sont complètement inconscients de :
1. qui leur écrit
2. depuis quel endroit
3. avec quelles infos sur la cible
4. avec quelle intention
5. en réponse à quelle logique

C’est à dire que j’ai choisi de ne plus lire de magazines quand il y a de la pub, de couper la télé, la radio quand il y a de la pub, mais je m’en bouffe sur mesure sur facebook. Et je contribue à leur donner le bâton pour me faire battre.

La publicité est une intrusion dans mon espace

Pourquoi? parce que je sens bien que quelqu’un essaye de me faire rentrer quelque chose dans le crâne, et que je ne l’ai pas choisi. Quand je suis au volant de ma voiture et que j’écoute France inter et qu’arrive une page de pub, je sens que l’on a un projet pour moi. Des gens, souhaitent me manipuler, pour modifier mon comportement. Ils me proposent, m’influencent, me soumettent, m’envoie une info avec une intention. Ceux qui le font ne sont pas ceux que ça intéresse, la voix que j’entends et celle d’un comédien, qui fait cela pour gagner des sous. Ceux et celles qui ont un projet pour moi, ce sont les marketeux, les communiquants, qui eux-mêmes ne font que répondre au besoin d’un directeur marketing ou d’un directeur qui cherche à faire connaître, faire aimer son produit, à redorer son image, ou à vendre quelque chose.
Le plus souvent, ce directeur ne fait que répondre à l’actionnaire, aux actionnaires qui demandent des résultats, plus de vente donc. Et puisque ça marche et qu’on ne sait pas trop faire autrement, eh bien on fait des campagnes de pubs. Il faut dire que ça marche de moins en moins bien et qu’il faut toujours dépenser plus pour toucher des audiences. Créer des budgets événementiels, sponsoriser des équipes de foots, créer des campagnes de street marketing, embaucher des community managers pour avoir l’air cool. Bref, cette campagne de pub, derrière le directeur et l’actionnaire, il y a une croyance.
Derrière l’actionnaire il y a le besoin de rentabilité : j’ai investi de l’argent, j’ai croyance et confiance que l’argent travaille et que si j’en mets quelque part je dois en recevoir plus en retour, donc il faut investir pour vendre ce produit génial que nous avons et dont ces masses de consommateurs sont trop bêtes pour le trouver toutes seules, il faut les aider, les guider, créer le manque, créer le désir, attirer l’attention, leur faire comprendre qu’il manque quelque chose à leur vie, mais que quand ils nous auront acheté, consommé, jeté, leur vie sera bien meilleure, et alors s’apaisera se gouffre, ce vide, jusqu’à notre prochaine campagne.

Mais la première question que me pose tout ce bordel c’est :
1. est-ce que je l’ai demandé moi, à recevoir cette pub?
la réponse est non, mais j’y ai consenti en me connectant à une radio dont une partie du business model fonctionne avec de la pub.
La deuxième question qui me vient est :
2. est-ce que j’ai vraiment besoin de ces produits?
Absolument pas, puisque je tends à diminuer ma consommation, mes besoins, mes achats et que je me mets en recherche uniquement quand j’en ai le besoin et que j’ai confiance que je sais trouver ce que je cherche. Combien même ils pourraient avoir toutes les datas sur moi et savoir mieux que moi ce que je désire, le simple fait qu’ils me le proposent et me le suggèrent m’insupporte, c’est pour moi de l’ingérance, une intrusion dans mon espace, un viol de ma liberté de penser par moi même et je préfère résister et ne pas acheter quelque chose dont j’ai besoin que de leur donner victoire.

En fait, je préfère faire le chemin moi même. Recevoir de l’information? avec plaisir. Mais de la publicité, c’est non.
La différence, c’est qu’il n’y a pas d’intention de me faire acheter quelque chose.

Je reste libre et n’ai pas à ressentir l’intention du publicitaire qui veut me faire agir dans une direction ou une autre.
C’est fou ce monde non?

Que faire de tout ça

Jesus, ou un de ses potes disait : ne fait pas à autrui ce que tu n’aimes pas qu’on te fasse.

 

Fort de ce constat, la première chose pour moi, c’est de sortir au maximum de tous ces services où je suis le produit, le hamster de laboratoire que l’on dissèque à longueur de journée pour étudier le comportement d’achat non pas du citoyen, mais du consommateur. Je ne veux plus côtiser et être participant. D’un autre côté, je ne veux pas non plus me bouffer les pubs incessantes des magazines mais aussi sur le web.
Évidemment installer adblock plus et ghostery ou même privacy badger ou encore facebook container est un bon début pour me protéger de toutes ces agressions non désirées.
Cela veut dire trouver d’autres systèmes, soit le modèle 1, soit le 3, soit le 4. A ce jour, en tant que consommateur je suis prêt à payer des services premium en abonnement en étant sûr que je n’aurai pas de pub. D’où mon abonnement récent pour Mediapart.
En tant que producteur de contenu, je continue de croire que le don (modèle 4) est plus intéressant pour faire connaître au plus grand nombre des idées sans barrière de coût. Depuis 2009 où j’avais mon blog zoupic.com les choses ont bien changé et nous avons maintenant Tipeee et Patreon aux Etats-Unis qui permettent de faire des dons récurrents à des auteurs, artistes, blogueurs et qui permettent donc de financer la création sans pour autant mettre de barrières à l’entrée pour les créateurs. C’était bien là tout l’intérêt du numérique, partagez plus ne coûte pas plus, il faut juste que l’émetteur puisse vivre de son travail pour continuer de façon durable à créer.

Le financement participatif à travers ses plateformes KKBB, Ullule, Indiegogo, Kickstarter et toutes les plateformes dérivées ou de niche pour tel ou tel usage ont bien rempli le paysage et apportent vraiment un moyen de financement par la foule.

L’enjeu aujourd’hui pour moi est de reprendre une écriture de temps long, d’écrire pour moi et non pour qui me lira.
Facebook crée cette addiction du like où quand j’écris je salive déjà à imaginer combien de personnes vont liker mon post.

J’ai envie de reprendre le temps, de la hauteur, de la profondeur, du recul.

Je suis content d’avoir pu expérimenter à fond l’instantanéité, maintenant, place au temps long!

Delete Facebook : c’était gratuit, j’étais le produit!

Depuis le temps que je le disais, il fallait bien que je finisse par le faire

Cher Mark, je souhaite mettre fin à mon contrat à durée indéterminée dans ton entreprise Facebook.

« J’ai vraiment adoré travailler pour toi, mais c’est trop. J’ai travaillé nuit et jour, de nombreuses heures sans compter, pour aider à construire ce réseau, ce rêve d’humanité. Tu es devenu très très riche ce faisant, en vendant mes données à des annonceurs. Ils m’ont ciblé. Moi pendant ce temps là, je formais mes amis à facebook, j’expliquais l’edge rank, les publicités, comment taguer des amis, comment faire une page pro. Ah j’en ai formé des gens pour toi. Ahh j’en ai initié des personnes à voir les intérêts de ta plateforme.
J’ai créé des groupes que j’ai animé pendant des années. J’ai administré des pages, des discussions. J’ai vraiment donné beaucoup de temps pour notre projet commun, moi il m’a apporté des amis des relations et une magnifique chérie pendant que toi tu devenais un des hommes les plus riches sur Terre.
Je te rassure, je suis très content de ma situation et ne souhaite pour rien au monde échanger avec toi, je trouve juste que notre contrat n’était pas équilibré, et que tu aurais dû me rémunérer pour toute la valeur que j’ai apporté à la plateforme que toi et tes actionnaires détenez. Ou alors tu aurais dû prendre soin de mon travail et de mes données.
Aujourd’hui tu es surpris du bordel qui arrive à Facebook, je t’ai vu dans les médias, tu n’en menais pas large, mais vous n’avez rien fait pour protéger nos données, vous avez toujours réagi après coup, pour éviter la fuite d’utilisateurs.
Avec les moyens que vous aviez et la responsabilité que vous avez, il y avait un contrat de confiance entre nous, ça fait longtemps qu’il est rompu, mais je voulais quand même y croire, que tu prendrais soin de moi, que tu me respecterais et que tu honorerais ta part du contrat, même si tu ne me payes pas, que tu me protègerais, que tu me prendrais en compte, que tu me respecterais.

Force est de constater que ce n’est pas le cas. C’est pourquoi je choisis de rompre de manière unilatérale notre collaboration, pour choisir de me respecter moi.
Tout ce que tu m’apportais je peux le trouver ailleurs. Un ailleurs où mes données ne seront pas données, vendues, pillées, souvent à mon insu. Un ailleurs ou peut-être même, je choisirai de payer pour ne plus être le produit.

Tu as une responsabilité dans ce qui arrive, j’ai la mienne aussi, c’est pourquoi je pars l’esprit léger et tranquille et te remercie pour toutes ces années. Je sais qu’il n’y a pas de solde de tout compte, que je repars juste avec une copie de mes données, mais le plus important n’est pas ce que nous avons vécu, c’est de se rappeler que facebook n’a pas créé l’amitié, donc quitter facebook ne la détruira pas non plus.
L’amitié pré-existait à facebook, ainsi, sans lui, elle perdurera. »

colonne FB

Partir pour de bon

Pas facile de quitter une telle pieuvre. 12 ans de vie, de partages, d’images, d’événements, de discussions.
12 ans de commentaires, de pages créées, de groupes. Depuis le Mexique en 2006 où j’avais découvert le monstre jusqu’à ce 28 mars 2018 où je me suis finalement décidé à le supprimer.

Cela faisait longtemps que je souhaitais le faire, longtemps que j’avais dit que je le ferai. Pour Snowden. Pour la liberté d’expression. Pour ne plus être victime râleuse d’un réseau qui abuse de mes données. Victime consentante puisque le réseau est gratuit, que c’est son business model et que je le sais depuis longtemps.

Je peux très bien choisir consciemment de partager un certain nombre de données et de savoir que des mate-algorythme les utiliserons pour cibler des pubs parfaites pour mon profil.
Je peux aussi le faire sur mon blog, sans laisser toutes les traces que je laisse sur facebook. Tous les clics, les likes, les j’aimes, les commentaires.
Le réseau a cela d’ hideux qu’il me fait culpabiliser au moment de partir, que comme l’accro, il me manquera ceci ou cela.

Bien sûr, je coupe des ponts, des liens, des années de liens créés sur ce réseau. 4080 amis, 800 followers et je ne sais combien de groupes créés.
Mais qu’est-ce que Snowden a coupé pour révéler sa vérité et faire connaître au public l’usage aliéné de nos données?
Qu’est-ce que je perds pour pouvoir gagner en tranquillité d’esprit et en cohérence?
Qu’est-ce que facebook permettait que je ne pourrai vraiment plus faire? Chacune des fonctions une par une je peux les retrouver ailleurs.

Fear of missing out? la peur de manquer l’événement?Je raterai quoi?
La vie ne se passe pas derrière l’écran, elle est ici et maintenant

Il y a bien une ou deux fonctions qui me manqueront. Un ou deux contacts que je chercherai un peu. Mais en cas de besoin, je pourrai toujours passer par le facebook d’un ami pour récupérer l’email, le téléphone ou je ne sais quoi.

Un dernier tour avant de partir

Pour dire pourquoi je pars, pour faire le ménage.
De quelles pages suis-je encore l’admin? Prévenir celles et ceux qui m’y chercheront. Que la relève s’organise.
De quels groupes n’ai-je pas fait mes adieux?

459,2 Mo pour 7 238 éléments. Voilà ce que pèsent les infos que facebook me rend.
Que reste-t-il de toutes ces interconnexions, de tous ces commentaires, ces pings, ces tags, ces lectures, de toutes ces vidéos inutiles? l’histoire ne le dit pas.

En 12 ans, j’avais dû changer un certain nombre de fois la confidentialité de mes paramètres, de mes photos, de mes statuts pour correspondre à l’époque facebook dans laquelle je vivais, d’un réseau d’étudiants en errance à l’étranger aux soirées électros parisiennes à un média global avec ma cousine et ma tante, il m’a fallu revenir plusieurs fois dessus pour lisser l’intime et faire du politiquement correct.

Toujours veiller à ce que je donne à voir et ce que je cache.

Veiller à cette excitation que je vois en moi avant de poster et d’espérer que ce post là emportera du like, de l’attention.
Veiller à cette endormissement quand je scroll quand un zombie le fil d’actu pour faire passer le temps. Des heures d’attentions données pour sucer toutes ces vidéos inutiles et inintéressantes.

J’ai arrêté la clope en novembre et je ne le regrette pas.
J’arrête facebook aujourd’hui et je m’en réjouis déjà. Du temps de cerveau que je vais récupérer. De la liberté d’esprit que cela va me donner.
Ceux qui me chercheront pourront me trouver ici, par mail ou sur Framasphère. Peut-être même sur twitter où mon compte y est encore actif avec un twitt tous les 3 mois..

Et chez Google?

Via cet excellent article du guardian, qui reprend toutes les infos que Google a, je suis en train de faire le point de ce qu’il me semble bon de laisser chez eux ou pas.

Pour tous ceux qui souhaitent casser le Prism, sortir des fichiers ciblés, de la traque des données, il y a cet excellent site : Prism-break qui donne la liste des services open source, propres qui n’abusent pas de nos données et nous protègent. J’avais déjà commencé à en sélectionner quelques uns. Je continue, chaque jour à en utiliser un peu plus.
Pour donner moins de pouvoir à google, à facebook, et reprendre le contrôle de mes données.

J’aime donner, mais encore faut-il que je sois conscient de tout ce que je donne, à qui, et de l’intention de l’usage de celui qui le reçoit.

Rdv sur framasphère, sur twitter, par mail me@etiennehayem.fr sur ce site évidemment ou par tel, à la rubrique contact.

Pour ne plus dépendre du bon vouloir d’autrui, aujourd’hui, j’agis.

Le DAO est la mère des mille et une choses

Pour comprendre le DAO, Ethereum, Bitcoin & la Blockchain

16 novembre 2016 – post initialement publié ici

Article originellement publié sur Medium le 25 mai 2016

Bienvenue dans la plus grosse levée de fonds de tous les temps : 161 millions de dollars et ça augmente encore. Entre le moment où j’ai décidé d’écrire cet article (34 millions) et le moment où je l’ai publié (167), 133 millions de dollars ont été investis sur The DAO.

Pourquoi, des milliers de personnes se ruent-elles pour acheter des DAO Tokens pour un système qui n’existe pas encore?

Voilà ce qu’on peut appeler une Crowdsale, CryptoCrowdEquity ou CryptoIPO, c’est à dire une introduction en bourse cryptée, ou alors la venue au monde de la première Organisation Autonome Décentralisée : LA DAO. Ce qui est en train de se passer sous nos yeux, est la possibilité d’acheter en ligne directement des jetons de cette DAO, soit des actions ou des parts. Comme une entreprise naissante, des milliers de personnes sont en train d’acheter des parts, des droits de vote de cette nouvelle forme d’organisation complètement décentralisée.

3ème enfant d’une vague d’innovation toute récente, the DAO arrive comme fils d’Ethereum et petit fils de Bitcoin.

A quoi va servir cette DAO? Comment ça marche? Qui est derrière? Pourquoi avoir créé cette DAO?

Pour comprendre toute ces questions, nous allons faire un léger saut en arrière et retour dans le temps afin que vous compreniez bien les tenants et aboutissants de cette somme astronomique et de cet événement inhabituel qui se déroule sous nos yeux ébahis

0. Peer to peer

Le pair à pair est le principe même du réseau : être connecté d’ordinateur à ordinateur, sans intermédiaire. C’est ce que nous avons découvert dans les années 2000 avec le Bittorrent, le partage de fichiers qui nous a permis d’échanger des quantités impressionnantes de données rapidement, à moindre coût et de façon facile et sécurisée. Bittorrent a notamment posé d’énormes problèmes au niveau légal puisque des millions de films et de mp3 se sont retrouvés sur ces plateformes de partage. Fonctionnant de manière décentralisée, cette technologie a été quasiment impossible à arrêter et c’est au travers de la loi et du projet Hadopi que la France a pu retarder et réduire son impact. Voici, après Internet, les prémices du Peer to peer et la transformation de nos sociétés, de la pyramide vers les réseaux.

1. L’effet de réseau ou le Network effet

Deuxième chose à découvrir c’est l’effet de réseau, le fait qu’un réseau prend toute sa force et sa puissance par le nombre d’utilisateur qu’il a.

Pour faire court : allez utiliser le téléphone alors que vous êtes le seul à en avoir un. Ou inscrivez vous sur une nouvelle plateforme de rencontre dès le premier jour. Vous vous retrouverez seul-e, le réseau n’ayant pas encore atteint sa masse critique. A l’inverse, essayez de quitter Facebook alors que vous y avez tous vos ami-e-s. Pas évident.

L’effet de réseau est donc une force non négligeable qui entraînera un grand nombre d’utilisateurs vers un réseau déjà en place et puissant.

2. Bitcoin : une monnaie et une technologie

Apparu en 2009, Bitcoin est une monnaie décentralisée, elle existe sans banque centrale. Elle permet de faire des transactions anonymes entre 2 points de la terre sans passer par les banques, les régulateurs ou une autorité de confiance. Elle permet de créer la confiance grâce au logiciel, par la façon dont il fonctionne. C’est à dire que deux personnes qui ne se connaissent pas vont pouvoir échanger directement ensemble sans autre intermédiaire que le logiciel Bitcoin et sa puissance de calcul.

Première révolution du P2P (pair à pair) en finance, Bitcoin permet notamment à Wikileaks de continuer à recevoir des dons lorsque Visa, Mastercard & Paypal (3 entreprises américaines) la boycottaient au moment des révélations de wikileaks sur les cables des USA en Irak.

Masse monétaire limitée dans le temps : incentive à l’entrée.

La proposition de Bitcoin écrite dans son code était de limiter sa masse monétaire à 21 millions de bitcoin. C’est à dire qu’au fur et à mesure de sa vie, des bitcoins seraient émis, créés, pour remercier les ordinateurs qui participent à coder, encrypter la chaîne de blocs (blockchain) qui permet d’écrire les transactions et de les sécuriser dans le livre de compte (ledger). Plus l’on arrive tôt dans l’histoire de bitcoin, plus l’on a de chance de recevoir des bitcoins en remerciement de cette mise à disposition de notre processeur. Au fur et à mesure du temps, le nombre de bitcoins sera de moins élevé.

La masse monétaire limitée des Bitcoins

Cette masse monétaire limitée permettait d’encourager à venir tôt en créant une masse monétaire rare. Puisqu’elle ne bougerait pas dans le temps, le nombre de bitcoins créé serait à tout jamais défini et plus l’on avancerait dans le temps, moins il y aurait de nouveaux bitcoins créés.

Longtemps critiquée pour ses aspects spéculatifs, ce paramètre a permis d’encourager les intéressés à venir ajouter leur puissance de calcul au réseau dès le début et donc de renforcer la puissance du réseau et lui donner le succès que nous connaissons maintenant.

3. Blockchain

Découverte au fur et à mesure de l’évolution de Bitcoin et longtemps après ses farouches critiques, nous avons découvert que bitcoin était à la fois une monnaie décentralisée, mais aussi, la première fille d’une famille nouvelle, utilisant cette fameuse technologie de chaîne des blocs impétables.

Ce qui avait été permis pour bitcoin, à savoir une monnaie, pourrait donc être appliqué à bien d’autres choses, applications, qui jusqu’ici nécessitaient un tiers de confiance.

Définition :

« a Blockchain enables a database to be directly and safely shared by entities who do not trust each other, without requiring a central administrator. Blockchains enable data disintermediation, and this can lead to significant savings in complexity and cost. »

Depuis Bitcoin, environ 700 « Coins » alternatifs, petits frères et sœurs de bitcoin sont nés et co-existent sur internet à travers différentes Blockchains avec différentes règles et propriétés.

4. Ethereum

Et si, plutôt que juste faire des échanges de monnaies sur cette chaîne de blocs, on pouvait aussi coder, et imaginer plein d’autres fonctions? voici la proposition de Vitalik Butterin en novembre 2013.

L’avantage : plus de flexibilité
L’inconvénient : moins de sécurité

Ce qui veut dire en gros, faire péter tous les métiers basés sur la confiance pour les remplacer par du logiciel, ou plus exactement, une blockchain ethereum. En gros, simplifier la société par tous ces métiers devenus inutiles qui peuvent être effectués par des ordinateurs et fournir un travail pour lequel nous n’avons pas besoin de nous connaître, d’avoir confiance etc… Un projet de société radical qui va faire sauter tout un paquet de professions, et attaquer un certain nombre d’organisations que nous connaissons en remplaçant des entreprises centralisées par des réseaux décentralisés. Il va y en avoir pour tout le monde, des notaires à Airbnb en passant par Dropbox & Facebook.

En 2014 : Financement d’Ethereum : 18 millions de $ lors du CrowdSale d’août 2014. Le premier bloc d’Ethereum apparait moins d’un an plus tard le 30 Juillet 2015.

5 millions d’ETH ont été distribué aux codeurs, développeurs qui ont investi leur temps et énergie pour rendre ce rêve réel avant la levée de fonds. La levée de fonds de 18 millions de $ génèrera 70 millions d’Ether, achetés principalement à base de Bitcoin pour que la fondation développe Ethereum Fondation.

La monnaie d’Ethereum est le gas, qui permet de faire tourner les ordinateurs. Une façon de remercier, financer les ordinateurs qui font tourner le réseau.

Et puis, la spécificité d’Ethereum : la naissance des Smart contracts — contrats intelligents :

A smart contract is a piece of code which is stored on an Blockchain, triggered by Blockchain transactions, and which reads and writes data in that Blockchain’s database.

Eh oui, même si on est passé au digital, les petits contrats de nos petits ordinateurs ont besoin de « gaz » pour fonctionner, c’est leur nourriture, c’est le prix que les développeurs donnent à chaque transaction effectuée. Et le gas ne peut se payer que en Ether.

5. The DAO

Nous y voilà donc, pour fonctionner sur Ethereum, chacun peut maintenant créer sa blockchain. Seulement, pour lever des fonds, il y a plusieurs solutions : soit chacun pour soi, soit on la joue collective, en profitant de l’effet de réseau et tout le monde y gagne. Il faut savoir que créer un réseau puissant requiert beaucoup d’énergie, en temps, en investissement, en communication. Demandez à Airbnb et über combien ils dépensent pour faire connaitre leur réseau et leur service. Si les nouvelles technologies ont facilité et accéléré le temps qu’il nous a fallu pour réunir 100 millions d’utilisateurs sur chaque nouveau média, la proposition de DAO est révolutionnaire en cela qu’elle propose de mutualiser les fonds et de se réunir dans une organisation commune : THE Dao.

Première du nom, le principe est simple :

  • On prend des parts.
  • Avec ces parts on “devient” la DAO nous-même.
  • En étant actionnaire, on peut faire des propositions, voter pour des projets ou recevoir des bénéfices.
  • Faire des propositions de projets : pour être financés.

Donc contrairement à du don contre don, ici on ne fait pas que donner des sous pour acheter un produit, on n’achète pas des titres participatifs, non on devient membre à part entière de l’organisation et donc de sa gouvernance, avec un pouvoir de vote proportionnel au nombre de part que l’on a.

La conquête du far west recommence.

A la différence qu’il n’y a pas de Conseil d’administration. Il y a un grand nombre d’actionnaires, décentralisés, libres de voter, proposer, ce qu’ils veulent dans l’organisation.

En mettant ses jetons de The Dao, c’est à la fois investir ses droits de vote, mais aussi placer ses actions dans des projets à l’intérieur de l’organisation et en recevoir des bénéfices quand le projet sera développé et offrira des services et que des utilisateurs payeront pour l’utiliser.

L’objectif étant que le coût d’usage soit inférieur à celui des intermédiaires actuels. Donc plus rapides, moins cher, plus sécurisé.

C’est la naissance d’une super-organisation basée sur un super-ordinateur, open source, distribué, décentralisé, sécurisé et gouverné en direct par ses membres. La limite est que si on regarde la distribution des DAO aujourd’hui, les 100 plus riches ont la moitié de la masse monétaire, ce qui nous rappelle quand même quelques vices que nous connaissons dans nos monnaies habituelles..

Le vote :

Accepting a Proposal requires a majority decision after a debating period of two weeks minimum, and a participation rate of 20% or higher calculated proportionally to the value of ETH requested in the Proposal.

Maintenant, sinon ce ne serait pas drôle, DAO veut aussi dire Distributed Autonomous Organisation, soit organisation autonome distribuée, ce qui sous-entend que le truc tourne tout seul, de façon distribuée = sans centre, sans chef, sans autorité centrale.

En tant qu’actionnaire, et parce qu’on a des parts, on peut proposer des projets à être financés, décidés et allouer des DAO aux propositions. Bien sûr, parce qu’on est actionnaire on peut aussi recevoir du profit/dividendes des projets financés.

Au jour d’aujourd’hui :

1 ETh = 12,50 dollars à peu près

1 ETH vaut 100 Tokens de DAO

Mais dans leur émission de DAO tokens (jetons DAO), ils ont repris le même schéma de rareté artificielle en réduisant tous les 15 jours ou toutes semaines le nombre de DAO émis pour 1 ETH échangé. Donc 100 DAO pour 1 ETH la première semaine puis à partir du 14 mai ce sera 95 DAO pour 1 ETH et puis ça changera encore…

Cela pour valoriser ceux qui arrivent le plus tôt, car ils prennent un plus grand risque.

Donc

Aujourd’hui, on a 42 millions de dollars qui ont été investis.

Ce qui représente : 4,31 millions d’ETH créés.

Ce qui représente 430,77 millions de DAO Tokens.

5.1 Slock.it

Les grands malins qui ont bien boosté le lancement de The DAO, c’est Slock.it, une startup basée sur l’internet of things, internet des objets qui veut proposer une alternative à AirBnB & über en utilisant la blockchain. Pourquoi? parce que c’est possible, moins cher et que la richesse est partagée.

Donc plutôt que ce soit une entreprise qui possède la plateforme et fasse intermédiaire, la proposition c’est d’avoir une technologie open source, avec des contrats proposés par Slock.it et que chacun puisse louer ses objets, sa voiture, son appartement, directement via The Dao.

5.2 Ethereum Computer & le universal Sharing Network

Mais plus malins encore que ça, leur premier projet, avant de pouvoir dérouler toute leur vision, c’est de créer un Ethereum computer, sorte de box wifi, qui contribuerait à réaliser les transactions ethereum et donnerait de la puissance de calcul à la blockchain d’Ethereum, le tout dans le monde physique, parce que tout ça, c’est quand même vachement virtuel, donc difficile à capter pour le grand public.

Conclusion

Alors qu’une nouvelle ère de l’informatique, de l’innovation et du p2p s’ouvre devant nos yeux, de grands écueils viennent avec elle : la levée de fonds étant faite en dollars/euros, l‘accès à cette monnaie étant de plus en plus cher, on retrouve des mécanismes de rareté artificielle qui sont bien peu nécessaires à nos inventions du 21ème siècle.

La quantité monstrueuse de DAO achetés, les mécanismes évidents de spéculation et la croyance que ça va toujours monter donnent à la DAO un gout de super produit magique qui va changer le monde.

Or, et c’est bien là que tout recommence, avec près de 200 millions de dollars financés, tout reconstruire avec une telle somme génère une pression et un enthousiasme qui peut vite faire perdre la tête.

Le pouvoir de vote lié au nombre de DAO est-il bien raisonnable pour sortir des mécanismes déjà bien connus de concentration de pouvoir monétaire et décisionnaire?

Une chose est sûre : peu nombreux sont ceux, à ce jour, qui peuvent lire les codes et algorithmes et comprendre vraiment de quoi il en retourne, alors même si on n’a plus besoin d’avoir confiance en notre prochain grâce aux machines, encore faut-il avoir confiance dans ceux qui en écrivent et programment la colonne vertébrale.

A suivre… ce n’est qu’un début…

Merci à Hadrien & Nicolas Loubet pour les infos et perspectives sur Ethereum & Dao.

Sources :

DAO :

Site officiel (EN) : https://daohub.org/

https://medium.com/@BlockByBlock/the-decentralized-autonomous-organization-dao-5e80cfe8c993#.pkfffktu7

Acheter ses premiers DAO (EN) : https://forum.daohub.org/t/up-updated-official-statement-on-the-dao-creation-process-how-to-get-and-watch-tokens/425

White paper (EN) : https://download.slock.it/public/DAO/WhitePaper.pdf

Code source (EN) : https://github.com/slockit/DAO/wiki/The-DAO-v1.0-Code#verifying-the-dao-code

Faire une proposition (EN) : https://github.com/slockit/DAO/wiki/How-to-create-a-proposal

Les propositions en cours : https://dao.consider.it/

What is the DAO (EN) : http://www.coindesk.com/the-dao-just-raised-50-million-but-what-is-it/

Backfeed veut changer la gouvernance du DAO pour instaurer du mérite : https://magazine.backfeed.cc/dao-alive-now-let-evolution-begin/

Présentation par le COO de Slock.it (EN) : https://blog.slock.it/the-inexorable-rise-of-the-dao-2b6e739b2615#.rtiwhwiwz
Q&A with Stephen Tual from Slock.it (EN) : https://www.youtube.com/watch?v=cnm7nh7LVPA
Q&A avec Stephan Tual de Slock.it (FR) : https://bitcoin.fr/video-presentation-de-slock-it-par-stephan-tual/
Qu’est -ce qu’une DAO (FR) : https://www.ethereum-france.com/decentralized-autonomous-organization-dao-blockchain/
Stats du DAO : http://daostats.github.io/accounts.html
Quels contrats sont possibles à coder (EN): http://www.the-blockchain.com/2016/04/12/beware-of-the-impossible-smart-contract/
Crowdfunding list (EN) : https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_highest_funded_crowdfunding_projects

De la pyramide au réseau, prends ta place et entre dans la danse

L’internet et les nouvelles technologies n’ont pas créé la démocratie participative, l’économie du partage ou la création de nouvelles monnaies.
Ils ont simplement inversé l’asymétrie entre ceux qui possédaient les pouvoirs de décisions, les moyens d’échanger, les systèmes de contrôle et d’information et ceux qui en étaient les utilisateurs.

Avec le net, le transfert, le partage et la copie d’informations numériques à grande vitesse et à moindre coût, nous prenons conscience de tous les nœuds et flux de pouvoir que nous pouvons réécrire et reconnecter. Nous prenons conscience beaucoup plus vite car chacun publie, partage, avance sur ses thèmes respectifs et informe son entourage / ses partenaires de thème sur sa veille, ses trouvailles..
Les forums, wikipédia, le crowd-funding, le p2plending, le micro-crédit international, le mouvement du logiciel libre, le budget collaboratif, les pages facebook, protéi, les réseaux, wikileaks, snowden, les indignés, les révolutions arabes..
Nous sommes maintenant capables de veiller, de créer de manière décentralisée et asynchrone avec des équipes internationales motivées par leur volonté de faire de leur mieux pour créer.
Transférer un pouvoir d’un type d’instance vers le peuple, partager telle responsabilité entre un élu ou d’autres individus, organiser un forum, animer une équipe projet devient un jeu d’enfant.
En nous donnant accès à tous à ces outils, en nous permettant de voir les liens, nous densifions notre nombre de relations, la distance de ces relations et devenons des pieuvres sur les sujets que nous scannons respectivement. Chacun devient le phare d’un thème, d’une problématique et nous nous faisons passer les infos de façon organisée et non coordonnée. En se spécialisant sur un thème on peut rapidement avoir accès aux meilleures thèses, articles, vidéos, auteurs sur le sujet, signalées, taggées, twittées par le réseau de veilleurs en français et dans d’autres langues. Les contacter, les rencontrer est à portée de main.
Le pouvoir social de la foule internationale présente sur le web permet de se synchroniser, de faire passer des informations rapidement, des messages de paix, des pétitions, des nouvelles oubliées des médias.
Le rapport de force prend alors une autre tournure car la foule commence à parler et à s’éveiller à son pouvoir de s’organiser, de communiquer, de s’indigner de façon synchronisée et médiatisée même quand les médias principaux font le black out.
Son pouvoir de créer un autre système, de s’organiser d’une manière indépendante avec de nouveaux liens apparaît plus proche et plausible. Sa capacité à essayer plein de stratégies et voies différentes nourri l’intelligence de l’ensemble et son auto-apprentissage. Prenant conscience de sa propre capacité d’organisation, elle se mit alors en chemin. Le net accompagnant cette prise de conscience que les outils sont là, les connaissances aussi et qu’il n’y a plus qu’à le faire et se mettre en mouvement.

Ces pouvoirs existaient avant mais leur contrôle était tel qu’il était impossible de lutter contre le haut de la pyramide.
Ce que permet l’internet c’est de créer un nouveau réseau de liens à la fois humains, de chaînes d’informations, de communautés centrée sur des valeurs, d’organiser avec des outils équivalents à ceux de nos dirigeants la société dont nous rêvons sans aller contre eux. Nous pouvons jouer sur un autre terrain. Définir et mettre au point sa distribution des pouvoirs, son partage des richesses et des savoirs, ses valeurs propres, son rêve commun d’humanité.

Tout le reste, nous l’avons déjà.

à tous mes collègues de Quake, frefrafac, OuiShare, SEML, IRC, Netvibes, Twitter, Facebook, diigo, Freemen, Crouzet, du groupe Monnaies complémentaires, des nombreuses listes de diffusions de veilleurs, des réseaux de réseaux et des chatlist skype
Merci pour toutes vos infos, les projets co-créés à distance, les ping malins et les liens partagés.
Si vous voulez donner 2 mots clés dans votre commentaire, chacun peut faire sa cueillette de liens sur des thèmes à suivre, des personnes à rencontrer, des passions communes
Simples humains, nous sommes riches de nos liens!

Running for TED Prize, I have a Wish

Following my TEDx Talk in La Défense 14th June, Didier Chambaretaud got me motivated and proposed me to do the TED Prize competition 2013. After taking my time and thinking how to enter this new challenge, here is my choice in this new path.

About TED Prize

Individuals give their inspiring Wish to change the world and an action plan to make it real in 3 years. There is 1 million$ to win in order to help the project’s development. What is expected from these extraordinary individuals : vision, charisma, leadership & pragmatism. The wish needs to be ambitious. These individuals need a distinguished Trackrecord aswell as an existing organisation to develop the Wish :

My Wish is to empower Humanity to create diversified monetary systems, guided, set-up, controlled by Human Holistic Values.

In order to develop this creative idea, the project must be collaborative and extend your own work. TED & the different communities will help create the project core infrastructure. The 3 biggest criterias are past accomplishments, Strength of the Wish & the Execution Plan.

There are two ways to get nominated : proposed yourself or get proposed by other people. As I’m young and new in this kind of projects, I need your help : I’m asking you to propose me for the TED Prize 2013.

Etienne @ La Défense

One of the specificity required in order to win is collaborative work, I think I’ve shown this already with my work in my business school where i was in lead of the clubs. I also covered this part with all my video games activities. My last actions in this kind of field is all I created with SEML (Sweet Electronic Music Lovers), this Music community driven by a spirit & the community.

I might be young but I believe in what I do. I might be young but I believe in who I am. I might be young but I know the strenght of my wish, there is nothing more powerful to me then heal humanity in its illness about money and monetary system. We need to find back Values, to set these values together, to speak about it, to define and configure systems that respect us, humans aswell as the Earth.

We need to transcend our fear of not having enough. There is enough on this earth for us all :  we need to open our eyes to see it, open our brains to organize it and open our hearts to share it.

I might be young, but the cause I’m carrying can’t wait.

Some brazilian complementary currencies notes

 

Your vote can contribute to show my motivation and my ability to convince people.
I hope you can support me and the cause of diversified monetary systems!

Here is the link to the page to nominate me. Choose your own reference and link the video you want, I’m not running for quantity, just for authentic & qualitative support.

It is essential to me and it makes me infinitely happy to walk on this path.
Thank you from the bottom of my Heart.
Etienne Zoupic

TEDxLaDéfense : des monnaies pour nous relier

Le 14 Juin à la Défense, j’ai participé au TEDx sur le thème Humanisme et Profit. Etant définitivement centré sur les Richesses et la monnaie, j’y ai présenté mon parcours, mes prises de conscience et mes choix par rapport à l’aliénation de notre système monétaire. Il y a des solutions, elles fonctionnent, elles n’attendent que nous! En avant 😉

 

Petit retour en arrière.

Avant d’arriver sur la scène d’un TED, il faut le préparer. J’aimerai remercier les personnes qui m’ont coaché, accompagné et suivi sur ces 2 mois. Elles sont au nombre de 4, elles ont eu des rôles différents et bien complémentaires. Elles m’ont permise, chacune à leur façon de révéler le nectar de mon message : celui que je suis venu délivré, celui qui est juste pour moi et celui auquel je crois.

Les coachs de l’organisation TEDxLaDéfense

 

Didier Chambaretaud

Didier Chambaretaud, coach sur le fond

Didier m’a aidé à cadrer mon message. Choisir là où je pouvais aller et là où je n’étais pas légitime. Sans jamais m’imposer il m’a juste conseillé et m’a écouté. Il m’a aussi aidé à blinder les angles chiffrés sur lesquels je n’avais pas envie d’insister. C’est aussi lui qui a équilibré mon talk entre la partie sur ce qui ne va pas pour développer plus la partie orientée solutions. Didier a suivi tous les speakers avec un coaching très personnalisé, un vrai régale. Il a également animé son blog en le nourrissant de ses rencontres avec les intervenants. Vous y trouverez une autre présentation de moi et une belle entrée en matière sur le sujet des monnaies qu’il avait faite à l’époque de notre rencontre.

Son blog : http://didierchambaretaud.blogspot.fr/

 

Phil Waknell

Phil Waknell, coach sur la forme

Phil m’a aidé à rythmer mon talk. Le regard, la tonalité, la variation dans le flow, Phil est expérimenté grâce à son métier chez ideas on stage. Trouver les parties, avoir une boucle qui touche, les mots de la fin. Comme un superviseur de la « tenue » du talk en tant que tel sans regard du contenu. Magic, inspiring et dont on se souvient. Si à la sortie de la répète le public ne se souvient de rien, c’est perdu.

Son blog : http://philpresents.wordpress.com/

 

Les coachs maison 😉

 

Imanou Risselard

Imanou Risselard, coach sur l’espace et le souffle

Comment occuper l’espace, comment asseoir ma présence sans m’effondrer? Comment toucher jusqu’à la dernière personne du dernier rang, les mots, les souffles, les coupures entre les parties? Co-créatrice du Wutao et de la Transanalyse avec Pol Charoy, Imanou a également pratiqué le théâtre. Elle m’a aidé à sentir des choses très subtiles qui m’ont beaucoup aidé, au niveau de la posture et de l’attention notamment. Lorsque nous répétions au lieu que le talk tienne en 15 minutes, nous arrivions à 45 minutes. Je ne manquais pas de m’inquiéter sur la faisabilité de le réduire un jour à 15 minutes.. Et puis le jour J, la transe de la scène aidant, ça passe… comme par magie..

Le site du Wutao : http://wutao.fr/-Les-createurs-du-Wutao-.html

 

 

 

Pierre Serra, coach sur l’invisible

Pierre Serra

Pierre m’a accompagné avec des séances de Reiki dans cette aventure. Peu perceptible à l’image et indescriptible à l’écrit, la présence de Pierre et les séances m’ont permis de me centrer, de trouver une force en moi pour délivrer ce message ô combien personnel et de m’affirmer dans ma Voie. Pierre travaille en participation consciente, ce qui m’a aidé à me poser des questions sur la Valeur des choses et cela contribue à nourrir ma réflexion et mon expérimentation sur les monnaies et les modèles économiques innovants.

 

J’aimerai donc remercier du fond du cœur ces 4 personnes de l’ombre, qui n’apparaissent pas pendant les 15 minutes de ma prestation et qui pourtant ont largement contribué au résultat. Merci Didier, merci Phil, merci Imanou et Merci Pierre !

Mille Mercis !

J’aimerai remercier Christine Neveu de Citizen Can, co-créatrice de l’événement et Maxime Bruniquel, chef de projet sur l’organisation de l’événement. Ils l’ont rendu possible et lui ont donné cette chouette couleur et cette perfection que beaucoup ont ressenti sur place : une orga NIQUEL et ultrapro. Merci! Merci aussi pour toute l’organisation des séances de rencontres avec les intervenants, le soin apporté à la relation, merci pour toutes ces attentions précieuses.

Bien sûr il y a les Valeureux : Christophe et Sybille qui m’ont soutenu et supporté pendant toute l’aventure, présents le jour même, leur regard d’experts et leur bienveillance m’ont aidé à trouver la justesse de mon propos.

J’aimerai aussi remercier Chloé, qui m’a écouté et encouragé pour cadrer, ajuster et progresser tout au long de cette aventure.

J’aimerai enfin remercier toutes les personnes qui m’ont soutenu, de près ou de loin, au quotidien ou juste par la pensée, ceux qui ont cru en moi, qui m’ont donné des filons, des tuyaux ou simplement des retours, ceux qui étaient avec moi quand je suis passé. Merci à Vous!

Voilà une belle étape, l’aventure continue… à suivre, ici, sur facebook et dans la vraie Vie 😉

Sacred Economics, le court film à propos du livre

Charles Eisenstein est un leader hors pair. Par son travail personnel, ses livres et sa façon de raconter les choses, il nous parle de l’économie sacré.

Ian MacKenzie est un vidéaste incroyable. Par son positionnement et ses images, il capte le meilleur pour nous offrir des prises de consciences directes avec émotion garantie.

Ensemble, ils ont réalisé un film court de 12 minutes pour reprendre le contenu du livre Sacred Economics.

La suite se passe dans vos coeurs. à vous!

 

Sacred Economics with Charles Eisenstein – A Short Film from Ian MacKenzie on Vimeo.

SEML, naissance d’une onde

Il y a près d’un an, fatigué de partager des tracks de musique électro sur les murs facebook de mes amis Vincent et Mathieu Ribault, je décide de créer un groupe, un endroit où chacun viendra apporter et puiser dans le pot collectif. Pour faire sourire et donner la couleur, je cherche un nom qui représente l’intention de départ. Ce sera un groupe où nous, amoureux de la musique électronique, partagerons les tracks les plus douces qui nous font vibrer : un groupe ouvert sur l’autre et sur la rencontre à travers la musique.

Sweet Music Electronic Lovers était né.

 

Logo voté par la communauté suite à un concours avec 20 logos proposés et plus de 100 votants. Crédits : Hugues Duplessy

 

Commencé à 3, puis 4, puis 5, chacun va progressivement inviter ses amis à rejoindre le groupe : la communauté prend alors forme. Un esprit unique et pourtant si simple : le partage des bonnes trouvailles et des petits délices, la joie de faire découvrir ou de retrouver des chansons qui nous chatouillent les oreilles, nous font onduler la colonne ou nous délient les jambes.

1 an plus tard, nous sommes plus de 700 à partager au quotidien ces petits cadeaux.

Ainsi, SEML existe pour nous permettre le partage et la découverte de ces pépites, et inviter à la rencontre de ces autres amoureux que nous côtoyons sur le groupe. Notre mission en tant que créateurs et administrateurs du groupe est de garder cet esprit et de fournir des supports pour que l’esprit fleurisse.

Le reste se fait tout naturellement.

Electronic Music Lovers : ok, mais Sweet c’est quoi ?

Puisque définir l’esprit de ce qui est Sweet et de ce qui ne l’est pas est très subjectif, voici un petit tour d’horizon réalisé par nos membres aguerris qui sauront vous faire déguster leur préparation. Bon voyage !
La playlist est à découvrir sur le blog du Phonographe.

Le groupe Facebook

Le groupe Facebook : http://www.facebook.com/groups/s.e.m.lovers/
Le Soundcloud avec les dernières mixtapes : http://soundcloud.com/s-e-m-lovers

Au-delà de l’aventure du groupe, c’est aussi une aventure sympa pour moi, de poser une gouvernance avec les amis avec qui j’ai créé le groupe, de trouver un modèle de transparence vis-à-vis de la communauté, de trouver une répartition des richesses qui rende à la communauté autant qu’elle nous donne et de vivre, appliqué à la musique électro, ce que je prône dans des univers différents. Expliquer aux différents acteurs que partager et dupliquer ne vide pas de la valeur, mais au contraire, renforce les liens.. expliquer aux DJs et aux fans que ce qu’ils font à de la valeur pour les néophytes, que nous avons besoin les uns des autres… bref une chouette aventure qui vit son bout de chemin.

2011. Action! du global au local

La première décennie de ce 21ème siècle a été le déclencheur des troubles accumulés et de la tendance que notre monde a suivi ces 60 dernières années. La crise du subprime en tête, qui entraînerait avec elle la fin du système tel que nous le connaissons. Petite fissure qui engouffra des milliards de dollars et lança la première pierre dans l’alignement de dominos que représente les institutions qui gouvernent encore ce monde. La suite on la connaît, mais selon les médias où l’on s’abreuve quotidiennement et la confiance que nous avons en l’humanité, elle prend des couleurs plus ou moins différentes. Je vais essayer de vous dire ce que j’en pense et ce que je ressens plutôt que de vous dire ce que ce sera. Aussi, j’aimerai à la fois pouvoir traiter de ce que je vois à une échelle globale pour revenir plus bas sur mes projets.

2011.

2011, c’est l’accélération. Tout va plus vite. Les prises de conscience se traduisent en action, en vagues, en mouvement. Wikileaks est apparu, le secret a disparu. Irréversiblement, le paysage change. Si la première décennie a vu l’apparition à une vitesse incroyable des puissances de l’Internet, aujourd’hui sur un terreau fertile j’observe un mouvement d’émancipation sur Internet,qui fait face à une volonté de sens contraire de contrôle des institutions en place. La deuxième décennie utilise ces outils et ces nouvelles solutions pour établir de nouveaux usages, de nouvelles pratiques et un nouveau moyen d’accès à l’autre, aux médias, à l’information et à la liberté.

Les puissances gouvernantes ont montré leurs limites. Chaque jour leur incapacité à gérer ce qu’elles pouvaient encore cacher hier se fait de plus en plus criante. Les challenges de demain ne seront pas résolus en haut. C’est à nous de trouver, pas à pas, jour après jour, ensemble, notre solution pour un monde plus en accord avec ce qui nous inspire. Alors que le mur de fumée essaye de nous faire avaler que la crise est passée, le mur du dollars s’effondre, et avec lui la puissance hégémonique des USA. C’est une chance. L’opportunité de redessiner la carte des relations mondiales. Une chance pour les citoyens américains de prendre leur juste place et de faire entendre leur voix dans un système qui les a eux aussi avalé. Une chance pour nous de voir ce qui s’est passé et d’apprendre de cette expérience pour ne pas répéter les erreurs.

Redessiner le monde

Dans mes rêves, je vois un monde où nous avons le choix. Un monde où nous faisons ce choix, et un monde où nous vivons ensemble, en paix et en harmonie avec la nature. Je sais que nous y arriverons. Pouvoir vivre librement de nos passions, offrir aux autres ce que nous aimons faire. S’épanouir de nos créations et construire ensemble une société où l’Humain retrouve sa place dans le monde. Un monde où nous pouvons aider notre prochain et servir le collectif sans se sentir l’exception. Un monde où nous arrêtons de penser que nous sommes en compétition, un monde où nous pouvons avancer ensemble plutôt que les uns contre les autres. Souvenez vous qui vous êtes. Souvenez vous d’où vous venez.
Nous avons besoin de 3 choses pour y parvenir: ouvrir les yeux pour constater que nous avons déjà tout ce qu’il faut, ouvrir le cerveau pour penser cette organisation et enfin ouvrir le cœur pour pouvoir le partager ensemble. Tout est déjà là. Ce qui nous en empêche ne sont que nos propres limites. Le reste est une question de temps, l’évolution est déjà en marche et bien peu de choses peuvent l’arrêter. Nous y parviendrons un jour, j’en ai l’intime conviction. Et cela arrivera bien plus vite que nous le pensons.

Les vagues

Tous ces pays qui se libèrent, qui bougent me font vibrer. L’actualité que je lis est celle d’un monde en mouvement, un monde qui se réveille à sa propre lumière, comme après une longue gueule de bois et qui se rend compte que c’est possible, en fait. Que ça l’a toujours été. Le temps est venu. Le grand chamboulement est à l’œuvre et je sens que nombre de changements irréversibles vont se produire, nous avons attendu bien longtemps avant de commencer, mais nous sommes au bord du gouffre et il ne s’agit pas cette fois de faire marche arrière, mais bien de sauter dans le vide avec la confiance que nous pouvons voler. Tout lâcher. Nos peurs, nos limites et notre envie de savoir à quoi ressemblera demain, notre besoin de routine et de quotidien. Quelque chose d’autre nous attend.
C’est en osant sauter, en faisant ce pas que nous nous libèrerons et entrerons dans un monde où nous réalisons que nous savons voler. Personne ne nous l’avait dit, mais c’est écrit en nous. Quelque chose au fond de nous le sait, mais nous ne voulons pas y croire, nous avons perdu cette foi, cette magie, cette force illimitée qui fait de nous des êtres humains. Il est temps de puiser au fond de ce qui fait de nous des humains pour redécouvrir qui nous sommes vraiment.

Du Global vers le local

Si c’est encore à la télé que la plupart d’entre nous observent encore ces changements qui nous paraissent si loin, c’est à chaque coin de rue qu’ils apparaissent, dans notre quartier, dans notre ville, encore à l’ombre des projecteurs. Il ne faut pas croire que ça ne se passe que là-bas, ailleurs, loin de nous. Ce changement agit partout où nous sommes et passe par nous. J’ai envie de citer Colibris, mouvement citoyen qui raconte l’histoire du colibris qui fait sa part pour éteindre l’incendie. Pas à pas, geste par geste, les comportements changent, les réflexes se transforment, nous changeons.

Stéphane Hessel, Edgar Morin, Patrick Viveret, Paul Jorion et Marc André Luyckx, ces « papis » qui font de la résistance et qui se révèlent au grand public confirment la préparation d’un terrain favorable au changement. Ils ne sont que les révélateurs d’une forêt qui s’ignore encore partiellement. Autant de signaux qui nous indiquent que l’heure est venue. Ce sera bientôt à nous de jouer.

Mes projets, mes avancées

Comme vous le savez peut-être j’ai commencé à travailler début janvier chez Emmapom, une agence de relation presse nouvelle culture. Ce monde existe, il est vibrant et ne cesse de grandir. Je suis ravi de pouvoir y apporter ma pierre et découvrir de nouvelles composantes. La semaine dernière j’étais dans le Sud de la France où j’ai d’abord assisté à un colloque de recherche sur les monnaies complémentaires à Lyon puis 3 jours près de Genève au Tiocan où nous avons réfléchi aux outils pratiques pour favoriser le développement de ces monnaies avec Community Forge. Encore une fois, l’heure n’est plus à la prise de conscience mais à l’action. La BD augmentée sur les monnaies complémentaires publiée avec Owni vient de sortir, le dossier spécial alternatives économiques sur les indicateurs de richesse paraîtra fin février, je sens que ces idées avancent et reçoivent un écho de plus en plus large. Le livre sur l’innovation monétaire auquel j’ai contribué avec Jean-Michel Cornu est sorti également après avoir été diffusé progressivement sur internet actu.  Autant de graines et de transformations de projets qui donnent envie de faire autrement, qui disent pourquoi et comment. Autant d’invitations à écrire le prochain chapitre ensemble.
Prochaine étape pour moi, créer une banque du temps pour échanger des services sur Paris. Un moyen d’échanger autrement, une façon de faire connaissance et de contribuer à s’enrichir mutuellement et de partager avec les autres ce que nous aimons faire.

Serons nous prêt à temps quand notre tour viendra, quand tous les projecteurs seront sur la France, ce pays qui fut jadis  pays des droits de l’homme? Serons nous à la hauteur de ce que le monde attend de nous. Saurons nous honorer nos frères et sœurs de tous les pays et de tous les continents? Saurons nous trouver au fond de nous, cette énergie qui nous anime et nous permet de nous accomplir pleinement? Pour le savoir il nous faudra sauter.

Sommes nous prêts?

Monnaies complémentaires, BD augmentée: La richesse est ailleurs

J’ai travaillé avec Owni et préparé la sortie d’une BD augmentée sur le sujet de la richesse et des monnaies complémentaires.

C’est un projet excitant qui nous a pris environ un mois pour présenter sous forme ludique et pédagogique, ce qui se passe au niveau de la création monétaire, comment sortir d’un côté passif pour devenir acteur d’un changement.

J’essaierai de faire un post plus détaillé plus tard, et si possible d’intégrer la BD ici.

Voici, par ailleurs le lien: http://app.owni.fr/bd-augmentee/

Un grand merci à l’équipe d’Owni: Julien, Sylvain, Claire, Romain, Nicolas, James, Logui et François notre dessinateur sans qui cette aventure n’aurait pas été possible.

Une version anglaise est au programme. Faites tourner!