Les business model à l’ère du numérique

les bits veulent être gratuits, mais je ne veux plus des modèles de pub

Monétiser le monde, monétiser les humains

Comment on en est arrivés là?
Le challenge impressionnant c’est de voir la valorisation boursière et la capitalisation de facebook parce qu’on peut y vendre de la pub. Même avant qu’on puisse y vendre de la pub, twitter & facebook avaient des valorisations boursières monstrueuses, décorrélées de toute réalité. On ne savait d’ailleurs pas comment elles allaient gagner de l’argent, avec quel business model, mais ce n’était pas un problème, puisqu’elles grossissaient. C’est ça, les start-ups, tant que ça grossit, le souci n’est pas de savoir comment on va gagner de l’argent, on se dit qu’on aura toujours le temps de trouver plus tard.
Parce que ça vaut de la thune, des tonnes de gens y mettent des tonnes de fric. Du coup, c’est gratuit, on a un service développé et mis à jour en continu, qui grossit qui grossit. Pour grossir encore, le produit est réfléchi pour nous sucer notre temps, notre énergie et nos datas, pour nous faire amener un maximum d’amis. Du coup on se fait sucer et en échange tout ça est vendu à des agences de pubs, des marketeux, des annonceurs qui cherchent leur audience.

C’était tout l’enjeu du web, ne pas mettre de barrière à l’entrée pour pouvoir partager les bits de données de façon illimitée.

Les 4 modèles du web :

Chris Anderson écrivait dans « free » les différents business model possibles pour ces économies numériques abondantes. Il en proposait 4 :

  1. Cross-subsidies : un produit gratuit et un produit payant (mon blog est gratuit, mon mooc est payant ou l’entrée est gratuite mais les boissons sont payantes)
  2. Le marché à 3 : la radio est gratuite pour moi parce qu’elle est payée par des annonceurs qui veulent me faire passer un message
  3. Le modèle freemium : le produit de base est gratuit, pour avoir toutes les fonctionnalités je dois payer (soundcloud, le monde etc..)
  4. Les marchés non monétaires : principalement le modèle du don et le troc

Nous sommes arrivés à un moment où l’intérêt du web et ses capacités techniques ont été bouffées par les géants : Google et Facebook sont les gros géants du web, ils sont gratuits et ils vivent de la pub. Cela veut dire qu’ils ont grandi autant qu’ils le pouvaient, nous faisant rentrer dans un maximum de leurs services pour nous sucer un maximum de nos données, pour pouvoir les vendre.
Non pas parce qu’ils sont méchants, ou mal intentionnés, non simplement parce que c’est le business model qu’ils ont trouvé. C’est con, et à la fois, ils n’auraient pas pu se développer à ce point s’ils avaient choisi un business model payant au départ. C’est comme bitcoin, le fait que la masse monétaire soit limitée à 21 millions et que la distribution se fasse aux premiers arrivés est vraiment injuste sur la durée, mais sans cette précaution de départ, il n’y aurait pas eu le réseau. Bien.

Chassez la pub, elle revient au galop

Google & Facebook on donc choisi le modèle 3 : marché à 3, tout est gratuit parce que quelqu’un paye pour vous envoyer un message ciblé : de la pub. L’avantage c’est que c’est gratuit, l’inconvénient, c’est que nous sommes devenus des cibles, avec nos cookies, avec nos traces, avec nos intérêts, nous sommes devenus les cibles de la pub…

Prenez 10 de vos likes et allez faire ce test créé par Michal Kosinscki, il vous dira qui vous êtes, pour qui vous votez, votre orientation sexuelle, votre religion, si vous êtes plutôt compétitif ou coopératif, introverti ou extraverti et toutes une autre douzaine de profils psychologiques. Donnez lui 68 likes et il vous dira avec 98% de certitudes toutes ces infos. Donnez lui 5 ans de votre historique facebook et il vous dira des choses sur vous que vous ignorez probablement.
Prenez l’exemple de Cambridge Analytica et l’élection américaine et vous arrivez au bout de ce qu’on peut faire avec ces datas et le micro-targeting adapté aux comportements des personnes, le tout à leur insu.
A ma connaissance, à ce jour, c’est tout à fait légal. Les données ont été récupéré via une application abusive, c’est certain, mais si elles avaient été récupérées par d’autres moyens, personne ne lèverait le petit doigt pour crier au scandale.

Donc d’une je laisse et même je donne mes infos gratuitement et de deux je suis pris pour cible.

Tout ce que je déteste : la pub = dépenser de l’argent pour montrer des contenus à des gens qui ne sont pas forcément consentants et qui sont complètement inconscients de :
1. qui leur écrit
2. depuis quel endroit
3. avec quelles infos sur la cible
4. avec quelle intention
5. en réponse à quelle logique

C’est à dire que j’ai choisi de ne plus lire de magazines quand il y a de la pub, de couper la télé, la radio quand il y a de la pub, mais je m’en bouffe sur mesure sur facebook. Et je contribue à leur donner le bâton pour me faire battre.

La publicité est une intrusion dans mon espace

Pourquoi? parce que je sens bien que quelqu’un essaye de me faire rentrer quelque chose dans le crâne, et que je ne l’ai pas choisi. Quand je suis au volant de ma voiture et que j’écoute France inter et qu’arrive une page de pub, je sens que l’on a un projet pour moi. Des gens, souhaitent me manipuler, pour modifier mon comportement. Ils me proposent, m’influencent, me soumettent, m’envoie une info avec une intention. Ceux qui le font ne sont pas ceux que ça intéresse, la voix que j’entends et celle d’un comédien, qui fait cela pour gagner des sous. Ceux et celles qui ont un projet pour moi, ce sont les marketeux, les communiquants, qui eux-mêmes ne font que répondre au besoin d’un directeur marketing ou d’un directeur qui cherche à faire connaître, faire aimer son produit, à redorer son image, ou à vendre quelque chose.
Le plus souvent, ce directeur ne fait que répondre à l’actionnaire, aux actionnaires qui demandent des résultats, plus de vente donc. Et puisque ça marche et qu’on ne sait pas trop faire autrement, eh bien on fait des campagnes de pubs. Il faut dire que ça marche de moins en moins bien et qu’il faut toujours dépenser plus pour toucher des audiences. Créer des budgets événementiels, sponsoriser des équipes de foots, créer des campagnes de street marketing, embaucher des community managers pour avoir l’air cool. Bref, cette campagne de pub, derrière le directeur et l’actionnaire, il y a une croyance.
Derrière l’actionnaire il y a le besoin de rentabilité : j’ai investi de l’argent, j’ai croyance et confiance que l’argent travaille et que si j’en mets quelque part je dois en recevoir plus en retour, donc il faut investir pour vendre ce produit génial que nous avons et dont ces masses de consommateurs sont trop bêtes pour le trouver toutes seules, il faut les aider, les guider, créer le manque, créer le désir, attirer l’attention, leur faire comprendre qu’il manque quelque chose à leur vie, mais que quand ils nous auront acheté, consommé, jeté, leur vie sera bien meilleure, et alors s’apaisera se gouffre, ce vide, jusqu’à notre prochaine campagne.

Mais la première question que me pose tout ce bordel c’est :
1. est-ce que je l’ai demandé moi, à recevoir cette pub?
la réponse est non, mais j’y ai consenti en me connectant à une radio dont une partie du business model fonctionne avec de la pub.
La deuxième question qui me vient est :
2. est-ce que j’ai vraiment besoin de ces produits?
Absolument pas, puisque je tends à diminuer ma consommation, mes besoins, mes achats et que je me mets en recherche uniquement quand j’en ai le besoin et que j’ai confiance que je sais trouver ce que je cherche. Combien même ils pourraient avoir toutes les datas sur moi et savoir mieux que moi ce que je désire, le simple fait qu’ils me le proposent et me le suggèrent m’insupporte, c’est pour moi de l’ingérance, une intrusion dans mon espace, un viol de ma liberté de penser par moi même et je préfère résister et ne pas acheter quelque chose dont j’ai besoin que de leur donner victoire.

En fait, je préfère faire le chemin moi même. Recevoir de l’information? avec plaisir. Mais de la publicité, c’est non.
La différence, c’est qu’il n’y a pas d’intention de me faire acheter quelque chose.

Je reste libre et n’ai pas à ressentir l’intention du publicitaire qui veut me faire agir dans une direction ou une autre.
C’est fou ce monde non?

Que faire de tout ça

Jesus, ou un de ses potes disait : ne fait pas à autrui ce que tu n’aimes pas qu’on te fasse.

 

Fort de ce constat, la première chose pour moi, c’est de sortir au maximum de tous ces services où je suis le produit, le hamster de laboratoire que l’on dissèque à longueur de journée pour étudier le comportement d’achat non pas du citoyen, mais du consommateur. Je ne veux plus côtiser et être participant. D’un autre côté, je ne veux pas non plus me bouffer les pubs incessantes des magazines mais aussi sur le web.
Évidemment installer adblock plus et ghostery ou même privacy badger ou encore facebook container est un bon début pour me protéger de toutes ces agressions non désirées.
Cela veut dire trouver d’autres systèmes, soit le modèle 1, soit le 3, soit le 4. A ce jour, en tant que consommateur je suis prêt à payer des services premium en abonnement en étant sûr que je n’aurai pas de pub. D’où mon abonnement récent pour Mediapart.
En tant que producteur de contenu, je continue de croire que le don (modèle 4) est plus intéressant pour faire connaître au plus grand nombre des idées sans barrière de coût. Depuis 2009 où j’avais mon blog zoupic.com les choses ont bien changé et nous avons maintenant Tipeee et Patreon aux Etats-Unis qui permettent de faire des dons récurrents à des auteurs, artistes, blogueurs et qui permettent donc de financer la création sans pour autant mettre de barrières à l’entrée pour les créateurs. C’était bien là tout l’intérêt du numérique, partagez plus ne coûte pas plus, il faut juste que l’émetteur puisse vivre de son travail pour continuer de façon durable à créer.

Le financement participatif à travers ses plateformes KKBB, Ullule, Indiegogo, Kickstarter et toutes les plateformes dérivées ou de niche pour tel ou tel usage ont bien rempli le paysage et apportent vraiment un moyen de financement par la foule.

L’enjeu aujourd’hui pour moi est de reprendre une écriture de temps long, d’écrire pour moi et non pour qui me lira.
Facebook crée cette addiction du like où quand j’écris je salive déjà à imaginer combien de personnes vont liker mon post.

J’ai envie de reprendre le temps, de la hauteur, de la profondeur, du recul.

Je suis content d’avoir pu expérimenter à fond l’instantanéité, maintenant, place au temps long!

Delete Facebook : c’était gratuit, j’étais le produit!

Depuis le temps que je le disais, il fallait bien que je finisse par le faire

Cher Mark, je souhaite mettre fin à mon contrat à durée indéterminée dans ton entreprise Facebook.

« J’ai vraiment adoré travailler pour toi, mais c’est trop. J’ai travaillé nuit et jour, de nombreuses heures sans compter, pour aider à construire ce réseau, ce rêve d’humanité. Tu es devenu très très riche ce faisant, en vendant mes données à des annonceurs. Ils m’ont ciblé. Moi pendant ce temps là, je formais mes amis à facebook, j’expliquais l’edge rank, les publicités, comment taguer des amis, comment faire une page pro. Ah j’en ai formé des gens pour toi. Ahh j’en ai initié des personnes à voir les intérêts de ta plateforme.
J’ai créé des groupes que j’ai animé pendant des années. J’ai administré des pages, des discussions. J’ai vraiment donné beaucoup de temps pour notre projet commun, moi il m’a apporté des amis des relations et une magnifique chérie pendant que toi tu devenais un des hommes les plus riches sur Terre.
Je te rassure, je suis très content de ma situation et ne souhaite pour rien au monde échanger avec toi, je trouve juste que notre contrat n’était pas équilibré, et que tu aurais dû me rémunérer pour toute la valeur que j’ai apporté à la plateforme que toi et tes actionnaires détenez. Ou alors tu aurais dû prendre soin de mon travail et de mes données.
Aujourd’hui tu es surpris du bordel qui arrive à Facebook, je t’ai vu dans les médias, tu n’en menais pas large, mais vous n’avez rien fait pour protéger nos données, vous avez toujours réagi après coup, pour éviter la fuite d’utilisateurs.
Avec les moyens que vous aviez et la responsabilité que vous avez, il y avait un contrat de confiance entre nous, ça fait longtemps qu’il est rompu, mais je voulais quand même y croire, que tu prendrais soin de moi, que tu me respecterais et que tu honorerais ta part du contrat, même si tu ne me payes pas, que tu me protègerais, que tu me prendrais en compte, que tu me respecterais.

Force est de constater que ce n’est pas le cas. C’est pourquoi je choisis de rompre de manière unilatérale notre collaboration, pour choisir de me respecter moi.
Tout ce que tu m’apportais je peux le trouver ailleurs. Un ailleurs où mes données ne seront pas données, vendues, pillées, souvent à mon insu. Un ailleurs ou peut-être même, je choisirai de payer pour ne plus être le produit.

Tu as une responsabilité dans ce qui arrive, j’ai la mienne aussi, c’est pourquoi je pars l’esprit léger et tranquille et te remercie pour toutes ces années. Je sais qu’il n’y a pas de solde de tout compte, que je repars juste avec une copie de mes données, mais le plus important n’est pas ce que nous avons vécu, c’est de se rappeler que facebook n’a pas créé l’amitié, donc quitter facebook ne la détruira pas non plus.
L’amitié pré-existait à facebook, ainsi, sans lui, elle perdurera. »

colonne FB

Partir pour de bon

Pas facile de quitter une telle pieuvre. 12 ans de vie, de partages, d’images, d’événements, de discussions.
12 ans de commentaires, de pages créées, de groupes. Depuis le Mexique en 2006 où j’avais découvert le monstre jusqu’à ce 28 mars 2018 où je me suis finalement décidé à le supprimer.

Cela faisait longtemps que je souhaitais le faire, longtemps que j’avais dit que je le ferai. Pour Snowden. Pour la liberté d’expression. Pour ne plus être victime râleuse d’un réseau qui abuse de mes données. Victime consentante puisque le réseau est gratuit, que c’est son business model et que je le sais depuis longtemps.

Je peux très bien choisir consciemment de partager un certain nombre de données et de savoir que des mate-algorythme les utiliserons pour cibler des pubs parfaites pour mon profil.
Je peux aussi le faire sur mon blog, sans laisser toutes les traces que je laisse sur facebook. Tous les clics, les likes, les j’aimes, les commentaires.
Le réseau a cela d’ hideux qu’il me fait culpabiliser au moment de partir, que comme l’accro, il me manquera ceci ou cela.

Bien sûr, je coupe des ponts, des liens, des années de liens créés sur ce réseau. 4080 amis, 800 followers et je ne sais combien de groupes créés.
Mais qu’est-ce que Snowden a coupé pour révéler sa vérité et faire connaître au public l’usage aliéné de nos données?
Qu’est-ce que je perds pour pouvoir gagner en tranquillité d’esprit et en cohérence?
Qu’est-ce que facebook permettait que je ne pourrai vraiment plus faire? Chacune des fonctions une par une je peux les retrouver ailleurs.

Fear of missing out? la peur de manquer l’événement?Je raterai quoi?
La vie ne se passe pas derrière l’écran, elle est ici et maintenant

Il y a bien une ou deux fonctions qui me manqueront. Un ou deux contacts que je chercherai un peu. Mais en cas de besoin, je pourrai toujours passer par le facebook d’un ami pour récupérer l’email, le téléphone ou je ne sais quoi.

Un dernier tour avant de partir

Pour dire pourquoi je pars, pour faire le ménage.
De quelles pages suis-je encore l’admin? Prévenir celles et ceux qui m’y chercheront. Que la relève s’organise.
De quels groupes n’ai-je pas fait mes adieux?

459,2 Mo pour 7 238 éléments. Voilà ce que pèsent les infos que facebook me rend.
Que reste-t-il de toutes ces interconnexions, de tous ces commentaires, ces pings, ces tags, ces lectures, de toutes ces vidéos inutiles? l’histoire ne le dit pas.

En 12 ans, j’avais dû changer un certain nombre de fois la confidentialité de mes paramètres, de mes photos, de mes statuts pour correspondre à l’époque facebook dans laquelle je vivais, d’un réseau d’étudiants en errance à l’étranger aux soirées électros parisiennes à un média global avec ma cousine et ma tante, il m’a fallu revenir plusieurs fois dessus pour lisser l’intime et faire du politiquement correct.

Toujours veiller à ce que je donne à voir et ce que je cache.

Veiller à cette excitation que je vois en moi avant de poster et d’espérer que ce post là emportera du like, de l’attention.
Veiller à cette endormissement quand je scroll quand un zombie le fil d’actu pour faire passer le temps. Des heures d’attentions données pour sucer toutes ces vidéos inutiles et inintéressantes.

J’ai arrêté la clope en novembre et je ne le regrette pas.
J’arrête facebook aujourd’hui et je m’en réjouis déjà. Du temps de cerveau que je vais récupérer. De la liberté d’esprit que cela va me donner.
Ceux qui me chercheront pourront me trouver ici, par mail ou sur Framasphère. Peut-être même sur twitter où mon compte y est encore actif avec un twitt tous les 3 mois..

Et chez Google?

Via cet excellent article du guardian, qui reprend toutes les infos que Google a, je suis en train de faire le point de ce qu’il me semble bon de laisser chez eux ou pas.

Pour tous ceux qui souhaitent casser le Prism, sortir des fichiers ciblés, de la traque des données, il y a cet excellent site : Prism-break qui donne la liste des services open source, propres qui n’abusent pas de nos données et nous protègent. J’avais déjà commencé à en sélectionner quelques uns. Je continue, chaque jour à en utiliser un peu plus.
Pour donner moins de pouvoir à google, à facebook, et reprendre le contrôle de mes données.

J’aime donner, mais encore faut-il que je sois conscient de tout ce que je donne, à qui, et de l’intention de l’usage de celui qui le reçoit.

Rdv sur framasphère, sur twitter, par mail me@etiennehayem.fr sur ce site évidemment ou par tel, à la rubrique contact.

Pour ne plus dépendre du bon vouloir d’autrui, aujourd’hui, j’agis.

Demain

Initialement posté le 25 décembre 2015

Mon éternel respect à  Cyril Dion pour avoir expliqué le besoin de croissance perpétuel de nos économies en présentant la création monétaire privée sur le plateau de On n’est pas couché au cours de la promotion de Demain le film.

image

J’y ajouterai principalement que pour créer cette dette, l’argent est créé avec intérêts et que c’est cet intérêt qui demande un 2, 3, 4 ou 5% de croissance pour pouvoir rembourser la dette.

C’est cet intérêt précisément qui demande une croissance. Si on créé de la monnaie à zéro pour cent, j’emprunte 100 je rends 100 dans 3 ans je n’ai pas besoin de croître. C’est le taux d’intérêt positif qui définit le surplus de production que je vais devoir réaliser pour rendre au banquier.

D’où la méga-magouille avec la Grèce à qui l’on prête à 2% pendant que le pays est en récession (croissance négative) et dont on sait déjà qu’ils ne pourront pas honorer les paiements des intérêts.

C’est ce mécanisme qui généralisé à notre économie fait qu’il n’y a pas assez de monnaie pour rembourser tous les crédits. Puisque dans la création monétaire la monnaie est créée pour le prêt mais pas pour les intérêts : on créée 100 € de crédits pas 104€ (à 4%). L’emprunteur devra donc aller investir ses 100 euros nouvellement créés sur le marché pour chasser, trouver 100 + 4€ et donc gagner 4€ d’intérêts parmi la masse monétaire disponible sur le marché.

Pour découvrir le fonctionnement de la création monétaire via Positive money : https://www.youtube.com/watch?v=lrQX4CF6Bxs

Un grand bravo aussi pour avoir tenu tête aux journalistes et leurs questions relous, pour Léa Salame qui a besoin d’être convaincue, je pense que c’est l’expérience qui peut lui plaire plus que des arguments mentaux, l’expérience pas seulement de faire du bien, mais de faire partie de la chaîne du vivant, de retrouver sa place dans le cycle.
A la question de Laurent Ruquier, faut-il sauver l’humanité? On touche à des questions profondément spirituelles où la réponse appartient à chacun.

Bravo Cyril!

Le DAO est la mère des mille et une choses

Pour comprendre le DAO, Ethereum, Bitcoin & la Blockchain

16 novembre 2016 – post initialement publié ici

Article originellement publié sur Medium le 25 mai 2016

Bienvenue dans la plus grosse levée de fonds de tous les temps : 161 millions de dollars et ça augmente encore. Entre le moment où j’ai décidé d’écrire cet article (34 millions) et le moment où je l’ai publié (167), 133 millions de dollars ont été investis sur The DAO.

Pourquoi, des milliers de personnes se ruent-elles pour acheter des DAO Tokens pour un système qui n’existe pas encore?

Voilà ce qu’on peut appeler une Crowdsale, CryptoCrowdEquity ou CryptoIPO, c’est à dire une introduction en bourse cryptée, ou alors la venue au monde de la première Organisation Autonome Décentralisée : LA DAO. Ce qui est en train de se passer sous nos yeux, est la possibilité d’acheter en ligne directement des jetons de cette DAO, soit des actions ou des parts. Comme une entreprise naissante, des milliers de personnes sont en train d’acheter des parts, des droits de vote de cette nouvelle forme d’organisation complètement décentralisée.

3ème enfant d’une vague d’innovation toute récente, the DAO arrive comme fils d’Ethereum et petit fils de Bitcoin.

A quoi va servir cette DAO? Comment ça marche? Qui est derrière? Pourquoi avoir créé cette DAO?

Pour comprendre toute ces questions, nous allons faire un léger saut en arrière et retour dans le temps afin que vous compreniez bien les tenants et aboutissants de cette somme astronomique et de cet événement inhabituel qui se déroule sous nos yeux ébahis

0. Peer to peer

Le pair à pair est le principe même du réseau : être connecté d’ordinateur à ordinateur, sans intermédiaire. C’est ce que nous avons découvert dans les années 2000 avec le Bittorrent, le partage de fichiers qui nous a permis d’échanger des quantités impressionnantes de données rapidement, à moindre coût et de façon facile et sécurisée. Bittorrent a notamment posé d’énormes problèmes au niveau légal puisque des millions de films et de mp3 se sont retrouvés sur ces plateformes de partage. Fonctionnant de manière décentralisée, cette technologie a été quasiment impossible à arrêter et c’est au travers de la loi et du projet Hadopi que la France a pu retarder et réduire son impact. Voici, après Internet, les prémices du Peer to peer et la transformation de nos sociétés, de la pyramide vers les réseaux.

1. L’effet de réseau ou le Network effet

Deuxième chose à découvrir c’est l’effet de réseau, le fait qu’un réseau prend toute sa force et sa puissance par le nombre d’utilisateur qu’il a.

Pour faire court : allez utiliser le téléphone alors que vous êtes le seul à en avoir un. Ou inscrivez vous sur une nouvelle plateforme de rencontre dès le premier jour. Vous vous retrouverez seul-e, le réseau n’ayant pas encore atteint sa masse critique. A l’inverse, essayez de quitter Facebook alors que vous y avez tous vos ami-e-s. Pas évident.

L’effet de réseau est donc une force non négligeable qui entraînera un grand nombre d’utilisateurs vers un réseau déjà en place et puissant.

2. Bitcoin : une monnaie et une technologie

Apparu en 2009, Bitcoin est une monnaie décentralisée, elle existe sans banque centrale. Elle permet de faire des transactions anonymes entre 2 points de la terre sans passer par les banques, les régulateurs ou une autorité de confiance. Elle permet de créer la confiance grâce au logiciel, par la façon dont il fonctionne. C’est à dire que deux personnes qui ne se connaissent pas vont pouvoir échanger directement ensemble sans autre intermédiaire que le logiciel Bitcoin et sa puissance de calcul.

Première révolution du P2P (pair à pair) en finance, Bitcoin permet notamment à Wikileaks de continuer à recevoir des dons lorsque Visa, Mastercard & Paypal (3 entreprises américaines) la boycottaient au moment des révélations de wikileaks sur les cables des USA en Irak.

Masse monétaire limitée dans le temps : incentive à l’entrée.

La proposition de Bitcoin écrite dans son code était de limiter sa masse monétaire à 21 millions de bitcoin. C’est à dire qu’au fur et à mesure de sa vie, des bitcoins seraient émis, créés, pour remercier les ordinateurs qui participent à coder, encrypter la chaîne de blocs (blockchain) qui permet d’écrire les transactions et de les sécuriser dans le livre de compte (ledger). Plus l’on arrive tôt dans l’histoire de bitcoin, plus l’on a de chance de recevoir des bitcoins en remerciement de cette mise à disposition de notre processeur. Au fur et à mesure du temps, le nombre de bitcoins sera de moins élevé.

La masse monétaire limitée des Bitcoins

Cette masse monétaire limitée permettait d’encourager à venir tôt en créant une masse monétaire rare. Puisqu’elle ne bougerait pas dans le temps, le nombre de bitcoins créé serait à tout jamais défini et plus l’on avancerait dans le temps, moins il y aurait de nouveaux bitcoins créés.

Longtemps critiquée pour ses aspects spéculatifs, ce paramètre a permis d’encourager les intéressés à venir ajouter leur puissance de calcul au réseau dès le début et donc de renforcer la puissance du réseau et lui donner le succès que nous connaissons maintenant.

3. Blockchain

Découverte au fur et à mesure de l’évolution de Bitcoin et longtemps après ses farouches critiques, nous avons découvert que bitcoin était à la fois une monnaie décentralisée, mais aussi, la première fille d’une famille nouvelle, utilisant cette fameuse technologie de chaîne des blocs impétables.

Ce qui avait été permis pour bitcoin, à savoir une monnaie, pourrait donc être appliqué à bien d’autres choses, applications, qui jusqu’ici nécessitaient un tiers de confiance.

Définition :

« a Blockchain enables a database to be directly and safely shared by entities who do not trust each other, without requiring a central administrator. Blockchains enable data disintermediation, and this can lead to significant savings in complexity and cost. »

Depuis Bitcoin, environ 700 « Coins » alternatifs, petits frères et sœurs de bitcoin sont nés et co-existent sur internet à travers différentes Blockchains avec différentes règles et propriétés.

4. Ethereum

Et si, plutôt que juste faire des échanges de monnaies sur cette chaîne de blocs, on pouvait aussi coder, et imaginer plein d’autres fonctions? voici la proposition de Vitalik Butterin en novembre 2013.

L’avantage : plus de flexibilité
L’inconvénient : moins de sécurité

Ce qui veut dire en gros, faire péter tous les métiers basés sur la confiance pour les remplacer par du logiciel, ou plus exactement, une blockchain ethereum. En gros, simplifier la société par tous ces métiers devenus inutiles qui peuvent être effectués par des ordinateurs et fournir un travail pour lequel nous n’avons pas besoin de nous connaître, d’avoir confiance etc… Un projet de société radical qui va faire sauter tout un paquet de professions, et attaquer un certain nombre d’organisations que nous connaissons en remplaçant des entreprises centralisées par des réseaux décentralisés. Il va y en avoir pour tout le monde, des notaires à Airbnb en passant par Dropbox & Facebook.

En 2014 : Financement d’Ethereum : 18 millions de $ lors du CrowdSale d’août 2014. Le premier bloc d’Ethereum apparait moins d’un an plus tard le 30 Juillet 2015.

5 millions d’ETH ont été distribué aux codeurs, développeurs qui ont investi leur temps et énergie pour rendre ce rêve réel avant la levée de fonds. La levée de fonds de 18 millions de $ génèrera 70 millions d’Ether, achetés principalement à base de Bitcoin pour que la fondation développe Ethereum Fondation.

La monnaie d’Ethereum est le gas, qui permet de faire tourner les ordinateurs. Une façon de remercier, financer les ordinateurs qui font tourner le réseau.

Et puis, la spécificité d’Ethereum : la naissance des Smart contracts — contrats intelligents :

A smart contract is a piece of code which is stored on an Blockchain, triggered by Blockchain transactions, and which reads and writes data in that Blockchain’s database.

Eh oui, même si on est passé au digital, les petits contrats de nos petits ordinateurs ont besoin de « gaz » pour fonctionner, c’est leur nourriture, c’est le prix que les développeurs donnent à chaque transaction effectuée. Et le gas ne peut se payer que en Ether.

5. The DAO

Nous y voilà donc, pour fonctionner sur Ethereum, chacun peut maintenant créer sa blockchain. Seulement, pour lever des fonds, il y a plusieurs solutions : soit chacun pour soi, soit on la joue collective, en profitant de l’effet de réseau et tout le monde y gagne. Il faut savoir que créer un réseau puissant requiert beaucoup d’énergie, en temps, en investissement, en communication. Demandez à Airbnb et über combien ils dépensent pour faire connaitre leur réseau et leur service. Si les nouvelles technologies ont facilité et accéléré le temps qu’il nous a fallu pour réunir 100 millions d’utilisateurs sur chaque nouveau média, la proposition de DAO est révolutionnaire en cela qu’elle propose de mutualiser les fonds et de se réunir dans une organisation commune : THE Dao.

Première du nom, le principe est simple :

  • On prend des parts.
  • Avec ces parts on “devient” la DAO nous-même.
  • En étant actionnaire, on peut faire des propositions, voter pour des projets ou recevoir des bénéfices.
  • Faire des propositions de projets : pour être financés.

Donc contrairement à du don contre don, ici on ne fait pas que donner des sous pour acheter un produit, on n’achète pas des titres participatifs, non on devient membre à part entière de l’organisation et donc de sa gouvernance, avec un pouvoir de vote proportionnel au nombre de part que l’on a.

La conquête du far west recommence.

A la différence qu’il n’y a pas de Conseil d’administration. Il y a un grand nombre d’actionnaires, décentralisés, libres de voter, proposer, ce qu’ils veulent dans l’organisation.

En mettant ses jetons de The Dao, c’est à la fois investir ses droits de vote, mais aussi placer ses actions dans des projets à l’intérieur de l’organisation et en recevoir des bénéfices quand le projet sera développé et offrira des services et que des utilisateurs payeront pour l’utiliser.

L’objectif étant que le coût d’usage soit inférieur à celui des intermédiaires actuels. Donc plus rapides, moins cher, plus sécurisé.

C’est la naissance d’une super-organisation basée sur un super-ordinateur, open source, distribué, décentralisé, sécurisé et gouverné en direct par ses membres. La limite est que si on regarde la distribution des DAO aujourd’hui, les 100 plus riches ont la moitié de la masse monétaire, ce qui nous rappelle quand même quelques vices que nous connaissons dans nos monnaies habituelles..

Le vote :

Accepting a Proposal requires a majority decision after a debating period of two weeks minimum, and a participation rate of 20% or higher calculated proportionally to the value of ETH requested in the Proposal.

Maintenant, sinon ce ne serait pas drôle, DAO veut aussi dire Distributed Autonomous Organisation, soit organisation autonome distribuée, ce qui sous-entend que le truc tourne tout seul, de façon distribuée = sans centre, sans chef, sans autorité centrale.

En tant qu’actionnaire, et parce qu’on a des parts, on peut proposer des projets à être financés, décidés et allouer des DAO aux propositions. Bien sûr, parce qu’on est actionnaire on peut aussi recevoir du profit/dividendes des projets financés.

Au jour d’aujourd’hui :

1 ETh = 12,50 dollars à peu près

1 ETH vaut 100 Tokens de DAO

Mais dans leur émission de DAO tokens (jetons DAO), ils ont repris le même schéma de rareté artificielle en réduisant tous les 15 jours ou toutes semaines le nombre de DAO émis pour 1 ETH échangé. Donc 100 DAO pour 1 ETH la première semaine puis à partir du 14 mai ce sera 95 DAO pour 1 ETH et puis ça changera encore…

Cela pour valoriser ceux qui arrivent le plus tôt, car ils prennent un plus grand risque.

Donc

Aujourd’hui, on a 42 millions de dollars qui ont été investis.

Ce qui représente : 4,31 millions d’ETH créés.

Ce qui représente 430,77 millions de DAO Tokens.

5.1 Slock.it

Les grands malins qui ont bien boosté le lancement de The DAO, c’est Slock.it, une startup basée sur l’internet of things, internet des objets qui veut proposer une alternative à AirBnB & über en utilisant la blockchain. Pourquoi? parce que c’est possible, moins cher et que la richesse est partagée.

Donc plutôt que ce soit une entreprise qui possède la plateforme et fasse intermédiaire, la proposition c’est d’avoir une technologie open source, avec des contrats proposés par Slock.it et que chacun puisse louer ses objets, sa voiture, son appartement, directement via The Dao.

5.2 Ethereum Computer & le universal Sharing Network

Mais plus malins encore que ça, leur premier projet, avant de pouvoir dérouler toute leur vision, c’est de créer un Ethereum computer, sorte de box wifi, qui contribuerait à réaliser les transactions ethereum et donnerait de la puissance de calcul à la blockchain d’Ethereum, le tout dans le monde physique, parce que tout ça, c’est quand même vachement virtuel, donc difficile à capter pour le grand public.

Conclusion

Alors qu’une nouvelle ère de l’informatique, de l’innovation et du p2p s’ouvre devant nos yeux, de grands écueils viennent avec elle : la levée de fonds étant faite en dollars/euros, l‘accès à cette monnaie étant de plus en plus cher, on retrouve des mécanismes de rareté artificielle qui sont bien peu nécessaires à nos inventions du 21ème siècle.

La quantité monstrueuse de DAO achetés, les mécanismes évidents de spéculation et la croyance que ça va toujours monter donnent à la DAO un gout de super produit magique qui va changer le monde.

Or, et c’est bien là que tout recommence, avec près de 200 millions de dollars financés, tout reconstruire avec une telle somme génère une pression et un enthousiasme qui peut vite faire perdre la tête.

Le pouvoir de vote lié au nombre de DAO est-il bien raisonnable pour sortir des mécanismes déjà bien connus de concentration de pouvoir monétaire et décisionnaire?

Une chose est sûre : peu nombreux sont ceux, à ce jour, qui peuvent lire les codes et algorithmes et comprendre vraiment de quoi il en retourne, alors même si on n’a plus besoin d’avoir confiance en notre prochain grâce aux machines, encore faut-il avoir confiance dans ceux qui en écrivent et programment la colonne vertébrale.

A suivre… ce n’est qu’un début…

Merci à Hadrien & Nicolas Loubet pour les infos et perspectives sur Ethereum & Dao.

Sources :

DAO :

Site officiel (EN) : https://daohub.org/

https://medium.com/@BlockByBlock/the-decentralized-autonomous-organization-dao-5e80cfe8c993#.pkfffktu7

Acheter ses premiers DAO (EN) : https://forum.daohub.org/t/up-updated-official-statement-on-the-dao-creation-process-how-to-get-and-watch-tokens/425

White paper (EN) : https://download.slock.it/public/DAO/WhitePaper.pdf

Code source (EN) : https://github.com/slockit/DAO/wiki/The-DAO-v1.0-Code#verifying-the-dao-code

Faire une proposition (EN) : https://github.com/slockit/DAO/wiki/How-to-create-a-proposal

Les propositions en cours : https://dao.consider.it/

What is the DAO (EN) : http://www.coindesk.com/the-dao-just-raised-50-million-but-what-is-it/

Backfeed veut changer la gouvernance du DAO pour instaurer du mérite : https://magazine.backfeed.cc/dao-alive-now-let-evolution-begin/

Présentation par le COO de Slock.it (EN) : https://blog.slock.it/the-inexorable-rise-of-the-dao-2b6e739b2615#.rtiwhwiwz
Q&A with Stephen Tual from Slock.it (EN) : https://www.youtube.com/watch?v=cnm7nh7LVPA
Q&A avec Stephan Tual de Slock.it (FR) : https://bitcoin.fr/video-presentation-de-slock-it-par-stephan-tual/
Qu’est -ce qu’une DAO (FR) : https://www.ethereum-france.com/decentralized-autonomous-organization-dao-blockchain/
Stats du DAO : http://daostats.github.io/accounts.html
Quels contrats sont possibles à coder (EN): http://www.the-blockchain.com/2016/04/12/beware-of-the-impossible-smart-contract/
Crowdfunding list (EN) : https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_highest_funded_crowdfunding_projects

Mes revenus et échanges monétaires professionnels en 2013

Voici le temps de vous partager le résultat de mon activité d’auto-entrepreneur pour 2013. En effet, je pense que l’argent ne devrait pas être un tabou. Ainsi je souhaite vous partager combien j’ai reçu, de qui, dans quelles conditions et pour quelles missions. Nous pouvons en discuter, s’étonner, mais je souhaite que cela ne soit pas secret car je crois que cela concerne tout le monde et permet à mes précédents, futurs et potentiels partenaires de voir les missions que j’ai réalisé et pour qui. En fait, je n’ai rien à cacher alors je choisis de tout montrer!

Je pratique la participation consciente dans mes échanges (issue de l’expérience de l’Université du Nous) , ce qui signifie que je donne mon temps et réalise la mission confiée et l’entreprise choisit ensuite, en fonction de ce qu’elle estime avoir reçu ce qui est juste pour elle de me donner en échange. Il n’y a pas de prix minimum, pas d’attente, une liberté et une responsabilité de chacune des deux parties : pour moi de m’épanouir et de donner le meilleur de moi dans ce que je fais, pour l’autre de sentir ce qui est juste.
C’est un grand pas de côté qui fait sortir de la notion de compétition, de négociation et de sortir gagnant ou perdant de l’échange. Par ma posture je choisis et suis déjà heureux d’avoir donné, le montant choisi est un remerciement mais ce n’est pas le motif de mon travail.

Voici donc mes prestataires et échanges de 2013 :

Finances EH 2013Pour l’avoir déjà posté sur Facebook j’ai remarqué que cela générait également des discussions intéressantes car nous en parlons si peu d’argent en France…

Sommes nous libres de payer nos impôts? ou obligés?

Et si nous étions libre de payer nos impôts, à quoi ressemblerait notre économie, notre nation?
Wikipedia fonctionne dans l’économie du don et nous permet à tous d’en profiter bien que seulement une minorité contribuent. Cette dynamique spécifique du web a permis à l’humanité de se doter d’une encyclopédie en ligne d’une ampleur inédite.

Et si, à la manière de Wikipedia, nous étions libres de contribuer, ou non, à la hauteur que nous souhaitons aux impôts que nous donnons à notre nation?
Et si, à la manière de l’économie du don, nous étions libres de contribuer ou non aux services que nous recevons, qu’est-ce que cela changerait?

Si plutôt qu’une obligation, nous avions le choix, et la visibilité sur la conséquence. Imaginez sur le site impots.gouv.fr une jauge « nous sommes à 756 millions d’impôts récoltés sur les impôts sur les revenus pour 2013 » il nous faut encore 42 milliards pour permettre de faire fonctionner notre économie.
« encore 3 milliards » et nous pourrons assurer le programme d’investissement pour les écoles
« encore 7 milliards » et nous pourrons continuer la guerre en centrafrique
« encore 12 milliards » et nous pourrons continuer de financer la dette française

Utopie? Faisable? A quelles conditions? Qu’est-ce que cela changerait pour vous?

If the sharing economy is about renting, i’m out

my favourite question since day 1 in OuiShare.

0) Sustainable dev – allocation of ressources
Sharing a space – co using and re-using good in a time of intensive sustainable development needs is a very good move. It’s smart, it’s usefull, it’s logical.

1) definition of sharing
There are 2 different meanings I can attribute to sharing in french : partager, they are close, but refer to different feelings if I may say. The first one is something close to dividing. One Share says it all. We share shares, it’s close to mathematics and cold science. The other one is about experiences and humans, to experience something together as human, we shared a good moment : you can’t divide that moment I would rather say « living together » then divide.
It refers to me as the natural rush from children to divide things into pieces but to distribute shares to each person in a room in order to have the same piece of the cake and to eat the cake together and experience eating together
>> Sharing is caring

In this second part of the definition, sharing calls to the heart, to something warm, something profound and deep.

2) sharing and renting
There is nothing wrong with renting and earning money. The problem I see is when renting is called sharing, misusing the warm part of sharing to use a more trendy and human face.
Said in other words, in renting the story is not « people come together, put ressources in common and share them » it is « people who have some specific ressources rent them for other people who need them »

While you still have the allocation of ressources effect that suits sustainable development’s problem you just lost the sense of community and of deep connection.

3) money money money
Sharing is one of the most powerful resistance to the monetary system since it goes perfectly against its growth and program : monetizing and creating profit with everything nature gave us.
Sharing, as well as giving are 2 of the best counter-system answers that don’t contribute to monetize things. It is an act of resistance saying my relation has huge value but no price, I’d rather share my stuff/car/appartment then sell or monetize any of this. (see sacred economy from Charles Eisenstein)

4) the choice
While the monetary system is entering its final phasis, sharing, the warm one is very appropriate to resist, while sharing, the renting one is just more of the same monetization process (and there is nothing wrong with it).

This is why from day one I have been vigilant to what do we speak about when we speak about sharing and not to put all dynamics / organisations in the same box even if they have things in common.

5) my choice
I’m in love with the sharing economy, when we share something deep, create a relation between two beings. I believe this is the strongest and most sacred act we can do in order to solve our global enigma : get rid of profit-money and share some special moments together.

The renting economy doesn’t need my help nor my energy and this is not what I’m advocating for. It has nothing wrong but it doesn’t fit my agenda and my priorities and it doesn’t answer the world deepest problem to me.

6) stop the sharewashing & long live the renting economy
By calling the renting economy sharing, or by not getting into too much details about the differences between sharing and renting some companies are nurturing a lie for me. They are sharewashing. This is where my limits are.

Did you notice that renting comes from rente / rentable (which means profitable in french), quite different from the sharing – profound, human experience of being together that I spoke about earlier..

Long live the gift!

Symba, le Copil #3 et l’introduction de la gouvernance

Hier, journée de rêve à Citizen Can avec Florent & Christine Neveu, Pastor Olivier & Isabelle Delannoy pour notre 3ème COPIL du projet Symba pour la monnaie symbiotique en Île de France.

L’équipe a rencontré Olivier, Olivier a rencontré l’équipe. Après avoir rassemblé la vision : le symbiotique avec la courroie de distribution (la monnaie), voici la 3ème roue du carrosse pluggée : la gouvernance. Pour répondre à des questions simples et ô combien importantes : qui décide? Comment on décide?

Inclure dès notre lancement interne des mécanismes d’intelligence collective, de décision par consentement et de créer une gouvernance évolutive comme faisant partie intégrante de notre ADN est un grand pas pour le Symba! Cela permettra de le mettre et de le décliner naturellement dans la monnaie : la communauté met à jour son système par elle-même en pilotage dynamique.

Cela facilite bien des choses et libère l’esprit : plutôt que de chercher la meilleure solution, cela permet de trouver celle qui marche maintenant et d’avoir confiance que nous serons apte à changer de cap quand le besoin s’en fait ressentir.

Tout un changement de posture!

Quand on parle de monnaie, on parle d’humains qui décident ensemble un système de valeur commun. Pour moi parler de monnaie oblige à parler de processus de décision collective, c’est le fruit de mon expérience et de ma pratique au sein du Transitionner avec Jean-François Noubel, au Taovillage avec Patrice Levallois, à emmapom avec Emma Pometan et avec l’UDN.

Pour (re) découvrir le travail merveilleux de laboratoire vivant que mène l’Université du Nous à Chambéry et ailleurs en France, je vous invite à visiter leur site web et à découvrir leurs actions!

http://universite-du-nous.org/

We, the people are paying for this game

Le système ne tourne pas rond.. Les gouvernements empruntent aux banques des sommes d’argents que les banques créent à partir de rien.

Nous payons les intérêts sur cette dette (37% de nos impôts, soit un transfert de richesse de 16 milliards d’euros chaque année depuis les plus pauvres vers les plus riches), pour que nos Etats aient des belles notations.

Les banques reçoivent les intérêts, des primes et se gavent sur notre dos sans rien faire.

Les politiques font des promesses et continuent d’emprunter en nous endettant collectivement.

Chaque année le plafond de la dette est rehaussé car aucun politicien ne veut voir le système s’écrouler sous son règne.

Les US ont fait leur 3ème injection monétaire grâce à la FED (Quantitative Easing 3) pour relancer la croissance US. D’un montant de 255 milliards de dollars (sortis de nulle part), ils l’ont fait rentré dans leurs recettes comme du PIB ce qui leur permet de faire croire qu’ils sont en croissance. Cela fait 4 trimestres que les injections couvrent les vrais chiffres, cela fait 4 trimestres que les vrais chiffres sont en récession. Au bout de 8 trimestres de récession, on appelle cela une dépression.

on se la refait :
Les US sont en dépression économique.
Les US cachent leurs chiffres et font apparaître l’injection d’argent comme du PIB.
Les politiciens demandent de l’argent-héroïne aux banques.
Les politiciens réhaussent le plafond de la dette pour que le jeu continue.
Les citoyens payent.

ça tient tant que nous payons, ça vous plaît comme programme d’avenir? 😉