Pour qu’ils ne soient pas morts pour rien

Depuis 2 mois, la planète vient d’apprendre la puissance d’une courbe exponentielle.
Nous avons compris qu’une fois lancée, la croissance exponentielle double tous les X jours et que sa croissance est inarrêtable. Enfin, elle peut s’arrêter éventuellement, au prix de tout arrêter.

les croissances exponentielles

Alors nous avons tout arrêté et nous regardons si ça marche. N’ayant pas pu éviter l’inévitable, n’ayant pas écouté les avertissements quand nous étions encore en phase 1 ou en phase 2, nous utilisons le dernier parachute troué que nous avons et on attend, impuissants. Parce qu’il est trop tard pour éviter l’inévitable.
Nous ne sommes plus en train de regarder le nombre de morts ou de nouveaux cas, nous sommes en train d’apprendre à observer le ralentissement de l’accélération comme le dit lemonde.fr ce jour :

Nous regardons si l’accélération a diminué. S’il y a moins de plus qu’avant, que la veille, que le jour d’avant, que le jour d’encore avant. Nous surveillons le pic. Nous espérons que bientôt, il y aura encore des morts, mais moins que la veille. Nous savons qu’il n’y en aura pas subitement 0, nous  savons que d’abord l’augmentation diminuera…
Nous prions pour que ça passe le plus vite possible, que chaque jour où nous avons tardé à déclencher le confinement, que chaque jour où nous n’avons pas pris nos responsabilités passe le plus vite possible.
Nous sommes condamnés à contempler les conséquences de nos actes d’il y a 2 semaines, d’il y a 3 semaines, la propagation du virus à travers nos actes, ses conséquences à J+20 sur notre système de santé. Ne pas avoir à supporter trop longtemps toute la responsabilité que nous portons de ne pas avoir su réagir à temps, de ne pas avoir su nous préparer.
Pendant ce temps là, les soignants soignent, les médecins meurent, les caissières épongent, tous les métiers indispensables tiennent et maintiennent, au péril de leur vie, dans des conditions désastreuses, criminelles, ils absorbent notre impréparation. Ils essuient de leur vie notre connerie collective. Ils payent de leur courage et de leurs corps les choix faits par nos dirigeants. Ils mourront pour nous à cause d’eux.

Nous leur devons la vie.

Ils mettent en danger la leur pour que nous n’ayons pas à risquer la notre.

Ils sont le prix de notre patience. Ils sont le rempart qui nous permet de regarder les chiffres, confinés chez nous.

Nous avons immobilisé et contraint à domicile 3,7 milliards d’humain pour un virus. Un tout petit virus qui nous transforme tous en machine à tuer notre prochain et à faire sauter notre système de sauté mondial.
Nous sommes devenus des minuteurs sur pattes, risquant de précipiter papie ou mamie dans l’au-delà. Même si ce n’est que 20% d’hospitalisation et 5% de létalité, nous les humains, du fait de notre bêtise, de noter impréparation et de la contagiosité du virus sommes devenus autant de balles fatales dans nos systèmes hospitaliers.

Rien ne semble plus tenir. Rien ne semble pouvoir arrêter le virus que l’arrêt complet de la planète, de toute activité non essentielle. Et encore, pour l’instant, cela ne l’arrête même pas. Le virus se propage encore. Nous le propageons.

Et comme tout le monde est touché en même temps, nos voisins ne peuvent plus nous aider car ils ont les mêmes besoins que nous. Et comme tout est mondialisé, les chinois ne peuvent plus nous aider, les transports de l’autre bout de la planète qui en temps normal font la puissance de cette mondialisation en font aujourd’hui le talon d’Achille. Chaque choix justifié en temps normal comme une qualité pour faire du moins cher et plus vite devient une épine dans le pied, une aberration. Chaque raisonnement qui en temps de business as usual était imbattable devient une ignominie dans la situation actuelle. Plus rien ne fait sens. L’ISF, les dons pour l’hôpital, se fournir en chine, importer des masques, compter sur l’aide des voisins européens… rien de tout ce qui est prévu en temps normal ne tient la route. Et nos hôpitaux, notre système de santé ne peut rien faire face à un nombre de cas qui double tous les X jours. Une quantité limitée de lits se fera toujours dépasser par une croissance exponentielle. Si ce n’est pas demain, ce sera après-demain. Si pas après-demain, dans 2 ou 3 jours de plus. La question n’est plus si mais quand.
Nous sommes KO.

Notre système et son système a fait son temps.
Il est mort avec les presque 60 000 vies qu’il a payé et toutes celles que sa logique met en danger inutilement.

Tout était prévu

Ce n’était pas juste prévisible, c’était prévu. On le sait. On le savait. On ne savait pas quand, mais on le savait, qu’une épidémie, que des épidémies nous menaçaient. Il y en a d’autres, de nombreuses autres qui vont arriver, on n’en connait pas encore les formes, les intensités ou les dates de sorties, mais elles sont déjà là, à guetter dans le coin d’une forêt que nous n’avons pas encore rasé. Au fur et à mesure que nous envahissons un peu plus et colonisons l’espace, les habitats naturels des espèces sauvages encore préservées, nous allons titiller le jeu des forces en présence et déclencher la ou les prochaines épidémies.
C’était écrit donc. On le savait. On le savait et on n’a rien fait. Chacun a minutieusement diminué les risques, minimiser le danger pour réaliser des économies. C’est ça, être responsable.
La facture est encore en train de se chiffrer dans les heures où j’écris ces lignes. Le nombre de mort au niveau de la planète, le temps passé en confinement, l’isolement, l’angoisse et la solitude, les économies à l’arrêt… ce temps de réflexion nous est offert par l’impréparation et l’imbécilité de nos dirigeants. Tâchons de faire mieux qu’eux, collectivement. Que le prix de ces déjà 60 000 morts ne soit pas en vain.
Malheureusement, cela ne nous donnera que le résultat de l’addition du premier passage, et nous savons que sans dépistage massif, sans vaccins, sans remède magique, sans solution de déconfinement global, nous allons devoir jongler avec le virus et les gestes barrières pendant un certain temps encore.

croissances exponentielles, la réchaufement climatique arrive
« Je serai content quand ce sera fini »

Tout est prévu

Il y a d’autres rapports sur la table qui nous préviennent déjà des risques, d’effondrement, de croissances exponentielles inarrêtables dont les actions doivent auraient dû déjà être prises pour éviter l’inévitable.
Des croissances exponentielles dont le temps entre l’action et la réaction ne se mesure pas en 3 semaines. La concentration de CO2 dans l’atmosphère par exemple.
Chaque gramme de CO2 que nous émettons et envoyons dans l’atmosphère y restera pour … 10 ans?  non… 100 ans?? non … alors vous avez une idée?
La conséquence de chacune de nos actions ou plutôt de nos non actions face au réchauffement climatique nous condamne pour 1000 ans.

Agir maintenant

Il y a un intérêt à la situation : apprendre de nos erreurs.
Agissons dès maintenant pour prévenir les autres croissances exponentielles et leurs dégâts colossaux sur nos environnements, nos populations. Déjà des milliers de morts de la pollution, des populations fragilisées par tous les bouleversements que notre société a créé.

N’attendons plus. Que cette situation nous serve de leçon et que nous l’apprenions.
Pour qu’ils ne risquent pas leur vie pour rien.
Pour qu’ils ne soient pas morts pour rien.

Pour éviter le 2ème tour ultime

 Nous avons tous envie d’éviter le 2nd tour Macron – Le Pen.

La gauche nous préparera probablement un bel émiettement comme elle aime les faire, chacun croyant à son étoile montante.

Nous connaissons le pouvoir du couple présidentielle-législative dont le dégoût du premier prépare l’abstention du second.
Laissant au pouvoir un monarque minoritaire accompagné par son assemblée globalement illégitime et non représentative des désaccords traversant la société.
 

Comment éviter un bis repetita d’un scénario catastrophe déjà joué et rejoué?
Comment éviter un deuxième tour nauséabond entre l’extrême centre et l’extrême droite où la bascule risquerait de se produire vers l’extrême droite dont on voit déjà poindre toutes les vomissures alors que l’extrême centre nous a déjà montré l’ampleur de sa négation démocratique, sociale et environnementale parsemée de violences policières et d’injustice fiscale?

Il me semble que définir 2-3 grandes lignes directrices, non négociables, derrière lesquelles nous sommes déjà des millions pour changer véritablement de cap est un pré-requis. Refuser l’émiettement et conditionner nos votes, en refusant les aventures individuelles, via une pétition massive pourrait donner le poids de notre détermination pour ce nouveau cap et de l’impérieuse nécessité de ne pas répéter la dernière présidentielle. Sorte de primaire dont le préalable serait un programme commun et non une myriade de propositions défendues par des pantins prêts à retourner leur veste sans tenir leur parole ou engagement.

Pas question de rentrer dans les détails, juste, à ce stade, de valider les grandes lignes de ruptures avec l’ordre établi :
-> répartition des richesses
-> urgence démocratique
-> urgence écologique

Des propositions concrètes existent déjà. Piketty en a formulé des très précises et très claires. Sur le climat aussi, on sait ce qu’il faut faire, idem sur la démocratie, des propositions existent déjà bien avancées.

Dans un deuxième temps que viennent une sélection de femmes et d’hommes politiques d’envergure nationale plébiscités et soutenus largement pour concourir pour porter ce programme. Je pense à Mélenchon, à Ruffin, à Nicolas Hulot, à Hamon, à Jadot ou à Delphine Batho par exemple. J’en oublie sûrement.

S’ils ne se rassemblent pas de leur fait, croyant respectivement à un destin individuel, il n’y a qu’un avertissement collectif et préalable qui doit pouvoir leur donner le signal d’urgence du choix raisonnable, nécessaire et irrémédiable de la cohésion plutôt que de la débandade dont on peut déjà prédire l’issue.

Il est trop tard pour répéter 2017 ; il est encore temps de préparer 2022.

On s’y met?

Nouveau cadre – nouvelles lois irréversibles

Comment réaliser notre transition écologique vers une société bas-carbone pour honorer nos engagements du pacte de paris et rester sous la barre des 1,5°C de réchauffement :
Quels sont les leviers pour faire bouger les lois qui influenceront légalement et globalement les comportements des entreprises, des individus et des agents économiques actuels et nous permettront de tenir nos engagements?

Je relie ici plusieurs documents lus récemment :

– une étude de Carbone 4 : Faire sa part – pouvoir / responsabilité des individus, des entreprises et de l’Etat : Publication-Carbone-4-Faire-sa-part-pouvoir-responsabilite-climat

Il y est dit que la part individuelle, dans un comportement héroïque nous amène à 25% de réductions carbone. Dans l’objectif des 100% qu’il nous faut pour rester sous les 1,5° de réchauffement climatique, l’action individuelle HEROÏQUE permet de réduire de 25% les émissions carbones. 35% si j’investis du capital dans la rénovation thermique de ma maison.
Le reste, c’est les entreprises et les Etats.

Conclusion : quoi que nous fassions individuellement, et il est ô combien nécessaire que nous fassions le maximum et de notre mieux, cela reste largement insuffisant pour rester sous les 1,5°C, il faut faire bouger les entreprises et Etats en même temps car ils représentent les deux autres tiers.

– Cécile Duflot, ancienne ministre de l’écologie qui partageait dans Arrêts sur images que lorsque les politiques publiques décident et imposent l’interdiction des pailles en plastique pour tout le monde, cela simplifie et accélère largement la transition et les nouveaux comportements vertueux, respectueux des limites environnementales. On sort du coup du comportement héroïque individuel marginal et volontaire pour avoir un nouveau socle général collectif.

– Le cabinet BL evolution publiait en février 2019 une étude sur les efforts à faire, les décisions précises et concrètes que nous citoyens pourrions faire / prendre / appliquer pour respecter la réduction d’émissions de tonnes de CO2 pour rester sous les 1,5°C (181208_BLevolution_Etude-Trajectoire-rapport-special-GIEC-V1), le tout est résumé dans cette image :

s'aligner sur une trajectoire de 1,5°CConclusion : il existe un certain nombre d’actions et décisions concrètes précises, que nous pourrions prendre pour réduire considérablement nos émissions et pouvoir espérer tenir nos engagements.

– Greta Thunberg disait à l’Assemblée nationale (vu sur arrêts sur images) en reprenant les éléments du GIEC qu’il nous restait 420 Giga Tonnes de CO2 à émettre dans un scénario où on avait encore 2 chances sur 3 de rester sous les 1,5°C.
Nous consommons 42 milliards de tonnes par an, il ne nous reste donc que 8 ans et demi pour avoir 67% de chances de rester sous les 1,5°C.
Conclusion : notre budget est hyper limité et nous avons très peu de temps pour limiter nos dépenses en Carbone et changer notre moteur énergétique pour le remplacer par des énergies propres.

En lien également avec la séance vidéo live entre Charles Adrien Louis & Cyril Dion lors du Camp Climat du 4 août 2019 sur le thème assumer un discours de vérité face à l’urgence climatique, un frein ou une opportunité pour changer le système ?

En résumé :
1. Si l’on sait que 35% max de réductions reviennent aux individus
2. Si l’on admet que les entreprises et Etats représentent 65%
3. Que les décisions qui viennent d’en haut accélèrent et impose à tous les comportements vertueux
4. Si l’on comprend qu’il nous reste plus que 8 ans de buget

Quels sont les leviers pour faire bouger les lois qui influenceront légalement et globalement les comportements des entreprises, des individus et des agents économiques actuels et nous permettront de tenir nos engagements?

Donc :
1. Quels sont les leviers?
2. Quelles lois en premier?

1. Les leviers : via la démocratie : la pétition, le référendum

Si elles sont désagréables lorsqu’elles sont imposées, elles peuvent être salvatrices lorsqu’elles sont choisies consciemment et « désirées ».
L’affaire du siècle qui a rassemblé 2 millions de signatures était consensuelle et permettait de faire masse. Bien. Elle a permis de donner une image concrète de la volonté citoyenne d’une action plus massive envers l’écologie. Super.

De la même façon que les Gilets Jaunes ont rassemblé plus d’1 millions de signature contre la Taxe Carbone, pouvons nous proposer et rassembler 1 ou 2 millions de signatures POUR quelque chose?

Les Gilets jaunes se sont opposés et mobilisés d’abord contre quelque chose de très précis.
L’affaire du siècle s’est mobilisé massivement sur un constat très large.

Pouvons-nous mobiliser POUR une loi / proposition très précise?

A la manière du Référendum d’Initiative Partagée sur l’aéroport de paris qui doit mobiliser 4,5 millions d’électeurs, je pense que la démocratie, à défaut qu’elle se fasse dans les organes représentatifs légaux actuels (sénat, assemblée nationale), peut être influencée par des pétitions à grande échelle qui, je l’espère, peuvent faire bouger les lignes.
En attendant le RIC.
Sans attendre un programme complet.
Sans attendre une cohérence complète.
Je propose donc : une pétition sur un point précis, argumenté, documenté, presqu’une loi clé en main, en tout cas une direction très claire de ce que nous voulons.

2. Quelles lois ?

Maintenant, dans un climat Macroniste avec une assemblée majoritaire qui vote le CETA, quelles sont les règles, les lois, les propositions (certainement très impopulaires) que nous pouvons pousser collectivement.

Quelles sont les lois, les changements sur lesquelles nous devons/pouvons faire pression?
Par quoi commencer?

Problématique :
Quelles sont les 10 décisions-lois qui pèsent sur les émissions CO2 et sur lesquelles nous pourrions rassembler 1,2, 4 millions de signatures et qu’on a besoin de faire passer dès demain matin à l’assemblée nationale pour notre transition et ne pas faire sauter cette planète?

– Interdire la vente de véhicule neuf?
– interdiction des voitures thermiques en centre urbain dès 2024?
– obligation de construction neuves en habitat collectif avec une surface maximum de 30m2 par personne?
– Interdiction de la pub en ligne intégrée aux sites internet?
– interdiction de tout vol hors Europe non justifié dès 2020?
– interdiction des vols intérieurs lorsqu’un équivalent par le train existe?
– interdiction du labour profond?
– toute parcelle de jardin doit devenir productive ?
– interdiction du chauffage au fioul en 2026
– interdire la construction de nouvelles stations services?
– la limitation des régimes carnés?

Dites moi, pour vous, quelles seraient les mesures phares, pas forcément désirables ou excitantes mais qui sont incontournables pour vous dans ce changement de société dont nous avons besoin et qui une fois la ligne rouge tracée, nous inviterait à repenser de fond en comble nos modes de vies.

à vous lire.
On commence par quoi?

PS : question bonus : combien peut-on mener de RIP en parallèle? 😉

Les hommes finissent tous par mourir

Les hommes finissent tous par mourir

c’est con d’être si fragile.

On y va, on vacille

chacun son tour, c’est pas pour rire.

 

Des grands pères au père, 

De Stefano à Peter, 

tous les modèles s’effondrent

pour finir dans la tombe.

 

L’homme est si fragile,

il finit toujours par faillir.

Par tomber et s’effondrer,

à la fin c’est l’trépas.

 

Tous sans exceptions, 

ils m’ont lâché.

Ceux qui comptaient, 

Ceux qui m’aimaient.

Ceux qui m’ont élevé

et tant éduqué.

 

Putain, qu’est ce qu’ils font chier.

 

La peur de les oublier, 

d’un jour ne plus m’en souvenir

me hante et m’habite.

La peur d’un jour ne plus voir

leur regard, leur visage

et ce sourire sur leurs lèvres.

 

Les hommes finissent tous par mourrir

mais avant ils doivent vivre.

Ainsi j’ai beau laisser l’temps passer

j’ai beau prier et chanter,

y a toujours un endroit qui m’fait mal

un endroit qui tressaille.

 

De ce vide sans nom, 

de ce vide profond

de ce vide abscond

de ce vide sans fond

 

De cette absence

et ce gros manque de présence,

pour maintenant et à jamais

dans l’éternité.

 

Alors même si t’es mort en dansant

Même si c’était élégant,

moi je ne prendrais pas de gants

pour te l’dire et être franc : 

 

Tu fais chier papa.

 

Il y avait tant, il restait tellement, 

de choses à vivre, à partager

d’événements où t’aurai dû t’montrer :

Être là et sourire

Plutôt qu’advienne le pire.

 

De ta trace sur cette terre, 

c’qu’il m’reste c’est monétaire

Des aides, des subventions, 

Et toutes les allocations.

 

De tes cotisations 

et autres préventions

de cette drôle de furie

qu’on nomme l’Assurance-Vie…

 

La monnaie m’a aidé

A surmonter et continuer

A vivre sans maudire

Et chérir sans soupir

 

Mais putain si j’avais pu choisir

J’préfèrerais t’avoir

Vivant et sans un franc

Que mort mais soutenant.

 

A tous les hommes vivants, 

prenez ça dans les dents.

Qu’il n’y a pas d’assurance-Vie

ou même de garantie.

 

Que la vie est volatile,

Et un peu volubile.

Qu’elle part sans prévenir

et sans minimum vieillesse, 

chais pas si c’est ça sa sagesse.

 

Alors en attendant de partir

j’t’invite à rire, à sourire

Parce qu’au fond

C’qui nous reste

C’est un peu d’allégresse

 

Les hommes finissent tous par mourir.

C’est important de se le dire.

Démocratie en danger – appel au débat citoyen

restitution debat citoyen
Novembre 2018, les gilets Jaunes réveillent la France, début Décembre Macron lance un « Grand Débat ». Janvier, nous nous saisissons de l’idée de créer un débat citoyen, respectant la charte du CNDP pour nous rencontrer et dialoguer. Voici l’invitation envoyée à une liste de mails citoyenne le 14/02/2019

 

Cher Clac, 

 
Si je prends ma plume aujourd’hui, 
pour t’appeler à l’aide
c’est que l’heure est grave
et je pèse mes mots.
 
Je suis en danger, je suis maltraitée,
on me récupère, on me malmène, 
on me bafoue et l’on me harcèle.
 
Plus personne ne me respecte
d’aucuns pour prendre ma défense.
Tous parlent en mon nom, 
Mais personne pour vraiment me protéger.
 
Alors je fais appel à toi, 
pour me soutenir, et me faire vivre à nouveau
pour me protéger et me redonner du sens
car moi la Démocratie, sans toi, c’est fini.
 
J’ai besoin de toi, que tu me dises ce que tu veux, 
J’ai besoin de ta voix, pour y voir un peu mieux, 
J’ai besoin de t’entendre pour sentir où tu es,
J’ai besoin de ton avis, pour faire majorité.
 
J’ai besoin de débats, et d’éclats d’idées, 
J’ai besoin de conversations et d’échanges, 
J’ai besoin de dialogues et de rencontres enjoués
J’ai besoin de rassemblements et de temps bien vivants.
 
Des réunions, des échanges, 
Des moments, des soirées
Tu choisis à ta guise, ce qui te fera bouger.
 
Mais par pitié, mobilise-toi, c’est maintenant, 
Pour participer et créer l’instant !
Initier une démarche, un nouveau processus, 
Un machin, un bidule, peu importe la formule…
 
Un truc qui consulte et écoute, 
Un truc où chacun a sa place, 
Un truc où l’on décide ensemble, 
Ce qui pour nous, compte vraiment.
 
Un truc où l’on peut dire, 
Comment demain on veut vivre.
 
Déjà dans ton bled, 
Des citoyens ont posé la première pierre, 
Le 9 février, ils étaient une cinquantaine,
Ont formulé 18 propositions, 
Ils ont pris la température, 
pour sentir comment ça vibre pour chacun.
 
Ce vendredi, ils r’commencent, 
Et ils t’invitent gaiement.
Les petits comme les grands sont bienvenus à l’événement.
 
Maintenant, il s’agit pas juste de 2 soirées, 
Mais d’une gymnastique citoyenne, 
Sorte d’exercice quotidien, 
C’est une autre forme d’hygiène !
 
Ce vendredi, c’est critique, 
Faudra écrire la suite, 
Ou plutôt le début, 
De ce truc-machin bidule.
 
Qu’est-ce qu’on fera, au-delà de ces deux soirées?
Comment on vote? comment on décide?
Est-ce qu’on envoie la suite à Manu M
Ou est-ce qu’on s’auto-constitue?
 
Est-ce qu’on r’fait des soirées? ou des après-midi?
Est-ce qu’on laisse tout tomber, 
et on r’tourne regarder la télé?
on continue de râler sur nos canapés ou au café.
 
Est-ce qu’on est capable,
De s’installer à la table, 
De brancher nos cerveaux, 
D’écouter nos mots?
 
De s’écouter vraiment, 
Et de formuler posément, 
Ce qu’en tant que peuple, 
Nous voulons maintenant?
 
Pour nos vies, nos parents, 
Nos enfants, notre environnement, 
Pour être acteurs et décider vraiment, 
Quel monde on construit, pour dans 5 à 100 ans.
 
Vendredi 15 Février, 
à la Salle des Rencontres, 
On aura la réponse, 
De ce qu’on peut faire à nous tous.
 
Alors cher Clac, montre moi ton beau Collectif, 
Clac chéri, montre moi ce que Local veut dire dans ton nom
Cher Clac, explique moi quelles sont tes Actions
Clac adoré, viens faire briller ton C Citoyen.
 
L’avenir du local, et de ta cité, 
C’est maintenant ou jamais !
 
Je te dis à vendredi, 
Je me réjouis déjà, 
A l’idée de construire avec toi, 
Des tou’ptis prochains pas.
 
Et de rêver très grand, 
à notre démocratie dès maintenant !
 
Des citoyen.ne.s : 
Etienne Hayem, Emeline Sebert, Sandrine Bonnel, Pascal Mousson Verette, Alban Thomas, Mareva Noel, Nicolas Devaux, André Galan, Fred Nembrini.

Restitution :

Pour quelques truffes de plus

Fin 2018 à Ferrière les Verreries, nous découvrons un trufficulteur-financier qui veut installer un projet démesuré :

Pour quelques truffes de plus
Ils sont venus des quatre chemins,
bravant la pluie et le crachin.
Alertés par un voisin,
Ils sont allés sur le terrain.

C’est à la Jasse, que ça se passe,
où dans nos contrées, rode cette menace.

à 10 minutes de Saint Martin de Londres,
à 40 au nord de montpellier.

Il est marqué, il est écrit,
qu’ici veut s’installer un vrai génie.
Un Martin anglais, qui aurait tout pigé
Et qui voudrait s’approprier,
Nos terres pour tout arracher.

Un p’tit projet sans prétentions,
Avec juste un peu d’rêve et d’ambition,
De faire des truffes sur 400 hectares,
et les multiplier comme des tétards.

Un p’tit projet tout financier,
Avec retour sur investissement,
et du gros cash qui tache.

Arracher la garrigue et aplanir tout le terrain
Pour y faire pousser tous ces chênes verts
Y mettre le p’ti champi magique,
cette truffe noire, chère et unique.

Cette grosse monoculture obnubilée
Par la valeur des cours bien spéculés
Pas sûr que les espèces protégées des alentours
Résistent longtemps à ce vautour.

Acheter donc un p’tit hectare
vous ramènera 5000 dollars
pas d’impôt ni d’taxes en france
Est-ce qu’on ne nous prend pas pour des gros glands?

Le type te vend pour 50 arbres,
Il a déjà 250 000 glands
Te promet un retour sur investissement de 800%
faut il être con pour y croire vraiment?

Graeme H$£€d€rson l’écossais veut en croquer
Jan N$v$tny son investisseur préféré y croit aussi
Pendant 15 ans, pas d’taxes pour eux,
C’est beau comme ils sont généreux…

Mais le souci de leur projet,
C’est qu’ils veulent tout raser.
Fini l’guépier et l’ecobat,
Ciao l’thym et la garrigue ouverte

Y planter des arbres, c’est vraiment une connerie
Car des chênes verts, on en a des tonnes
Ce lieu est magique car il est ouvert,
Il est précieux car il respire encore.
Alors s’ils pouvaient se retourner
et rentrer chez eux
Plutôt que d’planter et de tout fermer.
Ça ferait de nous des gens heureux.

Tout ça pour une truffe noire du Périgord,
Si on les laisse faire, ça va être gore.
Après la ferme des milles vache,
Le projet d’ferme aux 250 000 glands.

Les mecs sont visionnaires, c’est surprenant,
Mais ils comprennent rien à l’environnement.
L’en faut toujours un pour faire rêver
Et arracher toute la biodiversité.

Nous on a rien contre les truffes,
Même les anglais on les accueille gaiement,
Mais prendre d’assaut la Jasse,
Tout raser, planter des glands,
Entourer ça d’murs de 2 mètres
C’est sûr qu’à la fin y aura d’la casse.

Pour faire croire qu’on pourra récolter calmement
Des kilos et des kilos de truffes
Sans payer d’impôts,
Appeler ça éthique, durable, environnemental & écologique,
Nous prendre pour des truffes, c’est pas comique.

Alors au nom du thym & des reptiles,
Au nom des moutons & des fossiles
De la part de la rivière & de la lisière
Au nom des mares & des bosquets,
Au nom de la garrigue et pour tous les oiseaux,
Au nom des végétaux et des 7 minéraux,
De la part des humains et de tous les animaux,
On vous le dit une fois et c’est cadeau :

Quittez ce lieu, il est trop beau !

 

Poème pour défendre la Jasse / Ferrière les verreries
La pétition : https://www.petitions24.net/sauvons_les_jasses
La lettre ouverte : http://www.acnatlr.org/open-letter-to-TruffleFarmsLTD

 

Au coeur de la monnaie

Article récupéré sur le blog d’emmpom, originellement publié le 19 juillet 2011.
Avec l’incendie de Notre Dame, hier 15 avril 2019, je ne pouvais pas ne pas penser à ce qu’a écrit Lietaer sur l’archétype de l Déesse mère et sur les constructions des cathédrales… Notre-Dame, honorant l’archétype féminin, la vierge noire.

Au coeur de la monnaie: Bernard Lietaer nous invite au voyage

 

Nous l’avions dit, la monnaie est notre fil rouge de l’été. Vous aviez peut-être entendu parlé de Bernard Lietaer, cet homme qui a travaillé durant sa vie à 5 hauts postes autour de la monnaie et des devises. C’est le propulseur le plus haut placé de la solution des monnaies complémentaires à un niveau très académique. Il sort en Septembre le livre « Au coeur de la monnaie » en Français qui nous invite au voyage à travers l’histoire de l’humanité pour comprendre notre lien émotionnel et inconscient à l’argent.

Thinking out of the box

Sortir de la boîte

Qu’il soit géré par les banques ou par les citoyens, nous sommes habitués à un monopole bancaire. C’est ce que Bernard Lietaer appelle « penser dans la boîte ». Ce dont notre système a besoin aujourd’hui c’est d’une écologie monétaire: plusieurs systèmes monétaires divers et variés, interconnectés et florissants qui garantissent un maillage résilient et qui évitent les crash systémiques que nous mangeons avec délectation tous les 1, 3, 5, 10, 15 ans (rayez les mentions inutiles en fonction de votre pays).

Pour beaucoup de nos usages, diversifier les sources pour ne pas être dépendant d’un système nous paraît évident. Mais bizarrement quand il s’agit de monnaie, toute multiplication des systèmes nous parait comme une perte d’efficacité. Seulement, l’optimum de viabilité d’un système se situe dans un compromis entre Efficacité d’un côté, et le mélange Diversité/Interconnectivité de l’autre. Cela veut dire que, comme l’indique le schéma ci-dessous, si nous poussons la balance trop du côté de l’efficacité (ce que nous avons fait de multiples fois ces 50 dernières années), au bout d’un moment, ça casse.

168 crises monétaires et 96 crises bancaires plus tard, il serait grand temps de se poser un instant pour réfléchir à ce que nous avons oublié dans l’équation. Ces chiffres valent pour les 25 dernières années (source de la banque mondiale). Il semble que nous ayons un peu trop poussé du même côté de la balance. Comme l’indiquent les chiffres de la banque mondiale, ça casse très régulièrement et nous continuons de nous entêter à viser l’efficacité sans ouvrir les yeux et nous poser la question de l’équilibre…

En ces temps de crises systémiques (depuis 2007), nos monnaies, leur stabilité et leur garantie, sont sérieusement mises à l’épreuve et la solution des monnaies complémentaires commence à se faire urgente…

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Bernard Lietaer présente ces idées dans son Livre Blanc pour gérer les crises systémiques (Nov 2008), dans une conférence TEDx à Berlin (en anglais), et récemment à Paris au Comptoir Général lors d’une soirée organisée par les Colibris (Part 1, Part 2). C’est également l’objet de son très bon livre Future of Money, qui décrit le fonctionnement collectif de notre système. Le livre, écrit en 1998 et sortit en 2001 a été traduit en 21 langues.

 

Une représentation de l’inconscient collectif

Voyage voyage

Dans Au coeur de la monnaie, Bernard Lietaer nous invite à aller revisiter notre inconscient collectif:  comment le système monétaire collectivement choisi ou utilisé reflète l’état de notre inconscient collectif et nos croyances. Il explore notre lien émotionnel à l’argent. Après la mort et le sexe, l’argent correspond à un des plus grands tabous de notre époque. Pfiou. Rien que ça.

C’est au travers d’un voyage de 280 pages qu’il nous fait retraverser la préhistoire et les premières formes de monnaies, les religions et les périodes incroyables de prospérité économiques pour nous faire découvrir notre relation historique à l’argent.

 

Ainsi, lors d’un déséquilibre entre les valeurs féminines et masculines, le patriarcat qui s’est imposé à travers nos religions, nos systèmes de croyances et nos modes d’organisation aurait doucement évincé l’archétype essentielle de la Déesse mère. Cet archétype ultra-puissant dans les sociétés dites primitives représente à la fois la générosité de la Terre, l’abondance de la mère protectrice et cette foi inconditionnelle qu’il y a assez pour tous.

 

Bernard Lietaer nous fait remonter le temps pour parcourir l’époque des cathédrales et expliquer leur financement. Il nous invite ensuite dans l’Egypte ancienne et nous montre les liens entre ces deux époques: monnaies complémentaires, valorisation des valeurs féminines et prospérité économique.

Enfin, il relit 30 000 d’histoire monétaire avec l’aide de l’outil des archétypes pour éclairer notre passé et illuminer notre avenir!

 

La solution

Dans ces temps de crise monétaire, de crise des valeurs, de doute et de refonte de nos systèmes de valeurs, ce sont sûrement nos valeurs les plus profondes que nous devons remettre en question afin de pouvoir réorganiser et reconstruire un système économique et monétaire florissant. Adresser une bonne fois pour toutes le tabou qui nous empêche depuis des siècles d’aller au fond de la question.

A nous maintenant de passer à l’action sans attendre l’effondrement complet du système actuel.

In memoriam Bernard Lietaer

Bernard Lietaer est décédé ce 4 février 2019 à l’âge de 77 ans.
Je l’ai rencontré au Taovillage, au-dessus du bureau des colibris près de Ledru-Rolin. C’était en 2009-2010. Il était là, avec Frédéric Bosqué, rassemblés par le créatif Patrice Levallois.

Il était une sorte de cachalot monétaire, ou une baleine de connaissance. Une sorte de bibliothèque qui aurait traversé les âges, les pays, les époques, pour nous livrer un message, secret, universel, simple et pourtant tellement inaudible :

 

« Nous avons besoin de penser en dehors de la boîte.
Sortir du monopole monétaire.
Notre économie crève d’avoir un seul type de monnaie, la monnaie à taux d’intérêt positif.
Nous avons besoin d’une diversité monétaire

5000 ans d’histoire monétaire m’ont appris qu’un nouveau système monétaire naît quand le précédent s’est effondré« 
B.Lietaer

Il avait ces phrases, toutes faites, toutes pensées, qu’il avait dû mettre des années à comprendre, à synthétiser, à formuler pour pouvoir maintenant les livrer à profusion.

Il avait ce ton professoral, quand il expliquait les choses, pour être sûr qu’il emmenait bien tout le monde avec lui.

« Il y a eu des tonnes de bouquins pour écrire les différences entre le capitalisme et le communisme, mais pas un seul n’ont écrit sur ce qu’ils avaient en commun : ce sont tous les deux des systèmes de monoculture monétaire. Quoi qu’ils aient revendiqué, ils étaient identique à ce niveau là. »

Il passait son temps à répéter qu’on parlait des 3 fonctions de la monnaie, que tous les livres d’économie nous disait être unité de mesure, réserve de valeur, moyen d’échange, mais qu’on oubliait toujours de dire ce que la monnaie est: prenez vos stylos, attention définition :
la monnaie est un accord social, d’utiliser un médium comme moyen d’échange dans une communauté de confiance.

Ce faisant, il replaçait toujours la monnaie comme un accord social, écrit donc par des humains : nous.

Lietaer avait cette force, cette capacité de nous faire sortir de l’eau, nous petits poissons qui y avions passé notre vie sans nous rendre compte que la monnaie, telle l’eau pour les poissons, avait forgé notre conception du monde. Elle nous entourait, nous remplissait tant et si bien que nous n’étions plus capables de réaliser que nous en étions entourés et envahis.
ce n’est pas un hasard si Bernard se voyait comme un poisson volant, capable de s’extraire de cette architecture, pour en voir les contours, les vices, les défauts, les abus.

Lui qui avait passé sa vie à 5 rôles différents autour de la monnaie, il avait rassemblé cette expérience inouïe et inédite qui lui a permis de faire cette synthèse et ce travail de lanceur d’alerte. Il avait travaillé en 1971 au Pérou sur un système de change flottant avant que Nixon coupe le taux de change fixe avec l’or et avait donc 5 ans d’avance sur tout le monde. Il a été banquier central pour l’écu, trader pour un fond vert dans les années 90… La monnaie, la finance, il l’avait vu par un paquet d’angles.

Mes collaborations avec Bernard Lietaer

J’ai eu la chance de travailler avec lui, auprès de lui.

Notamment cette mission de relation presse pour Emmapom en 2011 où je l’ai accompagné toute une journée pour la sortie de son livre Au coeur de la monnaie aux éditions Yves Michel. Nous avions enchaîné RFI (partie 2 ), France Info & France culture avec Ruth Stegassy, pour finir avec l’équipe de Génération Tao. Il y avait eu Usbek & Rica qui avait fait un super dossier aussi, on était bien longtemps avant que Bitcoin ne fasse irruption dans le paysage médiatique.
Je l’avais accompagné toute la journée, écouté chaque mot, répéter la même histoire, ouvrir les consciences, repousser les murs, les barrières mentales pour expliquer, du haut de son histoire, de son expérience, de ses 30 ans de vie à travailler dans, et autour de la monnaie, que non, il n’y avait pas que les monnaies à taux d’intérêts positif et que non, il n’y avait pas que les Etats pour créer et gérer des monnaies. Lui comme d’autres, m’avait donné son feu vert pour porter son message, ce message, notre message, de prise de conscience du défaut systémique et structurel de notre système monétaire.

Bernard Lietaer était mon mentor, un mentor, un soutien pour mon Ted Wish après mon Tedx en 2012.
Je l’avais nommé et cité parmi mes maîtres sur la question monétaire avant de me lancer dans l’aventure Symba.

J’avais eu la chance d’être auditionné avec lui au CESE, c’était en janvier 2015, lors de leur saisine sur les monnaies complémentaires et monnaies libres (bitcoin & co), laquelle saisine qui fut un fiasco complet tellement les auditeurs n’avaient rien compris. C’était une de ces chances inouïes, de pouvoir passer après lui pour déposer délicatement mes arguments. Pour une fois, je n’avais pas à convaincre, à envoyer les grands arguments, il était passé avant moi.

C’était impressionnant de le voir ouvrir l’espace et de voir cette bande de sextagénaires, les seules femmes dans la pièce étaient les sténos, ne rien comprendre à ce que venait leur raconter cet homme. Il les prévenait des 4 moyens différents dont le système monétaire et financier allait re-péter à l’horizon 2020 en France :
– la dette publique et ses intérêts
– l’euro
– les 60 000 milliards de produits dérivés issus de la crise du subprime dont on ne connait toujours pas la qualité qui flottent dans le casino spéculatif
– le rôle de monnaie de réserve du dollar

Il leur laissait le choix de l’effondrement, mais aucun d’eux ne pouvaient entendre ce discours alarmant, et visionnaire, car cela ne rentrait pas dans leur paradigme, et ce ne fut que le CV de Bernard qui lui permit d’être là, à discuter d’égal à égal avec eux quand moi, j’aurai été sorti rapidement comme un dangereux altermondialiste.
C’est donc après avoir posé un exposé clair et un diagnostic digne du titanic que Lietaer déroulait les options pneumatiques des canots de sauvetage que représentaient les monnaies complémentaires à l’époque…

Le carré du pouvoir, Niall Ferguson

Enfin, et je ne l’avais jamais entendu nulle part ailleurs, Bernard leur a parlé dans cette audition du carré du pouvoir de Niall Ferguson : the Cash Nexus. Voilà ce qu’il a dit, je recopie ici largement son intervention. Ce sont ses mots, à l’oral, avec sa diapo, c’était en plein pendant la crise grecque, le bras de fer européen, on est le 28 janvier 2015, jour de l’élection de Syriza au pouvoir en Grèce, avant le climax de juillet 2015 et du référendum pour le non : OXI… Voilà ce que Bernard dit à l’époque :

« Le Carré du Pouvoir fait partie de l’oeuvre de Niall Ferguson, un historien écossais, professeur a Harvard et Oxford ( Niall Ferguson, The Cash Nexus: Money and Power in the Modern World, 1700-2000 (New York: Perseus Books, 2001), p. 25 ). Il a démontré qu’il y a à un peu plus de 300 ans, à la fin du 17ème siècle, à Londres, un petit groupe de génies financiers anglais a mis en route une machine à sous perpétuelle, une machine dont le but principal était d’institutionnaliser leurs intérêts. Ils ont créé quatre institutions qui s’emboitent de mani!re telle qu’ ensemble, cette machine ne puisse jamais être changée.

D’un côté de ce Carré du Pouvoir vous avez le gouvernement, et de l’autre le secteur financier. C’est le secteur financier qui a développé ce système avec comme but explicite le maintien d’un monopole monétaire en leur faveur.

Le carré du pouvoir de Niall Fergusson : les 4 institutions qui perpétuent et verrouillent le système de monopole monétaire actuel

le gouvernement

Qui contrôle ce monopole ? Comment le contrôle-t-on ? Du côté du gouvernement, vous avez d’abord le Parlement. La fonction financière du Parlement est de décider des budgets nationaux et comment les financer. A l’origine, les parlementaires étaient en effet tous des gens qui possédaient suffisamment de biens immobiliers pour être fiscalisés, pour payer des taxes. Ces gens faisaient donc partie d’un Parlement dont la fonction principale était de décider ce que le gouvernement pouvait taxer, de combien, et à quel usage. Au fur et à mesure que davantage de gens sont devenus taxables, on leur a donc donné aussi le droit de vote. La dernière vague dans ce processus a été les femmes. Quand elles sont devenues taxables a leur tour, le vote est devenu universel. En France, cela s’est passé en 1944.

La bureaucratie fiscale

La seconde institution du côté gouvernemental est la bureaucratie fiscale. Cette institution a été inventée en Angleterre au 18ieme siècle (en France, à l’époque, on utilisait encore le système de fermage). Le système anglais était  au moins deux fois plus efficace que le fermage parce que plus de la moitié des revenus collectés par les fermiers généraux étaient gardés pour eux-mêmes, tout simplement.

Du côté du secteur financier, il y a aussi deux institutions qui complète le « Carré »:

  • la dette publique, dont les règles de base ont invariablement été négociées entre les gouvernements et le secteur financier dans le contexte d’une guerre, et
  • la banque centrale, dont l’objectif est de garder le statu quo du paradigme monétaire, c’est-a-dire de garder inviolable le monopole monétaire.

Ce qui est intéressant dans cette approche, c’est que quand une de ces quatre institutions dévie du droit chemin, les trois autres auront tendance a la ramener à l’ordre. Il ne faut donc plus faire du lobbying permanent pour garantir vos intérêts, puisque vos intérêts ont été institutionnalisés.

Cette machine est encore toujours intacte aujourd’hui. Par exemple quand en Grèce la bureaucratie fiscale ne marchait plus correctement, les trois autres coins du Carré sont entrés en action pour remettre de l’ordre. Maintenant, depuis hier,et toujours dans cas Grec, vous allez voir une variation sur ce phénomène. Le Parlement grec est maintenant contrôlé par une majorité non-compatible avec le statu quo monétaire: vous allez voir les trois autres coins du Carré du Pouvoir entrer en action pour remettre l’ancienne mécanique en marche. Nous sommes donc tous prisonniers d’une énorme machine que personne ne doit contrôler, parce qu’elle fonctionne sur pilote automatique. « 

Fin de l’extrait de l’audition de Bernard Lietaer au CESE


[1] Niall Ferguson, The Cash Nexus: Money and Power in the Modern World, 1700-2000 (New York: Perseus Books, 2001), p. 25.



Rencontrer et côtoyer Bernard

J’avais eu l’occasion de le voir plusieurs fois en conférence, et de le lire, et de le retrouver dans le rapport sur les MLC demandé par Hamon & Duflot à l’époque où Jean Marc Ayrault ancien maire de Nantes voyait sa ville développer une monnaie de crédit inter-entreprises. Pauvre commission qui avait abouti sur une reconnaissance des monnaies complémentaires locales comme titre de paiement, qui ne reconnaissait pas du tout l’objectif, l’intention ou la raison d’être des monnaies. Coup de flip de la banque de france qui avait voulu légiférer pour réglementer par exemption d’agrément. Bref.

J’avais ré-expliqué en 2013 son travail, notamment tout le lien entre les archétypes intérieurs, féminin et masculin, et les monnaies complémentaires que nous utilisons. Bernard faisait le lien, régulièrement, inlassablement, entre la fin du patriarcat et la renaissance des monnaies complémentaires. Non pas comme une fin en soi, mais comme une diversité de systèmes monétaires, de systèmes de valeurs, qu’il n’y avait pas seulement cette monoculture privée de forces compétitives et conquérantes mais aussi ces systèmes de valeurs, locaux, petits, protégeant et qui avaient, entre autres, permis la construction des cathédrales…

Les livres de Bernard Lietaer

Il y avait d’abord son livre The future of money en 1998, prémonitoire, où il expliquait comme la monnaie et l’argent tel que nous le connaissions allait se casser la gueule.


En 2010 sort Monnaie régionale (329MonnaiesRegionales en pdf) où il écrivait avec Magrit Kennedy, que la taille idéale pour des monnaies pour résister aux crises qui venaient, c’était l’échelon régional, des bio-monnaies, adaptées aux régions, aux vallées, aux ensembles géographiques cohérents.
Ce livre était alors préfacé par Rocard :

« La crise financière qui s’est déchaînée sur le monde en 2008 est d’une échelle et d’une complexité sans précédent. La récession qui s’annonce promet d’être longue, dure, la plus difficile depuis les années 1930. À l’époque, nous avons assez mal géré la situation économique et ses retombées socio-politiques. Cela a entraîné une vague de fascisme couronnée par la Seconde Guerre mondiale. Il est impératif de faire mieux. »

Préface de Michel Rocard

A l’heure des Gilets Jaunes et du durcissement de Macron, toujours enlisés dans une crise économique sans précédent dont on ne voit pas le bout, ces mots de Rocard réveillent notre attention.

RIP Margrit Kennedy, collègue de Bernard Lietaer

Margrit Kennedy (décédée en 2013) avait fait un travail énorme avec Helmut Kreutz sur la part de l’intérêt monétaire dans chaque bien de consommation de notre quotidien. Le prix de l’intérêt sur le capital. C’est à dire, retrouver, dans le prix d’un appartement, d’une maison, du service local des déchets, dans le prix d’une bouteille d’eau, la part qui revient à la création monétaire par les banques privées. Faites comprendre ça à quiconque demain et vous avez une révolution.

38% pour une bouteille d’eau
15% pour les services ménagers
77% pour la location dans un logement public

Je retiendrai et recommanderai son petit livre Occupy Money :

Au coeur de la Monnaie, 2011

au coeur de la monnaie, bernard Lietaer

En 2011 donc, il y a eu Au Cœur de la Monnaie, aux éditions Yves Michel. Son titre anglais original était the mistery of money. C’est un livre archéologique qui plonge aussi bien dans l’histoire de l’humanité que dans les archétypes de notre inconscient collectif. Pour moi c’est l’œuvre la plus profonde qui fait le lien entre les monnaies complémentaires et le reste de ce qui est à l’œuvre dans nos sociétés : le ré-équilibrage des valeurs féminines & masculines.

Isis de l’Egypte ancienne, archétype féminin célébré et reconnu pour ses vertus

L’apéro presse se faisait en la présence de la princesse Constance de Polignac, dont la famille avait battu monnaie également jadis.

Je vous laisse redécouvrir ce livre grâce à l’article publié jadis par Maryvonne Piétri. Le mien est mort dans les entrailles du blog emmapom.


Rapport du club de Rome

En 2012 sort Money & Sustainability, un rapport du Club de Rome dont Bernard faisait partie. Une façon de prévenir les élites qu’on ne ferait rien sans changer la monnaie. Reotrouvez sa présentation youtube de juin 2012 :

Merci Bernard pour ton travail, ta transmission et ta connaissance.
Merci pour ta confiance et ta capacité à partager ta vision.

Longue vie à toi. Repose en paix.

Le nouvel homme

Face au vent, la branche plie mais ne rompt pas.
Face à ses parents, l’enfant s’adapte mais ne casse pas.

Né dans la famille qu’il a choisi, il grandit petit à petit
Nourri à diverses sources, il pousse sans jamais s’arrêter.
Une fois adulte, il peut revenir sur ses pas.

pour retirer les clous restés enfoncés là.
pour ouvrir les blessures et y mettre du sparadrap.

Fort de ce qu’il a transformé, il promet de ne pas le répéter.

De sa blessure est née une force.
ce qu’hier encore saignait, aujourd’hui l’aide à briller.

L’adulte est devenu Homme,
Quel beau chemin depuis le petit bonhomme.

Bienvenue au nouvel Homme!

Travail qui relie – poèmes naturels

Redevenir terrestre : stage de Travail Qui Relie entre Hommes du 29 juin au 3 juillet 2018 à Vielsalm en Belgique organisé par Terr’eveille.

Intention : Accompagner la fin d’un monde qui meurt et être les sages hommes d’un monde qui naît

Jour 1 : S’ancrer dans la gratitude

Je voulais vous conter,
Je voulais vous dire,
Je voulais raconter,
Au lieu de juste écrire,

Ce qu’en moi j’ai vu,
Et auquel j’avoue, j’ai cru

J’ai vu l’Humanité
Debout et solide,
J’ai vu mes frères forts et faillibles.

J’ai vu le Vivant luttant résistant
J’ai vu le Vivant rayonnant s’exprimant.

J’ai vu les humains nus et perdus,
J’ai vu les humains pour parts déchus.

Je les ai vus se relier par milliers
Je les ai vu s’agiter et aussi se compter
Je les ai vu beaux et costauds
Je les ai vus agir sans jamais faiblir.

Avec le papillon avec le héron
Avec l’être et le boulot à fond
Soutenus par millions
Soutenus par les monts

Avec les torrents et les nuages dansants
Avec les lombrics et tous les rampants

Avec les pierres, les minéraux et tous les cristaux
Avec les herbes, les feuilles et tous les rameaux

Sagement et gaiement ils se mirent en chemin,
Un par un, se tenant par la main.

Unis et reliés ils virent l’avènement
D’un monde doux et clément

Patiemment et sûrement, ils construisirent le changement

Pas à pas, en y allant
Ils imaginèrent un demain

Un demain magnifique et un brin idyllique.
un demain réjouissant relié au Vivant.

Sans savoir pourquoi ni comment
Ils se confièrent au changement

Guidés d’en haut et d’en bas
Ils marchèrent lentement.

Ralentir ralentir et encore ralentir
pour entendre le cœur retentir
des millions de vivants

et des humains errants.

Ralentir ralentir et encore ralentir
pour entendre le cœur retentir
de la Terre Mère et du Ciel Père
et de tous mes frères.

Si c’était à refaire, si c’était à remettre
Nul doute que chacun saurait faire
Et que tous voudraient s’y mettre
A construire ce changement dans les cœurs
En conscience en douceur.

Alors dores et déjà,
Merci à chacun
Et merci à toi
Car le changement est déjà là,
C’est ça d’être Vivant !

Jour 2 : Honorer sa peine

Si je prends ma plume
Pour t’écrire un mot,
C’est que je n’ai plus d’ailes
Pour voler si haut.

Je suis le héron, je suis le hérisson,
Je suis l’éléphant et le goëland,
Je suis le tigre et le cochon d’inde,
Je suis le lapin et le vieux marsouin
Je suis le morse et la vieille écorce
Je suis le raton et tous les chatons.

Je suis le dauphin, jeune et joueur
Je suis la mouette blanche ou de couleur

Je suis le saule et je suis l’être
Je suis l’érable et l’arbre maître

Je suis le saumon, je suis la mousse
A me pêcher, tu penses te la couler douce

Si aujourd’hui nous t’écrivons,

C‘est qu’il est temps pour nous d’alarmement.
Nous te regardons, nous t’observons

Et pourtant nous ne te comprenons.

Comment peux-tu détruire, casser, chasser,
voler violer, polluer et enfouir ?
Comment peux-tu jeter, briser arracher et polir ?
Comment peux-tu entacher, contaminer assécher et rôtir ?
Comment peux tu feindre, faire semblant et t’enfuir lâchement?

Depuis des siècles déjà, nous te voyons te regardons
Mais récemment, c’est le cas, t’as cassé ta tirelire.

Toi qui croyait t’enrichir et devenir puissant
T’as vidé les sols, les lacs et les océans.

Toi qui voulait devenir beau et très élégant
T’as tué nos maris, nos femmes nos enfants.

Pour ta quête effrénée de progrès, de succès
T’as pillé nos maisons, nos rivières, nos vergers

Tu voulais être le Roi, tu voulais être le King,
C’est fini t’as gagné nous on sort de ce ring.

Alors cher humain, toi qui marche sur notre Terre
Sois gentils, sois sympa et redescend sur Terre.

Si jamais t’as le temps, si jamais t’as l’envie

Ecoute bien et dis moi,

Ce qu’au fond il y a pour Toi ?

Car l’Histoire que tu écris, la fable que tu te contes.
Nous elle nous saoule et nous couvre de honte.

Elle nous frappe, elle nous tue, elle nous exténue.

Un par un c’est certain bientôt on n’sera plus.
Alors en ce jour et pour toujours,
Nous te demandons calmement,
Mais sans détournement.

Peux-tu arrêter ta course d’acharnés
Pour te reconnecter à qui tu es ?

Peux-tu ralentir ton traineau
pour recevoir tous nos cadeaux

Peux-tu arrêter ton exploration
pour qu’enfin nous respirions ?

Peux-tu calmer ton cerveau
pour cesser tous tes maux ?

Peux-tu taire ton mental,
pour voir cqu’y va mal ?

Peux-tu entendre nos cris désespérés ?

Peux-tu voir nos vies déchirées ?
Peux-tu regarder nos habitats souillés ?
Peux-tu toucher notre grand malheur
et enfin sentir notre gigantesque peur ?

Que ta connerie d’aujourd’hui composte déjà pour demain
Que tes errements d’hier n’aient pas servir à rien.

Alors une dernière fois nous te demandons simplement
Arrête tes conneries et vis simplememnt
Débranche la prise et r’connecte toi au Vivant
Nous s’rons là c’est certain, nous t’accueillerons toujours

Mais grouille toi sérieusement
car on a plus trop l’Temps !

On te le dit sincèrement
on te le dit vraiment

de la part de nous tous,
Les 4 éléments.

 

Jour 3 : Changer de regard
J’ai vu le cerf, l’aigle et le loup errant.
J’ai vu la girafe, le bison et tous ses parents.
Après avoir crié, pleuré, honoré vraiment
J’ai ouvert mes yeux, mes sens à tous les vivants.

Si la forêt de mille bois m’a accueilli
Je mesure gaiement à quel point, j’ai guéri

Ouvrir les yeux à ce qui était là
Sous mes pieds sous mon poids à 2 ou 3 pas

L’immensité de ceux qui ne disent
La générosité de ceux qui me guident.

Dans la mare, la prairie, la clairière autour
La bruyère, les myrtilles et le cab violet.
Le poisson, le brochet, la petite araignée.
Les moustiques, les taons et la tique qui s’accroche.

J’ai pu les voir, j’ai pu les entendre, à eux me relier.
Les douglass géants, les gardiens des temps.
Changer de perception pour retrouver,

Au fond de moi, ma panthère blessée.
Mon sauvage, mon bestial, cette vieille bête qui rale.

Mon animal oublié et tant refoulé
qui s’excite qui s’agace de ne pas être aimé.

Alors riche de cette rencontre en moi vraiment,
Je retrouve ma nature et tous les éléments
Relevé, reparti, je repars aguéri
pour ici, à jamais, retrouver mes amis.

4 arbres douglass
4 douglass