Pour qu’ils ne soient pas morts pour rien

Depuis 2 mois, la planète vient d’apprendre la puissance d’une courbe exponentielle.
Nous avons compris qu’une fois lancée, la croissance exponentielle double tous les X jours et que sa croissance est inarrêtable. Enfin, elle peut s’arrêter éventuellement, au prix de tout arrêter.

les croissances exponentielles

Alors nous avons tout arrêté et nous regardons si ça marche. N’ayant pas pu éviter l’inévitable, n’ayant pas écouté les avertissements quand nous étions encore en phase 1 ou en phase 2, nous utilisons le dernier parachute troué que nous avons et on attend, impuissants. Parce qu’il est trop tard pour éviter l’inévitable.
Nous ne sommes plus en train de regarder le nombre de morts ou de nouveaux cas, nous sommes en train d’apprendre à observer le ralentissement de l’accélération comme le dit lemonde.fr ce jour :

Nous regardons si l’accélération a diminué. S’il y a moins de plus qu’avant, que la veille, que le jour d’avant, que le jour d’encore avant. Nous surveillons le pic. Nous espérons que bientôt, il y aura encore des morts, mais moins que la veille. Nous savons qu’il n’y en aura pas subitement 0, nous  savons que d’abord l’augmentation diminuera…
Nous prions pour que ça passe le plus vite possible, que chaque jour où nous avons tardé à déclencher le confinement, que chaque jour où nous n’avons pas pris nos responsabilités passe le plus vite possible.
Nous sommes condamnés à contempler les conséquences de nos actes d’il y a 2 semaines, d’il y a 3 semaines, la propagation du virus à travers nos actes, ses conséquences à J+20 sur notre système de santé. Ne pas avoir à supporter trop longtemps toute la responsabilité que nous portons de ne pas avoir su réagir à temps, de ne pas avoir su nous préparer.
Pendant ce temps là, les soignants soignent, les médecins meurent, les caissières épongent, tous les métiers indispensables tiennent et maintiennent, au péril de leur vie, dans des conditions désastreuses, criminelles, ils absorbent notre impréparation. Ils essuient de leur vie notre connerie collective. Ils payent de leur courage et de leurs corps les choix faits par nos dirigeants. Ils mourront pour nous à cause d’eux.

Nous leur devons la vie.

Ils mettent en danger la leur pour que nous n’ayons pas à risquer la notre.

Ils sont le prix de notre patience. Ils sont le rempart qui nous permet de regarder les chiffres, confinés chez nous.

Nous avons immobilisé et contraint à domicile 3,7 milliards d’humain pour un virus. Un tout petit virus qui nous transforme tous en machine à tuer notre prochain et à faire sauter notre système de sauté mondial.
Nous sommes devenus des minuteurs sur pattes, risquant de précipiter papie ou mamie dans l’au-delà. Même si ce n’est que 20% d’hospitalisation et 5% de létalité, nous les humains, du fait de notre bêtise, de noter impréparation et de la contagiosité du virus sommes devenus autant de balles fatales dans nos systèmes hospitaliers.

Rien ne semble plus tenir. Rien ne semble pouvoir arrêter le virus que l’arrêt complet de la planète, de toute activité non essentielle. Et encore, pour l’instant, cela ne l’arrête même pas. Le virus se propage encore. Nous le propageons.

Et comme tout le monde est touché en même temps, nos voisins ne peuvent plus nous aider car ils ont les mêmes besoins que nous. Et comme tout est mondialisé, les chinois ne peuvent plus nous aider, les transports de l’autre bout de la planète qui en temps normal font la puissance de cette mondialisation en font aujourd’hui le talon d’Achille. Chaque choix justifié en temps normal comme une qualité pour faire du moins cher et plus vite devient une épine dans le pied, une aberration. Chaque raisonnement qui en temps de business as usual était imbattable devient une ignominie dans la situation actuelle. Plus rien ne fait sens. L’ISF, les dons pour l’hôpital, se fournir en chine, importer des masques, compter sur l’aide des voisins européens… rien de tout ce qui est prévu en temps normal ne tient la route. Et nos hôpitaux, notre système de santé ne peut rien faire face à un nombre de cas qui double tous les X jours. Une quantité limitée de lits se fera toujours dépasser par une croissance exponentielle. Si ce n’est pas demain, ce sera après-demain. Si pas après-demain, dans 2 ou 3 jours de plus. La question n’est plus si mais quand.
Nous sommes KO.

Notre système et son système a fait son temps.
Il est mort avec les presque 60 000 vies qu’il a payé et toutes celles que sa logique met en danger inutilement.

Tout était prévu

Ce n’était pas juste prévisible, c’était prévu. On le sait. On le savait. On ne savait pas quand, mais on le savait, qu’une épidémie, que des épidémies nous menaçaient. Il y en a d’autres, de nombreuses autres qui vont arriver, on n’en connait pas encore les formes, les intensités ou les dates de sorties, mais elles sont déjà là, à guetter dans le coin d’une forêt que nous n’avons pas encore rasé. Au fur et à mesure que nous envahissons un peu plus et colonisons l’espace, les habitats naturels des espèces sauvages encore préservées, nous allons titiller le jeu des forces en présence et déclencher la ou les prochaines épidémies.
C’était écrit donc. On le savait. On le savait et on n’a rien fait. Chacun a minutieusement diminué les risques, minimiser le danger pour réaliser des économies. C’est ça, être responsable.
La facture est encore en train de se chiffrer dans les heures où j’écris ces lignes. Le nombre de mort au niveau de la planète, le temps passé en confinement, l’isolement, l’angoisse et la solitude, les économies à l’arrêt… ce temps de réflexion nous est offert par l’impréparation et l’imbécilité de nos dirigeants. Tâchons de faire mieux qu’eux, collectivement. Que le prix de ces déjà 60 000 morts ne soit pas en vain.
Malheureusement, cela ne nous donnera que le résultat de l’addition du premier passage, et nous savons que sans dépistage massif, sans vaccins, sans remède magique, sans solution de déconfinement global, nous allons devoir jongler avec le virus et les gestes barrières pendant un certain temps encore.

croissances exponentielles, la réchaufement climatique arrive
« Je serai content quand ce sera fini »

Tout est prévu

Il y a d’autres rapports sur la table qui nous préviennent déjà des risques, d’effondrement, de croissances exponentielles inarrêtables dont les actions doivent auraient dû déjà être prises pour éviter l’inévitable.
Des croissances exponentielles dont le temps entre l’action et la réaction ne se mesure pas en 3 semaines. La concentration de CO2 dans l’atmosphère par exemple.
Chaque gramme de CO2 que nous émettons et envoyons dans l’atmosphère y restera pour … 10 ans?  non… 100 ans?? non … alors vous avez une idée?
La conséquence de chacune de nos actions ou plutôt de nos non actions face au réchauffement climatique nous condamne pour 1000 ans.

Agir maintenant

Il y a un intérêt à la situation : apprendre de nos erreurs.
Agissons dès maintenant pour prévenir les autres croissances exponentielles et leurs dégâts colossaux sur nos environnements, nos populations. Déjà des milliers de morts de la pollution, des populations fragilisées par tous les bouleversements que notre société a créé.

N’attendons plus. Que cette situation nous serve de leçon et que nous l’apprenions.
Pour qu’ils ne risquent pas leur vie pour rien.
Pour qu’ils ne soient pas morts pour rien.

Complementary currencies, Exponential growth and model failures

First post in english, being in Holland, I just mailed some links to a friend that I met during the Conference where I work and I thought, why not copy this as well here. He sent me this conference about monetary alternatives system (MAS) a dutch event from January 2009.

You can find a presentation of Margrit Kennedy in english about why interest is not sustainable, unfair and strongly inequal, hidden in every price and product. It is around the 25th minute. She presents 3 problems, 3 results, 3 solutions of the interest and monetary system and explain, as I have been doing it among many others, alternative and complementary currencies.

Link to the video

You will also find the pdf from Margrit about the presentation.

For the french speakers I recommand aswell this post that I made the July 2nd 2008 where I listed different sources and explanation of why Money doesn’t work and is unfair, with quotes of Paul Jorion & Adam Smith.

It is quite different from everything we hear everyday in the world.

I’ll add to this 2 good presentation in video that I used a lot to base my thesis on and that I already linked some time ago.

– the crash course from Chris Martenson http://www.chrismartenson.com/crashcourse/chapter-1-three-beliefs
3 exponential growth energy, environment, economy, really well done

– the exponential growth problem (population, inflation, monetary mass, GDP etc..) limit in 8 youtube vid + transcript at boulder univeristy :

And a book about prediction and misunderstanding the impact of what believe is highly improbable : The Black Swan from Taleb :

He explains how we completely misuse and don’t understand the variables in our models and society, abusing of the gaussian model all the time instead of mandelrbrot / fractals / non predictible models and completely ignore a big part of the results and forecast. He also makes an interresting distinction between mediocristan & extremistan, 2 worlds in which variables scales are different, one being fairly average and the other made of extremes. I strongly recommand it if you want to set the limits of all what you have no idea about : the unknown unknown.

Les crises changent le monde – 1 an apres.

Il y a un an jour pour jour, j’étais en Argentine, en train d’observer notre monde, sous tous les angles et à fond. Plutôt énervé par la situation, je m’étais lancé dans un buzz international de sauvetage du monde, avec un succès plutôt limité, un an après voyons pourquoi, comment et où on en est.

6 crises, Internet pour solution.

Des 6 crises que je nommais, tout ne fait que s’aggraver. Géologie, banques, crédit, espèces, alimentation, climat.
Ce qui est en crise ce ne sont pas des variables, ce ne sont pas des données, des statistiques ou des secteurs de notre monde commercial, c’est notre système en son ensemble.

Tout est lié, tout est interdépendant, et rien ne peut se régler de façon séparée, le problème est systèmique.

Finances
En juillet l’année dernière, on rigolait encore, avant septembre/octobre 2008. Aujourd’hui on dit que le pire est passé, en fait c’est parce que la crise n’est pas encore vraiment arrivée en France. Accrochez vous, parce que ça va pas être drôle.

Ne pas confondre l’urgent et l’important, c’est ce qu’on disait à l’époque, l’urgent a été réglé, avec des méthodes plus que criticables : lâcher d’argent par hélicoptères pour renflouer les banques fautives. Mais le problème c’est que la chaîne n’a pas fini de couler et la plupart des subprimes (origine de la crise) a beau être passée, les primes et autres prêts et échelonnage de remboursement de prêts sont encore à venir et les défaults (banqueroute) des payeurs sont toujours croissants. On n’est pas sortis de l’auberge de ce côté là, triste à dire, mais quand 2 ans après on n’a toujours pas réglé, changé les lois pour arrêter le massacre, c’est qu’on en a encore pour un moment.

L’important, l’origine du problème quant à elle est passé sous silence et alors que tout s’écroule comme un joli château de carte, une collection de dominos soigneusement alignés, les décisions manquent à l’appel. Rien ne bouge là haut, en haut de la pyramide. Ils ne savent pas repenser le système, ils ne réalisent pas, de toutes façons, c’est passé, c’était une mini crise, circulez il n’y a rien à voir.

Comme je l’ai écris plus tôt, repris des articles de lectures chez LEAP et Paul Jorion, c’est cet été que ça va péter, avec les 3 vagues scélérates, chômages, faillites et la fin du dollar et de sérieux problèmes pour la livre également.

Crédit
Tant que notre système marche à la pompe à crédit, le serpent se mord la queue, la partie de chaises musicales internationale continue tranquilement, et comme un fou lancé sur un surf en pleine descente, rien ne peut plus l’arrêter, c’est la fuite en avant. Il nous faut de la croissance, pour l’alimenter il faut de l’argent, étant déjà concentré dans les mains de ceux qui en ont plein mais en veulent toujours plus, il faut trouver d’autres personnes pour investir, c’est ainsi qu’on en vient à prêter aux pauvres, et à endetter tout ce beau monde, et puis un jour, on remboursera. Crédit et croissance sont liés, puisqu’il faut de l’argent pour faire de la croissance et que personne n’a d’argent, empruntons joyeusement! Associé à l’énorme machine de production de rêve : la communication, personne n’y échappe et chaque sortie vous remplit le cerveau des désirs, besoins et envies de consommation qui vous rendrons plus matérialistes et consommateurs heureux. Deux issues pour se débarraser du crédit tel qu’il existe aujourd’hui : les monnaies libres et complémantaires

Espèces, environnement, géologie
Ca va vite, très vite, les prévisions du GIEC et des climatologues se suivent et se ressemblent : pessimisme et réalisme à tous les étages : on va dans le mur. Comment réduire de 70% nos émissions de gaz à effet de serre quand ceux qui ont intérêt à ce qu’on continue à acheter leurs produits sont les puissants lobbys qui financent les gouvernements?
De ce côté là, ça bouge, la croissante verte pipo, une nouvelle bulle pour capitaliste enragés, où faire de l’argent pendant que le reste se casse la gueule. Il y a plein d’initiatives et ça bouge à une vitesse incroyable, mais c’est comme faire faire un demi tour au titanic, la machine est lourde, les frottements sont énormes et à la vitesse où l’on avance, en comptant l’inertie, c’est une gigantesque manoeuvre que cette transition énergétique.

J’ajoute un nouveau point, le côté géopolitique international, avec la modification du monde et des mouvements violents et multiples : Iran, Corée du Nord, Honduras… ça commence à chauffer à droite, à gauche et au milieu. En Europe, on se bat gentiment contre les terroristes saboteurs de TGV, les enfants dans les écoles et les cagouleux dans les manifestations.

Internet ou la liberté d’expression, Internet ou la conscience globale collective, Internet et je suis connecté au monde.
Internet ne sauvera pas le monde, l’homme se sauvera, s’il se réveille et constate les dégâts, mais Internet est un outil magnifique qui nous permet de mieux nous lier, échanger et partager sur tous ces problèmes dont les médias ne parlent que trop peu.

L’année dernière, c’était pour DAVSII que je postais ce buzz, maintenant on connait le plan du gouvernement, avec HADOPI, LOPPSI, HADOPI2 et autres. C’est quand un texte arrive au dernier rempart de la démocratie qu’il faut se poser des questions sur le respect des libertés de ce pays. Le gouvernement a peur. Et la peur, ça rend fou, ça fait faire des erreurs, et une obsession du contrôle. Continuons le combat de ce côté pour défendre nos libertés et garder cet espace de libertés inoui et improbable qui a révolutionné notre monde.

 
Il y a un autre monde, différent, rempli de diversité, constitué d’une multitude de systèmes différents et complémentaires, interliés mais auto-organisés, plein d’alternatives, des modèles nouveaux naissent alors que l’ancien modèle résiste et fume. Le titanic est touché, et malgré son étanchéité, il semble que les caves prennent sérieusement l’eau. Combien de temps avant que l’on parte pour le fond, encore une question à laquelle je ne peux répondre, mais ce qui est sûr c’est qu’il est trop tard pour vider l’eau des cales.

Certains modèles sont obsolètes, les business models sont dépassés, ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils meurent, je parlais de General Motors et Ford l’année dernière, Microsoft fait partie de ceux là, comme EMI, Universal, ce n’est qu’une question de temps. Parce qu’ils sont dépassés, parce que l’alternative est plus intéressante, et qu’on finit par se demander comment on a pu faire pour les utiliser si longtemps et ne pas remettre en question leur légitimité et leurs prix exhorbitants. C’est la vie, l’évolution, c’est la destruction créative.. on ne peut aller à contre courant, et pour l’instant, il y en a qui rament sévère, au lieu de s’adapter ils ont choisi le contrôle et la résistance, bon courage.

Alter
Alors dès à présent, tissez vos liens, créez du libre, partagez vos richesses, échangez avec vos voisins, relocalisez votre consommation, tenez vous informés et arrêtez la télé. Stoppez les médias et la société de consommation, lisez les journaux indépendants et libres qui ne font pas partie de groupes contrôlés par les actionnaires. Libérez votre cerveau, respirez et ouvrez les yeux sur ce monde magnfique qui s’ouvre à nous, cette opportunité d’un monde meilleur dont nous rêvons tous.

C’est possible. C’est maintenant.

Et moi pendant ce temps là?
Demain commence la conférence internationale de développement durable pour laquelle je fais mon dernier stage, ici à Utrecht en Hollande. 333 chercheurs viennent présenter leurs travaux et partager leur connaissance pour savoir si nous avançons assez vite pour éviter le pire.

Fin septembre, j’aurai fini, et arriverai à un point crucial de mon histoire, la fin des études, l’entrée dans le monde tu travail.
J’ai pas envie d’entrer dans ce monde du travail, car je ne vis pas pour travailler et je refuse d’utiliser un système que je critique. Alors le mieux c’est de montrer la voie, et de proposer autre chose, une autre organisation, une façon de fonctionner différente. 

Alors il ne me reste plus qu’à me trouver l’activité qui me fera vibrer et vivre. J’ai déjà quelques idées, énergie, environnement, économie (les 3 croissannces Exponentielles en E), il y a de quoi faire.

Connecteur, Transitionneur, je continue mon organisation quotidienne du futur à ma manière, je tisse les liens, j’étends les réseaux, je rencontre, recommande et partage.

Afin d’avoir un petit feedback je m’en remets à vous, où est-ce que vous me verriez à partir d’Octobre?

Important – ETE 2009 – septembre noir?

Voilà un message que vous ne verrez pas sur TF1. Ca ne parle d’Omar Bongo, de Home, de l’Iran ou de développement durable, il s’agit de l’évolution de la situation financière mondiale sur l’été 2009.

C’est le communiqué du LEAP du 16 juin 2009 : On y découvre, avec leur précision et sérieux habituels, l’évolution de la situation mondiale de la crise et l’arrivée de 3 vagues scélérates qui vont secouer et chambouler notre système financier et économique.

1- Chômage en masse
2- Faillites d’entreprises-banques-etats
3- Crise terminale des bons US et de la livre.

Afin de ne pas déformer leur propos, je vous propose de vous rendre directement sur la page d’analyse argumentée et sourcée, comme d’habitude de ce groupe d’expert qui avait vu le subprime depuis 2006 et a toujours tenu un discours bien plus proche de la réalité que le mainstream message.

J’ai lu quelque part que le mot crise en chinois se décompose en deux mots : danger et opportunité.

A nous de faire le nécessaire pour se protéger et transformer ces opportunités!

Voici le lien magique : http://www.europe2020.org/spip.php?article607&lang=fr

La crise est loin d’être finie.

Une image qui symbolise tout ça : le premier sommet des BRIC (brésil, russie, inde, chine) sans les occidentaux. Le monde est en train de changer :

La réunion des BRIC -image prise chez RUE89

Paul Jorion commence a apparaitre dans les medias.

Mon bloggeur fetiche en matiere d economie, c est Paul Jorion.

Lui qui avait ecrit sur la crise du subprime en 2007 et a nouveau sur tout le deglingage du systeme avec la Crise passe durant une heure dans l emission parlons net entoure de 5 journalistes.

Il y couvre depuis la creation jusqu aux evolutions de la crise les problemes actuels du capitalisme et les alternatives necessaires et en cours de reflexion.

Je recommande cette video tres chaudement a tous ceux qui n ont pas encore bien compris ce qui se passe et qui souhaiteraient se remettre a l heure.

L’avenir de la monnaie : Open Money

Quand je pense à l’avenir, le monde idéal, dans longtemps, ça passe évidemment par un système à fonctionnement très local, des miliers de systèmes locaux interconnectés et interdépendants. Au niveau de la monnaie, ça ressemblerait à peu près à ce qui se dit dans cette interview :

Open Money : bientôt chacun créera sa propre monnaie

Entretien avec Jean-François Noubel

De la même façon que le micro-ordinateur a donné leur autonomie informatique à toutes les unités humaines (maisons, entreprises, écoles, institutions…) et que les technologies vertes promettent de leur donner une autonomie énergétique (solaire, éolien, géothermie, etc.), voilà qu’arrivent les monnaies libres (« open money »), censées donner à chacun son autonomie monétaire. En termes techniques, après la généralisation de l’html (protocole informatique qui permet à n’importe quel ordinateur de se brancher sur internet) et de l’http (langage universel du web) qui ont transformé chaque citoyen planétaire en émetteur/récepteur d’informations (au moins potentiel), préparez-vous au prochain protocole du world wide web : appellons-le provisoirement htxx. Grâce à lui, chacun pourra bientôt devenir émetteur/récepteur de monnaies – ce qui va métamorphoser l’économie et la société, mais aussi nos vies et nos esprits. Nous avons interrogé l’un des membres du petit groupe qui prépare cette révolution.

Propos recueillis par Mélik N’Guédar

Nouvelles Clés : Avant les années 70, personne n’avait vu venir le micro-ordinateur et les bouleversements qu’il allait apporter. Dans les années 80, qui nous parlait d’Internet ? Aujourd’hui, vous dites que nous sommes à la veille d’un choc aussi grand, concernant non plus l’information, mais la monnaie ?

Jean-François Noubel : Finement comprendre la monnaie est une expérience incroyable, quelque chose de l’ordre du film Matrix. On se libère des conditionnements du système, pour le contempler du dehors, dans ses structures fines. La plupart des échanges sont aujourd’hui monétarisés. La monnaie imbibe tout, nos psychés, nos comportements, bien au-delà de ce que nous imaginons. L’ensemble du monde actuel est modelé par la monnaie. Réaliser cela est très secouant. C’est du même ordre que découvrir la rotondité de la terre. On passe pas le déni, la colère, le marchandage, etc. Avant de pouvoir vous parler de l’arrivée des « monnaies libres » (open money), il est indispensable de comprendre deux ou trois choses sur notre système actuel.

Vous avez déjà joué au Monopoly, n’est-ce pas, avec des joueurs et une banque ? Si la banque ne donne pas d’argent, le jeu s’arrête, même si vous possédez des maisons. On peut entrer en pauvreté, non par manque de richesse, mais par manque d’outil de transaction, de monnaie. Dans le monde d’aujourd’hui, 90% des personnes, des entreprises et même des États sont en manque de moyens d’échange, non qu’ils soient pauvres dans l’absolu (ils ont du temps, des compétences, souvent des matières premières), mais par absence de monnaie. Pourquoi ? Parce que, comme dans le Monopoly, leur seule monnaie dépend d’une source extérieure, qui va en injecter ou pas. Il n’y a pas autonomie monétaire des écosystèmes.

Au Monopoly tout le monde commence à égalité. Puis, peu à peu, des déséquilibres s’introduisent. Si la banque décidait de faire payer la monnaie, avec taux d’intérêt, les déséquilibres s’accroîtraient encore plus vite, parce que, mathématiquement, l’intérêt évolue de façon exponentielle. Aujourd’hui, 95 % de la monnaie mondiale est payante. En moyenne, quand vous achetez un objet, le cumul des intérêts constitue 50% de son prix. Cette architecture fait que la moindre inégalité s’amplifie très vite : plus vous êtes riche, plus vous avez tendance à vous enrichir, plus vous êtes pauvre, plus vous avez tendance à vous appauvrir. Il y a un phénomène d’auto-attraction de la monnaie, quasiment comme la matière dans le cosmos. On parle de « loi de condensation », avec des boucles en feedback positif ou négatif.

Le premier a en avoir parlé, au XIX° siècle, est l’économiste Vilfredo Pareto, qui avait beaucoup voyagé et constaté que, quel que soit le système, 20% de la population humaine possédait en moyenne 80% des richesses. Le « principe Pareto » a montré que notre système monétaire n’était pas viable à long terme – tout le monde est d’accord là-dessus, même les dirigeants de l’US Federal Bank. C’est par nature un système à cycle court, où l’on doit régulièrement remettre les compteurs à zéro, par une crise grave, un crack général, une guerre. Ce système encourage fondamentalement le court terme, la compétition, la propriétarisation d’un maximum de choses, ressources, mais aussi savoir, espèces vivantes, etc. Dans la métaphore du Monopoly, le décalage entre riches et pauvres s’accroît jusqu’à l’absurde, puisque finalement, le riche élimine les pauvres et, se retrouvant seul, ne peut plus jouer. Même s’il dit qu’il a « gagné », c’est un jeu à mort collective. Si vous faisiez jouer à ce jeu les dix sages les plus sages du monde, ils ne pourraient rien y changer, car tout dépend de la règle, c’est-à-dire de l’architecture intrinsèque du système, notamment en ceci : les joueurs dépendent d’une source extérieure qui leur fournit l’outil de leurs propres transactions et, ce faisant, leur dicte sa loi.

LES LETS ET LA REDÉCOUVERTE DE LA MONNAIE LIBRE

N.C. : N’en a-t-il pas toujours été ainsi ?

J.F.N. : Au cours de l’histoire, l’humanité s’est inventé une foule de moyens monétaires et nous nous trompons quand nous pensons que notre système est le fruit d’une longue évolution universelle : il est jeune, droit sorti de l’Angleterre victorienne, qui l’a taillé pour servir l’idéologie industrielle. Depuis, c’est devenu un processus planétaire, qui a énormément évolué, notamment depuis vingt ans, en devenant digital. Les conséquences de la digitalisation sont considérables : nous vivons de plus en plus sur des cartes de crédit, donc avec de l’argent payant, et les puissants peuvent désormais transférer des sommes colossales d’un bout à l’autre de la planète d’un simple clic d’ordinateur.

La première monnaie libre remonte, elle, à environ un siècle. L’un de ses inventeurs, était un Autrichien qui, après un tour du monde, s’était retrouvé chez lui, une région économiquement sinistrée. Son idée fut de relancer l’activité en inventant une monnaie locale « fondante ». C’est une monnaie qui, non seulement ne rapporte pas d’intérêt, mais qui perd de la valeur si l’on ne s’en sert pas. Au bout d’un mois, par exemple, si vous ne l’avez pas utilisée, vous pouvez la jeter, car on imprime d’autres billets. Cette architecture décourage la thésaurisation monétaire et encourage la dépense, l’investissement et la thésaurisation de biens. Du coup les tendances inégalitaires décrites par Pareto se trouvent bloquées. Changeant la règle du jeu monétaire, vous changez les comportements et toute l’économie repart. Cet Autrichien a si bien réussi qu’on l’a… jeté en prison ! Il arrivait trop tôt. À cette époque, attaquer la centralisation étatique était un tabou.

Avec la crise de 29, on va voir les habitants de certaines zones totalement ruinées et démonétarisées se remettre au troc et, s’apercevant que celui-ci ne peut pas mener loin, redécouvrir le principe de base de la monnaie, qui correspond à un processus naturel. Toutes sortes de monnaies locales sont ainsi apparues dans les années 30, en Europe et en Amérique. Là aussi, la question deviendra politique et la réponse sera le New Deal, puis, de façon radicale, la seconde guerre mondiale.

N.C. : Pour notre génération, tout commence avec les fameux Lets canadiens…

J.F.N. : Lets que l’on a traduit par « Local exchange tip system », alors que le sens originel était simplement « let’s do it » ! C’est parti vers 1982, d’un certain Michael Lynton, membre de notre groupe actuel, qui vivait à l’époque près de Vancouver, dans une vallée en crise, après que l’armée ait quitté la zone. Lynton eut l’idée géniale de créer un système de crédit mutuel sans banque du tout. Pas de source extérieure, on se fait confiance : chaque fois que j’achète quelque chose, c’est noté en moins ; chaque fois que je vends quelque chose, c’est noté en plus. Nul besoin d’avoir accumulé de l’argent au préalable, c’est l’échange qui crée spontanément la monnaie.

Ces Canadiens qualifièrent leur nouvelle monnaie de « CC » (pour « Community Currencies »). Leur système fit tâche d’huile dans le monde entier. En France, on vit ainsi apparaître différents SEL (« système d’échange local »). On estime qu’il existe aujourd’hui dans le monde environ cinq mille monnaies locales de ce genre. Elles sont généralement restées en marge de la société, dans des réseaux de chômeurs, des quartiers défavorisés, chez des révolutionnaires de l’écologie, etc. Une version des Lets est indexée sur le temps. Le « time banking », qui fonctionne sur du « time dollar », est devenu une institution aux États-Unis. Dans les zones en crise, que la monnaie a désertées, les gens au chômage sont riches en temps ! Comme ils disposent aussi de savoirs faire, il suffit de mettre en place un système d’information et de comptabilité des échanges, pour que l’activité reparte.

N.C. : Pourquoi ces systèmes sont-ils restés marginaux ?

J.F.N. : D’abord parce que l’économie principale, hyper puissante, reste pour le moment opérationnelle. D’autre part, ces nouvelles monnaies supposent une participation très active, militante. Si vous avez du travail et que votre train de vie vous va, votre motivation restera molle. Il en est allé autrement dans certains cas, notamment en Argentine, où la monnaie s’est brusquement effondrée. Imaginez que tous vos euros ne vaillent plus rien du jour au lendemain, votre motivation va changer. D’abord, vous allez descendre dans la rue, pour chercher quoi échanger, afin de couvrir vos besoins fondamentaux. En moins d’une semaine, vous vous apercevrez que le troc pur ne marche pas, ou très mal, qu’il faut un système d’information derrière. Donc, pour pouvoir manger, vous allez devoir acquérir une culture de la monnaie. Celle-ci commence par un inventaire de vos richesses. Qu’avez-vous à offrir ? Enseigner l’anglais ? Les œufs de votre poulailler ? Transporter des personnes ou des marchandises dans votre voiture ? Tout le monde se livre à cette recherche. On découvre alors que des gens qui n’avaient aucune valeur dans le système étatique et bancaire, en trouvent soudain une. Par exemple des femmes illettrées, absentes des radars économiques « normaux », découvrent qu’elles ont de la valeur, parce qu’elles peuvent : cuisiner, jardiner, coudre, laver, garder des enfants, etc.

N.C. : En pleine crise, on imagine en effet que sont revalorisées les savoirs faire pragmatiques, liés à la survie. Par contre, si je suis épistémologue ou neurochirurgien, je risque d’avoir du mal à monnayer ça.

J.F.N. : Pas forcément. Certes, au moment d’un crack économique, les étages s’effondrent et on en revient à une base quasiment biologique. Mais le monde se reconstruit vite. On retrouve ce que les psychosociologues appellent la « pyramide de Maslow » : les premières semaines, vous avez besoin de boire, de manger, de vous chauffer, etc. ; au bout d’un mois, vous aurez peut-être envie de vous faire couper les cheveux ; puis de reprendre vos cours de yoga, ou de piano. La sophistication revient plus vite qu’on ne croit. Ce fut le cas des « réseaux de troc » argentins, qui ont rapidement adopté un modèle de « monnaie fondante ». Des spécialistes les ont rejoints, par exemple l’économiste Eloisa Primavera, qui fait partie de notre petit cercle…

Cette histoire argentine a bien marché, touchant des millions de personnes. Et puis tout s’est effondré, en quelques semaines. Pourquoi ? D’abord parce que la monnaie officielle est revenue en force et que les vieilles habitudes ont repris. Ensuite, sur un point essentiel, ce système restait classique : il y avait toujours une banque, qui créait la monnaie, fondante ou pas, une source extérieure aux transactions. Dans le meilleur des cas, cette source est honnête et indexe bien la masse monétaire aux besoins, mais au bout du compte, il y eut assez d’erreurs et de malversations, pour que la majorité se rabatte sur le système étatique réparé. On pourrait citer de nombreux autres exemples, l’Australie, l’Afrique du Sud et des tas d’endroits dans le monde, avec parfois le soutien des États. Ici même, il y a le projet européen Sol, dans lequel Patrick Viveret est très investi. Mais sur un point essentiel, ça reste classique : la source monétaire est extérieure à l’« écosystème », alors que la monnaie du futur, dont je voudrais vous parler maintenant, émane des agents eux-mêmes.

N.C. : Venons-en donc enfin à cette nouvelle vision !

DES MILLIONS DE MONNAIES SUR LE WEB !

J.F.N. : C’est un processus monétaire révolutionnaire, comparable à ce qui s’est passé pour les médias. Revenez vingt ans en arrière, nous avions quelques dizaines de mass-médias, journaux, télés, radios, pour des dizaines de millions de citoyens. Ces médias étaient tous propriété d’États ou de grands groupes. En face, l’individu était isolé, démuni. Aujourd’hui, grâce à Internet, nous sommes des millions à avoir des blogs et des sites, qui diffusent toutes sortes d’informations, provenant de millions d’émetteurs. La source n’est plus extérieure à nous. Ce phénomène est en train de bouleverser les flux d’information, la gouvernance et donc la réalité du monde.

La monnaie constitue la prochaine étape. Il n’y a plus aucune raison, ni économique, ni idéologique, ni technique, pour que la monnaie continue à émaner d’une source extérieure, prise dans une architecture centralisée et inégalitaire. Désormais, l’infrastructure technique, les connaissances, l’idéologie, tout est prêt pour que chacun puisse créer sa ou ses monnaies. Dans les années qui viennent, vous allez voir apparaître des millions de monnaies, comme vous avez aujourd’hui des millions de médias. Si je vous avais parlé de millions de médias il y a vingt ans, vous m’auriez ri au nez. En réalité, personne n’est relié à des millions de médias, chacun se relie plutôt aux vingt, dix, cinq ou trois médias dont il a besoin et qui lui correspondent. Pour la monnaie, nous allons assister à un phénomène similaire. Vous n’allez pas adhérer à des millions de monnaies, mais à quelques-unes, qui vous correspondront. Par exemple à la monnaie de votre quartier, avec laquelle vous allez pouvoir payer votre coiffeur, votre boulanger, votre épicier, etc. À l’autre extrême, admettons que vous soyez philatéliste spécialisé dans le papillon, vous allez adhérer à la communauté mondiale des collectionneurs de ces timbres-là, qui aura sa propre monnaie, le Butterfly, permettant de s’échanger des timbres sans passer par le dollar, l’euro ou le yen. Chacun va déterminer ses appartenances monétaires en fonction de ses besoins. Si vous vous apercevez que l’essentiel de vos achats provient de votre région, vous allez adhérer à une communauté monétaire régionale. Si vous voyagez beaucoup dans telle partie du monde, vous allez vous retrouver dans un réseau de gens comme vous, qui vont développer leur propre monnaie. Même votre immeuble peut avoir sa monnaie, pour acheter et vendre, par exemple du covoiturage, des cours particuliers, du baby-sitting, etc.

Toutes ces monnaies se créeront aussi facilement que se crée aujourd’hui un groupe de discussion sur le web. Au début tous les comptes sont à zéro et puis on commence les échanges et les comptes se mettent à bouger, en plus ou en moins…

N.C. : Admettons que je m’installe au fond de la campagne, et que je veuille adhérer à une monnaie locale pour payer ma nourriture. Mon compte va très vite se trouver dans le rouge, car je n’aurai rien à offrir en échange dans cette région, n’étant hélas ni artisan, ni jardinier, ni cuisinier, ni infirmier, ni même enseignant – seule une grande ville sophistiquée peut éventuellement avoir besoin des services d’un journaliste, non ?

J.F.N. : Je poursuis ma description, vous allez voir comment tout cela se met en place. En allant du plus petit vers le plus grand, vous avez d’abord une monnaie de quartier utilisée par quelques dizaines de personnes ; puis une monnaie locale ou régionale comptant quelques centaines de milliers d’utilisateurs ; puis des monnaies nationales ou transnationales, qui auront des dizaines de millions, voire des centaines de millions de membres. Vous pouvez par exemple très bien imaginer une monnaie internationale « Créatifs Culturels », dont les tenants garantiront : « Tout ce qui circule chez nous est garanti durable, éthique, pacifique, clean, bio, etc. » À l’intérieur d’un cercle d’une telle ampleur, s’établiront une éthique, une gouvernance, une fiscalité interne… et là, on aura besoin de journalistes, vous trouverez votre place.

N.C. : Quelqu’un comme moi ne peut donc fonctionner qu’avec la monnaie d’un gros réseau mondial ?

J.F.N. : Même si c’était le cas, cela ne poserait pas de problème. Comme aujourd’hui, vous aurez des gens dont 80% des échanges continueront à se faire sur le plan local et qui n’utiliseront que des monnaies de la région. Mais même eux ont besoin de s’acheter, mettons, de l’essence, pour laquelle ils auront besoin d’une monnaie globale – cela représentera peut-être 10% ou 20% de leurs transactions. À l’inverse, d’autres fonctionneront majoritairement avec des monnaies internationales. Tout cela donnera toutes sortes d’échanges.

N.C. : Concrètement, si j’arrive chez le boulanger, j’arrive avec quoi en poche : des pièces, des billets, un chéquier ?

J.F.N. : Une carte magnétique, vraisemblablement. De ce point de vue, la carte de crédit bancaire a bien préparé le travail. Aujourd’hui, il peut arriver que vous entriez dans un magasin qui ne prend pas votre type de carte de crédit. Vous choisissez alors un autre mode de paiement, ce n’est pas plus compliqué que ça.

N.C. : Mais ce système ne représente-t-il pas une sorte de régression hyper compliquée, comme au temps où chaque seigneurie frappait sa propre monnaie et où les gens passaient leur temps à changer une monnaie contre une autre ?

J.F.N. : Internet aurait semblé horriblement compliqué si j’avais dû vous l’expliquer en théorie avant que ça n’existe. Nous allons vers un monde qui comportera des millions de monnaies et donc des millions de parités, et pourtant ça ne sera pas compliqué. L’immense différence avec l’époque que vous évoquez tient au fait que toutes ces « open moneys » (monnaies libres) seront créées par les gens eux-mêmes et non par les seigneurs locaux. Cela change tout.

N.C. : Mais nous, Européens, qui sommes si contents d’avoir aujourd’hui le même euro, de Gibraltar à Varsovie, n’allons-nous pas juste à rebours de ce que vous dites ?

J.F.N. : Ça n’est pas contradictoire. En gros, il s’agit de laisser chaque écosystème exprimer spontanément ses besoins. Le projet « Open Money » consiste à dire : « Voilà l’outil pour créer toutes les monnaies que vous voulez, avec les architectures, la gouvernance et les limites que vous voulez, indexée sur ce que vous voulez : des dollars, des heures, des kilowatts, rien… » C’est donc un métasystème que nous sommes en train de mettre en place. De la même façon qu’ont été établis le protocole http, avec interface utilisateur, qui permet à des machines très différentes de communiquer les unes avec les autres sur le réseau mondial, et aussi le système html, qui permet à toute personne de faire du contenu et de le communiquer sur ce réseau (cf encadré ci-contre), nous sommes en train de créer un nouveau protocole, appelons-le provisoirement htxx, qui permettra à tout collectif de se créer sa ou ses monnaies

N.C. : Des experts monétaires partagent-ils votre point de vue ?

J.F.N. : Oui, par exemple Bernard Lietaer, cofondateur de l’euro, ancien de la banque centrale européenne, qui s’explique dans son best-seller The future of money et aussi sur www.transaction.net/money/book/inde…. Il vient de produire pour le Club de Rome un document faisant le lien entre ce qu’il appelle les « monnaies complémentaires » et la durabilité. C’est un réformiste, très politique. Selon lui, la monnaie principale est yang, masculine, compétitive, dynamique, et les « monnaies complémentaires » sont yin, féminines, servant quand on n’a pas besoin d’être en compétition, mais en collaboration, avec partage de savoir, développement durable, etc. Il pense qu’un bon dosage entre monnaies yin et yang nous permettra de naviguer à long terme. Je ne partage pas tout à fait son point de vue, même si c’est un ami que j’estime beaucoup.

N.C. : Le prospectiviste Mark Luyckx nous disait récemment que plusieurs milliers d’entreprises belges fonctionnaient déjà en partie avec leur propre monnaie… Mais pouvez-vous nous en dire plus sur ce nouveau protocole ?

J.F.N. : Il permettra à chacun de se créer des comptes, à partir desquels il pourra émettre et recevoir autant de monnaies qu’il voudra. Aujourd’hui, vous avez par exemple un compte email, que vous pouvez communiquer, pour participer à des groupes de discussion ou à des réseaux de toutes sortes. À partir de ce compte, vous émettez et recevez des emails. Eh bien, de la même façon, vous aurez un compte CC (community currency) qui vous permettra de vous connecter à n’importe quelle monnaie en quelques clics et de pouvoir émettre et recevoir de ces monnaies-là.

UNE GOUVERNANCE ÉTHIQUE INTÉGRÉE DANS UN LOGICIEL

N.C. : Il y a une différence de taille entre l’information et la monnaie : par définition, la première est illimitée – si j’utilise une information, je n’en prive personne -, alors que la monnaie symbolise une richesse qui, quelle qu’elle soit, ne peut malheureusement pas se démultiplier ! Qu’est-ce qui va ancrer ces monnaies libres dans le réel matériel de la rareté ?

J.F.N. : Imaginez une partie de Monopoly où, à la place de la banque, chacun des joueurs achète et vend librement, avec des comptes, initialement égaux, qui montent et qui descendent en fonction des échanges. Les joueurs de ce collectif décident du type de produits ou de services échangés. Ils fixent aussi les limites du marché : jusqu’où peut-on descendre dans le débit et grimper dans le crédit ? Exemple simple pour faire comprendre, un groupe de personnes pratiquant le covoiturage peut décider de prendre comme règle de gouvernance que personne ne pourra descendre plus bas que -200 km, ni monter plus haut que +200 km. Si vous avez déjà donné 200 km, vous devez absolument vous faire covoiturer par les autres, tout ce que vous donnerez en plus ne sera pas comptabilisé. Inversement, si vous avez déjà pris 200 km, vous avez épuisé votre crédit et il vous faut covoiturer les autres si vous voulez continuer à fonctionner dans ce collectif. Autrement dit, un collectif peut décider que personne ne s’endettera ni ne s’enrichira au-delà d’un certain pourcentage de la masse monétaire globale de ce collectif.

Cas de figure plus élaboré, qui va forcément se retrouver dans les grandes monnaies libres : un système de « réputation », comme sur e-bay. Imaginons par exemple que vous ayez cinq ans d’ancienneté dans tel système monétaire, avec 4000 transactions, dont 99 % tout à fait réussies, votre réputation sera très positive et votre ligne de crédit très large – vous pourrez même prétendre à un emprunt pour acheter votre maison. Si par contre vous avez été souvent dans le rouge, que plusieurs fois vous n’avez pas rempli vos engagements, votre marge de crédit sera plus étroite. Si vous vous comportez vraiment mal, vous allez même être repéré par tout le net et aucun groupe monétaire ne vous acceptera plus. Bien sûr, quand vous démarrez dans un nouveau réseau, vous avez une petite marge, qui s’élargira en fonction de votre plus ou moins bonne réputation. Tout cela est en fait de la gouvernance engrammée dans la technologie.

N.C. : C’est automatique…

J.F.N. : Mieux que ça. Réfléchissez à l’essence même de cette technologie : en soi, c’est de la conscience embarquée, ou engrammée. Pensez aux premières heures de e-bay. Combien de gens ont dit, à l’époque : « Ça ne marchera jamais ! On a déjà du mal à acheter la tondeuse du voisin, ou à la lui vendre par peur des chèques en bois, comment irais-je faire des enchères avec un type à l’autre bout du monde que je n’ai jamais vu ?! » La réponse, c’est que vous n’avez pas à faire confiance à cet inconnu, mais à la technologie, non pas parce qu’elle serait « automatique », mais parce qu’on y a engrammé une structure de gouvernance. L’accord tacite est intégré au mode opératoire. Les transactions en ligne sur la toile n’ont pas besoin d’une confiance explicite, le protocole mis en place règle ces problèmes-là.

L’une des grandes erreurs de la plupart des économistes aujourd’hui, est de dire qu’il faut d’abord la confiance pour qu’une nouvelle monnaie soit possible. C’était vrai dans l’ancien paradigme, mais faux dans le nouveau. C’est ce qu’on voit aussi dans Wikipédia, dont on se moquait : « Ça ne peut pas marcher ! » Mais on a créé la gouvernance dans la technologie du Wiki. Eh bien, nous sommes en train de préparer la même chose pour la monnaie !

N.C. : Une rumeur récente prétend que beaucoup d’articles de Wikipédia sont manipulées par les multinationales, les maffias, les services secrets, etc.

J.F.N. : Soyons pratique : tout système se jauge à sa résilience, c’est-à-dire à sa capacité d’embrasser les forces en présence. Wikipédia peut-il continuer, malgré la pathologie humaine ? Jusqu’à preuve du contraire, la réponse est oui. Bien sûr que les lobbies, les grandes entreprises, les États, sans compter certains groupes extrémistes, tentent d’influencer certaines informations stratégiques. Malgré cela, Wikipédia est déjà la plus grande encyclopédie du monde.

N.C. : Jusqu’à présent, la plupart des expériences de « monnaie locale » réussies – dans les années 30 à Wörgel (Autriche), les années 50 à Lignières-en-Berry, les années 90 à Buenos Aires – ont été finalement stoppées par l’État, jaloux de son supposé monopole monétaire. Vous pensez que les « monnaies libres » pourront tranquillement se développer sur le web, sans que les États ne les sabotent ?

J.F.N. : Ça embête surtout les puissances financières qui contrôlent les États. Cela dit, toute grande innovation s’installe en deux temps : un premier temps d’activisme social, souvent idéologique, qui crée un contexte, où se coulent, dans un second temps, des inventions beaucoup plus pragmatiques. Celles-ci sont forcément confrontées à l’ancien ordre établi, menacé dans sa survie. C’est valable à toutes les époques. Au Moyen-âge, vous avez des gens qui disent : « Il faut traduire la Bible pour que tout le monde puisse la lire. » Cette idée révolutionnaire révulse l’Église, qui voit le monde s’effondrer et s’abrite derrière le fait que c’est techniquement impossible. Mais voilà que Güttenberg résout la question en inventant l’imprimerie, qui va métamorphoser la culture et fonder une nouvelle civilisation ! La même chose est en train de se passer aujourd’hui avec la monnaie. La première phase est accomplie, le contexte est là, creusé par toutes sortes d’expériences, dans une situation de crise économique larvée. L’étape suivante ? D’un côté, les activistes sociaux des forums alter-mondialistes réclament que l’on passe par la voie politique, en légiférant, interdisant, fiscalisant, bref en utilisant le système présent. De l’autre côté, vous avez les inventeurs, parmi lesquels je situe notre petit groupe. Nous ne sommes pas dans une logique de combat, même si nous voyons bien les défauts du système. Nous sommes juste en train d’inventer le système suivant !

N.C. : Qui appartient à votre groupe ?

J.F.N. : Une dizaine de personnes, dont Eric Harrys Brown, Ernie Jacob ou le fameux Michael Lynton, l’inventeur des Lets qui, en vingt-cinq ans, a vraiment connu la traversée du désert du visionnaire. Aujourd’hui, nous avons quasiment achevé, l’architecture du protocole – c’est le plus complexe -, la gouvernance, les modèles économiques sous-jacents, la stratégie de lancement, puis de déploiement… Mon propre rôle a été de diffuser la nouvelle. De plus en plus de gens dans le monde veulent en être ! Prochaine étape, début février 2008, nous nous réunissons une semaine au Mexique, pour mettre quelques dizaines de personnes au diapason, puis nous répartir en groupes de travail sur les modèles économiques, ou les vecteurs de diffusion, ou encore la levée de fonds… car ce qui nous sépare désormais du lancement, ce sont les quelques millions de vieux dollars ou d’euros nécessaires aux deux années de travail à plein temps qui le précèderont – il s’agira forcément de fonds éthiques, reposant sur une stratégie à long terme, et je n’hésite pas à dire : sur une vision spirituelle.

N.C. : De quelle façon ?

J.F.N. : La réponse est multiple. Toutes les grandes inventions humaines, depuis la maîtrise du feu ou de la roue, ont contribué à l’évolution spirituelle de l’humanité. Quand un rêve réussit à s’incarner dans la matière, la conscience se déploie. Il y a plus de conscience dans un monde qui contient des livres que dans un monde qui n’en contient pas. Mais ça va plus profond. Des êtres qui auraient toujours vécu en prison, se verraient eux-mêmes comme naturellement limités. Transposés dans une nature fleurie, quelque chose se déploie en eux. La vie moderne actuelle rogne une grande partie de notre éventail de possibilités. Tout ce qui n’est pas monnayable a du mal à prouver sa valeur. Connaissez-vous le « Wealth Aknowlegment System » (WAS) ou « système de reconnaissance de la richesse » ? C’est une façon d’interroger la personne sur sa richesse intrinsèque, son identité profonde, son âme. Le système monétaire actuel permet des échanges globaux, entre humains qui ne se connaissent pas, mais seulement pour une toute petite partie de leurs vraies richesses. Que deviennent les autres richesses ? Une partie d’entre elles n’a pas besoin d’être comptabilisée, ne concernant que la sphère intime. La plupart des autres sont niées, ou dégradées. Alors que dans des systèmes d’échanges différents, comme ceux que permettront les monnaies libres, tout un pan de la richesse, donc de la conscience humaine pourra se révéler. Mais pour vraiment vous parler du WAS, il faudra que vous reveniez nous voir. C’est l’autre moitié de notre programme. 

Les protocoles qui ont fondé le web

http: Le Hypertext Transfer Protocol, littéralement « protocole de transfert hypertexte », est un langage informatique de communication client-serveur, développé pour le World Wide Web. Les clients HTTP les plus connus sont les navigateurs Web permettant à un utilisateur d’accéder à un serveur contenant les données. Il existe aussi des systèmes pour récupérer automatiquement le contenu d’un site, tels que les aspirateurs de site ou les robots d’indexation.

html : Le Hypertext Markup Language, est un langage informatique de balisage conçu pour écrire les pages Web, et notamment pour créer de l’hypertexte, d’où son nom. HTML permet aussi de structurer sémantiquement et de mettre en page le contenu des pages, d’inclure des ressources multimédias dont des images, des formulaires de saisie, et des applets. Il permet de créer des documents interopérables avec des équipements très variés et de soutenir l’accessibilité du Web.

Htcc : Verrons-nous apparaître bientôt un Hypertext Current Currency, ou protocole permettant la circulation de monnaies libres ? That’s a good question.

Act now!

Voilà un clip, où un enfant vous explique en 3 mots le bordel de la situation. Ca me rappelle la petite fille en 92 à l’ONU.

Juste ça en attendant plein de news de la vraie vie, et des tonnes de décodage du G20 inutile, et de toutes les autres défaillances de nos chers politiques. Nous vivons des temps étranges..

The questionnaire is ON§

Je vous avais déjà parlé un peu de mon mémoire en Juillet dernier. Celui-ci est dans sa phase terminale et si je devais vous en communiquer la problèmatique aujourd’hui, elle serait comme suit :

« Quels sont les scénarios d’avenir des variables énergétiques et environnementales d’ici 2030? »


Et parce que pour apporter un peu d’eau à mon moulin, j’ai besoin de vos gouttes, je vous transmets 6 joints, mon questionnaire :

Merci d’avance!

2009 ne peut pas être pire que 2008, on parie?

L’année dernière j’avais rien trouvé de plus intelligent que de souhaiter pour 2008, la santé, comme tout le monde, mais que la somme des bonheurs et des malheurs tendent plutôt vers une dominante bonheurdisante.

Pour 2009, si vous aimez la tristesse, le désespoir, la guerre, que dis-je, les guerres, les faillites bancaires, eh bien ça promet.

Eh puis d’abord, le bonheur c’est relatif. Est-ce que le bonheur c’est la crise? la montée du chômage? Le fait que le subprime et le capitalisme souffre? Nous avec? Où est la limite entre le plaisir de voir un système inégal, injuste et complètement obscolète s’effondrer et la douleur des conséquences que ce changement implique et va nous infliger?

Les bonnes nouvelles c’est que Wall Street est mort. et ça, on le dit pas assez. C’est quand même une bonne nouvelle d’avoir explosé un aussi gros casino, c’est pas Mesrine, mais bon. Le nombre de banques, de Madoff, d’arnaques pyramidales, de fond de pension qui se cassent la gueule pour payer tout le vent, la bulle créée, je peux pas vous dire, mais c’est déjà pas mal.

Et c’est qu’un début. Des nationalisations aux USA, en GB, le capitalisme et la main invisible met quand même des sacrés baffes invisibles (c)Francesco pour qui sait lire les magouilles de la FED.

Alors Madame Irma, la crise est derrière nous? Bien sûr, disent les médias. Les fonds de pensions se casseront la gueule en mars dixit LEAP, et puis certains nous parlent même d’une nouvelle monnaie pour remplacer le dollar. Bah oui, parce que les braves chinois, ils commencent à en avoir marre.

La déflation arrive et ça va faire mal. Remember 29? La brouette de marks pour payer ein Brötchen? rigolez pas encore. Quelqu’un se rappelle comment ils sont sortis de 29 les allemands? Es lebe Deutschland. Adolf Hitler? Le mec qui en 33 arrive et parle bien, charme toute la famille et propose une astuce pour relancer l’économie? Allez soyez vigileants, il y en a certains qui parleront bien qui vous feront rêver avec leurs beaux discours. Et puis la situation allant en se dégradant, ça va pas être facile de garder la tête froide. On a déjà eu Lepen au 2nd tour, ça doit pas être bien compliqué de faire pire que Sarko maintenant que la brèche est ouverte. Le meilleur est avenir comme on dit chez nous.

Légende intelligente pour gens intelligents : Quand ca monte, c’est pas bon signe

Bon alors : et Obama? bah c’est bien, il faut bien un peu d’espoir. Effectivement, on va voir ce qu’il fait, parce qu’avec le pays le plus endetté de l’histoire de l’économie, le taux de chômage en flèche, l’éclatement des 50 000 milliards de dollars de CDS, on peut imaginer que ça va être joli. Je félicite Bush, Greenspan, Bernanke, Paulson de tout mon coeur et le remercie solenellement d’avoir nettoyé avant de partir.

Putain, si de penser à ces types là c’est pas un formidable moteur pour faire mieux, je sais pas ce qu’il vous faut.

Alors forcément, quand j’entends un type à l’école qui me dit qu’il veut créer un fond de pension, je me dis qu’il a tout capté. Quand je vois un drapeau américain, et que je me dis qu’on les prend encore pour notre modèle, je me dis qu’on se fout un bon doigt dans l’oeil et que Spiderman et Soldat Ryan, bah C’EST FINI! Faut arrêter là, on commence vraiment à se faire du mal. Dans le même temps, certains font des comparaisons entre la chute de l’empire US et la Russie. Le taux de chômage, GM, Ford, l’économie du crédit, Wall Street, quand tout ça, + l’immobilier + le bâtiment se cassent la gueule en même temps aux USA, qu’on nationalise la pompe à crédit, ça condamne le gouvernement à s’endetter bonbon. Et y a un moment, on se demande comment on peut envisager qu’un jour ils remboursent. M’enfin bon, faut arrêter d’être négatif comme ça, paraît qu’ils ont commencé à apprendre à épargner. Le mot qui doit même pas être traduit en ricain. E-PAR-GNER. bref.

J’écrivais il y a déjà un moment l’histoire du colosse aux pieds de sable. Question de temps pour que comme une Madoff, la population se rendent compte de l’arnaque. Jouez à celui qui mettra le plus de temps avec vos potes, le dernier qui a compris aura le bonnet d’âne. J’ai vraiment hâte de me faire mon badge I love wall street.

Mes potes me soutiennent que je suis con, et que si ça allait vraiment se péter la gueule, ils en parleraient. La différence entre eux et moi, c’est qu’eux regardent les médias.

Volcan du Chaiten- Argentina : il y a vraiment pas que les champignons atomiques qui foutent les boules


Bon, après l’économie, passons à la météo. Quel temps fera-t-il demain?
La bonne nouvelle c’est qu’avec le réchauffement climatique, on va tous vraiment avoir chaud. Pas forcément le soleil, mais ça va chauffer chérie. Et puis pour les surfeurs on peut compter sur quelques tsunamis, disons, hum deux tremblements de terre, 5 cyclones cette année, je parie sur 3 plates formes pétrolières dans le golfe du mexique. P’têtre que ça va raser un peu Cancun, ça permettra de relancer l’économie derrière allez, positivons..
Pour ce qui est des tornades, je suis pas expert. On peut espérer deux réveils de volcan aussi, et puis pourquoi pas enfin notre tant attendu faille de San Andreas à côté de San Francisco. Enfin bon, qui sait ce que Gaïa nous réserve. On ne sait pas de quel bois elle se chauffe, mais on sait bien avec quel pétrole on la chauffe en tout cas.

EDF a de la concurrence : Tempête électrique en Argentine, au volcan du Chaiten


Eh oui.
Constats
1) on est de plus en plus
2) on consomme de plus en plus
3) on est de plus en plus à être de plus en plus
4) on est de plus en plus à consommer de plus en plus
5) on montre un modèle stupide et hyper-over-méga-trop consommateur aux autres qui rêvent de mtv, de pimp my ride et de voitures polluantes et peu écologiques

Exercice pour ce soir :
En anglais sur youtube, vidéo sur la croissance exponentielle .Le monde est bien fait, il y a même la traduction ici
Allez jeter un oeil à l’équation de Kaya sur wikipedia ou sur manicore.
Faites vous une idée et dites moi si vous aimez les croissances exponentielles..

moralité : on fonce droit dans le mur.

Une bonne conférence
avec les slides de Jean-Marc Jancovici pour y voir plus clair. Le crash course, un autre classique, en anglais.

La bonne nouvelle : il y en a pas, mais c’est déjà bien de le savoir et d’en être conscient. Au moins vous serez pas déçu de le savoir plus tard!

Allez, la bonne nouvelle, c’est qu’on est encore là, et que tous les jours à la télé, sur chaque chaîne que vous regardez, vous avez les guignols, que dans les journaux, on vous sert la même soupe de conneries, sport, variété, diverses chiures en pack pour vous occuper, un p’tit horoscope pour la route, et un programme minceur.

Ca ira mieux demain comme on dit.

Après ça pas étonnant que la radio passe du beattles et des années disco et que les jeunes se shootent à l’alcool et aux drogues dans des soirées sans fin. On a du mal à se projeter en 2050 sans penser que ça ressemblera à 0050.

Alors la solution messieurs dames, elle existe. D’abord c’est l’heure de se documenter, encore et toujours et puis l’action. Regardez autour de vous, ça bouge, ça change. Ca va vite, pas assez vite, mais ça bouge déjà. Il y a un raz de marée sous-terrain des pensées et des croyances dont personne ne soupçonne encore l’étendue et la profondeur. Notre société change et une brèche s’ouvre, laissant place à l’action innovante, aux défis. Attention juste que ce ne soit pas la même brêche qui laissera passer les potes de Sarko et le Nouvel Ordre Mondial dont rêvent les Attali & co.
Le bilan personnel carbone, on regarde, on se prend en main. On fait l’effort, on diminue ses émissions, on se rapproche du seuil raisonnable par habitant, on peut aller faire le forcing civique, citoyen pour qu’on taxe enfin ce putain de carbone. Excusez moi la grossièreté, mais en temps de crise, quand ça pue la merde du subprime, autant en profiter pour laver notre lingue et faire d’une pierre deux coups, vu que tout est lié. Ca permettra de pas avoir à refaire une crise dans 3 ans.

Scénarios de rêve:
Les vieux et les milliardaires sortent leur retraite par capitalisation et décident d’investir dans le renouvelable, dans le durable, l’écolo. Il paraît qu’il faudrait 800 milliards de dollars pour arrêter d’ici 10 ans la faim dans le monde, la pauvreté, l’accès à l’eau, apporter l’éducation et la santé à tous ceux qui n’y ont pas accès. Quand on sait qu’on est déjà dans les 2 000 milliards de dollars de perte sur le subprime, ça réjouit. Un peu partout naissent des monnaies locales et régionales en complément des monnaies internationales trouées. On retombe sur le local, la consommation locale, authentique, les supermarchés, les multinationales retournent à l’âge de concept. L’époque où le monde ressemble à un Monopoly ou chaque entreprise est susceptible d’acheter, de fusionner ou de se faire bouffer par plus grand qu’elle est révolue. Le temps où 3 opérateurs téléphoniques se partagent un monopole en fixant des prix défiant toute stupidité trouve une fin. Les années où on paye 30€ pour internet illimité alors que les coûts réels doivent approcher les 5€/mois appartiennent alors au passé.
L’individu revient au centre de la société, et non le capital. Nous sommes des créatifs, on reconnaît la valeur travail de notre cerveau, et non de notre porte monnaie. La société de la connaissance où l’on échange des savoirs peut enfin trouver sa place. Travailler moins pour gagner plus, c’est fini.
On augmente le prix du pétrole de 300 dollar au litre, afin qu’on paye enfin cette énergie au prix fort. Et puis avec l’argent, eh bien on boit du champagne avec la bourgeoisie, et c’est beau.

Bon, comme la bourgeoisie qui boit du champagne, ça fait pas assez glamour ou annonciateur d’avenir radieux, je vais vous dire la bonne nouvelle.

La bonne nouvelle c’est que YES WE CAN. On a un défi -j’ai déjà l’impression d’être dans un film ricain rien que d’écrire ça- jamais vu à l’échelle humaine. On est face à de multiples crises liées et interdépendantes. C’est la plus belle équation, le plus beau challenge, le plus bel enemi qu’on puisse être donnés d’affronter : nous même. La réponse est dans le coeur des hommes. Notre capacité à comprendre le problème, à y trouver les réponses, et à s’adapter. Il faudra être plus rapide que la mutation positive.
De se dire que d’ici 120 ans, tous les hommes vivants à la surface de cette planète seront morts, nous rappelle à quel point nous sommes éphémères. C’est ce que cette population éphémère aura décidé à un moment précis de faire de la Terre qui fera qu’on se rappellera plus tard de nous comme la génération la plus égoïste de l’histoire de l’humanité, ou, au contraire, celle qui a su relever le défi.

Nous sommes aujourd’hui dans un tout petit bateau, ou un gros bateau plutôt. Un gros bateau, très lent, dur à manipuler, mais si on arrive à se coordonner, à s’y mettre tous ensemble, ce bateau peut trouver un bon cap. A l’heure actuelle, ce bateau me fait penser au Titanic, à cela près qu’il serait difficile de trouver un iceberg dans l’hémisphère nord vu qu’on en a déjà grillé une bonne partie.
Un gros Titanic donc. Riches et pauvres, noirs et blancs, gays et hétéros, vieux et jeunes, religieux et athés, on est tous liés par le même destin, le même problème, qui trouve la même origine : notre soif de pétrole.

Le pétrole était à la base pas forcément mauvais, on s’est juste rués dessus comme ils disent. Résultats 150 ans plus tard on a déjà pété la moitié des réserves, le truc qui avait mis des millions d’années à se crééer. Comme un poisson rouge boufferait toute sa réserve, comme le chat avalerait toutes ses croquettes pour les vacances sans penser au lendemain, l’Homme a juste pompé tel un Shadok négligeant tous les effets annexes sur la Nature.

Alors oui, on peut changer ça, mais il faut d’abord comprendre que c’est notre priorité numéro UN. A côté, la construction de crèches, d’autoroutes, d’écoles, le rétablissement du système financier, la faim dans le monde, la sécu sociale, le travailler plus pour gagner plus, Gaza, les espèces en extinctions, la dette des US, ce sont des détails. On est déjà dans les scénarios les plus rouge du club de rome (1972), alors c’est MAINTENANT.

Pour finir sur une note d’espoir, et pour vous soutenir que tout ça, ce n’est pas du pipo maléfique, une interprétation que j’adore de la flûte enchantée. La prochaine fois, ça vous fera p’têt plaisir que je poste pas, finalement.