Briser le tabou de l’argent!

Faire ce que j’aime, ce en quoi je crois et être reconnu et payé en échange, voilà la Richesse.

J’ai la joie de vous annoncer que j’ai gagné de l’argent.

Après de nombreuses semaines et certains mois à pédaler, à labourer, à donner sans savoir quand je recevrai, sans savoir comment je recevrai, parfois à ne pas savoir comment demander un salaire, affirmer ma valeur, « vendre mes compétences », « marketer un service », j’avais l’impression de vendre de la démocratie.. me voici maintenant en train de recevoir les fruits de ce que j’ai semé.
* En travaillant avec Citizen Can j’ai gagné de l’argent pour faire le métier que j’aime : développer les monnaies complémentaires.
Sur le mois de mi-avril à mi-mai, j’ai travaillé avec eux en participation consciente : je leur ai proposé de faire un reporting de ce que je fais, de travailler sans filet et qu’ils choisissent en conscience, le prix qu’ils souhaitent accorder à ce travail. Ils ont choisit 2500€. 2500€ en participation consciente, ça n’a rien à voir avec une négociation, un marchandage.. Ils ont choisi librement, en conscience, de me donner, pour mon travail, 2500€. Ca c’est une victoire.
* En travaillant avec Scopic et la ville de Nantes, en les connectant dans le partenariat européen CCIA, j’ai touché un mini pactol. Je les ai connecté dans un partenariat européen avec un financement de l’Europe à hauteur de 50% du budget soit 270 000€. J’ai travaillé, sans filet pour les connecter, présenter le projet à Londres, avec les partenaires, adapter les fichiers, préparer le dossier, traduire, défendre etc.. Il a été décidé que 10% du financement reviendrait à ceux qui ont préparé le dossier : Scopic et mon auto-entreprise. Nous partageons cette somme en 2. Ce qui fait environ 13 000€ pour mon travail sur octobre-novembre-décembre. J’attends que la Commission Européenne valide définitivement le partenariat pour toucher la somme complète mais cela ne devrait plus tarder.
* En travaillant avec OuiShare dans lors du Fest j’ai reçu également de l’argent, pas encore définitif, nous sommes dans un processus d’évaluation collective, je vous tiendrai au courant.

Je suis tellement heureux. Je ne pensais pas que cela pourrait me soulager autant, moi qui m’était mis à vivre en sobriété heureuse pour « ne pas consommer », « ne pas prendre trop de place », « l’argent c’est mal », « les riches ont du le prendre aux pauvres », « les rotschilds sont des enfoirés » et les « 1% doivent vraiment pas être humains »… à penser que je ne gagnerai pas d’argent et que je serai pauvre, parce qu’il faut être pauvre pour être cohérent avec le changement de système monétaire … J’avais oublié et rayé de ma carte mentale la possibilité de faire un métier qui a du sens, de faire un métier que j’aime, de le faire à ma façon et de pouvoir gagner de l’argent pour ça, cela me semblait inconcevable. Je me sentais même coupable à l’idée de me rembourser des tickets de train quand je travaillais avec les Valeureux alors que je le faisais « pour la cause »…

Bref, je n’ai plus honte et je suis même heureux de pouvoir dire que c’est possible de s’arracher, de vivre sa passion à fond, de créer son métier, de créer mon métier, un métier qui a du sens et d’en recevoir quelque chose en retour. J’en suis même fier.

Aussi, je souhaite publier de façon transparente ce que je gagne et d’où je le gagne. Rompre avec le tabou de l’argent. Assumer, expliquer, parler, clarifier, raconter. Que si ça provoque des réactions, vous puissiez m’en parler, me dire, me questionner, que nous puissions échanger, que nous ne nous laissions pas bouffer par ce tabou.

Nous allons avoir besoin d’honnêteté et de solidarité dans les temps qui viennent.
Cela encouragera également mes partenaires et collaborateurs à aller vers plus de transparence.

Merci mille fois à tous ceux qui croient en moi depuis le début, tous ceux qui m’aident, me soutiennent, se reconnaissent dans la cause que je soutiens, dans la Voie que j’ouvre. Je vais pouvoir m’acheter un ordi pour bosser, prendre du temps pour Respirer, des nouvelles chaussures, des chemises et plein de trucs con dont j’avais oublié l’importance relative!

Vive la Vie!

D’autres moyens d’échanger

Texte écrit pour la newsletter de Zhi Rou Jia, l’école du développement de la douceur, club de Taï chi de Bourgogne animé par Laurence Cortadellas et Jean-Michel Chomet.

La vraie richesse

Une vision d’évolution du monde considérerait la richesse comme la bonne organisation des humains, des objets et des animaux. Quand toute chose est à sa place, alors le monde est en paix. Ainsi la richesse découle de la bonne combinaison des éléments entre eux : quand la plante reçoit de l’eau, quand l’élève prend un cours avec le professeur qualifié, quand le livre trouve un lecteur, quand Roméo trouve sa Juliette, alors chaque élément se combine avec l’autre, et de cet échange nait un enrichissement mutuel. La plante sans eau meurt et la vie ne s’écoule plus en elle. Le professeur sans élève est malheureux et l’élève sans professeur ne peut progresser. Le livre sur l’étagère prend la poussière et le lecteur curieux n’étanche pas sa soif de culture. Roméo sans Juliette ne partagera pas son amour et la vie s’arrêtera s’il en va de même pour tous les humains.

Ainsi dans la plupart de ces cas, l’immobilisme et la stagnation sont synonymes de mort. C’est le mouvement et la liaison des éléments par complémentarité qui leur permettent de dégager leur richesse et de s’entraider mutuellement pour remplir leur mission. Lorsque les éléments s’unissent, leur nouvelle formule créée quelque chose qui dépasse chaque élément pris séparément. Ainsi la vie et le mouvement donnent la possibilité à chaque élément de s’exprimer à sa juste valeur.

De façon inverse, j’observe que l’accumulation génère une perte de richesse puisque certains éléments pourraient être mieux utilisés si leur allocation était optimisée. Le jeu économique correspond donc à mes yeux à l’organisation et la répartition de ces richesses dans le but de coupler besoins et biens pour satisfaire tous les êtres vivants.

Dans l’économie en crise qui nous entoure, beaucoup d’entre nous courent après la richesse, le rêve de devenir riche : accumuler une somme d’argent importante, ou des objets qui nous assureront un certain confort. Dans une logique de peur du manque ou de besoin d’en avoir toujours plus, nous courrons régulièrement après une quantité strictement croissante de biens et de quantité d’argent. Cette vision ne satisfait pas notre enrichissement collectif.

J’aime comparer l’économie et l’argent à l’organisme et au sang. Le sang permet d’apporter l’oxygène aux cellules des différents organes. Chaque organisme a ses règles, sa façon propre de fonctionner, ses spécificités, mais quelques règles restent invariables quel que soit le domaine choisi : le sang doit circuler, être en mouvement, tel un flux permanent. Sa stagnation, son accumulation, sa solidification sont synonymes de pathologies qui indiquent un déséquilibre nuisant à la santé de l’organisme.

À l’échelle de l’économie, l’argent a les mêmes propriétés : pour que le système soit en bonne santé, la circulation doit être fluide. Des facteurs aggravant tels que l’accès au crédit, l’accès aux intérêts, le retour sur investissement, et l’accumulation des richesses dans les mains de quelques uns qui n’a jamais été aussi forte jusqu’à maintenant sont les causes de la nette dégradation du système.

Bien des zones de notre corps planétaire n’ont aujourd’hui plus accès à l’oxygène nécessaire à leur survie. Alors que le coeur mutant de notre économie représenté par Wall Street et la City pompe à une vitesse qui donne le vertige le sang de notre corp ; l’Afrique et les pays en voie de développement en sont dépourvus.

L’argent était rare

L’argent était pendant longtemps considéré comme rare et limité. Avec la fin de l’ère de l’industrialisation et les changements liés à l’arrivée des moyens de communication moderne, la donne a changé : 95% des échanges ne sont plus liés à l’économie réelle, la masse monétaire en billets représente moins de 3% de la masse monétaire totale, et la monnaie n’est plus garantie en or, comme c’était le cas jusqu’en 1971. Cela signifie qu’aujourd’hui, l’argent n’est plus qu’une information : un accord collectif de donner une valeur mesurable à un bout de papier. Dit autrement, l’argent est un jeu auquel nous acceptons de jouer collectivement. En termes de technique, il n’est pas difficile de créer un système monétaire, pour cela il suffit d’une feuille et d’un crayon pour noter les mouvements de compte et les dépenses recettes de chacun. Internet et les technologies de l’information ayant rapidement évolué et s’étant démocratisés, comme les blogs ont rendu les médias participatifs et citoyens, de nouvelles formes d’économies sont en train d’apparaître à grande échelle et de proposer des alternatives nombreuses, diverses et adaptées localement aux besoins des populations.

A quel jeu voulons nous jouer?

Dans le Monopoly, la structure du jeu nous oblige malgré nous à jouer les uns contre les autres et après une vingtaine de tours, nous nous retrouverons avec un gagnant et 4 perdants sans un sou. Notre jeu économique international est constitué des mêmes architectures invisibles : pour rester dans le jeu, il faut lutter et être en compétition contre les autres. N’étant plus en accord avec ce postulat, de nombreuses personnes, déjà chassées du secteur économique ou en recherche d’innovation prennent la responsabilité de recréer la structure, l’espace, le jeu dans lequel ils ont envie de jouer. Ils créent les règles de leurs échanges, en fonction de leurs valeurs, de leur richesse et de ce qui compte pour eux. Certains jeux ont des architectures dites de « jeux finis », on note un début, une fin et une possibilité de départager un gagnant d’un perdant : la ligue 1 de foot en est un très bon exemple. D’autres jeux ont des architectures dites de « jeux infinis », où comme une partie de foot avec des copains, on joue sans fin, les règles peuvent changer, la taille des buts, le nombre de joueurs, le jeu se poursuit tant qu’il y a du plaisir. Le Monopoly présentant une architecture de jeu fini, à nous de trouver les astuces pour faire durer le jeu économique des échanges sur un rapport gagnant-gagnant-gagnant (un pour la planète), de façon illimitée dans le temps.

Fraternité économique

Dans de nombreux SELs (Systèmes d’Echanges Locaux), le solde de chacun peut varier entre -1000 et +1000. Les membres sont d’accord pour dire que la vraie richesse est dans l’échange, ainsi être à 800 ou -700 n’indique plus un état de richesse ou de pauvreté, mais simplement un indicateur pour donner notre position par rapport au flux collectif. Comme un groupe qui avancerait en cordée, peu importe si tu es devant ou derrière dans l’ascension, l’essentiel est que tu sois lié au tout, et que tu avances. Comme la respiration, peu importe que tu sois en inspiration ou expiration, tant que tu respires régulièrement, le groupe se porte bien. Ainsi collectivement, nous pouvons faire le choix d’aller aider à dépenser celui qui est à +1000 en lui proposant nos services, ou inversement, aller aider celui qui est à -1000 en l’aidant à formuler ses offres, ses richesses et ce qu’il a qu’il ne reconnaît peut-être pas encore qui a une grande valeur pour les autres. Nous sommes unis, et ensemble, nous nous enrichissons collectivement en utilisant des règles que nous choisissons et respectons. C’est une des multiples possibilités qu’offrent les monnaies complémentaires, les SELs, ou les monnaies libres. Il en existe aujourd’hui déjà 5 000 dans le monde, et plus la crise et l’impasse économique, spéculative et financière des états et des banques continuera, plus ces possibilités deviendront un outil logique et raisonné pour développer les collectivités locales, les régions, les groupes et créer un nouveau maillage d’irrigation en réseau.

Les monnaies complémentaires ne changeront pas le monde si nous ne nous changeons pas en même temps. Elles ne restent qu’un outil créé par l’homme, et dans le fond ce seront toujours notre cœur et nos intentions qui donneront au système sa couleur et son sens. Elles nous permettent en tout cas de sortir du système prédateur actuel et d’ouvrir notre conscience à la vraie richesse.

Merci à Delphine pour les relectures, critiques et commentaires.

La relation entre la masse monétaire et les richesses

En écoutant le Mp3 sur le revenu de vie présenté par Thierry Crouzet et rassemblant Phyrezo, Stéphane Laborde, Olivier Auber, Florence Meichel et Philipe Scoffoni, je ne peux m’empêcher de faire un billet spécial sur ce que je perçois. On attaque ici le coeur du problème, et toute personne qui voudra se lancer dans la création d’une monnaie devra avoir conscience de ce rapport fondamental qu’il y a entre la masse monétaire et les richesses, et donc du pouvoir de la création de monnaie.

Gardez la comparaison en tête du rêve et de la réalité. La réalité ce sont les richesses: la terre et ses ressources, le rêve c’est la masse monétaire: les billets, les chiffres de vos comptes en banque. Il faut garder un lien entre la richesse et la mesure de cette richesse. Il faut qu’il y ait une confiance que le rêve représente bien la réalité. Quand nous parlons de crises financières et de bulles, c’est qu’on a perdu le sens de la réalité, que nous sommes repartis dans le rêve, on bulle. Et puis un jour la réalité resurgit. La bulle est de la taille de notre rêve: la différence entre ce qu’est la réalité et ce que nous avons voulu voir. En général tout le monde se plaît bien dans le rêve, mais le retour à la réalité est souvent beaucoup moins drôle. Donc il est important de garder une corrélation entre le rêve et la réalité, avoir confiance.

La monnaie, outil de mesure

La monnaie est un outil de mesure, comme le mètre, comme le kilo, comme la brouette. Elle permet à 2 individus qui ont des richesses diverses d’étalonner et de mesurer des tomates et des carottes. On estime la valeur des tomates avec l’outil de mesure. D’un autre côté on estime la valeur des carottes avec l’outil de mesure. L’outil de mesure permet de faire la passerelle entre les deux. On convertit. C’est un étalon.

Dans le troc: j’échange 1 kilo de tomate contre 1 kilo de carotte. Avec la naissance de la monnaie, j’ai confiance dans l’étalon de mesure et dans le fait que je pourrai l’utiliser plus tard pour l’échanger contre autre chose, c’est une sorte de « bon pour ». Donc un client arrive au premier magasin et échange 1 euro contre 1 kilo de tomate. Le soir, le marchand de tomate utilise l’euro reçu pour aller acheter 1 kilo de carotte. On nous répétait en physique et en math de bien mettre les unités car on ne mélangeait pas les tomates et les carottes, il se trouve que c’est justement ce que permet la monnaie: mélanger tout, mesurer tout sur un étalon commun, une unité universelle. Pour les unités de mesure de masse ou de taille on a déjà du mal à se mettre tous d’accord, pour l’énergie on doit bien avoir 10 unités différentes (joules, calories, newton, degrés, etc..) alors comment vous voulez que pour la valeur, chose absolument subjective, on arrive à trouver un accord universel? Il s’agit ici d’accepter que nous ayons des outils de mesures différents. Par contre lorsque nous voulons échanger, nous nous accordons à l’unisson pour trouver un système qui convienne aux deux parties. Comme si vous mettez en relation un grec et un russe, ils utiliseront sûrement l’anglais pour échanger, euh.. dialoguer pardon. Un outil de mesure que l’on puisse convertir selon les pays, les normes, les usages et les endroits. Universellement convertible.

La monnaie, outil de mesure

La monnaie, réserve de valeur

Quand nous commençons à utiliser la monnaie comme outil de mesure, et que nous pouvons l’échanger contre des biens réels, alors la monnaie devient une réserve de valeur temporelle. Entre le moment où je vends les carottes et je reçois le billet, ce billet a une équivalence de valeur des carottes ou des tomates ou autre chose. Ce n’est pas les carottes, mais ça équivaut aux carottes. Ça vaut les carottes, mais ça n ‘est pas les carottes. Cette monnaie ne marche que dans un système où tout le monde l’accepte et la reconnait comme valeur. C’est donc un accord collectif de reconnaître et de donner à la monnaie une valeur équivalente aux biens. Si un soir tous les magasins sont fermés et que vous mourrez de faim, vous serez bien emmerdés d’avoir 10€ mais aucun marchand de carottes à portée de main. Comme une énergie potentielle attend pour être transformée: le rocher en haut de la montagne n’attend qu’une pichenette pour être transformé en énergie cinétique, le billet sans marchand de carotte est une énergie latente, qui attend la pichenette pour être transformée dans le mouvement de l’échange.

Dans le troc l’échange est simultané, pas de piège de temporalité. Dans le crédit mutuel ou le SEL, il y a un décalage entre le moment où j’échange et je reçois quelque chose, la confiance repose dans l’autre. Dans la monnaie, la valeur repose dans l’accord collectif de ce système comme béquille. La monnaie est donc l’outil le plus performant, mais aussi le plus complexe.

Quelque soit le choix pour symboliser l’échange, de la complexité pour la décaler dans le temps apparaissent obligatoirement la confiance et le risque.

« je t’achète tes carottes pour un euro »

Comment avoir confiance?

La création monétaire permet d’anticiper sur la création de richesse et de rassembler les énergies pour les redistribuer du collectif vers le collectif.

Investir, c’est mobiliser les forces pour construire quelque chose qui augmentera la richesse demain.

C’est un pari sur l’avenir. Quand l’Etat créait de la monnaie pour soutenir un projet d’autoroute, ou une bibliothèque, il augmentait la masse monétaire, pour créer une somme qu’il investissait. Cette somme était utilisée pour acheter le terrain, payer les travaux, la construction, les salaires des hommes qui construisaient ces nouveaux murs, le mobilier qui occupait le bâtiment, les installations électriques et techniques pour qu’il fusse opérationnel. A l’ouverture de la bibliothèque, la richesse globale était augmentée pour tous. Un service en plus.

L’investissement a permis à l’économie du bâtiment, de l’installation de faire fonctionner leur savoir faire et de rémunérer des salariés, de payer pour des ressources. Les salariés dépenseront leurs salaires dans l’économie ce qui augmentera les activités collectives autour des salariés ou des entreprises choisies.

C’est donc un double effet: 1) collectif, un nouveau bien commun, pour tous, en service. 2) un boost pour stimuler et faire fonctionner l’économie

Super alors, quel est le risque?

Comme d’habitude, tout est rapport entre besoin et demande. Si la bibliothèque n’est pas utilisée, alors cette richesse collective n’est pas avérée. Si je créée 10 bibliothèques alors que les besoins n’existent pas, la richesse perd sa valeur.

Concentrer l’énergie en un point qui bénéficie à tous

Quand on créée de la monnaie, on utilise le pouvoir pour concentrer l’énergie à une zone précise. Les alentours irrigués de cette zone en bénéficieront, les parties qui en sont séparées non. Créer de l’argent augmente la masse monétaire donc baisse le pouvoir monétaire de chaque individu. Créer de l’argent, c’est diluer la valeur du billet.

Il est donc capital, j’adore utiliser ce mot, que les choix d’investissements collectifs se fassent au niveau le plus local possible, en fonction des besoins locaux. Exemple: avec une communauté d’un village, nous décidons collectivement de rassembler nos énergies (ou diluer notre argent, ça revient au même) pour construire une école pour nos enfants. Nous villageois diminuons notre pouvoir d’achat (augmentation de la masse monétaire) pour concentrer notre énergie à un point précis (terrain de l’école) pour y investir: bâtiment, travaux, équipement, mobilier: du travail rémunéré, que nous redépensons dans nos commerces locaux. Une fois l’école finie: la somme des richesse a augmenté: il y a une école en plus, la masse monétaire a augmenté: nous avons produit et échangé des biens et services.

Rien ne se créée, rien ne se perd: tout se transforme. Chacun a donc consenti une part de son pouvoir monétaire, concentré en un point, pour construire un édifice qui bénéficierait à tous = en se privant tous un peu de façon très discrète, on peut libérer une somme d’argent qui peut être investie en un point précis = l’inflation est une forme d’impôt pour celui qui a le pouvoir de création monétaire.

Aujourd’hui, rien ne se créée, rien ne se perd: tout se transforme: question pour une poignée de carambar, retracez le parcours des milliards d’euros de dette créés par nos pays, et donnez moi leur position finale.

Donc le pouvoir de création monétaire permet de concentrer l’énergie du collectif en conscience pour servir le bien commun. C’est un outil fantastique s’il est manipulé par la communauté pour la communauté.

La machine économique n'est qu'un circuit de flux

A lire sur le site savoir-sans- frontières de Jean-Pierre Petit, l’économicon dont ce screenshot est tiré.

Le bien et le mal

Tout outil peut être utilisé pour faire le bien ou pour faire le mal. Prenez un marteau, tapez dans le clou et c’est génial, tapez ailleurs et c’est le drame. Prenez l’argent. Dites vous qu’il représente la richesse matérielle réelle. Prenez conscience que nous avons délégué ce pouvoir de créer de l’argent à quelques uns. Demandez vous ce que vous feriez si vous aviez reçu ce pouvoir. Bien.

L’histoire est faite pour apprendre. Nous avons collectivement commis des erreurs, apprenons de ces erreurs pour pouvoir grandir et nous développer. La tentation resurgit toujours dès que l’on a entre les mains un tel pouvoir. Que faire contre la tentation? diviser le pouvoir, le répartir, en responsabilité collective. Que chacun s’implique dans la réflexion, sa réflexion, sa vision, et la vision collective.

Devenir maîtres de notre destin collectif.

Assumons.

Osons.

Co-créons!

Créer de la richesse, la mesurer, l’échanger, la faire circuler

Dans mon billet sur gérer l’abondance, gérer la rareté qui compare les deux modes de partage et de gestion des richesses, je me frottais aux différences que l’on trouvait dans chacun des mondes et comment jouer sur ces différences. Comme le foot en salle ou en extérieur sont deux disciplines dont le but reste le même, toute la pratique consiste à développer la technique adaptée au terrain.

Pour ma part, dans la rareté ou l’abondance, je cherche à partager des richesses avec un maximum de personnes, de façon durable. Je cherche à partager ce que je créée tout en recevant quelque chose en retour qui me permette de vivre sur le long terme. Comment jouer sur chaque terrain en fonction de ses contraintes? Comment utiliser le terrain à mon avantage pour démultiplier les effets de ce partage dans l’abondance?

Dans une de mes analyses, je disais que l’artiste qui se reconnecterait avec sa communauté de fans se débarrasserait des intermédiaires et serait en prise directe avec son public de fan qui le soutient. En effet, je ne fais ici que reprendre les analyses de certains experts disant que nous passons d’une économie de la distribution à une économie de l’attention.

Le capital de départ L’outil de production

Donc dans l’abondance, offrir et partager avec le plus grand nombre ne me coûte presque rien car le coût marginal est quasiment nul: le coût marginal est le prix pour fabriquer une unité supplémentaire. Dans le cadre du numérique, on sait comme cela est facile de faire un copier coller. Ce qui va donc me coûter c’est mon investissement initial avec mes coûts fixes.

Prenons un groupe de musique, il lui faut bien les instruments, le studio, tout le matériel pour enregistrer dans de bonnes conditions. Prenons un bloggueur, il lui faut un pc et éventuellement une caméra ou un bon appareil photo. Pour les codeurs il leur faut un pc. Pour ceux qui font de la vidéo, des clips, du bon matériel photo/vidéo ainsi que de bons ordinateurs.

En terme d’outil de production, d’investissement de départ, il faut une certaine somme. Si on prend un studio de télé collaborative comme techtoctv, on est là dans une autre gamme de prix, avec tout le matériel, l’investissement de base est conséquent, mais le coût marginal reste faible. Si on prend owni, le site, son design, la construction, le serveur l’hébergement, l’entretien, là encore on a un capital de départ plus un coût d’entretien.

Fait intéressant: dans l’économie de l’abondance, les outils de production appartiennent au monde matériel, gérés par l’économie de la rareté. Les deux mondes sont bien liés et l’un dépend de l’autre. On ne peut les considérer séparément. De même, les circuits de distribution dans l’abondance dépendent bien des règles des tuyaux qui permettent aux contenus de naviguer. Comme l’opérateur téléphonique peut écouter ou couper une conversation, le FAI peut lire tout ce qui passe sur votre ligne.

Une fois acceptée les règles du capital de départ, nous entrons dans l’économie et la gestion de l’abondance, les portes s’ouvrent…

Le partage et la barrière à l’entrée

On  n’a rien sans rien. Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.

Quoi que l’on fasse, que ce soit gratuit ou non, quand on donne quelque chose, on en retire forcément quelque chose en retour, si ce n’est pas monétaire ou quantifié en argent, on peut le mesurer en attention, en temps, en nombre de pages vues, en audience, en réputation, en plaisir, en bonheur etc..

Prenez ce blog. Vous ne payez rien à l’entrée. Pourtant vous payez. Vous payez avec votre temps, avec votre attention, avec votre envie de lire la suite, avec vos clics vous me donnez des informations sur ce qui vous intéresse, avec un commentaire vous m’aidez à construire mon raisonnement, à tester mes hypothèses, à encourager mon travail. Vous n’avez rien payé en euros, mais vous m’avez donné quelque chose en retour. Nous procédons à un échange. Mon temps contre le votre, mes questionnements contre votre intérêt, ma réflexion contre la votre. Nous échangeons, débattons éventuellement sur ce qui peut constituer les modèles d’échanges de demain, et ce faisant nous sommes déjà dans une forme d’échange spécial.

Mettre une barrière à l’entrée serait fermer cet espace qui porte mes idées et ma parole à l’écrit. Cela ne m’intéresse pas, je cherche à les diffuser, à les partager et à les faire voyager aussi loin que possible. C’est un aspect colonisateur de l’homme que je suis. Les laisser voguer à travers les twitts, les retweets et les autres trackback pour aller s’éclater contre les idées des autres. Chercher, rechercher ensemble ce qui pourrait fonctionner demain pour permettre à l’énergie investie de revenir, aux échanges de se faire d’une autre manière.

Je cherche donc à répandre mes idées sur le net et à les faire s’entrechoquer avec d’autres courants. Comment obtenir un retour qui me permettent de vivre?

Tendre la main

Je donne avec une main, je reçois avec l’autre

Paul Jorion a innové dans ce domaine en créant une licence: presslib qui accompagne chacun de ses textes. Un petit paragraphe accompagne chacun de ses textes:

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Chaque article est partagé, libre d’accès, mais doit être accompagné de cette mention qui fait le lien avec la case départ: la boîte à donation basée sur le site de monsieur Jorion. Principe de viralité assurée, il démultiplie la force de son message.

C’est à dire que si en plus de donner et partager mes analyses et billets, j’ajoute un paragraphe qui permette de tendre la main et passer la casquette pour ramasser quelques pièces, j’ai mon flux de feedback qui me permet de voir ce que vaut mon travail. Comme le guitariste dans le parc, comme le musicien dans le métro, comme la messe, comme le clown dans la rue, j’offre d’abord mon service, ce que je sais faire, je le partage avec tous sans barrière à l’entrée et je propose qu’on me rémunère ensuite, librement, en fonction de ce que ça vous a apporté.

En plus de donner son texte et de partager sa connaissance, Monsieur Jorion y ajoute un brin de conscience, il éduque son public et lui explique sa philosophie. Comme la licence GPL (General Public Licence) entraîne une viralité pour tous ceux qui utilisent des logiciels libres développés, sa licence se diffuse et peut se répandre à travers Internet de façon simple et gratuite tant que le paragraphe presslib y est accolé, et c’est ce que paye le lecteur: la conscience du travail fourni, et la possibilité de le rétribuer en fonction de ses besoins.

Ayant rencontré Paul la semaine dernière, il m’a confié que c’était souvent les mêmes qui participaient.: la communauté, les riverains comme les appellerait Rue89. Ceux qui habitent et travaillent sur le blog presqu’autant que lui, ceux qui vivent dans les commentaires, ceux qui en bénéficient et en profitent au maximum. D’une certaine façon ce sont devenus des actionnaires, sauf que les deux parties sont libres. Paul Jorion est libre d’écrire ce qu’il veut, n’ayant pas de patron, une personne face à qui se tourner pour connaître la ligne directrice du blog, et les membres donateurs sont libres de le faire quand bon leur semble. La transparence les lie avec un rapport semi-mensuel environ de l’état des donations. On retrouve là une grande similitude avec Wikipédia. Libre et interdépendants. La boucle de circulation de la valeur est bouclée. Pérennité assurée jusqu’à ce que l’une des parties n’y trouve plus son intérêt.

Comment stimuler sans capturer? Comment créer de la richesse de façon vertueuse?

Profiter des lecteurs, de leur temps et de leur attention pour les faire participer à la tâche: construire ensemble, co-créer.

Plutôt que de les tracer silencieusement, de les observer depuis le back office, de les statistiquer, si je leur donnais la possibilité de s’exprimer? De qualifier ce qu’ils trouvent, de classifier, de tagguer, de ranger? N’est-ce pas déjà la stratégie de google, flickr, youtube, diigo qui délivrent un service gratuit et utilisent leurs utilisateurs et la longue queue pour améliorer, trier, ranger les données pour améliorer l’utilisation de tous: un véritable travail de fourmi. A l’aide d’un flux de rémunération parallèle, ils récupèrent de quoi vivre.

Démultiplier: Je donne la ressource, vous la diffusez.

Mesurer: Je produis des idées, vous testez leur cohérence.

Trier: Je publie des contenus, vous les classifiez.

Échanger: J’investis de l’énergie pour construire une structure, vous investissez de l’énergie pour la maintenir en vie, l’améliorer.

Tester la pérennité: Je partage mes contenus de façon ouverte, je demande aussi une rémunération en échange, vous me donnez la réponse.

Partager les revenus: Je reçois une rémunération, je la réinvestis dans le blog et dans mon travail, vous en profitez à nouveau.

Eclairer: Je déclare mes intentions, vous connaissez mes revenus et mes besoins.

La suite on la connaît: winner takes all. Le premier qui fournit un service gratuit et performant attire toute l’attention et on ne parle plus que de lui, car la communauté est là-bas. Les nouveaux arrivants filent vers ce service sans se soucier de la concurrence. Le premier qui ouvre et partage gagne l’attention et les projecteurs. Ensuite s’installe  une lutte pour vivre dans la durée.

Pour ne pas capturer, ils doivent jouer la carte de l’open: pas de barrière à l’entrée, pas de barrière à la sortie. Chaque membre doit pouvoir prendre ses affaires et s’exporter vers un autre service librement s’il n’est plus satisfait. Alors pour stimuler le client, je dois l’encourager à participer, à construire avec moi cette plateforme, à la partager avec lui, l’aider à s’impliquer, lui donner une voix, compter et valoriser son travail comme je lui demande de valoriser le mien. Il partira parce qu’il y a mieux ailleurs, il reviendra car il est ici chez lui. Il aura construit une part de ces fondations. Une partie de lui est ici. Nous sommes liés, libres et liés.

La communauté améliore la fluidité des échanges

La communauté gagne toujours, l’union fait la force

Dans les mouvements du logiciel libre, de la musique, de la peinture, des arts, des écrivains, des blogs on retrouve cette même base: la communauté. Un éco-système, le premier cercle qui protège, alimente et nourrit une idée, une philosophie. Seul vous n’avez aucune chance. Entourez vous d’une communauté que vous nourissez et qui vous nourrit, bâtissez un échange viable qui enrichisse chacune des parties et alors vous développerez plus que des idées. Comme nous l’avons vu chez Paul Jorion ou chez Rue89, ce sont les membres les plus proches qui participent et assurent la viabilité. Il reste probablement des participations marginales de personnes qui passent et découvrent le site, mais c’est réellement le premier cercle qui fournit l’apport vital au noyau. C’est également ce premier cercle qui contribue à la diffusion vers les autres cercles, qui deviendront peut-être un jour contributeurs.

1) Qu’est-ce que j’apporte à ma communauté?

2) De quoi ai-je besoin?

3) Qu’est-ce que m’apporte ma communauté?

4) De quoi a-t-elle besoin?

5) comment fluidifier nos échanges, pérenniser notre relation, avancer ensemble de façon libre et interdépendante?

Pour le prochain billet, je répondrai à ces questions, alors vous pouvez dores et déjà réfléchir à ce que je vous apporte, et à ce que vous pouvez m’apporter qui ne me viendrait pas à l’esprit (monétaire et non monétaire..)

Création, destruction, mesure, changement de la valeur

Suite au billet et aux commentaires des billets de Thierry Crouzet sur la question du statut du blogueur dans le Flux, par rapport aux aides offertes aux médias pure players Rue89, Slate & MediaPart, voici un éclaircissement personnel sur ce qui me saute aux yeux de la situation actuelle.

Destruction de valeur

Nous avons d’un côté un monde qui s’écroule, un modèle dépassé en bout de course, une machinerie monumentale qui comme un titanesque projet révèle au grand jour ses plus belles imperfections.

Depuis le déclenchement de la crise du subprime, j’ai pris conscience que nous avons trop joué avec la machine économique et que pour la dernière fois aujourd’hui, le décalage est tellement important entre la masse monétaire, l’argent que nous utilisons et la valeur réelle créée, que notre système ne pourra cette fois plus s’en relever.

Le titanic qui s’effrite, ce n’est pas seulement la crise financière, bancaire, c’est également celle des médias, des politiques, de l’économie, de l’éducation, de l’environnement, de la culture. Notre monde surconsommateur et matérialiste vient avec Internet de découvrir plus fort que lui: immatériel, reproductible à l’infini, presque gratuit, sans possibilité de contrôle et instantané. what else?

A l’heure du bilan, l’évolution nettoie ce qui n’a plus de sens, la destruction créatrice de Schumpeter si on veut.

Dans l’augmentation du chômage, on perçoit l’augmentation de la destruction de valeur. La valeur est pour nous la plupart du temps ce qui est monétisé, en réalité la valeur est bien plus large que sa simple représentation monétaire. La valeur est l’ensemble de ce que nous reconnaissons et déclarons comme tel. Ce qui nous rend heureux, ce qui provoque de la joie, ce qui est utile, ce qui subvient à nos besoins, ce qui nous importe. Alors forcément, si on comprend ça, on se rend compte que la valeur qui n’est plus reconnue ne répond pas forcément à la valeur que nous reconnaissons mais à la valeur monétaire de la rentabilité de ces structures.

Ce n’est pas la valeur qui change, c’est notre perception de la valeur. C’est en changeant ce qui nous est utile, agréable et indispensable que nous changeons ce qui a de la valeur.

Si le chômage augmente, cela veut dire que des emplois qui servait à créer de la valeur sont aujourd’hui dépassés, inutiles. Ce n’est pas tant une destruction de la valeur, c’est plutôt une régulation de cette valeur. Étant donné le contexte actuel environnemental et énergétique, bon nombre de produits et d’emplois n’ont plus leur place, la valeur a migré ailleurs.

Création de valeur

Alors que je vois s’effondrer un monde, une économie et la valeur que je lui avais attribué, je vois un autre monde apparaître sous mes yeux. Fasciné par sa rapidité et ses propriétés, celui-ci remet tout en cause. Il nous permet à moindre coût d’être plus performant, plus rapides, moins contrôlés. Je le décris comme l’abondance numérique, c’est le Flux.

Le Flux, c'est le bordel, mais on le cache pas.

Jamais au grand jamais il n’a été donné à quelque être humain que ce soit d’avoir accès à tout le savoir, la connaissance, l’information, la culture, la science à laquelle nous avons accès avec Internet. Donner un ordinateur et Internet à quelqu’un et il a accès à la plus grande bibliothèque jamais imaginée, il a accès au cerveau global de l’Humanité. Là est la richesse que nous avons créé ensemble.

Ainsi, dans notre vie quotidienne s’installent de nombreuses applications, services, sites webs et autres vaisseaux surfant sur la vague dématérialisée et répondant à nos besoins à moindre coût. Nombre d’entre eux se cassent les dents à la recherche du business model magique qui permettra de vivre, interdépendant et libre. Certains offrent déjà un service plus rapide, performant, qualitatif et sans les défauts intrinsèques au monde qui s’écroule. D’autres cherchent, testent et allient créativité et performance sur le nouveau support avec rentabilité financière sur le monde qui se meurt.

La question est toujours la même, comment perdurer et recevoir suffisamment d’énergie, de valeur, d’argent en retour pour le travail fourni? C’est la problématique principale de survie et de vie. Si un écosystème se meurt, la vie doit se réorganiser pour pouvoir continuer d’être et de se développer.

Changement de valeur?

S’il est clair que le monde industriel basé sur la rareté matérielle souffre, que sa valeur s’effrite, à nos yeux comme financièrement, le transfert de valeur monétaire ne s’est pas encore opéré vers le Flux.

Nous nous retrouvons donc à organiser les transpositions de la valeur de l’ancien monde vers les services du Flux. Relier les connexions sanguines du monde qui se meurt sur le nouvel outil de production, transposer, recoder et donner et rétribuer la création à la hauteur de la valeur qu’elle représente.

La monétisation est le fait de transformer une richesse reconnue en richesse mesurable et échangeable. Cela signifie qu’il faut qu’elle soit reconnue et mesurée par l’autre également, et qu’il ait confiance en sa valeur.

Le monde qui s’écroule n’étant pas entièrement remplacé par le Flux, il s’agit de les faire coopérer, et de gérer la complémentarité, la complexité et la diversité que ces deux écosystèmes représentent. D’un côté la supposée rareté matérielle, liée aux ressources rares toujours inférieures aux besoins de tous, qu’il nous faut optimiser pour assurer la meilleure allocation possible, de l’autre l’abondance numérique, qu’il nous faut gérer pour donner à chacun l’information, le produit, le service qui correspond exactement à ses besoins, où qu’il soit, instantanément.

Comment monétiser une richesse abondante, dont les propriétés sont l’immatérialité, la reproductibilité à l’infini, la quasi-gratuité, l’instantanéité et l’impossibilité de contrôle?

En gros, comment monétiser l’air? 🙂

En temps normal, sur nos bases habituelles de contrôle permanent, on aurait deux solutions: le rendre rare et en vendre une petite part différenciée, ou alors, créer une bulle: faire diverger la valeur réelle du bien et sa valeur financière.

Aujourd’hui, comme Internet et le bit nous l’ont appris, il est question de lâcher notre habitude de contrôle, pour préférer la liberté et la fluidité. Le mouvement c’est la vie, la stagnation c’est la mort.

Changement d’outil de mesure de la valeur!

Si la monnaie a pu contenter plus ou moins l’expansion du capitalisme, ses propriétés rares et de contrôle appartiennent bien à l’ancien monde. Pour mesurer et permettre la circulation du Flux financier, il est nécessaire d’utiliser un outil adapté.

Si nous ne désirons plus arrêter, contrôler, séparer, alors ouvrons, partageons et faisons circuler. Pour lâcher prise il faut avoir confiance, en l’Homme, en l’autre, en soi.

Le partage

La monnaie, puisqu’elle est un média, une représentation de la valeur que nous créons doit refléter au plus proche la réalité, sans quoi nous vivrons dans l’illusion. La sagesse reposera alors sur le savant équilibre de la gestion de la masse monétaire en rapport avec la création de richesse et de l’implication de tous dans la responsabilité de ce flux sanguin. Enfin, les règles du flux, sa composition, sa définition et avant tout: son rôle détermineront son succès.

L’open money, les monnaies libres trouvent alors leur place comme outil de mesure répondant à la problématique de l’abondance. Si nous utilisons les monnaies libres comme une décentralisation du pouvoir monétaire classique alors nous en aurons compris un aspect réducteur, reproduisant la rareté artificielle. Si nous les voyons comme l’outil d’organisation de la mesure et de la circulation des richesses entre les hommes, alors nous pourrons en accueillir tous les bienfaits.

Changer ses valeurs

Si le monde de la rareté nous a habitué à évaluer notre richesse matérielle et notre bonheur par rapport aux autres, il est indispensable de nous réunir, et de dépasser cette compétition et cette peur du manque pour aller vers la confiance. Nous avons créé le système, nous pouvons le changer, mais nous devons d’abord nous changer, sans quoi nous allons recréer les mêmes problèmes.

Ce changement de valeur, c’est ce à quoi servent les crises, prendre conscience, faire le bilan, réaliser et acter. Le monde change, nous changeons, nos modèles ne sont plus adéquats, que puis-je changer en moi pour accompagner ce changement?

Du sens dans la répartition des richesses

Je constate que le système actuel n’apporte pas la répartition des ressources égalitaires qui permettent à tous les hommes sur cette planète de vivre de façon décente. Je me questionne sur ce que serait une répartition des ressources qui soit intelligente et qui ait du sens. Je ne peux m’empêcher de questionner la nature, qui est un modèle plutôt fiable de durabilité. Ainsi c’est chez l’arbre que je vais tester l’intelligence et le sens de la répartition des richesses.

Dans la nature, s’il y a un être que je respecte profondément, c’est l’arbre. Je considère souvent les arbres comme les grand-parents que je n’ai presque pas connu, je les trouve sages, immobiles, pour eux le temps passe lentement, mais ils ont l’expérience. Ils savent. Ils résistent au temps beaucoup mieux que nous. Jamais ils ne se plaignent.

L’arbre apporte les ressources aux branches en ayant besoin. Si j’étais un arbre et que je souhaitais améliorer la répartition des richesses, j’aurais deux options, la première rationnelle ou intelligente, analyser, réfléchir, observer et détecter la ou les parties de l’arbre qui en auraient besoin. La seconde, plus propre à l’arbre, sentir et distribuer les richesses de façon naturelle, là où je sens le besoin.

En comparant les deux j’aurai tendance à dire que la sensation correspond à l’instant présent, au moment, au très court terme alors que la réflexion me permet de planifier et de m’installer dans un paradigme temporel beaucoup plus long et durable.

Répartition Intelligente: basée sur la transparence, l’honnêteté, l’analyse, l’observation et la réflexion.

Répartition Naturelle: basée sur la sensation, la vibration, le subjectif absolu.

L’arbre ne se pose pas trop de questions, il agit comme il le sent. La nature est, on peut dire qu’elle est belle ou moche, peu importe, elle est par nature.

Comment circule la sève dans l'abre?
Comment circule la sève dans l’arbre?

L’intelligence de l’arbre est écrite dans son code génétique, c’est sa forme prédéfinie à l’origine dans la graine. Ses sensations sont liées aux ressources qu’il puise dans la terre et reçoit du ciel. Utilisons donc notre intelligence et notre nature pour repenser de façon plus harmonieuse la répartition des ressources et des richesses à la surface de notre petite planète.

La vraie Richesse c’est la coopération via l’union

La vraie richesse ce n’est pas l’argent. La vraie richesse c’est quand besoins et demandes sont complétés en harmonie.

La vraie richesse, c’est quand la plante qui a soif reçoit de l’eau, quand l’homme qui a faim trouve de la nourriture et quand l’homme qui cherche l’amour trouve la femme qu’il aime et qui l’aime. Le bonheur c’est quand toute chose est en paix. Chaque chose, par loi d’attraction vise à un but, trouver son ou ses compléments. Par effet de complétion, on sait qu’un livre sans lecteur ne sert à rien, la clé sans la porte n’a pas de sens, la voiture sans chauffeur, la théière sans le thé, le corps sans âme. Sans son complément, la chose est vide de sens, en recherche de sa fonction. L’union est supérieure à la somme des parties.

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La serrure sans la clé

La vraie richesse repose dans l’union de deux pièces qui se complètent. Ainsi, leur chemin est d’aller l’une vers l’autre et de coopérer pour s’unir et ensemble vivre en paix. Le mouvement qui les anime, le flux qui les réunit est similaire au chemin qui nous sépare de notre fin.

Il ne sert à rien d’avoir des magasins avec des vitrines pleines si les salariés ont les poches vides. Nous avons séparés les couples avec l’argent. L’union et le bonheur sont dans le monde du commerce principalement accessibles via l’obtention de l’argent tout puissant. Or il n’y a plus de raisons aujourd’hui autre que l’habitude de cet usage pour continuer à pratiquer ainsi. Je me sens connecteur: trouver les parties, les aider à définir leurs besoins, leurs particularités et à identifier ce qu’ils recherchent.
L’allocation des ressources, la gestion des besoins et demandes permet, via la coopération de satisfaire les besoins de tous avec l’abondance des productions que  nous avons.

Ce qui nous empêche aujourd’hui de coopérer c’est la peur. La peur de manquer, la peur de mourir. Il est temps de dépasser cette peur, de transformer notre confiance dans un système ravageur, obsolète et centralisé dans une confiance de l’être humain et de la vie. Plutôt que d’avoir confiance dans un billet de 50 euros, redonner confiance à notre voisin, à notre famille, à nos amis et à nos collègues. Il est l’heure de retisser des liens avec nos frères et soeurs, de fournir à ceux qui en ont besoin l’aide, l’amour et les produits que nous avons en excès, et alors, toute chose, attirée par son opposé retrouvera sa place.

Coopération, Union, symbiose et confiance dans l’humain et la Vie.