Sacred Economics, le court film à propos du livre

Charles Eisenstein est un leader hors pair. Par son travail personnel, ses livres et sa façon de raconter les choses, il nous parle de l’économie sacré.

Ian MacKenzie est un vidéaste incroyable. Par son positionnement et ses images, il capte le meilleur pour nous offrir des prises de consciences directes avec émotion garantie.

Ensemble, ils ont réalisé un film court de 12 minutes pour reprendre le contenu du livre Sacred Economics.

La suite se passe dans vos coeurs. à vous!

 

Sacred Economics with Charles Eisenstein – A Short Film from Ian MacKenzie on Vimeo.

2012 : une année comme si c’était la dernière

Comme chaque année maintenant, le petit bilan de l’année qui vient de s’écouler et la projection dans ce qui arrive. Comme l’année dernière, j’aimerai essayer de ne pas être dans l’analyse mentale du monde mais plus dans un ressenti intérieur de ce que mon intuition me dit.

Je vous souhaite

Pour cette année du Dragon d’Eau, je vous souhaite de vous réaliser. D’être vous-même, simplement et pleinement. De ne plus vous soucier du qu’en dira-t-on : de vivre votre rêve. Ou de tendre vers votre rêve chaque jour un peu plus pour vous incarner et offrir à vos proches et à vos semblables ce que vous aimez faire.

Je vous souhaite de faire avec et non pas sans, de dépasser les clivages pour/contre et de rassembler les antagonismes pour transcender ces positions bloquées et remettre du mouvement.

Je vous souhaite beaucoup de bonheur, mais aussi des peines, des étapes, des épreuves et des impasses car c’est souvent par la difficulté que nous réalisons que nous n’avions pas le bon calque de lecture et qu’une révision des croyances s’impose. Ce fut le cas pour moi en Argentine où, arrivé au fond du fond, j’ai dû changer de regard sur la réalité et m’ouvrir à ce que j’avais classé, certifié et rangé comme ridicule il y a bien longtemps.

Pour 2012 je vous souhaite des belles prises de conscience : que la lumière soit!

Je sens

Je sens que cette année est celle de tous les possibles. Si 2011 était un tour de chauffe international, 2012 peut nous apporter ce vent du changement que nous appelons tant. Non pas par la violence ou par la révolution, mais par la création, par l’ouverture, par la rencontre et la découverte que finalement, nous sommes voisins, nous sommes humains, et nous avons tant à partager.

Je sens que ce que je voyais jusqu’à présent comme deux mondes antagonistes : le système et les alters vont se rencontrer à mi-chemin. Les alters transmettant aux autres les techniques, méthodes, voies qu’ils ont pratiquées longtemps dans le désert. Ce faisant, ils approfondissent leur compassion, leur empathie et adoucissent leurs haines et colères du passé qui n’ont plus lieu d’être. Ils acceptent le monde dans lequel ils vivent car il n’a de sens que s’ils peuvent transmettre ces enseignements, ils s’ouvrent à l’autre car l’autre n’est pas un ennemi. Le système, les multinationales, les politiques eux aussi vont s’ouvrir et changer, car ils voient bien que leur position n’est plus tenable et qu’elle n’a plus de sens. Pour autant, c’est bien encore grâce à ce système que tout tient aujourd’hui, fragilement. C’est donc dans la rencontre de ces deux univers et dans l’obsolescence de la vision de l’autre comme ennemi que nous arriverons à créer. En fait, il n’y a plus d’ennemi, nous arrivons vers la fin de la dualité et vers une conscience universelle d’être humains qui souhaitent juste être heureux, ensemble et réussir à organiser le système pour qu’il satisfasse les besoins de tous en respectant la Terre et notre éco-système.

Je sens une guerre de la création, une effusion d’entreprises, de projets, de dynamiques, une créativité en réponse à la menace, une création qui répond à tout. Comme si c’était la seule arme dont nous disposions encore, comme si c’était la seule réponse qui ouvre un autre champ des possibles. Cette création, si elle est consciente : en lien avec la réalité d’aujourd’hui et avec l’évolution des autres êtres n’a ni frontières ni limites ni barrières.

2012 est l’année de tous les possibles, en 2012 nous sommes tous créateurs.

J’ai fait

En 2011, voici les grandes actions aussi bien personnelles que professionnelles que j’ai réalisées. Faire un bilan, se les remémorer permet de sentir ce que j’ai aimé, ce qui m’a plu et ce que j’ai fait :

Janvier : BD augmentée avec Owni sur les monnaies complémentaires
Février : Colloque sur les monnaies à Lyon + séminaire avec Community Forge au Tiocan. Premier séminaire de l’Université du Nous – Valeureux
Mars : Hors-Série La richesse autrement avec Alternatives Economiques + Salon Vivre autrement : animation d’un atelier sur l’échange de richesses avec Sybille
Avril : Université de la Terre & Journée à Lille à la Skema Business school pour présenter les monnaies avec Dino
Mai : WE à Rome avec Mauve et lancement du Klub-Terre
Juin : Auto-certification pour le passage en 2ème année de Wutao School
Juillet : Break + Allemagne + Picardie
Août : Stage de Wutao, rupture avec Mauve et confiance dans la musique
Septembre : Ateliers de la Terre avec Emma
Octobre : Au Cœur de la monnaie avec Bernard Lietaer, décès d’Oliv et discours à son enterrement
Novembre : Forum ouvert Transformons nos territoires des Colibris, Séminaire associatif Istec, soirée écomobilité 2025, séminaire Holacratie avec Emmapom
Décembre : Retour des TAOA et début de l’aventure du SOL Gavroche, Noël en Normandie en famille

Et vous, qu’avez vous fait en 2011?

Je fais

Pour 2012, voici les grands projets :
Zoupic : Consulting sur les Valeurs, les mécanismes de rareté qui peuvent être dépassés, des conférences, des interventions pour expliquer, présenter, décrypter les bugs du système et mettre en place les solutions. Développer une offre sur les hacks de la monétisation traditionnelle.
Wutao : Instructeur en Juin 2012
Les Valeureux : Conseil et accompagnement dans la création de monnaies complémentaires locales, dans la réalisation d’indicateurs de richesses pour aligner des organisations avec leur Raison d’Être.
Sol Gavroche : Construction d’une monnaie locale complémentaire à Paris
Musique : Enregistrerment une dizaine de chansons et concerts : alto, guitare & voix
OuiShare_Money : Interviews des acteurs de l’innovation monétaire + livre blanc
Monnaies et événements : Des événements sur Paris et ailleurs pour faire connaître le sujet
Trans-analyse : Continuer et porter une attention particulière à la transmission en vue de devenir accompagnateur
Cercles & gouvernance : Pratique de la sociocratie et de l’holacratie
Tao : Pratique sincère
Reiki : Découvrir
Et vous, quels sont vos projets pour 2012?

2012, vivre une année comme si c’était la dernière. Ou alors vivre une année comme si c’était la première, la première d’un nouveau cycle sans comparaison avec le précédent.

Création du futur : il est temps de passer au prochain stade de l’Humanité. Êtes vous prêts à créer? Êtes vous prêts à co-créer?

Naomi Klein nous parle de rareté et d’abondance

Je viens de tomber sur ce bout du discours de Naomi Klein qu’elle a fait à Wall street dans le mouvement Occupy Wall street

 

Nous savons tous, ou du moins nous sentons que le monde est à l’envers : nous agissons comme s’il n’y avait pas de limites à ce qui, en réalité, n’est pas renouvelable – les combustibles fossiles et l’espace atmosphérique pour absorber leurs émissions. Et nous agissons comme s’il y avait des limites strictes et inflexibles à ce qui, en réalité, est abondant – les ressources financières pour construire la société dont nous avons besoin.

La tâche de notre époque est de renverser cette situation et de contester cette pénurie artificielle. D’insister sur le fait que nous pouvons nous permettre de construire une société décente et ouverte, tout en respectant les limites réelles de la Terre. (…)

Considérons ce beau mouvement comme s’il était la chose la plus importante au monde. Parce qu’il l’est. Vraiment. »

 

Moi qui suis profondément intéressé à la rareté et à l’abondance, j’aime ici la clarté de son propos. Avant toute chose, j’aime à rappeler que la rareté est un état relatif, tout comme l’abondance. C’est à dire que c’est rare ou abondant, par rapport à quelque chose d’autre et en général, c’est par rapport à nos besoins. On revient sur l’histoire de Gandhi de la différence entre les besoins et les désirs.

Nous n’avons pas assez sur Terre pour subvenir aux désirs de tous, mais il y a assez pour subvenir aux besoins de tous.

Pour moi, viennent le besoin d’une réorganisation et le besoin d’une redistribution. Mieux répartir ce qui doit l’être. Et prendre conscience évidemment des limites.

Et ce qui est limité et finit, c’est bien la Terre, ses réserves, son atmosphère et ses ressources non renouvelables. Illimité et infinis, ce sont notre créativité, notre potentiel, notre amour et tous les symboles et systèmes que nous pouvons créer pour mieux gérer, organiser, partager, répartir et disposer de ces ressources limitées dont nous avons tous besoin pour notre développement.

Abondance, rareté, à nous d’inverser les croyances!

We are the 99% 😉

Valeur et monétisation à l’ère du numérique

Après avoir lu le billet de Philippe Scoffoni sur le logiciel libre et le don je vois que nous n’avons pas fini de traiter de ce sujet.

Problématique moderne et transversale

Depuis la globalisation d’Internet, cette problématique devient de plus en plus prenante puisqu’elle chamboule l’ancien modèle mais aussi parce qu’elle nécessite des changements de comportements. La force de ce sujet est aussi qu’elle est transversale, dans la musique, dans le cinéma, dans la photographie, dans la littérature, dans la programmation, elle touche tous les domaines qui se sont fait numérisés ou qui peuvent l’être. Ainsi alors que chacun cherche dans son coin, par rapport à des publics cibles différents, dans le fond la question reste la même:

Comment partager ses œuvres avec un maximum de personnes tout en assurant une durabilité pour le créateur et en limitant au maximum la barrière à l’entrée?

Comment

Le pourquoi est assez simple à deviner, le comment n’est pas encore résolu, il s’agit de trouver une ou des méthodes concrètes qui marchent et ont été expérimentées.

partager ses œuvres

Nous sommes des animaux sociaux, nous vivons pour partager, diffuser et échanger, s’isoler est aujourd’hui devenu un non sens. L’individu au cœur de la civilisation cherche et développe sa créativité pour pouvoir en faire bénéficier l’Humanité tout entière.

avec un maximum de personnes

Dans le cadre du numérique, nous avons bien compris que le bit peut se copier, se déplacer et se diffuser à une vitesse toujours croissante pour un coût toujours plus faible. Cette équation augmente chaque jour, les disques durs, la bande passante et les processeurs ne cessent d’être améliorés, et parallèlement leurs coûts diminuent éternellement. Nous sommes bien à l’heure de l’abondance.

tout en assurant une durabilité pour le créateur

Sans parler uniquement de sécurité financière, il s’agit de trouver le feedback de retour suffisant pour permettre à l’individu d’être reconnu pour son travail et soutenu pour pouvoir continuer à le faire. Dans le changement d’ère que nous connaissons de plus en plus de personnes quittent le monde industriel et commercial pour vivre pleinement de leur passion, entrer dans le(s) domaine(s) d’activité qui leur permettent d’être complètement créateur et heureux. Ainsi il ne s’agit plus d’avoir un pied dans  l’entreprise et l’autre, la nuit tombée, dans le domaine qui le passionne mais bien de pouvoir être et vivre pleinement sa passion.

en limitant au maximum la barrière à l’entrée?

Étant données les propriétés du numérique, le coût marginal de l’œuvre qui tend vers zéro, l’objectif est de profiter de ce terrain favorable pour ne pas mettre de barrière à l’entrée. Si l’on souhaite partager avec le plus grand nombre alors chaque centime à l’accès réduit cette possibilité. Si idéalement je préfère l’absence de barrière à l’entrée: la gratuité, je formule plus doucement pour encourager la diminution du prix.

Des éléments clés

J’ai déjà donné des éléments ou exemples qui se font et qui marchent, alors je préfère énumérer quelques pistes de blocages qui en disparaissant faciliteront la résolution de notre problématique ou au moins permettront à un maximum de personnes d’être heureux de créer et d’utiliser leur potentiel pour vivre de leur passion en la partageant avec tous.

La peur

Dans cette transition, comme dans tout changement, il y a une grande peur de l’inconnu, de la remise en question, construire de nouveaux modèles, tester et avancer vers l’inconnu. Pour de nombreux pans de l’économie, cela correspond à une faille énorme dans leur business model, en fait, c’est même la fin de leur raison d’être. C’est certes l’évolution et c’est une excellente chose lorsqu’on libère les moines copistes pour utiliser les premières machines à imprimer, vu d’ici, mais aujourd’hui ceux qui voient leur raison d’être en danger sont pétrifiés par l’idée qu’ils doivent se recycler, évoluer ou disparaître.

Ils freinent donc à fond et sont les premiers détraqueurs de cette problématique moderne, ils luttent contre et feront ainsi jusqu’à leur dernier souffle. C’est à la fois compréhensible et triste. Paradoxalement, ils se sentent touchés et intéressés lorsqu’il s’agit d’un des domaines connexes à leur profession où leur métier n’est pas en danger, mais si l’on parle de leur domaine alors la menace refait surface.

L’autre aspect dangereux guidé par la peur est qu’étant en place dans l’ère industriel, ils ont encore des moyens de pression pour entraîner avec eux des lobbys et des lois pour favoriser leur situation et retarder la sentence.

La peur c’est aussi celle de nous imaginer tous capables de créer et d’être utiles à la société. C’est une image en laquelle beaucoup de nous ne veulent pas croire aujourd’hui, et

Des solutions à portée de main: les Creative Commons, le Logiciel libre

La rareté

Depuis de nombreux siècles l’Homme a grandit en conquérant des territoires, des ressources et en maintenant tout ce dont il s’est emparé sous son contrôle. Comme le disait Adam Smith l’économie est la gestion des ressources rares, il conseillait à l’époque si vous vouliez du pouvoir, de ne pas essayer de vendre de l’eau car c’était encore une ressource abondante. La rareté fait le prix, la rareté entraîne l’argent et la frustration, le désir et la luxure, et permet de contrôler beaucoup de choses. Beaucoup de nos réflexes économiques sont par définition basés sur la création, le développement et la gestion de la rareté.

Ayant grandis dans cette dynamique, nous sommes façonnés mentalement comme des animaux, à croire que tout est rare et qu’il faut se battre pour avoir accès, ou pour contrôler l’accès (pétrole?), comme si notre survie dans le quotidien ou sur le marché en dépendait. C’est donc en chacun de nous et dans les gènes de notre société qu’il faut trouver les ressources pour évoluer, grandir, développer la conscience et ouvrir les yeux et le coeur pour constater que nous n’avons plus de bonnes raisons pour nous taper dessus ou garder des secrets.

A un niveau plus simple et concret, « je ne vais pas faire de don car l’argent est rare et je ne vois pas pourquoi je le ferai alors que l’accès est gratuit. Je préfère laisser les autres payer. Je vais profiter de la gratuité tant que ça le sera ».

Des solutions à portée de main: le dividende universel, les monnaies complémentaires

La conscience

Finalement, que ce soit la peur ou la rareté il s’agit d’un saut d’évolution de conscience, comme une reprogrammation de notre code, de notre façon de penser, d’agir et de vivre ensemble. Le temps est une des ressources clés pour voir à quelle vitesse se feront ces changements, la crise aidant, les fissures vont devenir des brèches qui finiront par éclater. Je ne vois pas de marche arrière possible, plus nous allons vers un raidissement et une pénurie, plus nous avançons à reculons, plus l’urgence et l’envie d’une autre civilisation fera sens. Elle ne fera pas juste sens, elle deviendra évidence.

Vivre dans une conscience de rareté

L’argent est rare. L’argent ça ne tombe pas du ciel. L’argent ça ne pousse pas sous le pied d’un cheval.

On connaît tous ces phrases qui nous disent et nous rabâchent la même chose: l’argent est rare. Quand on sait que c’est l’argent qui fait tourner la planète, qu’est-ce que cela implique dans nos comportements économiques et dans nos réflexes quotidiens?

Et si l’air était rare

D’une façon très simple, cela veut dire que nous sommes en compétition permanente, que nous le voulions ou non avec les autres acteurs. Imaginez que vous êtes dans une salle et qu’il y a 10 personnes. Imaginez que soudainement, l’air soit rare. Vous savez qu’il n’y en aura pas assez pour tout le monde pour respirer en sécurité. Quel  est votre premier réflexe, instinctif, d’organisation pour vivre et survivre dans ce contexte?

La conscience de rareté, c’est être perpétuellement dans des systèmes où il n’y en a pas assez pour tout le monde, ou du moins, c’est ce qu’on nous fait croire. C’est être en compétition à chaque inspiration avec ses voisins pour pouvoir s’en sortir. C’est être sur la défensive, dans un comportement prédateur, une ambiance de peur perpétuelle qui nous condamne, comme des animaux défendant un territoire, à nous opposer les uns aux autres pour assurer notre survie, notre sécurité et notre bien-être.

Tous en compétition les uns contre les autres

Prenez une entreprise, une ONG, un département de recherche, une école, une association de pratique de la flûte, un musée, un agriculteur, un parti politique anti-capitaliste, un service d’orthopédie, une bibliothèque, un marchand de journaux, un boulanger et une école de kung fu. Tous, qu’ils le veuillent ou non, jouent en compétition les uns avec les autres pour l’accès à l’argent. S’ils n’en ont pas assez, demain ils arrêtent. Tous ces acteurs sont en compétition les uns avec les autres, les uns contre les autres, et même à l’intérieur de l’ONG, des départements de recherche ou entre les écoles, il y a une compétition permanente car il n’y en a pas assez pour tous.

Peu importe ce que vous proposez, ce que vous savez faire, ce que vous apportez comme bien-être, qui vous êtes, à la fin de la journée tous ceux qui n’ont pas fait d’école de commerce sont condamnés à se battre pour obtenir une part de marché, un territoire de marque, une rentabilité qui sinon les effacera de la carte. Ceux qui comme moi ont fait une école de commerce et de marketing auront de meilleurs clés pour s’en sortir, on nous a appris à survivre, à chasser et à conquérir plus de terrain. Quelle fierté.

Transformer un système en conscience de rareté permet d’hypnotiser les sujets, qui ne pensent plus au long terme, au pourquoi profond, à la raison d’être de cette rareté de l’air, ils ne pensent qu’à une chose: s’assurer d’en avoir assez pour être à l’abri. A partir de ce moment, celui qui prône le pouvoir d’achat est comme le saint sauveur qui promet un poumon dans ce monde où respirer est si dur. La question n’est pas de savoir comment avoir plus de pouvoir d’achat, mais de comprendre pourquoi il faut du pouvoir d’achat. Le vrai problème n’est pas de comprendre comment obtenir de l’argent, mais de comprendre pourquoi l’argent est rare, à cause de quoi, et comment cela se fait-il? Comment dépasser ce système de rareté artificielle?

Se battre pour respirer est un réflexe instinctif. Nos organisations, leur mode de fonctionnement dans le système, leur nourriture quotidienne sont restées bloquées à un niveau similaire à la survie des animaux. Plutôt que de remettre en cause le système, de le repenser, de crever la bulle, de percer le mystère, nous sommes omnubilés par la pression constante du court terme et de la bulle d’air suffisante pour pouvoir souffler tranquilement.

Tout parent qui aime ses enfants essaye de les protéger, de leur donner la chance de faire des études longues, pour pouvoir être à l’abri, avoir un bon salaire, ne pas avoir à se battre, pour notre sécurité. Ce faisant, on ne résout pas le problème, on y trouve juste un bon palliatif. Cela ne fait que reporter le problème.

D’autres espaces de jeu

Quand on joue au foot en compétition, on se mesure effectivement les uns aux autres. Il en va de même pour beaucoup de pratique sportives, athlétiques etc.. Je ne remets pas en cause la compétition en tant que telle, je remets en cause l’esprit de compétition dans tous les domaines économiques de notre société. Quand il s’agit de se nourrir, se loger, s’éduquer, recevoir des soins, nous ne devrions pas être en compétition. Il y a des espaces à définir où la compétition nous sert, nous pousse vers le haut, c’est la carotte qui nous entraîne à nous dépasser. Au contraire, d’autres espaces sont plus propices à la coopération, à l’entraide et à la solidarité. Notre système économique ne fait pas la différence. A nous de définir ces espaces protégés où tous coopèrent pour leur développement collectif. Chaque sport a ses règles, ses codes, ses stratégies, ses rites, de la même façon, nous devrions adapter notre manière de jouer et les règles du jeu selon l’enjeu et le trophée. Que certains aient besoin de se sentir vivant en se mesurant aux centres stratégiques des entreprises concurrentes, je le conçois, mais que cela influe sur les vies des spectateurs, ce n’est plus concevable. Donc adaptez les règles selon le jeu, créons des jeux avec d’autres règles que celle de la loi du plus fort et du chacun pour sa pomme.

La rareté artificielle: pourquoi?

L’intérêt de cette rareté artificielle: c’est que pendant que vous concentrez tous vos efforts sur votre recherche d’air, vous n’êtes pas en train de réfléchir, du moins pas trop. Vous êtes occupés, vous devez travailler, coûte que coûte, pour vous libérer de la peur du manque. Pendant ce temps là, toute votre énergie est mobilisée pour cette tâche primitive. Prenez 10 enfants, promettez leur un bonbon à celui qui rangera le mieux sa chambre et observez le résultat. Mieux, prenez 10 enfants, privez de dîner les 2 qui auront le moins bien rangé leur chambre et vous êtes sûrs que dans ces conditions, tous auront travaillé pour concourir à ce but. Pour ne pas être prisonnier de ce système, il faut arrêter d’attendre les bonbons et les dîners. La menace fonctionne tant que l’on vit dans la peur du manque. Ouvrir les yeux, prendre conscience que nous détenons les vraies richesses et que nous avons les moyens de nous organiser, avoir confiance en soi, en l’autre, voici autant de clés qui nous amènent doucement vers la conscience d’abondance.

Dans notre contexte de crise, on découvre que les banquiers nous pompent bien l’air, que les gouvernements étant un peu perdus, victime de cette rareté artificielle, ils ne savent plus quoi faire non plus.

La solution: respirer et trouver des systèmes différents pour sortir de la conscience de rareté.

Création, destruction, mesure, changement de la valeur

Suite au billet et aux commentaires des billets de Thierry Crouzet sur la question du statut du blogueur dans le Flux, par rapport aux aides offertes aux médias pure players Rue89, Slate & MediaPart, voici un éclaircissement personnel sur ce qui me saute aux yeux de la situation actuelle.

Destruction de valeur

Nous avons d’un côté un monde qui s’écroule, un modèle dépassé en bout de course, une machinerie monumentale qui comme un titanesque projet révèle au grand jour ses plus belles imperfections.

Depuis le déclenchement de la crise du subprime, j’ai pris conscience que nous avons trop joué avec la machine économique et que pour la dernière fois aujourd’hui, le décalage est tellement important entre la masse monétaire, l’argent que nous utilisons et la valeur réelle créée, que notre système ne pourra cette fois plus s’en relever.

Le titanic qui s’effrite, ce n’est pas seulement la crise financière, bancaire, c’est également celle des médias, des politiques, de l’économie, de l’éducation, de l’environnement, de la culture. Notre monde surconsommateur et matérialiste vient avec Internet de découvrir plus fort que lui: immatériel, reproductible à l’infini, presque gratuit, sans possibilité de contrôle et instantané. what else?

A l’heure du bilan, l’évolution nettoie ce qui n’a plus de sens, la destruction créatrice de Schumpeter si on veut.

Dans l’augmentation du chômage, on perçoit l’augmentation de la destruction de valeur. La valeur est pour nous la plupart du temps ce qui est monétisé, en réalité la valeur est bien plus large que sa simple représentation monétaire. La valeur est l’ensemble de ce que nous reconnaissons et déclarons comme tel. Ce qui nous rend heureux, ce qui provoque de la joie, ce qui est utile, ce qui subvient à nos besoins, ce qui nous importe. Alors forcément, si on comprend ça, on se rend compte que la valeur qui n’est plus reconnue ne répond pas forcément à la valeur que nous reconnaissons mais à la valeur monétaire de la rentabilité de ces structures.

Ce n’est pas la valeur qui change, c’est notre perception de la valeur. C’est en changeant ce qui nous est utile, agréable et indispensable que nous changeons ce qui a de la valeur.

Si le chômage augmente, cela veut dire que des emplois qui servait à créer de la valeur sont aujourd’hui dépassés, inutiles. Ce n’est pas tant une destruction de la valeur, c’est plutôt une régulation de cette valeur. Étant donné le contexte actuel environnemental et énergétique, bon nombre de produits et d’emplois n’ont plus leur place, la valeur a migré ailleurs.

Création de valeur

Alors que je vois s’effondrer un monde, une économie et la valeur que je lui avais attribué, je vois un autre monde apparaître sous mes yeux. Fasciné par sa rapidité et ses propriétés, celui-ci remet tout en cause. Il nous permet à moindre coût d’être plus performant, plus rapides, moins contrôlés. Je le décris comme l’abondance numérique, c’est le Flux.

Le Flux, c'est le bordel, mais on le cache pas.

Jamais au grand jamais il n’a été donné à quelque être humain que ce soit d’avoir accès à tout le savoir, la connaissance, l’information, la culture, la science à laquelle nous avons accès avec Internet. Donner un ordinateur et Internet à quelqu’un et il a accès à la plus grande bibliothèque jamais imaginée, il a accès au cerveau global de l’Humanité. Là est la richesse que nous avons créé ensemble.

Ainsi, dans notre vie quotidienne s’installent de nombreuses applications, services, sites webs et autres vaisseaux surfant sur la vague dématérialisée et répondant à nos besoins à moindre coût. Nombre d’entre eux se cassent les dents à la recherche du business model magique qui permettra de vivre, interdépendant et libre. Certains offrent déjà un service plus rapide, performant, qualitatif et sans les défauts intrinsèques au monde qui s’écroule. D’autres cherchent, testent et allient créativité et performance sur le nouveau support avec rentabilité financière sur le monde qui se meurt.

La question est toujours la même, comment perdurer et recevoir suffisamment d’énergie, de valeur, d’argent en retour pour le travail fourni? C’est la problématique principale de survie et de vie. Si un écosystème se meurt, la vie doit se réorganiser pour pouvoir continuer d’être et de se développer.

Changement de valeur?

S’il est clair que le monde industriel basé sur la rareté matérielle souffre, que sa valeur s’effrite, à nos yeux comme financièrement, le transfert de valeur monétaire ne s’est pas encore opéré vers le Flux.

Nous nous retrouvons donc à organiser les transpositions de la valeur de l’ancien monde vers les services du Flux. Relier les connexions sanguines du monde qui se meurt sur le nouvel outil de production, transposer, recoder et donner et rétribuer la création à la hauteur de la valeur qu’elle représente.

La monétisation est le fait de transformer une richesse reconnue en richesse mesurable et échangeable. Cela signifie qu’il faut qu’elle soit reconnue et mesurée par l’autre également, et qu’il ait confiance en sa valeur.

Le monde qui s’écroule n’étant pas entièrement remplacé par le Flux, il s’agit de les faire coopérer, et de gérer la complémentarité, la complexité et la diversité que ces deux écosystèmes représentent. D’un côté la supposée rareté matérielle, liée aux ressources rares toujours inférieures aux besoins de tous, qu’il nous faut optimiser pour assurer la meilleure allocation possible, de l’autre l’abondance numérique, qu’il nous faut gérer pour donner à chacun l’information, le produit, le service qui correspond exactement à ses besoins, où qu’il soit, instantanément.

Comment monétiser une richesse abondante, dont les propriétés sont l’immatérialité, la reproductibilité à l’infini, la quasi-gratuité, l’instantanéité et l’impossibilité de contrôle?

En gros, comment monétiser l’air? 🙂

En temps normal, sur nos bases habituelles de contrôle permanent, on aurait deux solutions: le rendre rare et en vendre une petite part différenciée, ou alors, créer une bulle: faire diverger la valeur réelle du bien et sa valeur financière.

Aujourd’hui, comme Internet et le bit nous l’ont appris, il est question de lâcher notre habitude de contrôle, pour préférer la liberté et la fluidité. Le mouvement c’est la vie, la stagnation c’est la mort.

Changement d’outil de mesure de la valeur!

Si la monnaie a pu contenter plus ou moins l’expansion du capitalisme, ses propriétés rares et de contrôle appartiennent bien à l’ancien monde. Pour mesurer et permettre la circulation du Flux financier, il est nécessaire d’utiliser un outil adapté.

Si nous ne désirons plus arrêter, contrôler, séparer, alors ouvrons, partageons et faisons circuler. Pour lâcher prise il faut avoir confiance, en l’Homme, en l’autre, en soi.

Le partage

La monnaie, puisqu’elle est un média, une représentation de la valeur que nous créons doit refléter au plus proche la réalité, sans quoi nous vivrons dans l’illusion. La sagesse reposera alors sur le savant équilibre de la gestion de la masse monétaire en rapport avec la création de richesse et de l’implication de tous dans la responsabilité de ce flux sanguin. Enfin, les règles du flux, sa composition, sa définition et avant tout: son rôle détermineront son succès.

L’open money, les monnaies libres trouvent alors leur place comme outil de mesure répondant à la problématique de l’abondance. Si nous utilisons les monnaies libres comme une décentralisation du pouvoir monétaire classique alors nous en aurons compris un aspect réducteur, reproduisant la rareté artificielle. Si nous les voyons comme l’outil d’organisation de la mesure et de la circulation des richesses entre les hommes, alors nous pourrons en accueillir tous les bienfaits.

Changer ses valeurs

Si le monde de la rareté nous a habitué à évaluer notre richesse matérielle et notre bonheur par rapport aux autres, il est indispensable de nous réunir, et de dépasser cette compétition et cette peur du manque pour aller vers la confiance. Nous avons créé le système, nous pouvons le changer, mais nous devons d’abord nous changer, sans quoi nous allons recréer les mêmes problèmes.

Ce changement de valeur, c’est ce à quoi servent les crises, prendre conscience, faire le bilan, réaliser et acter. Le monde change, nous changeons, nos modèles ne sont plus adéquats, que puis-je changer en moi pour accompagner ce changement?

Retour sur la naissance de l’abondance matérielle

Dans le billet précédent j’évoquais comment apprendre à gérer l’abondance par rapport à la gestion de la rareté pour laquelle nous avons été plus aidés et entraînés. Une de mes conclusions, était, pour les créateurs de se relier directement avec leurs publics, les canaux de copie, multiplication, distribution très peu coûteux, faisant sauter un bon nombre d’intermédiaires par rapport à l’économie physique.

Si à l’époque de l’industrialisation, le rapport de force était en faveur de celui qui a l’argent pour acheter la machine, puis en faveur de celui qui a le réseau et le matériel pour produire et distribuer les disques dans les 50 dernières années, aujourd’hui ce rapport de force vient de s’inverser en faveur des créateurs.

Création  —  Transformation — Mise en adéquation avec le marché: retouches et modifications — Transport / Distribution — Réception

Voici en gros la chaîne de développement d’une idée dans le monde physique. Avant toute chose, il faut qu’elle passe l’épreuve du feu de la rentabilité. Si ce n’est pas rentable ou s’il n’y a pas de marché elle n’a que peu de chance de voir le jour. Dans ce monde, ce sont les intermédiaires qui font le plus gros du travail en faisant les allers retours entre le créateur et le marché, pour aligner l’offre et la demande: créer une offre qui stimule ou réponde aux besoins du marché et créer un marché qui réponde aux besoins de l’offre et absorbe et rentabilise l’investissement.

L’offre crée la demande, la demande crée l’offre

Le produit n’a plus beaucoup d’importance tant que vous arrivez à joindre les deux bouts: créer une demande, créer l’offre qui va avec, faites le lien et hop, encaissez. Le marketeur peut alors avoir des idées géniales sur comment implanter, développer un produit à un endroit où le public en aura besoin. Inversement il peut créer le besoin d’un public à un endroit pour y introduire un produit. Pour lui, ce qui importe n’est pas l’ordre ni la façon de procéder mais bien le lien entre offre et demande et la rentabilité de ce lien: récupérer plus d’énergie que ce qui a été investi. C’est une des rares conditions qui permettent aux idées de traverser l’épreuve du feu et de devenir réalité: la rentabilité financière.


Offres (idées / produits) —————- Intermédiaire (marketeur) —————- Demandes (consommateur / marché)

La naissance de l’abondance matérielle

La valeur, l’unicité, l’originalité, le savoir-faire des produits ont fortement diminué lorsque l’industrialisation a remplacé nos artisans. Lorsque des machines ont remplacé l’humain, une part de l’amour et de l’attention consacrée par les humains a disparu. A la place cette énergie et attention ont été déplacées à d’autres niveaux: le designer qui fait le plan de l’objet, l’architecte qui fait le plan de la machine, et l’ouvrier qui va prendre soin de la machine. D’autre part, c’est dans la production en masse qu’on a perdu en diversité et en originalité en acceptant d’avoir tous le même produit d’usine.

Quand on se rappelle Les temps modernes, on découvre où a disparu cet amour et cette attention que chaque produit soit parfait, on l’a remplacé par la vitesse et le gain de temps. D’un qualitatif, on est passé sur du quantitatif, la qualité des produits baisse mais on en fait plus.

Les temps modernes – Augmentation de la productivité

Ensuite une fois nos marchés saturés, ou plutôt, une fois l’abondance matérielle ayant inondé nos marchés, il a fallu se différencier et repasser sur du qualitatif. Comment faire la différence entre deux produits qui sont tous les deux issus de machines et produits à la chaîne sans rentrer dans les détails techniques peu intéressants pour l’utilisateur final?

Le retour du créatif, de l’artiste.

Après avoir rendu triste et froide la chaîne de production machine, peu attirante et une fois la vague d’abondance matérielle absorbée, il a fallu remettre des couleurs pour que ça brille et surtout pour continuer de vendre. Pour cela, il faut des idées, du talent, de la réflexion et du temps. On réinjecte de l’amour et de l’énergie dans la machine pour continuer d’alimenter le lien entre l’offre et la demande. Puisque nos machines peuvent produire beaucoup, et des produits sophistiqués expliquons les bienfaits de nos produits pour permettre à une nouvelle frange de la population d’en bénéficier.

C’est lorsque nous avons eu l’abondance matérielle que nous avons commencé à nous différencier les uns les autres. Comment? ceux qui suivent auront deviné la naissance de la publicité. Vous n’achetez plus seulement un produit, mais vous adhérez  à des valeurs, vous achetez un rêve, une histoire qui fait de ce produit un produit meilleur. Vous achetez le produit mais vous acceptez également d’en devenir le représentant, vous portez ses valeurs, son histoire et cela fait de vous quelqu’un de spécial. Cette histoire peut-être vraie, mais elle peut aussi être inventée et marketée pour correspondre à vos goûts et couleurs. Entre l’offre et la demande, parfois on ne sait plus trop lequel a engendré l’autre.

L’offre abondante matérielle a généré une demande matérielle importante. Nous nous sommes habitués au confort matériel. Au détriment de notre harmonie avec la nature, de notre proximité avec elle et de sa santé.

Pire, avec leurs chaînes de télévision et canaux de communication multiples les occidentaux ont diffusé notre modèle sur toutes les ondes, créant ce que le sociologue américain Veblen appelle la classe des loisirs en 1889, l’occident est considéré comme modèle et fait la démonstration d’un modèle de démarcation ostentatoire. Veblen explique que la consommation passé un certain stade ne sert qu’à se démarquer des autres soit par le gachi du temps ou celui des biens.

Donc aujourd’hui, que ce soit alimentaire, matériel, au niveau du confort, des technologies, des industries, des procédés, on a tout ce qu’il faut pour potentiellement apporter le bien être à tous les humains de cette planète.

Qu’est-ce qui nous empêche de le faire?

Apprendre à gérer l’abondance

En école de commerce, j’ai appris à gérer la rareté:

Trouver une idée géniale, la breveter, mettre des barrières à l’entrée, consolider un projet. Comme on vit dans un monde qui tourne avec l’argent rare, pour le rendre beau et avant d’investir trop dans un projet, il faut savoir s’il intéressera quelqu’un à l’achat, ce que l’on apprend avec une étude de marché, des sondages, une prise de température du marché. Une fois qu’on a préparé notre produit pour pouvoir descendre dans l’arène, on choisit la stratégie: à qui on le vend, combien, comment, pourquoi, dans quel contexte et puis la question éternelle: comment créer le besoin et susciter le désir?

Le but est donc avec une idée, un investissement minimum de trouver un marché maximum avec un prix et une rentabilité maximisée.

Ce qui est rare dans ce contexte, c’est peut-être l’idée, sûrement le produit, sa recette, ses secrets de conceptions, son accès et son mode de construction.

C’est rare car je choisis de le rendre rare au début, en mettant des barrières à l’entrée, afin d’avoir un monopole, de garder le contrôle et d’être le seul à posséder le secret d’accès  à cette ressource. L’information c’est le pouvoir. C’est rare car si je le partage avec tous, je ne suis pas sûr d’obtenir encore suffisamment d’entrées d’argent, si je le partage, la pureté du processus peut être déformée, dénaturée, ne plus respecter mes critères ou ma façon de voir. Si je partage et donne l’autorisation aux autres de le modifier, de le retoucher et de faire des bénéfices avec, je prends un risque: je lâche un peu du contrôle et du pouvoir que j’avais pris. Souvent, ce qui m’empêche de partager, c’est la peur de manquer. Exprimer d’une autre façon c’est récolter les gains que j’ai engendré: j’ai réfléchi, j’ai pris des risques, j’ai convaincu des investisseurs, alors pourquoi ne pas en profiter?

Bien, la gestion de la rareté, on connaît, on sait bien faire, nous sommes nés dedans.

En fait, quand je dis gestion de la rareté, il faut d’abord reconnaître que nous avons appris à créer de la rareté. Ce faisant nous avons augmenté la valeur de nos produits artificiellement. Ce qui est rare est cher dit le proverbe, si je révèle le secret, je perds mon avantage, mon pouvoir sur l’autre. Donc je crée de la rareté pour me créer du pouvoir, car j’aime ça, ou plus simplement, j’en ai besoin.

Ce que j'ai que tu n'as pas me rend heureux

Je me rappelle mon enfance, si je prêtais mon nouveau jouet à un ami, alors c’est comme si le jouet ne m’avait pas été offert, et que je n’avais pas de raison d’être heureux par rapport à mon ami, puisque je partage le jouet avec lui. Nous créons et quantifions notre bonheur par rapport à l’autre, et non avec l’autre. Ainsi plus j’en ai par rapport à l’autre, moins je me sens mal, ou en tout cas, moins je me pose de questions sur pourquoi j’ai besoin d’en avoir plus.

Piste de réflexion pour plus tard: comment créer et quantifier mon bonheur AVEC l’autre?

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Plus emmerdant maintenant, comment gérer l’abondance?

Depuis quelques années, nous nous rendons compte avec Internet et la dématérialisation que la copie est une multiplication d’un produit. A chaque copie que je réalise, je crée une nouvelle pièce, proche de l’originale, utilisable, modifiable, et tout ça pour un coût proche de zéro, emmerdant non? Ceux qui avaient l’habitude de pas prêter leurs jouets se retrouvent sur le cul, d’un coup, leurs jouets sont potentiellement à la disposition de tous. Que faire? Ce qui se passe grâce à l’internet et à la dématérialisation est crucial, car en nous rendant compte des règles que nous adopterons pour l’immatériel et l’abondant, ça remet également en cause les règles que nous avions établi pour le matériel supposé rare.

Dans la gestion de la rareté, je mettais des barrières à l’entrée, suscitais l’envie, et faisais payer pour l’accès, l’entretien, le service etc… Quid de l’abondance?

Si les barrières sont inutiles, puisqu’il est démultipliable, si l’accès est possible à tous car sa copie est facile, alors l’immatériel devient comme l’air ou comme l’eau. Il est difficile de le quantifier, de le mesurer, de dire ce qui appartient à qui. Pourtant il a bien un créateur.

Le produit immatériel (CD, MP3, DIVX, Livre numérique, PDF, Slides, Code source, Photo etc..) une fois créé et libéré ne peut plus être mis en cage. Les bits veulent être libres nous disait Chris Anderson dans Free. Ce que cela veut dire est que le rapport de force entre payer le prix d’entrée et faire sauter la barrière à l’entrée est perdu d’avance en défaveur du créateur. Quelque soit son choix, le bit voudra être libre, et le créateur devra lâcher le contrôle, partager son œuvre avec tous.

La différence principale des produits ou idées basées sur des économies de l’abondance par rapport à l’économie matérielle est que les coûts de propagation, de multiplication et distributions sont très faibles. Les coûts de création varient encore, pouvant aller du code très complexe et cher, du traité de recherche avec les frais du labo  à l’ordinateur et aux 3 logiciels libres qu’utilise un groupe de musique qui produit son album tranquilo.

Reprenons donc, les coûts de distribution sont relativement faibles et continuent de diminuer et les coûts de création varient très amplement d’un produit à l’autre. Si on essaye de mettre des barrières à l’entrée: code, label, copyright, sécurité, DRM, on suscite un désir plus fort. On suscite un désir, mais également une frustration, car ça ne coûte pas plus cher de partager le jouet avec d’autres. La différence dans l’immatériel est le marché qui, par le transport des données et des flux d’informations touche une cible plus large, plus internationale de façon immédiate. Sur la base des mécanismes de gestion de la rareté que nous avons: plus le créateur dépense et investit d’argent et de temps dans son produit, plus il va vouloir le chérir et le protéger pour en tirer un bénéfice maximum, ce faisant il va créer un énorme désir chez les consommateurs qui vont investir beaucoup de temps pour s’unir, s’allier et faire sauter le verrou. C’est ce qu’on observe avec le partage des œuvres protégées, et c’est bien normal. Puisque l’accès et la distribution peuvent être rendus possibles à tous moyennant un travail d’équipe (certes hors la loi), on voit émerger une force collective sans tête qui vise à un seul but: partager cette création, faire sauter les barrières. Pour le matériel, cela représentait du vol, car il fallait se déplacer et aller dans la boutique pour voler une version de l’œuvre ou du produit. Pour l’immatériel, la multiplication ou copie ne coûte pas plus cher, plus le produit est bon plus la tentation est grande, la barrière qui empêche s’amenuise, rien ne peut retenir l’envie de culture, la soif de connaissance, la curiosité, le besoin de partager. L’immatériel remet tout en cause: le bit est plus volatile que l’atome, il a beaucoup plus de liberté et ne supporte pas le contrôle.

Création     —  Distribution —  Réception


Seulement, dans cette économie de l’abondance, on ne fait pas la différence entre le dernier star wars, dont le budget est monstrueux et le groupe de musique du coin. Les énergies investies à l’entrée ne sont pas les mêmes. On peut essayer de faire la différence, en sensibilisant le consommateur final, mais pour le toucher, il faudrait d’abord qu’il reprenne confiance, pour cela, il faut lui donner, et ne pas lui prendre, il faut lui partager, sans publicité, sans intention autre que de lui faire un cadeau. C’est quand les comportements changent, que l’on en vient à se poser des questions, pourquoi cette inversion subitement, pourquoi le prochain film serait-il donné, avec prix libre, partage de la prise de risque sur son financement? Il faudra du temps que ça change, mais les premiers qui s’y essaieront s’allieront avec leurs publics. Les autres iront dans une lutte de contrôle et seront de plus en plus raide au lieu de s’ouvrir et de se remettre en question.

Les besoins et investissements de départ étant complètement différents à des mesures bien diverses, il serait temps que la transparence et la cohérence fassent leur apparition et nous donnent les chiffres qui nous permettront de savoir combien cela coûte réellement. Si je connais le besoin et l’investissement original d’un groupe que j’adore, je saurai à quelle hauteur les soutenir et j’arrêterai de pirater leur musique. Je ne veux pas qu’ils deviennent millionnaires, juste les remercier honnêtement pour leur apport et leur permettre de continuer à vivre et développer leurs créations.

Seulement, dans un monde où l’argent est rare, j’ai plus de temps, de passion et de curiosité à recevoir et écouter les créations des autres que d’argent pour les soutenir à la hauteur de leurs besoins réels. (oui, ça se complique, sinon ça serait trop simple) On note donc au passage qu’il nous faut nous libérer de la rareté artificielle de l’argent (média de mesure et d’échange des richesses), pour pouvoir trouver des systèmes libres, abondants et non centralisés de gestion de l’argent.

« Je désire pouvoir apporter mon soutien à ce créateur, de quelque façon que ce soit, autrement qu’en lui donnant des euros, ressource que j’ai en quantité limitée. Cependant j’ai du temps, de l’énergie et des qualités que je dois pouvoir lui offrir pour contribuer à la rétribution du bonheur reçu. »

De fait, le créateur qui est malin stimulera, sensibilisera, rassemblera, et investira l’énergie de la communauté qui l’écoute, l’aime et l’adore. Il créée ainsi un flux direct auto alimenté: son auditoire sont ses investisseurs, il prend en main la gestion de la distribution et fait sauter tant que possible les intermédiaires dans le but de réduire au maximum ses coûts.

Dans tous les cas, pour ce qui est de la certitude de récupérer l’énergie investie. Il n’y en a jamais eue. La seule solution est de transformer le risque que nous prenons en Amour de l’art, en volonté de partage et alors, ce ne sont pas des euros ou des revenus matériels que nous récolterons, mais une joie bien plus immense et profonde, d’avoir servi, partagé et créé pour l’humanité, ce que nous savons faire de mieux, avec Amour.

La co-création permet le partage

De la rareté vers l’abondance

Pour libérer notre société de ses maux, de ses problèmes multiples, une de mes recommandations est de faire péter les uns après les autres les verrous de la rareté. Qu’est ce que ça veut dire? Comment s’y prendre? Pour remplacer par quoi?

D’abord, il me semble important de définir la rareté (cf wiktionnaire) :

  1. Choses qui sont en petit nombre, en petite quantité ; il est opposé à Abondance.
    Il y eut grande rareté de vin cette année-là.
    Ces objets coûtent cher à cause de leur rareté.
    La rareté en augmente le prix.
  2. Choses qui se trouvent difficilement.
    La rareté des diamants contribue beaucoup à leur prix.
    Il y a dans sa collection des pièces d’une rareté singulière.
  3. Il se dit au figuré de Ce qui est peu fréquent, peu commun.
    C’est une rareté que de vous voir.
  4. (Par extension) (Familier)
    Vous êtes, vous devenez d’une grande rareté.
    Pour la rareté du fait, Pour la singularité de la chose.
    Je voudrais bien voir cela, pour la rareté du fait.

La rareté peut être  naturelle ou contrôlée.

– Rareté naturelle : les rubis se trouvent en quantité limitée sur terre, les trèfles à quatre feuilles sont difficiles à trouver.

– Rareté contrôlée : ressources, services ou produits peuvent être contrôlés et maintenus en quantité limitée, par exemple le nombre de Prix Nobel distribués ou les diamants.

Pour vous expliquer une rareté contrôlée, @phyrezo vous présente en deux mots le contrôle des diamants : l’approvisionnement du marché est controlé par un oligopole de la production, un quasi monopole de la part de De Bears. Ce qui fait que les diamants, en particulier les belles pièces, sont retenus pour maintenir les prix. Pour les pieces plus communes (en dessous d’un carat), c’est surtout le marketing qui fait le prix – « un diamant est eternel » « Le prix de votre amour »


Bien.

Explosion du barrage
Explosion du barrage

La rareté contre l’abondance

Faire sauter les verrous de la rareté, ça ne donne pas toutes les solutions à nos problèmes, mais ça permet de reprendre les libertés, les responsabilités et la possibilité de se réapproprier ce qui nous appartenait. Comme nous le dit Richard Stallman, le libre c’est égalité, liberté, fraternité. Mais chacun redevient libre du processus de décision, ce n’est plus une entité, organisation privée et propriétaire qui choisit pour nous.

C’est donc bien un changement de paradigme: d’un côté, en quantité limitée et contrôlée derrière une barrière propriétaire, de l’autre côté :  libre et autogéré. En libérant chaque domaine il faut donc bien s’assurer que la responsabilité et la conscience des utilisateurs soient prêtes pour ne pas répéter les modèles basés sur la rareté et surtout, pour savoir gérer l’abondance avec succès!

Se servir une part du gâteau
Se servir une part de gâteau

Gérer l’abondance, c’est comme se servir à un buffet, prendre du fromage sur un plateau gratuit mais limité en quantité : il faut savoir penser aux autres, accepter de diminuer ses droits au fur et à mesure que le nombre d’usagers augmente (si matériel). On le fait tout naturellement à l’échelle locale, via l’éducation, le bon sens, la logique et le partage. A plus grande échelle il s’agit là encore de réaliser, prendre conscience et accepter le super organisme qui nous dépasse et que nous constituons pour d’autres ressources. Il faut revenir à l’échelle de chaque flux.

Si pour un gâteau il est très simple de voir le nombre de part et le nombre de personnes autour de la table, il nous faut revenir à cette logique et apprendre à répartir les richesses de façon plus juste pour les niveaux supérieurs. Une fois encore, il faut être capable d’avoir l’oeil micro et l’oeil macro, d’avoir la barre de zoom dans la cornée et d’être capable de passer de l’unité à l’holoptisme, la vue d’ensemble.

Une super machine qui calcule tout?

Dans la vidéo de Zeitgeist, le projet Venus propose une machine qui calculerait pour chaque ressource et produit les réserves restantes et la quantité autorisée. Sans aller dans un cas aussi global, il est très jouable de définir via des systèmes de gestions locaux, les besoins, les demandes, les ressources disponibles qui peuvent être partagées ou allouées.

Règles générales et règles locales

D’un autre côté, chaque système local doit être régi à un niveau plus global vis-à-vis des problèmes généraux que nous avons. Il n’est plus possible de laisser une communauté gérer certaines ressources comme elle l’entend puisque, étant tous interconnectés, les émissions de CO2 des uns jouent sur le climat global. D’où la nécessité de règles générales, de limites à ne plus dépasser au niveau planétaire.

Parallèlement, il nous faut des systèmes avec des règles qui ne sont pas définies globalement car les enjeux, contraintes, populations, ressources et cultures sont complètement différentes à chaque endroit.

C’est ce qu’on appelle le glocal, contration de Global et Local.

Matériel et Immatériel

Abondance et rareté fonctionnent de façon inverse selon s’ils sont dans un monde matériel et immatériel.

Monde matériel: Tout est en quantités limitées. Les limites peuvent être grandes, mais dans un paradigme holoptiste, c’est limité.

Monde immatériel: Tout est multipliable à l’infini pour une abondance infinie au niveau technique.

« dans le matériel quand je partage je divise, dans l’immatériel quand je partage je multiplie« .

Donc on a des problèmatiques inverses: le but est évidemment d’avoir des systèmes gérés en abondance dans les deux cas.

Alors que l’immatériel se créée et multiplie à la demande suivant l’offre de création et diffusion, le matériel a la vie dure: toutes les ressources basiques sont fournies par la Terre en quantité limitée et il est impossible, pour l’instant, de créer de la matière. Elles se transforment, changent, se mêlent et se démêlent en un gigantesque cycle. Ainsi leur allocation doit s’affiner au fur et à mesure que l’occupation du territoire et la population de la Terre augmentent afin de permettre à chacun de garder une part égale.

Le combat de la rareté contre l’abondance dans le monde  immatériel?

On a vu qu’au niveau technique, l’immatériel permet l’abondance aisément. Cela a permis très vite aux humains de se retrouver sur Internet pour partager, échanger, diffuser leurs oeuvres, leurs savoirs et connaissances. Au niveau juridique et mentalité, il y en a encore qui n’ont rien compris et veulent garder le contrôle. La quantité d’eau augmente et le barrage commence à grincer, il ne retient plus aussi bien l’eau.

Il s’agit donc de convaincre ces dynosaures d’orienter et de guider le courant de façon plus fluide, plutôt que de s’y opposer en barrage. Les convaincre pour les aider, ou les laisser y rester.

On ne peut arrêter l’eau, on ne peut arrêter l’information, on ne peut arrêter Internet.

Nous ne pourrons reculer devant ces libertés auxquelles nous avons goûté: il s’agit ici d’abolir le copyright. Respecter l’auteur oui, en le mentionnant. Je le remercie par mon attention, pas par mon argent.

Comment les artistes vivraient alors s’ils donnent gratuitement leurs chansons?

Pour Gerd Leonhard et Chris Anderson, l’abondance et le gratuit se sont déplacés, mais il continue d’y avoir des moyens de se financer à côté du gratuit. On avance doucement en libérant le contenu.

Gerd Leonhard les décompose en 3 parties : Access, Embodiment, Experience, ce qu’on peut traduire en l’accès, la forme de représentation et l’expérience.

Exemple: Pour aller sur Internet, je ne paye pas une quantité de contenu, je paye l’accès via mon FAI. Pour radiohead je ne paye pas pour le mp3, je paye pour le CD avec la pochette collector. Pour le Dalaï Lama, je ne paye pas pour ses prières ou sa parole, je paye pour le voir lors d’un événement.

Chris Anderson lui nous dit qu’il faut faire du gratuit et déplacer l’offre rare et payante vers autre chose. Si vous distribuez votre livre gratuitement, les lecteurs achèteront des produits dérivés. Vous me direz c’est l’inverse de ce que font les marques qui distribuent des produits dérivés pour sympatiser avec le client et lui faire aimer la marque et au final acheter ses produits.

L’immatériel sera abondant, le matériel restera précieux

Par leurs exemples Chris Anderson et Gerd Leonhard appliquent toujours une semi-rareté en libérant la partie immatérielle mais en transférant la valeur de rareté sur le matériel. Ainsi Radiohead distribue de façon infinie ses chansons, c’est l’abondance, mais il faut payer pour les voir en concert. Eh oui, on a beau faire son possible, l’expérience est unique, l’événement provoque la rareté. Ce n’est pas un hasard si assister à un opéra a tant de valeur.

L’idéal dans une société d’abondance est quand l’offre dépasse la demande. Ainsi les choix sont multiples et toutes les options disponibles. La vitesse à laquelle les heures de vidéos s’accumulent dans les bases de données de Youtube est à se demander si quelqu’un sera capable de regarder tout ça un jour?

Compétition ou coopération?

Pour ce qui est de maintenir la compétition, puisqu’on aime quand même se challenger et il faut toujours un mix entre compétition et coopération, c’est évidemment la coopétition. Comme les groupes de codeurs de linux s’aident et se concurrencent, l’objectif commun est le même, la victoire n’est pas matérielle mais symbolique et émotionnelle. Elle s’exprime en échelle de réputation et de remerciement pour l’apport à l’intelligence collective globale.

On est tout à fait dans la société de connaissance de Marc-André Ghyxx. Chaque être humain apportant son cerveau et ses contibutions à l’ensemble de la société. On peut imaginer une compétition rude pour les projets les plus pointus, et une coopération complète sur les partages des ressources de bases et sur les recherches pour l’Humanité. Il faut toujours jouer sur les deux tableaux et adapter en fonction du terrain et de la ressource avec laquelle on joue.

Si on résume le tout, ça pourrait donner quelque chose comme ça. Amusez-vous en famille ou avec des amis à réfléchir à une ressource ou un bien immatériel que vous pourriez libérer, et comment. Je n’ai par exemple pas fait l’Internet.. à vous! Je mettrai à jour si la récolte est abondante.

Matériel Immatériel
Eau Pétrole Information Créations Argent
Rareté Sources Propriété privée Copyrights Copyrights Création monétaire
Vente Qualité Qualité Qualité Accès, Accès, Crédit
Traitement Traitement Traitement Forme, Expérience Services
Don Contenu Contenu
Abondance Accès libre Profusion Presse libre Licence GPL & CC Monnaies libres

Oui bah alors

Allemagne – Mariage – Déménagement

Je file vers l’Allemagne à Ulm pour le mariage de Rahim, frère aîné de Markus, mon correspondant de Beverungen il y a maintenant 13 ans.
Retour dimance, et re-déménagement, de Zeist au centre d’Utrecht, pour mon dernier mois de stage.

Pas de folies pendant le WE.
2 liens à méditer :
« Free ! » : pourquoi l’économie de demain sera gratuite | Eco89 – http://eco.rue89.com/2009/08/26/free-pourquoi-leconomie-de-demain-sera-gratuite-0
Nouveau business model de l’édition http://blog.tcrouzet.com/2009/08/27/nouveau-business-model-de-ledition/ Ou l’économie des propulseurs.

Hop hop, je file! Bon week-end à tous!