Free mobile, open it!

J’ai pris une claque ce matin. Je le savais, je l’attendais, mais j’ai pris une claque.

J’ai pris une claque d’utilisateur stupide et pigeon. J’ai pris une claque d’utilisateur gâté qui paye pour des forfaits incroyables à des prix énormes. J’ai été rattrapé par une rocket de réalité.

J’avais imaginé, le jour où j’avais eu mon premier Iphone et que j’avais compris que skype marchait gratuitement en wifi mais pas en 3G sinon ça casserait les prix du marchés. J’ai compris ce jour là que nous avions des restrictions dans tous les sens et que si nous utilisions tous les wifis qui traînent pour faire passer nos datas de voix, ça ne coûterait plus rien. Alors bien sûr, il y a les infrastructures, et puis les lois du marchés, et puis les actionnaires, donc tu vois, c’est pas possible… Mais j’ai aimé imaginé à quoi ressemblerait le monde si nous ouvrions tous les wifis et que nos devices pouvaient passer par ces réseaux, sans restrictions…

Ce matin, je ne suis pas revenu dans ce nuage, mais j’ai pris une bonne claque dans le pas qui vient d’être fait vers ce rêve qui finira par arriver tôt ou tard. Ce n’est pas un pas, c’est un sprint, une étoile filante, un gratte-ciel qui s’effondre, un barrage qui lâche! Chris Anderson le disait dans free, les bits veulent être libres, le téléphone aussi ce sont des bits.. Tout n’est pas gratuit et ouvert, mais Xavier Niels a ouvert aujourd’hui une brèche dans le barrage de la téléphonie comme il l’avait fait pour l’Internet à l’époque. Comme Wikileaks, le changement est irréversible, on ne pourra pas revenir en arrière. Free vient de prendre une longueur d’avance et a fait avancé le marché d’une façon considérable :

Ils ont dit la vérité sur leurs prix. Ils ont ouvert les yeux du marché, sur les coûts et sur le profit qu’ils réalisent gentiment sur les consommateurs. Faut dire que si j’étais dans cette concurrence, je ne vois pas pourquoi je baisserai mes prix si rien ne m’y oblige, je ne vais pas non plus faire de la charité alors que je peux marger sur le pigeon/consommateur. C’est aussi ça, la chouette loi du marché et le plaisir de faire du profit dans une économie de marché!

Si vous ne connaissez pas l’offre/les tarifs, rendez vous chez Korben

Free nous éduque et nous réveille

1) L’entente oligopolesque

Ils ont bien mis en lumière le fait qu’un marché avec 3 opérateurs est une entente illicite. J’espère que nous pouvons voir autour de nous, dans quels autres secteurs on retrouve ce même schéma et aller casser ces accords.

2) Le vrai prix des choses

Nous, consommateurs avons une très mauvaise notion des coûts. 1 SMS = 10 centimes? en usage, c’est génial d’envoyer un message à quelqu’un quand on est bloqué, mais en coût réel, ça représente quoi pour des serveurs de data gigantesque? On l’a vu dans free de Chris Anderson, les prix diminuent avec le temps de façon exponentielle : plus de processeur, plus de mémoire, plus de rapidité pour des prix toujours plus faibles. Il est normal que le prix du SMS disparaisse et devienne négligeable. Il en est de même pour tout le reste, surtout au niveau du roaming avec l’absurdité de payer 2,50€ la minute pour de l’international à 100 mètre de distance… En faisant cela, free nous éduque à la réalité des coûts, comme le dit si bien Niel, on marge avec un forfait à 2€ pour 1 heure et 60 SMS.

3) La liberté sans abonnement

J’aime ce choix d’offrir la possibilité de partir. C’est un engagement avec soi-même de se dire qu’il faut être le meilleur pour retenir les utilisateurs. Quel courage! « Vous avez le choix de partir, nous nous engageons à faire tout pour que vous ne le fassiez pas ». Je trouve ça beau, ça n’a rien à voir avec ce à quoi nous avons été habitué, et en terme de simplicité pour calculer les forfaits ça aide!

4) La transparence

En simplifiant les CGV, en exprimant simplement les forfaits, en simplifiant les tarifs, free nous sort du charabia des conditions incompréhensibles avec les 15 options, celles qui sont offertes et celles qui sont payantes. ASSEZ! Clarté, simplicité, transparence, pas besoin d’un bac+8 pour comprendre quel est le meilleur forfait, et je ne vais pas me tordre la tête à imaginer ma consommation pendant des lustres.

La transparence aussi en rappelant qu’Internet ce n’est pas juste mail et Web mais qu’il y a beaucoup d’autres usages et que ceux-ci sont possibles avec le forfait.

5) Privilégier la communauté

Je suis freenaute depuis 7 ans et j’aime cette entreprise. Je l’aime car elle me rend plus libre et moins con. Elle l’a fait en sortant l’offre avec la freebox et elle le fait encore avec son action aujourd’hui. Rendre et remercier ceux qui font partie de cette communauté est facile, mais il fallait le faire. C’est un juste retour qui me stimule et m’encourage à continuer avec eux. Du coup me dire que je peux avoir un forfait illimité (tout confondu) à 16€ par mois, quelque soit mon abonnement, mon forfait, ce serait une hérésie de ne pas le faire.

 

Next Step pour moi : changer d’opérateur. Je paye 80€ chez Bouygues pour à peu près illimité partout. Pas besoin de m’étaler.

Et demain alors?

Les opérateurs vont devoir réagir. Les consommateurs vont devoir choisir. Bien sûr Free est une entreprise spéciale, ils n’ont pas les mêmes couts, pas de boutique blablabla.. ok. Et alors? Avec une offre à ce prix, qui peut encore résister et pour quelle raison? Qui ne va pas demander des comptes à son opérateur?

Ce que j’aime dans cette opération, c’est qu’elle fait avancer les choses en éclatant un marché : ça va bouger, et ce sera irréversible, c’est du véritable progrès. Il y avait ce tweet : « Niel a fait plus pour le pouvoir d’achat que Sarkozy en 5 ans »

Open-it!

C’est ce genre d’évolution que j’attends d’un entrepreneur. Qu’il questionne le marché, son modèle et qu’il se donne les moyens d’aller faire péter le modèle établi pour donner une leçon de ce qui est possible de faire et entraîner les autres avec lui vers mieux pour tous. Niel et l’équipe Free nous ont offert un beau cadeau, à nous de continuer à aller chercher les autres secteurs à faire éclater pour évoluer vers des prix plus raisonnables, des services de meilleures qualités et qui respectent la liberté!

La guerre contre le partage doit cesser, nous dit Richard Stallman

Trouvé sur le site de framablog, originellement posté sur son blog perso, publié sous licence CC 3.0, je reproduis donc ici intégralement le texte.

Richard Stallman - GNU Crédit photo: Tiago Tavares
Richard Stallman - GNU - Free Software Foundation

Ending the War on Sharing

Richard Stallman – Septembre 2009 – Site personnel
(Traduction Framalang : Claude et Goofy)

Quand les maisons de disques font toute une histoire autour du danger du « piratage », elles ne parlent pas d’attaques violentes de navires. Elles se plaignent du partage de copies de musique, une activité à laquelle participent des millions de personnes dans un esprit de coopération. Le terme « piratage » est utilisé par les maisons de disques pour diaboliser le partage et la coopération en les comparant à un enlèvement,un meurtre ou un vol.

Le copyright (NdT : Pour des questions de non correspondance juridique nous avons choisi de ne pas traduire copyright par droit d’auteur) a été mis en place lorsque la presse imprimée a fait de la copie un produit de masse, le plus souvent à des fins commerciales. Le copyright était acceptable dans ce contexte technologique car il servait à réguler la production industrielle, ne restreignant pas les lecteurs ou (plus tard) les auditeurs de musique.

Dans les années 1890, les maisons de disques commencèrent à vendre des enregistrements musicaux produits en série. Ceux-ci facilitèrent le plaisir de la musique et ne furent pas un obstacle à son écoute. Le copyright sur ces enregistrements était en général peu sujet à controverse dans la mesure où il ne restreignait que les maisons de disques mais pas les auditeurs.

La technique numérique d’aujourd’hui permet à chacun de faire et partager des copies. Les maisons de disques cherchent maintenant à utiliser les lois sur le copyright pour nous refuser l’utilisation de cette avancée technologique. La loi, acceptable quand elle ne restreignait que les éditeurs, est maintenant une injustice car elle interdit la coopération entre citoyens.

Empêcher les gens de partager s’oppose à la nature humaine, aussi la propagande orwellienne du « partager, c’est voler » tombe-t-elle généralement dans l’oreille de sourds. Il semble que le seule manière d’empêcher les gens de partager soit une guerre rude contre le partage. Ainsi, les maisons de disques, au moyen de leurs armes légales comme la RIAA (NdT : RIAA : Recording Industry Association of America), poursuivent en justice des adolescents, leur demandant des centaines de milliers de dollars, pour avoir partagé. Au même moment, des coalitions d’entreprises, en vue de restreindre l’accès du public à la technologie, ont développé des systèmes de Gestion de Droits Numériques (NdT : Systèmes anti-copie ou DRM : Digital Restrictions Management) pensés pour menotter les utilisateurs et rendre les copies impossibles : les exemples incluent iTunes ou encore les disques DVD et Blueray (voir DefectiveByDesign.org pour plus d’informations). Quoique ces coalitions opèrent dans le cadre des clauses de non-concurrence, les gouvernements oublient systématiquement de les poursuivre légalement.

Le partage continue malgré ces mesures, l’être humain ayant un très fort désir de partage. En conséquence, les maisons de disques et autres éditeurs demandent des mesures toujours plus dures pour châtier les partageurs. Ainsi les États-Unis ont voté une loi en octobre 2008 afin de saisir les ordinateurs utilisés pour le partage interdit. L’union Européenne envisage une directive afin de couper l’accès à Internet aux personnes accusées (pas condamnées) de partage : voir laquadrature.net si vous souhaitez aider et vous opposer à cela. La Nouvelle-Zélande a déjà adopté une telle loi en 2008.

Au cours d’une récente conférence, j’ai entendu une proposition demandant que les gens prouvent leur identité afin d’accéder à Internet : une telle surveillance aiderait aussi à écraser la dissidence et la démocratie. La Chine a annoncé une telle politique pour les cybercafés : l’Europe lui emboitera-t-elle le pas ? Un premier ministre au Royaume-Uni a proposé d’emprisonner dix ans les personnes en cas de partage. Ce n’est toujours pas appliqué… pour le moment. Pendant ce temps, au Mexique, les enfants sont invités à dénoncer leurs propres parents, dans le meilleur style soviétique, pour des copies non-autorisées. Il semble qu’il n’y ait pas de limite à la cruauté proposée par l’industrie du copyright dans sa guerre au partage.

Le principal argument des maisons de disques, en vue de l’interdiction du partage, est que cela cause des pertes d’emplois. Cette assertion se révèle n’être que pure hypothèse[2]. Et même en admettant qu’elle soit vraie, cela ne justifierait pas la guerre au partage. Devrions-nous empêcher les gens de nettoyer leurs maisons pour éviter la perte d’emplois de concierges ? Empêcher les gens de cuisiner ou empêcher le partage de recettes afin d’éviter des pertes d’emplois dans la restauration ? De tels arguments sont absurdes parce que le remède est radicalement plus nocif que la maladie.

Les maisons de disques prétendent aussi que le partage de musique ôte de l’argent aux musiciens. Voilà une sorte de demi-vérité pire qu’un mensonge : on n’y trouve même pas une vraie moitié de vérité.
Car même en admettant leur supposition que vous auriez acheté sinon un exemplaire de la même musique (généralement faux, mais parfois vrai), c’est seulement si les musiciens sont des célébrités établies depuis longtemps qu’ils gagneront de l’argent suite à votre achat. Les maisons de disques intimident les musiciens, au début de leur carrière, par des contrats abusifs les liant pour cinq ou sept albums. Il est rarissime qu’un enregistrement, sous incidence de ces contrats, vende suffisamment d’exemplaires pour rapporter un centime à son auteur. Pour plus de détails, suivez ce lien. Abstraction faite des célébrités bien établies, le partage ne fait que réduire le revenu que les industriels du disque vont dépenser en procès intentés aux amateurs de musique.

Quant aux quelques musiciens qui ne sont pas exploités par leurs contrats, les célébrités bien assises, ce n’est pas un problème particulier pour la société ou la musique si elles deviennent un peu moins riches. Il n’y a aucune justification à la guerre au partage. Nous, le public, devrions y mettre un terme.

Certains prétendent que les maisons de disques ne réussiront jamais à empêcher les gens de partager, que cela est tout simplement impossible[3]. Etant données les forces asymétriques des lobbyistes des maisons de disques et des amateurs de musique, je me méfie des prédictions sur l’issue de cette guerre ; en tout cas, c’est folie de sous-estimer l’ennemi. Nous devons supposer que chaque camp peut gagner et que le dénouement dépend de nous.

De plus, même si les maisons de disques ne réussiront jamais à étouffer la coopération humaine, elles causent déjà aujourd’hui énormément de dégâts, juste en s’y essayant, avec l’intention d’en générer davantage demain. Plutôt que de les laisser continuer cette guerre au partage jusqu’à ce qu’ils admettent sa futilité, nous devons les arrêter aussi vite que possible. Nous devons légaliser le partage.

Certains disent que la société en réseau n’a plus besoin de maisons de disques. Je n’adhère pas à cette position. Je ne paierai jamais pour un téléchargement de musique tant que je ne pourrais pas le faire anonymement, je veux donc être capable d’acheter des CDs anonymement dans une boutique. Je ne souhaite pas la disparition des maisons de disques en général, mais je n’abandonnerai pas ma liberté pour qu’elles puissent continuer.

Le but du copyright (sur des enregistrements musicaux ou toute autre chose) est simple : encourager l’écriture et l’art. C’est un but séduisant mais il y a des limites à sa justification. Empêcher les gens de pratiquer le partage sans but commercial, c’est tout simplement abusif. Si nous voulons promouvoir la musique à l’âge des réseaux informatiques, nous devons choisir des méthodes correspondant à ce que nous voulons faire avec la musique, et ceci comprend le partage.

Voici quelques suggestions à propos de ce que nous pourrions faire :

  • Les fans d’un certain style de musique pourraient organiser des fans clubs qui aideraient les gens aimant cette musique.
  • Nous pourrions augmenter les fonds des programmes gouvernementaux existants qui subventionnent les concerts et autres représentations publiques.
  • Les artistes pourraient financer leurs projets artistiques coûteux par des souscriptions, les fonds devant être remboursés si rien n’est fait.
  • De nombreux musiciens obtiennent plus d’argent des produits dérivés que des enregistrements. S’ils adoptent cette voie, ils n’ont aucune raison de restreindre la copie, bien au contraire.
  • Nous pourrions soutenir les artistes musiciens par des fonds publics distribués directement en fonction de la racine cubique de leur popularité. Utiliser la racine cubique signifie que, si la célébrité A est 1000 fois plus populaire que l’artiste chevronné B, A touchera 10 fois plus que B. Cette manière de partager l’argent est une façon efficace de promouvoir une grande diversité de musique.
    La loi devrait s’assurer que les labels de disques ne pourront pas confisquer ces sommes à l’artiste, l’expérience montrant qu’elles vont essayer de le faire. Parler de « compensation » des « détenteurs de droits » est une manière voilée de proposer de donner l’essentiel de l’argent aux maisons de disques, au nom des artistes.
    Ces fonds pourraient venir du budget général, ou d’une taxe spéciale sur quelque chose liée plus ou moins directement à l’écoute de musique, telle que disques vierges ou connexion internet.
  • Soutenir l’artiste par des paiements volontaires. Cela fonctionne déjà plutôt bien pour quelques artistes tels que Radiohead, Nine Inch nail (NdT : Voir cette vidéo) ou Jane Siberry (sheeba.ca), même en utilisant des systèmes peu pratiques qui obligent l’acheteur à avoir une carte de crédit.
    Si chaque amateur de musique pouvait payer avec une monnaie numérique (NdT : digital cash), si chaque lecteur de musique comportait un bouton sur lequel appuyer pour envoyer un euro à l’artiste qui a créé le morceau que vous écoutez, ne le pousseriez-vous pas occasionnellement, peut-être une fois par semaine ? Seuls les pauvres et les vrais radins refuseraient.

Vous avez peut-être d’autres bonnes idées. Soutenons les musiciens et légalisons le partage.

Copyright 2009 Richard Stallman
Cet article est sous licence Creative Commons Attribution Noderivs version 3.0

Notes

[1] Crédit photo : Wikimania2009 (Creative Commons By)

[2] Voir cet article, mais attention à son utilisation du terme de propagande « propriété intellectuelle », qui entretient la confusion en mettant dans le même panier des lois sans rapport. Voir ce lien et pourquoi il n’est jamais bon d’utiliser ce terme.

[3] Voir the-future-of-copyright.

Allemagne – Mariage – Déménagement

Je file vers l’Allemagne à Ulm pour le mariage de Rahim, frère aîné de Markus, mon correspondant de Beverungen il y a maintenant 13 ans.
Retour dimance, et re-déménagement, de Zeist au centre d’Utrecht, pour mon dernier mois de stage.

Pas de folies pendant le WE.
2 liens à méditer :
« Free ! » : pourquoi l’économie de demain sera gratuite | Eco89 – http://eco.rue89.com/2009/08/26/free-pourquoi-leconomie-de-demain-sera-gratuite-0
Nouveau business model de l’édition http://blog.tcrouzet.com/2009/08/27/nouveau-business-model-de-ledition/ Ou l’économie des propulseurs.

Hop hop, je file! Bon week-end à tous!

Free vs paid by mediafuturist Gerd Leonhard

Voilà ce qui constitue sûrement une bonne synthèse de l’état de la bataille entre les propriétaires de contenu et les chevaliers du libre.

Free vs paid en 40 slides par Gerd Leonhard, media futuriste. je ne suis pas d’accord avec toutes les slides sur le niveau freemium et l’accès à la rémunération, mais sur toute la partie open et libre, ainsi que sur les parallèles avec les monnaies.

Here is probably a good synthesis about where we are in the fight between copyrights holder and open content knights.

Free vs paid in 40 slides presented by Gerd Leonhard, mediafuturist. I don’t agree with each of his slides about freemium stuffs, but I do on the whole open and free part, as well as the interesting quotes about money.

Et voici le stream en anglais, de la conférence à Tokyo :