Sommes nous libres de payer nos impôts? ou obligés?

Et si nous étions libre de payer nos impôts, à quoi ressemblerait notre économie, notre nation?
Wikipedia fonctionne dans l’économie du don et nous permet à tous d’en profiter bien que seulement une minorité contribuent. Cette dynamique spécifique du web a permis à l’humanité de se doter d’une encyclopédie en ligne d’une ampleur inédite.

Et si, à la manière de Wikipedia, nous étions libres de contribuer, ou non, à la hauteur que nous souhaitons aux impôts que nous donnons à notre nation?
Et si, à la manière de l’économie du don, nous étions libres de contribuer ou non aux services que nous recevons, qu’est-ce que cela changerait?

Si plutôt qu’une obligation, nous avions le choix, et la visibilité sur la conséquence. Imaginez sur le site impots.gouv.fr une jauge « nous sommes à 756 millions d’impôts récoltés sur les impôts sur les revenus pour 2013 » il nous faut encore 42 milliards pour permettre de faire fonctionner notre économie.
« encore 3 milliards » et nous pourrons assurer le programme d’investissement pour les écoles
« encore 7 milliards » et nous pourrons continuer la guerre en centrafrique
« encore 12 milliards » et nous pourrons continuer de financer la dette française

Utopie? Faisable? A quelles conditions? Qu’est-ce que cela changerait pour vous?

Zoé sur la monnaie

Je m’appelle Zoé. Je suis née en 2025, peu de temps après le grand renversement.

Lorsque l’on me demanda ce qu’était la monnaie pour moi, je n’ai d’abord pas bien compris la question. J’avais bien sûr étudié en Histoire de l’Humanité et compris le rôle qu’avait joué cet outil important sur l’époque industrielle comme j’avais étudié l’effet de la religion sur les 2 premiers millénaires après Jésus Christ, mais il m’a fallu un grand travail de recherche et d’analyse pour bien comprendre ce qu’il reste aujourd’hui dans notre société de traces de monnaie qui puissent correspondre à ce qu’elle était à l’époque économique de la croissance de la fin du 20ème siècle.

Ce que je peux reconnaître comme monnaie dans ma vie au quotidien ne sont que des points, des indicateurs que j’ai sur mon Passeport Citoyen qui me permettent de vérifier que j’ai bien respecté mes Droits de Citoyenne du Monde et contribué à mes Devoirs. Par exemple j’ai mon Droit à la Terre qui correspond à ce qu’il y avait à l’époque sous le nom de monnaie environnementale qui me donne un certain nombre de crédits de CO2, j’ai mon Droit à la Dignité qui mesure et répertorie mes actions civiles vis-à-vis de la société et permet de garantir un bien-être pour tous, j’ai aussi mon Droit à la Liberté qui mesure et liste les actions que j’ai réalisé volontairement pour mon plaisir personnel.

Pour vous donner un exemple, le week-end dernier quand nous sommes allés planter des arbres en forêt et que nous avons réhabilité les systèmes énergétiques des bâtiments avoisinants, personne ne nous a dit de le faire, c’est une action libre et spontanée que nous avons fait avec des amis de ma classe de Liberté pour nous amuser. Automatiquement, cette action a été identifiée comme rentrant dans le champ de notre Droit à la Liberté d’Agir et nous avons été crédités de points pour les catégories Nature, Energie et Action Collective parce que nous étions plus de 10 à le faire ensemble.

C’est grâce à ces systèmes de points que nous sommes remerciés pour nos actions, mais ce sont les vieux qui sont contents avec ça, nous on s’en fou, ce qui nous fait plaisir c’est la joie de le faire, pas le fait que ce soit listé et mesuré sur nos passeports, mais bon, ça sert surtout pour les Devoirs et garantir une égalité de tous les Citoyens sur la planète. Chaque mois, je choisis un domaine où j’ai beaucoup de points et je dois faire des actions avec des personnes qui ont moins de points que moi et leur transmettre des Connaissances et je dois aussi trouver quelqu’un qui a des points dans un Devoir que je n’ai pas encore créé pour pouvoir commencer une nouvelle catégorie de mon Passeport. C’est génial car cela nous permet d’apprendre tout le temps et de faire des choses avec des gens inconnus!

Avec ces systèmes nous pouvons aussi suivre en temps réel l’amélioration du bilan énergétique de notre action sur les bâtiments, l’évolution de la biodiversité de la forêt et les prévisions sur le nombre de personne que nous pourrons nourrir dans 5 ans grâce à ces arbres. C’est surtout ça qui importe pour moi…

C’est vrai qu’il y a eu des abus et que le changement a été plutôt radical…

Il faut dire que la monnaie avait quand même rendu les hommes fous avec la course effrénée à la croissance. En fait tout s’est joué en 2014, quand le système à bout de souffle s’est effondré et que soudainement, les humains ont pu se retrouver sans avoir peur de ne pas avoir assez. Reliés aux problèmes criants de la folie climatique, énergétique et financière, ils ont décidé qu’ils n’utiliseraient plus jamais de monnaie, que c’était là une des inventions les plus perverses jamais créée et qu’ils s’étaient retrouvés victimes de leur propres illusions. Bien sûr, ce n’était pas la monnaie le problème mais bien la logique de course infinie, de compétition et de séparation qui empêchait à tout un chacun d’exprimer ses talents, de vivre son rêve et d’offrir à la société ce qu’il a de plus précieux. Il faut quand même reconnaître que la monnaie en tant que passe-partout avait rendu tout le monde aveugle et irresponsable face aux problèmes que rencontrait la Terre à cette époque. C’est ce que me dit mon père régulièrement quand il me reparle de ces événements. Je crois que c’est pour ça que les pays sont tombés très vite d’accord pour les bannir définitivement, un peu comme en 1951, quand la France et l’Allemagne se sont unies pour créer à l’époque la CECA alors qu’ils venaient de se faire une guerre terrible. Pour ne plus jamais recommencer l’inhumain.

L’entrée dans la Société de la Connaissance

Depuis que nous avons compris que la Terre avait bien assez pour nourrir tous et toutes, que les machines pouvaient nous remplacer pour les travaux pénibles, l’idée de propriété, l’idée de pouvoir d’achat et le temps de travail sont tombés en désuétude très rapidement. Les mouvements du Partage et de la Société de la Connaissance sont apparus alors comme des évidences…

Chacun est aujourd’hui libre de faire ce qu’il veut pour sa communauté et pour le monde, chacun choisit comment il veut participer à l’évolution de notre espèce sur la planète. Il y a bien sûr des Droits et des Devoirs, ce qui permet d’organiser cette abondance et de respecter les autres, mais je suis tellement heureuse d’être libre de vivre comme je le veux, de recevoir autant de dons pour pourvoir notre habitat groupé, de goûter aux délicieux fruits de nos voisins et c’est un honneur en tant que jeune Citoyenne du Monde de participer 4 jours par mois aux tâches collectives locales avec les gens de ma rue et deux jours par mois aux tâches inhérentes aux devoirs mondiaux.

Alors si je devais résumer ce qu’est la monnaie pour moi en 2050?

Un débris de l’esclavage qui s’était perpétué et caché dans le pouvoir monétaire et le mythe de la croissance, mais c’est sûr qu’aujourd’hui encore, les adultes restent marqués définitivement par cette conscience de rareté qui était si vive à l’époque comme ils disent. Alors, je dirai que la monnaie, c’est un mauvais souvenir de l’époque de la Séparation.

// Cet article est ma contribution tirée de la collection 25 ans en 2050 réalisée suite au Forum Ouvert de l’Institut Inspire et du blog créé : 25 ans en 2050

Notre système économique est incompatible avec qui nous sommes

Hier soir dans le cadre du colloque sur l’évolution de la Conscience, j’assistais à ma deuxième rencontre avec Erwin Laszlo, fondateur du Club de Budapest qui était en dialogue avec Andrew Cohen.

 

Suite à une incroyable déclaration appelée sentiment de l’Akasha « comment savoir si ma conscience évolue« , Erwin Laszlo nous a réuni par les mots, par la force de leur sens, par la vérité qu’ils transportaient. Un réveil, un éveil, une prise de conscience collective s’il en était besoin, que nous ne sommes qu’un, voici les premières lignes :

  1. I am part of the world. The world is not outside of me, and I am not outside of the world. The world is in me, and I am in the world.
  2. I am part of nature, and nature is part of me. I am what I am in my communication and communion with all living things. I am an irreducible and coherent whole with the web of life on the planet.
  3. I am part of society, and society is part of me. I am what I am in my communication and communion with my fellow humans. I am an irreducible and coherent whole with the community of humans on the planet.

Je suis partie intégrante du monde. Le monde n’est pas à l’extérieur de moi et je ne suis pas extérieur au monde. Le monde est en moi et je suis dans le monde.
Je suis partie intégrante de la nature et la nature fait partie de moi. Je suis ce que je suis dans ma communication et ma communion avec tous les êtres vivants. Je suis un Tout cohérent et irréductible avec le réseau de la vie sur la planète.
Je suis partie intégrante de la société et la société fait partie de moi. Je suis ce que je suis en communication et en communion avec mes confrères humains. Je suis un tout cohérent et irréductible avec la communauté d’Humains sur la planète.

L’héroïsme et le patriotisme, à partir du moment où ils s’affirment érigent des barrières entre moi et moi. La compétition et l’individualisme sont des armes de destruction massive en moi et avec mes pairs.

La preuve de mon action et de ma reliance avec mes semblables s’exprime par mon engagement à partager.

Le dualisme de Descartes, Gallilée et Newton nous a longuement séparé dans les apparences. Il a séparé l’Humain de la Nature alors que nous ne sommes qu’un, nous sommes la Nature et la Nature est en Nous.

A partir de cette compréhension, de ce ressenti profond que nous sommes les parties en apparence  séparées d’un même corps, la compétition est une arme redoutable de guerre entre moi et mon corps, entre mes semblables et moi.

Assez des apparences, assez de la dualité

Puisque nous sommes Un, je n’ai plus à avoir peur des personnes qui pourraient être mes concurrents, mes peurs sont simplement mes peurs de ne pas être assez bon, de ne pas « gagner » assez d’argent, de ne pas avoir « assez » si jamais..

Aujourd’hui, je dépose mes peurs liées à l’argent et à mon insécurité personnelle et m’engage à coopérer avec chaque Humain et avec les êtres vivants pour co-créer le monde, le réseau, le tissu de coopération nécessaire au fonctionnement de notre Corps commun et collectif.
Je vous invite à en faire de même, à déposer les armes.

Cette posture de l’intégrité est profondément incompatible avec un système économique qui encourage la concurrence et la compétition. Elle vient remettre des barrières en permanence entre moi et mes confrères.
Cette posture de cesser la dualité est difficilement compatible avec la mentalité et l’enseignement transmis dans les pays en guerre, dans la politique de la peur, dans les écoles de commerce et dans les guerres de chapelle. Assez.
Être Humain, pour moi c’est reconnaître ma reliance et mon appartenance à ce monde comme part de ce monde.
Être Humain, pour moi c’est faire le nécessaire pour lever les barrières qui me séparent et m’érigent contre des parties de moi.
Il est temps.
C’est ce dont le Bouddhisme parle avec le mot : Inter-Être. C’est ce qu’Ubuntu veut dire : je suis parce que nous Sommes.

J’appelle au changement de regard, j’invite à regarder derrière les apparences de séparation pour retrouver, sentir, toucher et affleurer cette sensation, ce sentiment, cette certitude que nous sommes liés.
J’appelle à la création d’un système économique qui favorise, reconnaisse et encourage la coopération.
J’appelle et j’invite à la création d’un mouvement européen qui favorise l’économie du don.