Rembourser la dette? ou faire défaut?

Stéphane Riot me mettait au jus d’une initative européenne qui vise à financer collectivement la dette des Etats pour s’en débarasser.

http://www.yourideasforeurope.eu/en/node/3961

Je pense que la dette est un problème crucial, la conséquence de la bêtise et de l’avarice de notre système actuel. Choisir la façon dont nous sortirons de cette impasse donnera naissance à un modèle différent ou plus de la même chose.

Ainsi, voici ce que je lui répondais :

David Graeber, auteur de 5000 ans de dettes,  a expliqué que lors d’Occupy Wall Street ils avaient prévu une pétition qui s’y elle ralliait 1 million de personne tout le monde ferait défaut sur les prêts étudiants. ils ont eu 3000 signataires.. Ce qu’ils n’avaient pas réalisé c’est qu’ 1/5 des américains font déjà défaut sur leur prêt. 1/7 sont déjà poursuivis par les collecteurs de dettes, 80% des foyers sont en dettes et 1/3 font défaut.

Ecouter son podcast sur France-Inter à propos de 5000 ans de dettes.

Le problème c’est que personne ne le dit ou se coordonne.
En fait les personnes n’avaient pas attendu OWS pour faire défaut mais que par contre ils ne souhaitaient pas en faire la pub, càd se mettre sur liste pour publier officiellement qu’ils étaient en train de faire défaut.

Une armée invisible de « défaulteurs » qui s’ignore. Les faisant parler, ils ont découvert les secrets, les astuces, les points communs, points de convergence et opportunités possibles de ce souci.. Ils ont écrit un manual sur comment résister à la dette, ce qui est vrai, ce qui ne l’est pas..

Télécharger le manuel opérationnel de résistance à la dette réalisé en Septembre 2012.

Par contre ils ont observé qu’ils pouvaient effectivement acheter de la dette, à la manière des collecteurs de dettes qui l’achètent moins cher et qui en récupérant une part de l’argent des personnes endettées margent sur le delta.

Donc il y a un marché pour ces dettes. ils ont fait un « rolling jubilee » en achetant de la dette pour libérer les personnes. Le souci : tu ne peux pas acheter ta dette perso, tu peux acheter de la dette au pif..
Ils ont levé 7 millions, qui ont permis d’acheter pour 45 millions de dettes et ils ont tout remboursé. « On ne peut pas faire ça sur une grande échelle.. 3 trillions de dollars, ils le rendraient illégal »

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Mon avis de tout ça : l’initiative de Jean-François est super intéressante. A titre perso, je préfère utiliser l’énergie citoyenne pour libérer l’énergie citoyenne plutôt que l’énergie politique qui mériterait une position politique affirmée et un défaut ou un refus de payer de la dette avec intérêts scandaleuse à mon goût.
Je préfère la voie du défaut des collectivités au remboursement bête et discipliné, même si très astucieux.
Payer c’est affirmer que c’est juste et respecter les règles or il y a un mécanisme d’esclavage, d’asservissement dans ce système et jouer le jeu de le payer, même sous forme collaborative c’est accepter à mon sens le prix de la saignée.
Je pense aux religions qui interdisent le prêt avec intérêt, l’intérêt composé, à Georges Bataille qui parle de la part maudite et à Graeber qui parle de remise à zéro des comptes.. le jubilee.

Nous devons annuler ces dettes, pas les payer!

Si tu as un tique sur la jambe qui te suce ton sang. Pour régler le problème tu le retires, tu ne te fais pas une perfusion pour le rassasier en te promettant de ne plus jamais aller te faire tiquer.

Sacred Economics, le court film à propos du livre

Charles Eisenstein est un leader hors pair. Par son travail personnel, ses livres et sa façon de raconter les choses, il nous parle de l’économie sacré.

Ian MacKenzie est un vidéaste incroyable. Par son positionnement et ses images, il capte le meilleur pour nous offrir des prises de consciences directes avec émotion garantie.

Ensemble, ils ont réalisé un film court de 12 minutes pour reprendre le contenu du livre Sacred Economics.

La suite se passe dans vos coeurs. à vous!

 

Sacred Economics with Charles Eisenstein – A Short Film from Ian MacKenzie on Vimeo.

Deux vidéos avant les voeux 2012 et le programme

Deux vidéos marquantes que j’ai découvert ces dernières semaines.

La première, sous la forme d’un rap intéressant, une présentation de 2012 qui m’a beaucoup marquée, réalisée par Rap NEWS : Robert Foster de Juice News.

 

Encore un peu critique sur le people VS corporation et qui part bien dans certains délires conspirationnistes/Ovnis, elle fait un joli tour de la situation. Je préfère la vision plus intégrale de Charles Eisenstein, voir ci-dessous..

La seconde, du Charles Eisenstein, dont je vous avais déjà parlé ici avec la très bonne vidéo Money & life. Voici une courte vidéo réalisée pendant Occupy Wall Street, où l’auteur de Sacred Economics raconte que la révolution n’est pas à propos des 99% contre les 1%, mais de la quête de chacun pour trouver son talent à offrir au monde, occupy, the revolution is love…

J’y reviendrai plus en détail, notamment sur tout le travail et le choix de vie d’économie du don dont parle magnifiquement Charles.

Pour une version avec les sous-titres en français, cliquez ici

Naomi Klein nous parle de rareté et d’abondance

Je viens de tomber sur ce bout du discours de Naomi Klein qu’elle a fait à Wall street dans le mouvement Occupy Wall street

 

Nous savons tous, ou du moins nous sentons que le monde est à l’envers : nous agissons comme s’il n’y avait pas de limites à ce qui, en réalité, n’est pas renouvelable – les combustibles fossiles et l’espace atmosphérique pour absorber leurs émissions. Et nous agissons comme s’il y avait des limites strictes et inflexibles à ce qui, en réalité, est abondant – les ressources financières pour construire la société dont nous avons besoin.

La tâche de notre époque est de renverser cette situation et de contester cette pénurie artificielle. D’insister sur le fait que nous pouvons nous permettre de construire une société décente et ouverte, tout en respectant les limites réelles de la Terre. (…)

Considérons ce beau mouvement comme s’il était la chose la plus importante au monde. Parce qu’il l’est. Vraiment. »

 

Moi qui suis profondément intéressé à la rareté et à l’abondance, j’aime ici la clarté de son propos. Avant toute chose, j’aime à rappeler que la rareté est un état relatif, tout comme l’abondance. C’est à dire que c’est rare ou abondant, par rapport à quelque chose d’autre et en général, c’est par rapport à nos besoins. On revient sur l’histoire de Gandhi de la différence entre les besoins et les désirs.

Nous n’avons pas assez sur Terre pour subvenir aux désirs de tous, mais il y a assez pour subvenir aux besoins de tous.

Pour moi, viennent le besoin d’une réorganisation et le besoin d’une redistribution. Mieux répartir ce qui doit l’être. Et prendre conscience évidemment des limites.

Et ce qui est limité et finit, c’est bien la Terre, ses réserves, son atmosphère et ses ressources non renouvelables. Illimité et infinis, ce sont notre créativité, notre potentiel, notre amour et tous les symboles et systèmes que nous pouvons créer pour mieux gérer, organiser, partager, répartir et disposer de ces ressources limitées dont nous avons tous besoin pour notre développement.

Abondance, rareté, à nous d’inverser les croyances!

We are the 99% 😉