wouaaaaaaahtention

Bon, alors, par où commencer? Faut généralement commencer par le début, le début c’est la fin du dernier post ‘censé’ ce qui nous amène à avant l’ESWC, donc vers le 5/6 juillet par là.

 
Je suis donc rentré sur Paris avec Simon pour passer la semaine à l’ESWC en tant qu’admin du tournoi Quake3 comme on me l’avait proposé. Le genre de truc où tu réfléchis 2-3 secondes et après tu dis oui, en sachant que t’auras pas à le regretter. Faire pendant une semaine un truc que tu aimes autour du jeu que tu apprécies énormément, qui plus est avec les meilleurs mondiaux autour de toi, qui sont devenus pour certains des amis, et en étant payé, c’est ce que pas mal de gens appelle un rêve. Pour moi, c’était super. Mardi soir cérémonie d’ouverture, Mercredi à Vendredi tournois pour finir par les demi finales, le match pour la 3ème 4ème place samedi avec la finale en fin de soirée. Ce qui s’annonçait comme le dernier tounoi de Quake3 de tous les temps allait réserver bien des surprises à plusieurs d’entre nous. Je vais pas rentrer dans le détail heure par heure, je sais à quel point je vous barbe quand je parle de Quake, mais je retiendrai la finale le samedi soir, avec des émotions comme j’en ai retrouvé le dimanche et lundi en Allemagne, mais des émotions de pur bonheur, des émotions où tu te dis "c’est là qu’il faut être, c’est là que ça se passe et pas ailleurs, ce que je suis en train de vivre est énorme et unique", parce que c’est ce que j’ai ressenti. Une espèce de tremblement dans le dos qui remonte, qui te fait frissonner, la chaleur qui monte, les yeux qui s’ouvrent grand et en avant le spectacle. Finale monstrueuse, de spectacle, de talent, d’imprévus, la scène optimisée par ligarena y était pour beaucoup.


 
Cooller contre Czm en finale                                          Fox contre Jibo dans les poules

C’est après ce genre de moments que le lendemain, tu es triste que le temps passe, parce que c’était unique, de mon point de vue. Après ça s’en suit une petite demi soirée avec des Quakeurs chez Neo puis à Pigalles, qui a mit un gros point noir à tout ça puisque je me suis fait chourré mon sac, un peu con, j’avais rien de très important dedans, Simon si. Situation difficile et pas très rigolotte, ça a jeté un froid et ça m’a encore plus fait regretter le fait que la finale soit finie, parce que quand j’y repense, bah c’était sublime. Dimanche matin était synonyme de départ, pas le temps de dire au revoir aux nombreux amis joueurs journalistes, je suis parti en direction de l’allemagne pour une destination qui est devenue "fast mein Heimat" là ou je me sens "fast zu Hause", j’ai bien parlé de Beverungen. Dans ma tête quand j’avais vu les deux évènements se superposer au niveau des dates, j’ai vite su qu’il fallait faire un choix, que j’ai longtemps refusé de faire, parce que je ne savais pas quoi choisir, entre les jeux vidéos, ou l’allemagne. Je m’étais tardivement décidé pour l’allemagne avec la possibilité de faire derrière mon stage là bas, et puis dès que j’ai eu le coup de fil qui me proposait ce job à l’ESWC, la balance a craqué.

  La scène   


Finalement les deux n’étaient pas incompatibles, l’ESWC allant du mardi au dimanche, moi je finissais le samedi soir après la finale, d’un autre côté la Schützenfest allait du vendredi soir au lundi soir très très tard. Donc il me suffisait de sauter dans le train dimanche matin pour profiter de la soirée de dimanche soir, du lundi en entier, ce que je fis. 10h44 Paris nord, 19h20 Porte de ma résidence allemande, un trajet que je commence à connaître, en mec bien j’avais pas prévenu ma famille d’accueil, à part par mail envoyé le matin au dernier moment. "J’étais un peu débordé pendant la semaine", dit-il en regardant ses pieds. Arrivé à la gare de Lauenförde Beverungen, il me fallait traverser la ville pour atteindre la maison Ahmadienne, alors, sous une chaleur de 31° avec mes deux sacs, mon manteau et toutes les conneries qu’un mec malin comme moi peut prendre pour aller en allemagne en été, j’ai tapé mes 30 minutes de marche, à travers la ville que je n’avais pas vu depuis 2 ans maintenant. 2 ans car c’était exactement le temps qui me séparait de la dernière Schützenfest. Alors j’ai repensé à toutes les fois où je suis venu à Beverungen, depuis la toute première fois, jusqu’à ce jour. Et sous un soleil mélancolique, j’ai calculé que ça faisait 7 ans que je connaissais maintenant mon corres, soit 1/3 de ma vie, là j’ai laissé cogiter mon cerveau, et j’ai pu comprendre, que j’avais vraiment une vie ici, je connais tout le monde, j’ai mes amis, des frères et soeurs, des parents, quand mon correspondant n’est pas là, je sais comment m’occuper, justement je suis devenu quelqu’un d’autre que le correspondant français, j’étais devenu Öte.


 J’ai vite récupéré mon fusil, ma chemise bleu, mon képi, mon pantalon noir pour rejoindre les autres dans l’ambiance allemande qui régnait sous la grande tente. Une schützenfest, c’est un truc incompréhensible pour les français. C’est un club à la base qui depuis 1616 sauf temps de guerre, a élu tous les deux ans un roi, supposé être meilleur tireur à la carabine de la ville. Ce roi prêt à donner de sa bourse pour le peuple choisit alors une reine, et on ajoute 6 suivantes à ça et ça vous fait une photo de famille à la Sisi. Et tous les deux ans pendant 3 jours, on célèbre le roi et la reine, avec des défilés, avec des chansons, avec des grognements, ou des cageots de bière. Le samedi et dimanche sont consacrés aux roi et reine actuels alors que le nouveau roi apparait le lundi à midi, on célèbre sa majesté toute l’après midi et la soirée, on le ramène chez lui et ainsi vers les heures les plus claires de la nuit se finit la Schützenfest, pour que le roi finisse son règne le samedi et dimanche du cycle suivant. Voilà pour l’explication technique. Le truc hors du commun là dedans, c’est que tout a une allure militaire, dans le défilé, la présentation des armes, (fusils en bois avec fleur au bout), la procession, les organisations en rangs, la marche, les fanfares qui accompagnent et rythment le tout. C’est une religion pour un paquet d’entre eux. Pour les chemises bleues, le peuple, c’est plus une partie de rigolade, avec à chaque arrêt sur une place pendant le défilé, 4 à 5 cageots de bière qui éruptent du bar le plus proche pour le plus grand bonheur des 180 Schützen, qui participent au défilé dans le but de recevoir le soir de chaque procession des "Biermarken" ou jeton à bière. A raison de 4,5 ou 7 le dernier jour, on a déjà de quoi commencer la soirée. Et ainsi une fois les défilés terminés, tout le monde rentre sous la grande tente (d’une capacité de 8000 places pour une ville de 8000 habitants, cherchez l’erreur) les tournées volent dans tous les sens, avec des chansons typiques pour remercier le mécène, qui se verra remercier par 6 tournées en retour dans les 2 heures qui suivent. Je sais pas si c’est là dessus que repose l’économie Allemande, mais Jan aime dire qu’il a dépensé 180 euros de bière l’année précédente en 3 jours, quand on compte les jetons à bière, les bières offertes par le roi, et tout ça, ça fait une belle somme (de litres de bière, et d’argent). Parce que bien sûr, les deux bars de 100 mètres de long situés le long de deux des côtés opposés de la tente ne font que servir de la bière. Alors que l’on peut trouver quelques autres boissons peu exotique dans les 5 bars en forme de kiosques que l’on trouve à droite à gauche. Faut que je fasse une galerie Schützenfest, pour expliquer ce que ça représente. Voilà l’ambiance. Donc le lundi, nouveau roi, trois coups de canons à 12h pour que toute la ville soit au courrant, théoriquement, le roi est choisi par avance, il faut habiter la ville, avoir un paquet de pognon à cracher, ne pas avoir de la famille qui a déjà était roi etc.. Il n’y a pas donc de réel talent de tireur derrière tout celà, mais quand on connait l’activité principale du Schützenverein (club) hors période de fête, et que ça s’assimile à un club de tir à la carabine, on se demande la logique du bazard. Peu importe, le lundi donc on rejoint les autres pour le défilé devant le nouveau roi et son nouveau harême (il est dans les calèches avec tout de même 7 filles) pour récupérer vers 19h les jetons à bière.

Ensuite vers 2 heures la procession royale remonte à pied jusque chez le roi qui pour le coup habite pas loin "ouf" et là c’est open tout, le roi offre, à boire, à manger, et tout le monde est joyeux et tout le monde est content, et tout le monde est bourré aussi, et tout ça avec une des fanfares qui a suivi, ou un cd rayé qui n’arrête pas de sauter avec les musiques typiques à cette fête. Pour finir vers 5/6 heures avec les premiers rayons du soleil dans la dernière compagnie que connaît chaque Schützenfest, la Barfüsse Kompagnie, qui pour les incultes signifie, la compagnie de marcheurs pieds nus, dont le principe est de repartir de chez le roi, avec une caisse de bière si possible, pieds nus jusqu’à la place de la mairie où on finira par un bain de pied dans une des fontaines les plus crades possibles en sirotant les dernières bières. C’est ainsi que le coeur plein d’émotion et le ventre plein de bière(s), je vomis à 7 heures du matin, du haut du toit (5ème étage) de l’officier qui nous avait tous invité à petit déjeuner chez lui. Belle fin, qui d’une façon différente de la coupe du monde apporte son lot d’émotion. S’en suivent 3 à 4 jours ou tu as une haleine agréable, et les musiques dans la tête qui ne veulent s’en aller. La magie met son temps à se dissoudre, la tente prend 3 jours à démonter, il faudra attendre 2 ans pour revivre ça. Comme dirait Markus quand je suis arrivé, à la question "Alors, t’as fait quoi ces deux dernières années?" il ne trouva meilleure réponse que "J’ai compté les jours avant la Schützenfest", ce qui résume assez bien la vie ici en cette période. Une fois l’euphorie retombée, j’ai pu me préoccuper de mon stage ce qui n’était pas encore chose faite.

 Maintenant, j’évolue dans ma nouvelle vie de stagiaire en Marketing dans une entreprise allemande qui fabrique des machines qui coupent le verre, et qui fait bien d’autres choses. Intéressant, je suis bien content d’être déjà immergé dans le Marketing, alors que ce n’était pas forcément obligatoire pour le stage de première année. En tout cas, j’ai des responsabilités autre que la photocopieuse et le café, et je suis très content d’être là où je suis et de faire ce que je fais.

J’ai zappé l’épisode Harry Potter : J’ai acheté le bouquin samedi en anglais, puisqu’il n’est évidemment pas encore dispo dans d’autres langues, après avoir entendu ma soeur parler de la sortie du 6. Je l’ai mangé en 4 petits jours, les 620 pages se sont retrouvées par grande pelletée dans ma bouche, inexorablement, j’ai tout mangé. J’aurai pu en garder un peu pour quand j’aurai faim, mais non, j’étais boulimique. J’aurai pu manger plus lentement, et savourer tout le savoir faire que représente cette petite nourriture, mais il fallait que je remplisse mon vente au plus vite. J’aurai pu encore partager avec quelqu’un d’autre mon temps, mais non, j’ai préféré manger Harry à ma sauce, le plus vite possible sans en laisser aux autres. Je vais pas vous dire ce qu’il raconte, juste qu’évidemment, j’ai aimé, et que j’ai encore faim, une faim de loup garou, pour le coup..


Ca faisait un moment que je voulais rinsufler un peu de vie dans ce blog, mais je n’en avais pas le temps

3 réflexions sur “wouaaaaaaahtention

  • 21 juillet 2005 à 15 h 18 min
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    Ben moi je l’ai fini cette nuit. C’est pareil j’ai pas pu me retenir et j’ai tout mangé.

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  • 27 juillet 2005 à 10 h 06 min
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    Le colis a bien été réceptionné.
    je ne peux pas le lire pr l’instant.
    ca va bientôt ce faire.
    je te donne vite des news.

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