Je n’ai pas voté.

C’est dimanche, jour de vote pour les régionales, je ne suis pas allé et je n’irai pas voter. Ce billet ne sert pas à me justifier, il me sert à essayer de comprendre pourquoi je n’y suis pas allé, et pourquoi je doute sur mes envies d’y aller les prochaines fois.

Voter c’est déléguer

En votant pour quelqu’un, j’ai l’impression de déléguer mes responsabilités à quelqu’un. De me dédouaner de quelque chose, d’une tâche ou d’un devoir, qui fait que je pourrai dire que c’est l’autre qui a merdé. Donner mes responsabilités, mon pouvoir, ma confiance à quelqu’un, surtout d’une classe politique, aujourd’hui, pour l’instant, je n’y crois plus. Comment puis-je avoir confiance en cette démocratie, pourtant synonyme de tant d’évolutions, de progrès, de développement, d’améliorations, quand je vois l’état du monde aujourd’hui? Comment puis-je croire que voter pour l’un ou pour l’autre des marchands de savon va améliorer de près ou de loin l’état des choses? J’ai l’impression que ces personnes n’ont qu’une préoccupation: être élu, et ensuite le rester. Comme si c’était une place dans un fauteuil qui masse les fesses tellement agréable qu’une fois que tu y es, tu fais tout pour y rester et que l’idée de ne plus avoir ce confort serait insoutenable surtout si c’est un autre qui la prend.

Comme si le fait de faire de la politique, d’avoir un programme, de dire, d’écrire, de proposer ce qu’il faut faire ou ce qu’ils feraient leur donne la puissance et la confiance nécessaire pour faire croire aux foules qu’ils sont bons. Je ne vote pas car je ne sais pas pour qui voter, je ne vote pas parce que je ne sais pas pour quoi voter, je ne vote pas car je n’ai plus confiance.

Après toutes les magouilles financières, politiques, européenne, les rapports de force, non seulement ça me dégoute, mais en plus, la politique a perdu de vue la finalité, le sens, le pourquoi profond de toute cette mascarade.

Je ne crois plus à la politique, j’y ai bien réfléchi, si c’était une voie intéressante pour moi, qui ouvrait des possibles, des champs pour faire bouger les choses? Le constat est négatif,  plutôt que de parler et de dire ce que je ferai si j’étais élu, j’ai choisi l’action, le terrain, le concret: bref, la réalité. On verra si un jour je change d’avis.

Voter pour la Star Ac

Cette expression utilisée par le très bon Francesco Casabaldi me fait toujours autant vibrer. L’impression que parmi toutes ces possibilités, tous ces programmes de télé, le choix est de toutes façons déjà scellé par le casting de TF1. Gauche, droite, milieu, quels qu’ils soient, ça ne change pas. Ils ne peuvent pas changer car ils sont pieds et poings liés. Ils ne peuvent pas changer car ils ne voient pas autre chose que les terrains habituels.

Dire que la politique c’est comme le vote de la star ac, c’est prendre du recul et se demander ce que finalement ces personnes ont comme influence sur moi, chaque jour, dans ma vie. Sarko ou Ségo, à quelques degrés près, c’est la même soupe. Pour la plupart des français, il y a 3 fossés, oui il y a des différences, oui, il y en a plein, mais quand on prend du recul, les deux fonctionnent sur la même logique, cette joyeuse croissance, l’emploi, le pouvoir d’achat, autant de mots qu’on ne lie même plus à leur sens. Pour changer de système, pour changer de mode de fonctionnement, on ne peut pas utiliser le même système qui a créé ceci, il faut une autre possibilité, et comme le vote blanc ne compte pour rien, je pourrai aller voter pour dire que je veux autre chose que la démocratie, mais je serai simplement ignoré, alors je fais ma part en écrivant ce billet. Que ce soit Sarko ou Ségo, au final dans ma vie, ça influence à peu près autant que le gagnant de la Star Ac: je m’en fou pas mal. Dans un sens ce sera pire, ce sera plus chiant, mais c’est tellement loin de là où je veux aller, que concentrer mon énergie pour eux, pour ce combat de 1° plus chaud ou 1° plus tiède, ça ne vaut pas la peine.

La finalité de la politique: se faire élire et avoir les fesses au chaud et ce le plus longtemps possible

Démocratie, le pouvoir de la pyramide

Prenez 10 programmes différents. Imaginez que chacun a un point fabuleux qui mériterait d’être mis en place. Le gagnant passe avec 2% de plus que les autres et on achète le programme avec le vendeur, fini les concessions, le gagnant prend tout. Oubliez les 9 propositions intelligentes des concurrents, oubliez les alternatives, la douceur, et le mix. Oubliez aussi la diversité, la convergence des idées, la spécialisation de chaque parti sur les points qu’il connait bien, non, on ne peut pas éclater, atomiser un vote, quand on vote, on prend un bonhomme, son équipe, et on avale son programme de A à Z. Il y a quelque chose de profondément obsolète là-dedans, il faudra que ça change.

Le fait qu’une fois au pouvoir, le parti politique dépendent des lobbys, des forces industrielles en puissance, de ceux qui ont financé sa campagne, il ne se bat plus pour des libertés, il se bat pour les intérêts de ses partenaires et honorer comme il le peut ce qu’il a fait comme promesse et engagement à toute personne qui finirait par voter pour lui. J’ai beaucoup d’amour pour Obama, mais une fois que l’on connaît les arcanes de l’oligarchie américaine, on comprend que même Bouddha ne pourrait pas faire grand chose en poste de président. Une marionnette, un pantin, un héros de série, un mec qui divertit, qui fait sourire, qui fait vibrer, mais qui de toutes façons est coincé dans une machine qui le dépasse. Une case remplie, bien remplie, mais une case avec ses limites et des sornes. La politique n’est pas le problème en soi, mais politique et lobbys, les intérêts locaux, régionaux et nationaux des acteurs en place font qu’ils défendront de toute leur force leur siège chauffant pour ne pas perdre la place. C’est normal, c’est bien naturel, ça s’appelle la nature, la résistance, et l’envie de ne pas se faire dégager. Comme les parasites, on aimerait qu’ils partent, mais ils sont tellement bien dans ce système qu’ils sucent qu’ils ne voient pas vraiment de bonnes raisons de le laisser.

Je préfère leur laisser ce siège massant chauffant si confortable pour les fesses.

Je préfère construire autre chose, ailleurs, avec d’autres personnes, d’une autre façon.

Démocratie, combat symétrique du 20ème siècle

Entrer en politique aujourd’hui, c’est jouer contre des mastodontes, des pyramides bien ancrées dans le paysage. De puissants médias, des flyers par millions, des campagnes prints à faire palir les mecs de greenpeace. Je ne peux pas aller sur ce terrain avec mes outils. C’est stupide, lent, inutile et inefficace dans grand nombre de situations. Ca me demanderait une énergie et des alliances nombreuses avec des puissants qui ensuite me tiendrait par les couilles. Ca me mènerait dans ce même siège chauffant qui, je suis sûr, me régalerait vraiment les fesses, mais avec la même pression des mêmes touristes à côté qui viennent tous demander leur part, et les électeurs-consommateurs qui veulent tout avoir sans rien faire. Ce qui motive ceux qui y sont ou ceux qui s’y lancent: la soif de l’illusion? la soif de pouvoir? faire un tour de chaise musical? ou juste envie d’avoir les fesses au chaud? Je ne sais pas, pour moi, c’est vu, c’est une perte de temps et d’efficacité.

Conclusion

Si je résume, la démocratie, c’est pour moi un système obsolète, car le gagnant emporte tout et on perd la richesse de la diversité politique dans la réalisation du programme. C’est futile car une fois en haut tu es bloqué par tous ceux à qui tu as promis la lune et dont les vrais changements nécessaires ne correspondent pas aux intérêts financiers qu’ils défendent. C’est déséquilibré car il faut jouer en rapport de force symétrique pour y entrer. C’est une illusion car les choses ne se changent pas d’en haut, avec des grands speechs et des carnets de promesses à faire pâlir les écoles de commerce. Enfin, rêver qu’en votant pour un bonhomme ou pour un autre tout va s’arranger, c’est entretenir ma situation de consommateur électeur qui attend le messie du 21ème siècle.

Confier ma voix à un système qui rassemble tout ça, c’est faire preuve de beaucoup trop d’espoir et de reconnaissance à mon goût.

Je n’ai pas voté, mais je continue de chercher comment changer. Je cherche et je teste. Comme la vaisselle, un peu tous les jours.

17 réponses sur “Je n’ai pas voté.”

  1. Finalement, ton argumentation est en faveur du vote! Tu dis: ça ne sert à rien de voter. Dans ce cas, si ça ne sert à rien, vote et continue de réfléchir.
    Tu me fais penser à ces athées qui parlent sans arrêt de Dieu.

    Le vote, pour moi, ce n’est pas un plaisir, c’est un devoir. Mais il y a un aiguillon qui s’appelle Sarkozy: je ne peux pas laisser dire que ce politicien catastrophique et mal intentionné est équivalent à un autre. Sarkozy c’est un symptôme d’un problème démocratique: ce n’est pas en niant le symptôme qu’on guérit une maladie.

    1. @Eric: je ne crois pas avoir démontré que mon argumentation était en faveur du vote, sinon je l’aurai fait. Je dis que ça ne sert à rien, donc je ne le fais pas. Ca ne m’apporte pas satisfaction, ça ne me rend pas heureux, je n’en suis pas fier, je n’ai pas l’impression de faire mon devoir en votant. Je me sens plus dans mon devoir en ne votant pas et en expliquant pourquoi.

      J’ai encore des doutes: si je vote ce ne serait pas pour mais plutôt contre. Quand je suis le débat ce soir entre les politiques, je me dis qu’ils sont vraiment ridicules. Ca réveille en moi une certaine satisfaction de ne pas avoir voté, et en même temps un pincement de voir l’UMP menaçant, donc ça me titille de me dire est-ce que je ne devrai pas y aller juste pour éviter que ces mecs aient raison.
      Je les regarde, et je vois des magouilles, des stratégies, des paroles, du marketing comportemental, de la manipulation, du pipo en duo, en trio. Celle qui a le plus parlé de ce qui me touche c’est Buffet de front de gauche, c’est celle qui a l’air la plus proche de la réalité, de la crise, du terrain.

      Voter pour la solution la moins pire. Prendre la pilule la moins dégeueulasse.
      Je veux voter « autre système » je veux voter « autre chose que la démocratie », je veux voter « sortie de secours ». Les changements et les solutions sont systémiques, ça ne peut pas marcher par le vote. Tu ne peux pas détruire le fauteuil sur lequel tu viens de t’assoir.

  2. Etienne,

    C’est drôle car moi je suis allé voter et même avec plaisir.
    J’ai participé mercredi dernier à mon tout premier meeting politique au cirque d’hiver avec Europe Ecologie.

    Au delà des drapeaux agités (je n’ai jamais été ému par aucun drapeau) et des bêtes de scène que sont José Bové et Daniel Cohn-Bendit, j’ai été touché par :

    * l’intégrité de la grande dame Eva Joly
    * l’émotion du grand gaillard Augustin Legrand des Enfants de Dom Quichotte
    * la jeunesse d’un jeune homme de 93 ans, Stéphane Hessel, ancien résistant
    * une Cécile Duflot, la voix pas toujours très assurée, mais à qui je donne sa chance

    Sans aucun jugement moral,je me sens redevable envers tout ceux qui ont donné leur vie pour que nous puissions aller voter. Il me semble que refuser d’aller voter, c’est laisser le système en place.
    Churchill a dit « La démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres »
    J’en ai assez du Dieu « Croissance » de droite et de gauche et je pense qu’il existe une troisième voie.

    Je ne sais pas si mon vote va changer quelque chose, mais au moins j’ai la satisfaction de faire ma part.
    Je pense aussi qu’il n’y a pas équivalence entre les candidats, alors autant favoriser celui que j’estime le moins mauvais.
    Europe Ecologie peut paraître un assemblage hétéroclite, mais c’est ce qui fait sa diversité entre écologie et représentants de la société civile.

    Je ne sais pas si j’ai été convaincant et de toute façon je respecte ton choix

    Amicalement

    Charles

    1. @Charles: Je suis heureux de te lire Charles, de te sentir investi, convaincu et content de faire ce que tu fais.

      J’aime beaucoup Cohn Bendit, j’aime beaucoup Bové et Cécile Duflot. Quand je lis tes lignes je suis content parce que tu es heureux et tu fais un choix qui te correspond, et je suis content car c’est un choix qui me paraît lucide.

      J’ai aussi beaucoup de respect pour tous les combattants qui ont amené la démocratie et la possibilité du choix par rapport à ce que nous avions avant. Là n’est pas le fond du problème pour moi.

      Je suis d’accord avec Churchill, mais je pense que ça ne suffit pas à me reposer et dire que ce sera toujours le moins pire. Des alternatives existent, d’autres possibilités de s’organiser, de voter, de gouverner, de répartir les pouvoirs, de les partager et de prendre, tous ensemble, nos responsabilités. La sociocratie et ses enseignements peuvent être une piste, il y en a beaucoup d’autres à tester..

      Voter dans ce système c’est lui donner du crédit. Voter blanc ou nul n’étant pas compté, autant ne pas y aller. Je suis d’accord pour dire qu’il y a des partis plus convaincants que d’autres, mais ma réflexion est à un autre niveau, et il semble que je ne sois pas le seul. Je ne suis pas satisfait, convaincu et j’ai mes raisons, chacun a les siennes.
      50% à nouveau d’abstention, c’est énorme. Il y a quelque chose qui ne tourne plus rond dans ce pays (comme dans d’aurtes) et peut-être que ça finira par changer.
      Refuser ou continuer d’aller voter ne changent pas le système. Je ne sais même pas qui est mon président de région aujourd’hui. Je ne sais même pas citer 5 actions qu’il a fait, ou même juste un projet. Je peux voter pour une couleur, mais je ne me sens pas concerné, pas touché, pas écouté, pas en phase, il semblerait que je ne sois pas le seul dans ma génération, mais je crois que ça dépasse le générationnel.

      La politique ne nous a pas séduit. On trouvera autre chose..

  3. Merci Etienne, ça fait plaisir de lire ça…

    Sauf que je n’ai pas d’avis figé sur le fait d’aller voter ou non. Car certes, Obama vaut peut-être quand-même mieux que Bush (et encore…, l’avenir nous le dira).

    Non, le point est que comme tu le soulignes, les politiques se réjouissent de diviser la population en 2 dans tous les pays, en jouant avec leurs difficultés et leurs espoirs afin que le seul but des citoyens devienne les élections d’un homme (car on ne peut pas voter pour des idées).

    Ne pas aller voter fait que c’est peut-être le pire qui va passer. Mais aller voter donne davantage de légitimé au pouvoir et au système.

    Donc voter ou pas n’est pas le problème, le problème est de ne pas se focaliser là-dessus, mais se battre sur des projets concrets, qu’ils soient locaux ou internationaux.

    L’outil qu’il nous manque pour que ça marche vraiment, c’est un outil de construction d’idées communautaire hiérarchisé (représentation de l’idée dans un arbre, avec des alternatives) et auto-modéré (à la digg-like) afin d’organiser l’idée commune, en prenant compte de tous les points de vue.
    Ensuite, organiser notre action. Une manifestation de 1 million de personnes pendant 2h, c’est un coût de 250000 jours/homme. Au lieu de sortir dans la rue, ne pourrait-on pas utiliser cette force pour travailler sur des projets alternatifs?

  4. Ton point de vue est respectable, d’autant que le vote d’un individu, c’est pour lui, ça ne change pas grand chose.

    Dans le cas de cette élection, il faut aussi tenir compte du fait que c’est une élection moins importante que les autres. Peut-être… Donc, relativiser…

    Cela dit, j’aimerai voir comment va évoluer cette tendance abstentionniste: vers un cynisme consumériste (tu n’es pas dans cette option), vers le désespoir et la violence (à craindre) ou vers une métamorphose des institutions?

  5. Pas trop le temps de rédiger, je copie-colle des bouts de ce que j’ai dit à Thierry Crouzet :
    je vote, quitte à déposer un bulletin blanc, parce que ma grand-mère, elle n’avait pas ce droit et que moi j’ai la chance de l’avoir. De même, ma belle-soeur risque de se faire descendre si elle va voter dans son pays (une des dictatures africaines).
    C’est très bien de montrer son mécontentement, mais je persiste à penser que voter blanc, c’est montrer qu’on exerce son droit de citoyen mécontent et que l’abstention est interprétée comme du laxisme. Dans les résultats annoncés par le ministère de l’intérieur, les blancs ou nuls et les abstentions sont différenciés http://elections.interieur.gouv.fr/FE.html

    1. @Nessy: Je comprends.

      Si le vote blanc ou nul était comptabilisé et qu’une majorité de vote blancs ou nuls serviraient à arrêter ou remettre en cause le système, ça pourrait faire bouger les choses, de mon point de vue. Pour l’instant, ça ne fait pas vraiment la différence.

  6. je vis avec un homme politique. Pas un député,pas un minisitre, pas un « grand ». Un maire, un président d’agglomération. Un mec pour qui on vote, c’est son 3ème mandat, il n’ a que 35 ans pourtant. Un mec qui passe son temps, sa vie, matin, midi et soir, parfois la nuit, quasi tous ses week-ends dans sa mairie quand il n’est pas à son travail. Parce qu’il a aussi un travail. Et puis une famille, nous, femme et enfants. Un mec qui a des copains, fait du sport, aime faire la fête. MAis un mec qui aime sa commune qui a voté pour lui. Un mec qui se démène pour trouver du fric pour faire des routes et des pistes cyclables pour qu’on puisse se promener l’été en bord de mer. UN mec qui lance des projets pour les années à venir, de la culture, du tourisme, du matos pour les écoles, du travail pour ceux qui sont dans la merde. Un mec qui lutte pour que le prix ne flambe pas comme dans toute l’agglo, pour que des jeunes puissent encore faire construire, pour que des logements sociaux encore et encore sortent de terre plutôt que des piscines. Un mec qui m’écoute quand je dis : mets ta mairie sur twitter, impose le web 2.0. Un mec qui essaie de ne pas ruiner ses habitants d’impôts et qui résiste au pouvoir de dessus quand il veut leur pourrir la tâche.
    Un mec pas mieux pas pire que les autres. Alors oui c’est un homme politique, un homme qui avec une super équipe se présente et espère qu’on vote pour lui.
    Ce mec là , il y a 10 jours, a été réveillé en pleine nuit et a appris que les digues avaient lâché et que la mer avait tout envahi dans la baie. PEndant 8 jours il n’a pas dormi pour gérer sa commune avec son équipe et suppléer la commune d’^à coté totalement sinistrée.

    Le vote, c’est AUSSI pour élire ces gens là. Pas que des Balkani ou des Estrosi. C’est ça aussi que la démocratie permet. A véhiculer des « ils sont tous des pourris, j’irai pas voter » ça ne favorise qu’une seule chose : la putain de montée du FN

    LA bonne nouvelle c’est qu’on est en démocratie. Et que si les gens qui se présentent aux élections ne nous conviennent pas…on peut encore se présenter…pour faire mieux. C’est ça le vrai courage.

    Laurence

    1. @Laurence: Votre mari doit être un homme formidable et je suis touché par votre témoignage.

      Oui ils ne sont pas tous à mettre dans le même sac. Il y a tellement de niveaux différents et d’actions différentes qu’on ne peut pas généraliser aussi simplement que je le fais.

      Je comprends et respecte vraiment ce choix, ce cheminement. Je me suis vraiment posé la question, et je me la pose encore si la politique est un chemin approprié pour moi. Elle a surtout du sens au niveau de l’hyper local, quand tout est encore à taille et dimension humaine. Pour le reste, ce que je critique c’est le côté impuissant de la pyramide et le rapport de force défavorable puisqu’asymétrique qui risque de me coûter beaucoup d’énergie.

      Je crois que les deux sont liés, mais mon combat est ailleurs.

      Attention cependant au raccourci que vous faites sur le « tous des pourris » et la montée du FN. Le FN ne monte, pas, ce sont des gens, comme vous et moi qui votent, et s’expriment par des bulletins de peur dans une société qui ne les comprend plus et qu’ils ne comprennent pas. Ce sont des humains qui voient les choses différemment, la démocratie c’est aussi les respecter et les écouter.
      Dans les chiffres ils apparaissent parfois plus ou moins visibles selon s’ils se regroupent derrière notre président ou pas. C’est aussi ça la démocratie, la voix de la majorité.
      Ce qui monte c’est le nombre de personne qui n’ont pas ou plus envie de voter, le nombre de personnes qui n’y croient plus. Pas forcément à ce que fait votre mari, mais à cette politique grande distance société du spectacle.

      Pour votre dernière phrase, c’est justement là où je ne suis pas d’accord, je ne crois plus aux hommes politiques longue distance, et je ne crois plus au système politique longue distance non plus. Me présenter pour faire mieux ce serait croire que je suis mieux qu’eux, or je pense que certains d’entre eux sont bons, mais qu’une fois encore ce sont les limites systémiques qui font que tout ceci est vain: on doit pouvoir faire mieux.
      Ce qui me réorientera tôt ou tard vers une politique du local, encore faut-il que je me pose quelque part de façon durable. Là encore, l’action politique est sédentaire alors que je crois encore être nomade.

      C’est dans ce sens que j’ai choisi le développement des systèmes monétaires alternatifs, de pouvoir aller sur le terrain, à chaque endroit qui en comprendra la finalité pour leur proposer un autre système, une autre répartition des richesses, basée sur des valeurs. Changer les règles de la monnaie à la base, si ce n’est pas de la politique, je ne sais pas ce que c’est, ça n’en a juste pas le nom, mais une petite porte concrète pour changer de système.

  7. Parmi toutes les crises que nous subissons, la plus souterraine, celle de la démocratie est celle que nous devons traiter avec détermination.

    En gros : la mondialisation a pris une ampleur telle que la finance anonyme et apatride a pris le pouvoir sur les nations. Les partis portés par des « professionnels de la politique » sont au service d’intérêts particuliers.

    La démocratie doit permettre aux citoyens responsables de donner une tranche de leur vie à la communauté. Les postulants proposent des programmes précis en réponse à des problèmes précis. Un état des lieux est fait en fin de mandat du « sortant ». Cet état des lieux est analysé au regard des promesses faites durant la campagne électorale.

    Voici et très très très résumé le type de démocratie que nous imaginons au GRID (Groupe de recherche et d’innovation en démocratie).

    La politique ne doit pas être un métier, mais un engagement. Solliciter un mandat doit être l’aboutissement d’un travail personnel et collectif. Le pouvoir corrompt, demeurer aux manettes présente un risque pour la communauté.

    Voter ou pas voter en ce moment… je comprends les arguments des uns et des autres. S’engager dans des mouvements politiques émergeant me semble encore plus intéressant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *