2011. Action! du global au local

La première décennie de ce 21ème siècle a été le déclencheur des troubles accumulés et de la tendance que notre monde a suivi ces 60 dernières années. La crise du subprime en tête, qui entraînerait avec elle la fin du système tel que nous le connaissons. Petite fissure qui engouffra des milliards de dollars et lança la première pierre dans l’alignement de dominos que représente les institutions qui gouvernent encore ce monde. La suite on la connaît, mais selon les médias où l’on s’abreuve quotidiennement et la confiance que nous avons en l’humanité, elle prend des couleurs plus ou moins différentes. Je vais essayer de vous dire ce que j’en pense et ce que je ressens plutôt que de vous dire ce que ce sera. Aussi, j’aimerai à la fois pouvoir traiter de ce que je vois à une échelle globale pour revenir plus bas sur mes projets.

2011.

2011, c’est l’accélération. Tout va plus vite. Les prises de conscience se traduisent en action, en vagues, en mouvement. Wikileaks est apparu, le secret a disparu. Irréversiblement, le paysage change. Si la première décennie a vu l’apparition à une vitesse incroyable des puissances de l’Internet, aujourd’hui sur un terreau fertile j’observe un mouvement d’émancipation sur Internet,qui fait face à une volonté de sens contraire de contrôle des institutions en place. La deuxième décennie utilise ces outils et ces nouvelles solutions pour établir de nouveaux usages, de nouvelles pratiques et un nouveau moyen d’accès à l’autre, aux médias, à l’information et à la liberté.

Les puissances gouvernantes ont montré leurs limites. Chaque jour leur incapacité à gérer ce qu’elles pouvaient encore cacher hier se fait de plus en plus criante. Les challenges de demain ne seront pas résolus en haut. C’est à nous de trouver, pas à pas, jour après jour, ensemble, notre solution pour un monde plus en accord avec ce qui nous inspire. Alors que le mur de fumée essaye de nous faire avaler que la crise est passée, le mur du dollars s’effondre, et avec lui la puissance hégémonique des USA. C’est une chance. L’opportunité de redessiner la carte des relations mondiales. Une chance pour les citoyens américains de prendre leur juste place et de faire entendre leur voix dans un système qui les a eux aussi avalé. Une chance pour nous de voir ce qui s’est passé et d’apprendre de cette expérience pour ne pas répéter les erreurs.

Redessiner le monde

Dans mes rêves, je vois un monde où nous avons le choix. Un monde où nous faisons ce choix, et un monde où nous vivons ensemble, en paix et en harmonie avec la nature. Je sais que nous y arriverons. Pouvoir vivre librement de nos passions, offrir aux autres ce que nous aimons faire. S’épanouir de nos créations et construire ensemble une société où l’Humain retrouve sa place dans le monde. Un monde où nous pouvons aider notre prochain et servir le collectif sans se sentir l’exception. Un monde où nous arrêtons de penser que nous sommes en compétition, un monde où nous pouvons avancer ensemble plutôt que les uns contre les autres. Souvenez vous qui vous êtes. Souvenez vous d’où vous venez.
Nous avons besoin de 3 choses pour y parvenir: ouvrir les yeux pour constater que nous avons déjà tout ce qu’il faut, ouvrir le cerveau pour penser cette organisation et enfin ouvrir le cœur pour pouvoir le partager ensemble. Tout est déjà là. Ce qui nous en empêche ne sont que nos propres limites. Le reste est une question de temps, l’évolution est déjà en marche et bien peu de choses peuvent l’arrêter. Nous y parviendrons un jour, j’en ai l’intime conviction. Et cela arrivera bien plus vite que nous le pensons.

Les vagues

Tous ces pays qui se libèrent, qui bougent me font vibrer. L’actualité que je lis est celle d’un monde en mouvement, un monde qui se réveille à sa propre lumière, comme après une longue gueule de bois et qui se rend compte que c’est possible, en fait. Que ça l’a toujours été. Le temps est venu. Le grand chamboulement est à l’œuvre et je sens que nombre de changements irréversibles vont se produire, nous avons attendu bien longtemps avant de commencer, mais nous sommes au bord du gouffre et il ne s’agit pas cette fois de faire marche arrière, mais bien de sauter dans le vide avec la confiance que nous pouvons voler. Tout lâcher. Nos peurs, nos limites et notre envie de savoir à quoi ressemblera demain, notre besoin de routine et de quotidien. Quelque chose d’autre nous attend.
C’est en osant sauter, en faisant ce pas que nous nous libèrerons et entrerons dans un monde où nous réalisons que nous savons voler. Personne ne nous l’avait dit, mais c’est écrit en nous. Quelque chose au fond de nous le sait, mais nous ne voulons pas y croire, nous avons perdu cette foi, cette magie, cette force illimitée qui fait de nous des êtres humains. Il est temps de puiser au fond de ce qui fait de nous des humains pour redécouvrir qui nous sommes vraiment.

Du Global vers le local

Si c’est encore à la télé que la plupart d’entre nous observent encore ces changements qui nous paraissent si loin, c’est à chaque coin de rue qu’ils apparaissent, dans notre quartier, dans notre ville, encore à l’ombre des projecteurs. Il ne faut pas croire que ça ne se passe que là-bas, ailleurs, loin de nous. Ce changement agit partout où nous sommes et passe par nous. J’ai envie de citer Colibris, mouvement citoyen qui raconte l’histoire du colibris qui fait sa part pour éteindre l’incendie. Pas à pas, geste par geste, les comportements changent, les réflexes se transforment, nous changeons.

Stéphane Hessel, Edgar Morin, Patrick Viveret, Paul Jorion et Marc André Luyckx, ces « papis » qui font de la résistance et qui se révèlent au grand public confirment la préparation d’un terrain favorable au changement. Ils ne sont que les révélateurs d’une forêt qui s’ignore encore partiellement. Autant de signaux qui nous indiquent que l’heure est venue. Ce sera bientôt à nous de jouer.

Mes projets, mes avancées

Comme vous le savez peut-être j’ai commencé à travailler début janvier chez Emmapom, une agence de relation presse nouvelle culture. Ce monde existe, il est vibrant et ne cesse de grandir. Je suis ravi de pouvoir y apporter ma pierre et découvrir de nouvelles composantes. La semaine dernière j’étais dans le Sud de la France où j’ai d’abord assisté à un colloque de recherche sur les monnaies complémentaires à Lyon puis 3 jours près de Genève au Tiocan où nous avons réfléchi aux outils pratiques pour favoriser le développement de ces monnaies avec Community Forge. Encore une fois, l’heure n’est plus à la prise de conscience mais à l’action. La BD augmentée sur les monnaies complémentaires publiée avec Owni vient de sortir, le dossier spécial alternatives économiques sur les indicateurs de richesse paraîtra fin février, je sens que ces idées avancent et reçoivent un écho de plus en plus large. Le livre sur l’innovation monétaire auquel j’ai contribué avec Jean-Michel Cornu est sorti également après avoir été diffusé progressivement sur internet actu.  Autant de graines et de transformations de projets qui donnent envie de faire autrement, qui disent pourquoi et comment. Autant d’invitations à écrire le prochain chapitre ensemble.
Prochaine étape pour moi, créer une banque du temps pour échanger des services sur Paris. Un moyen d’échanger autrement, une façon de faire connaissance et de contribuer à s’enrichir mutuellement et de partager avec les autres ce que nous aimons faire.

Serons nous prêt à temps quand notre tour viendra, quand tous les projecteurs seront sur la France, ce pays qui fut jadis  pays des droits de l’homme? Serons nous à la hauteur de ce que le monde attend de nous. Saurons nous honorer nos frères et sœurs de tous les pays et de tous les continents? Saurons nous trouver au fond de nous, cette énergie qui nous anime et nous permet de nous accomplir pleinement? Pour le savoir il nous faudra sauter.

Sommes nous prêts?

Vers septembre 2010 et au-delà!

Je sors d’une belle après-midi de réunion sur la sociocratie et l’attribut plein d’une belle énergie. Pour la petite histoire l’attribut est une association, un groupe de personne qui vit à la Réunion, partis à 3 il y a 2 ans ils sont aujourd’hui 35 membres actifs pour 135 membres, créent, vivent et animent leurs groupes en utilisant la sociocratie, le jeu du tao et en incluant les enfants dans leurs processus de prises de décision. Une belle leçon humaine d’humilité et de partage réalisée par Laurent et Lydia. Merci!

Il est temps pour moi de faire un petit point sur mes projets du moment et à venir. Ca m’aide toujours à poser un point fixe dans le temps et voir ce qu’à tel moment ou à telle époque je souhaitais faire, et pourquoi ou comment j’ai dérivé. C’est aussi l’idéal pour se projeter et clarifier ce qui m’anime en ce moment. Enfin, c’est toujours la possibilité d’inviter aux commentaires, aux synergies, à la synchronicité et à trouver des personnes intéressées pour co-créer ces différents projets.

Avec Génération-Tao:

– Continuer de tenir la Chronique des Créatifs Culturels
– Aide à la rédaction des interviews pour le Magazine
– Organisation d’événements à thème (la suite de la soirée du 23 avril: Comment créer une société d’abondance?..)
– Développement, marketing, stratégie

En dehors de Génération-Tao, j’ai aussi une vie très active (comme vous commencez à le savoir) autour des systèmes monétaires complémentaires, participer à construire la nouvelle économie. Je navigue entre des envies de communication, d’événementiel, de designer…  A la manière de la loi d’attraction, je vous invite ici à me joindre, à participer, à me solliciter, à me connecter avec les personnes justes. Ces projets me motivent au plus profond de moi, ils sont justes et plein de sens: aucun doute. L’activation et leur mise en place demandent souvent un certain investissement, toujours plus enrichissant s’il est effectué en collectif, en groupe, à plusieurs, ainsi je vous invite à me donner un feedback sur votre envie, votre besoin, une motivation qui vous est propre de partager un bout de route, de faire un bout de code ou quelques images sur un ou plusieurs de ces projets, si ça résonne en vous! Toute participation est la bienvenue, ces projets m’animent au plus profond de mon être, et sauf changement de programme, je les réaliserai, mais je souhaite les co-créer. La porte est ouverte…

Autour de la nouvelle économie – appel à la co-construction

Nombre de ces projets trouvent déjà écho dans le groupe naissant qui se constitue avec des pratiquants intéressés tous par la diffusion des monnaies complémentaires: les valeureux (je vous en reparlerai!).

Un site de ressources: Pourquoi les monnaies complémentaires – Comment les monnaies complémentaires? Pourquoi: pour pouvoir centraliser les réponses, les documents essentiels et l’argumentation du besoin des monnaies complémentaires. Comment: pour donner les documents clés de la conception d’une ou plusieurs monnaies, les différents guides, plus destinés aux designers, architectes ou toute personne qui souhaite monter son propre système.

Des rencontres rythmées sur Paris, à la manière des green drinks, faire battre une pulsation régulière (une fois par mois?) sur le sujet des monnaies complémentaires et de la nouvelle économie, encourager les rencontres des pratiquants, aider à créer des liens.

Des conférences, des soirées projection de documentaires, des séminaires de formation sur ces outils, les méthodes, les techniques, les procédés: Comment créer sa monnaie? Les événements peuvent être centrés sur la question de l’évolution monétaire comme d’autres processus qui contribuent à cette dynamique du mieux vivre ensemble: la sociocratie ou le jeu du Tao par exemple. Être facilitateur entre ceux qui vivent au quotidien des expériences innovantes et un public curieux.

Un documentaire sur les alternatives monétaires existantes: je souhaite aller sur le terrain en Europe comme au Brésil, à la rencontre des humains et ramener des images. Le but est pour moi d’abord de rencontrer ces personnes, de découvrir leur histoire, les difficultés  rencontrées, les bénéfices de leurs changements, etc… Dans un second temps, partager ces images avec une double lecture: la première est de diffuser des exemples simples et concrets de ce qui se fait, expliqué par les pratiquants: montrer qu’il existe des alternatives concrètes et vivantes, la seconde est d’avoir des grilles de lecture pour les architectes monétaires des clés de création de monnaies, qui, quoi, comment, les étapes, les règles essentielles, toutes ces petites expériences qui nous éviteront de refaire les mêmes erreurs. C’est un projet très personnel mais qui me tient ô combien à coeur pour avancer sur la route de la rencontre des alternatives.

Un outil en ligne de village virtuel: A la manière d’un jeu vidéo, je souhaite faire le cahier des charges et aller jusqu’à la réalisation d’un site web en open source qui permette à chaque communauté d’avoir un outil qui soit le reflet en ligne de son activité physique. Mairie, Banque, Marché, chaque partie doit donner le reflet  holoptique de la communauté, des richesses existantes, la possibilité d’interagir, de voir les flux, les règles, les membres, de proposer des changements, de soumettre des propositions etc.. Ce projet est probablement le plus difficile techniquement, il demande également un certain investissement, mais sa portée est très importante par sa réplicabilité à d’autres communautés. Faites signe si vous voulez que nous unissions nos forces..

Du design de monnaies complémentaires: avancer avec des communautés dans la création de leurs outils, je pense notamment au Tiocan, éco-lieu près de Genève où je me suis déjà rendu pour un think-tank sur la monnaie, j’y retourne fin août pour continuer le processus. Je pense aussi à L’Attribut qui a le terreau et la maturité pour développer son système. Ca peut être du coup par coup sur mesure, mais ça peut aussi être le design d’une monnaie qui pourra être réplicable pour plusieurs communautés ayant des besoins et des valeurs similaires, je pense notamment aux sites web de l’information.

Cercle intégral apprenant: Que ce soit avec les valeureux ou en dehors, c’est bien de prôner des choses, la meilleure façon de savoir si ça marche c’est de les vivre, des les appliquer sur soi. « Be the change you want to see in the world » nous disait Gandhi. Donc ici, découverte par la pratique, créer, apprendre, tester un peu tout ça.

Voilà pour la rubrique monnaies, comme vous voyez, c’est plutôt complet, varié et ambitieux, mais je pense que tous ces points sont complémentaires et cohérents.

Projets de l’âme, projets du corps

– Continuer d’animer des parties de jeu du Tao: à Paris et ailleurs, surtout à la sollicitation: si l’envie est là, que vous pouvez réunir une table (4 à 6 personnes), je serai ravi de me déplacer pour vous accompagner dans la réalisation de vos quêtes.

– A la rentrée je commencerai la formation de la Wutao – School pour devenir instructeur de Wutao, formation en 3 ans, c’est un passage essentiel pour moi pour revenir vers le corps, dans la sensation, dans le mouvement, dans l’ondulation et la respiration. Devenir instructeur c’est aussi le goût de la transmission, de l’accompagnement et du partage.

le wutao par Imanou

– A la rentrée je m’inscris également au Centre Génération-Tao pour pratiquer de manière régulière 3 disciplines effleurées pendant mon semestre à l’accueil du Centre: Art du Combat, Wutao et Souffle alchimique. De quoi se donner, se dépenser et faire circuler et harmoniser les énergies qui m’animent pour un mieux-être certain.

La musique… aaaah la musique. J’ai récupéré récemment mon alto qui dormait depuis trop longtemps en Picardie. Il est temps de le refaire vibrer, je cherche d’autres personnes avec qui pratiquer, partager. Après une longue pratique du classique, je serai ravi de découvrir l’univers gipsy, tsigane, plus dynamique et vivant que mes premiers amours. Ce n’est pas une priorité pour moi, mais je sais et je sens que c’est un besoin profond, me reconnecter à la musique: Vibrer.

Le chinois. Je sens le besoin de l’écrire ici, après avoir pris un seul et unique cours ce semestre, l’envie est toujours là, le temps difficile à trouver, mais cette langue m’attire profondément, et l’écrire me permet de constater que cette envie n’est pas morte. L’investissement ici est important, on verra avec le temps comment cela évolue.

Et puis aussi

En dehors de toutes ces activités, la recherche de la société d’abondance continue de m’animer, avec cette question profonde de la rareté et de l’abondance, comment ouvrir les yeux, la tête et le coeur? Ecrire sur la transition de l’ère industrielle à l’ère de l’information: la société de la connaissance. Comment prendre conscience de l’abondance? Comment partager, comment faire confiance et évoluer vers des modèles de répartition des richesses plus généreux. La veille quotidienne sur les sujets du numérique, des nouvelles organisations, des architectures d’animation de cercle ou d’événements, les business modèles en participation libre, le logiciel libre et les libertés en général.

Avec toujours cette ambition: servir en partageant les frais fixes et en participation de don libre pour la part variable.

Vaste programme… Voilà la direction, il n’y a plus qu’à parcourir le chemin… si vous souhaitez m’accompagner, ou partager un bout, soyez les bienvenus!

En avant!

La nouvelle économie – Money and Life par Charles Eisenstein

Tout y est. Parfois, certaines personnes parlent si bien qu’il serait inutile de retranscrire leur discours.

Economie sacrée, économie du don, êtres connectés et reliés avec la planète. Démurrage / monnaies fondantes, dont la valeur décroît avec le temps, comme toute chose de la nature, Charles parle du coeur et ça se sent. Son discours est sincère et juste. 50 minutes en anglais à voir pour comprendre l’économie qui naît sous nos yeux. Comme il le dit si bien, pour certains il faudra attendre que celle qu nous connaissons aujourd’hui s’écroule, pour d’autres, certaines parties en sont déjà visibles.

J’aime beaucoup la partie sur le business model: économie du don, joie d’offrir, plaisir de recevoir, donner ce que vous voulez. C’est ce que nous avions fait à Génération-Tao à la soirée du 23 avril. Plus j’y pense, plus c’est clair que c’est comme ça que je souhaite travailler.

Prix transparents, coûts fixes, et choix du montant pour le reste, en fonction du plaisir et de la valeur estimée par chacun, et en fonction de ses possibilités. Ce qui est juste pour l’autre le sera pour moi. Je mettrai un jour des powerpoints sur slideshare  par rapport à cela que j’ai préparé il y a un temps déjà. Idem, un débrief de l’expérience de la soirée de Génération Tao est à venir.. En attendant, régalez vous avec cette superbe interview!

Charles Eisenstein from StormCloud Media on Vimeo.

La réalité

Parfois, avec tous ces beaux projets, j’ai tendance à l’oublier.

Parfois, avec toutes mes utopies, j’ai tendance à croire à des mondes plus merveilleux.

Ce soir, j’ai recroisé la réalité. Entre Anvers et Louis Blanc, dans les rues de Paris, la réalité nous entoure, parfois on peut entrer en contact avec elle, délicatement.

2 personnes qui demandaient un sou pour acheter à manger, passant de tables en tables, alternant les demandes entre ticket restaurant, cigarettes et un euro. L’air triste, le ton juste correcte, ils partent comme ils sont venus, invisibles dans la nuit.

6 personnes qui dormaient sur des bancs, leur sac de vêtements à portée de main, telle une carapace d’escargot, tout ce qu’ils ont. D’autres dans des entrées d’immeuble avec leur sac de couchage, installés là depuis des mois maintenant. 3 dans ma rue. Parfois ils changent, parfois un autre apparaît en bas à la rôtisserie, et puis il redisparaît comme il est venu.

Les afghans occupent toujours les dessous du pont de la rue Louis Blanc entre Louis blanc et Colonel Fabien, tous les soirs depuis novembre ils font des feux. L’odeur en passant sur le pont attaque les narines, alors comme tous les passants, je jette un oeil pour voir où ils sont, ce qu’ils font. Deux groupes se regardent, de chaque côté du pont. Un bus Ratp passe vers 20h30, ils s’y regroupent. Pour partir? Pour arriver? Pour manger?

La journée ils oscillent entre les berges du canal et le parc de la grange aux belles. Que font-ils? Parlent-ils avec des français? Depuis combien de temps sont-ils là? Pour combien de temps encore? Qui sont-ils?

Les tentes et les matelas s’entassent, s’amassent. En dessous de Jaurès a pris place un véritable camping quechua. Ils ne disent pas un mot, n’interagissent que très peu avec les passants, mais ils sont là, dans nos rues. Nul ne sait d’où ils sortent, où ils vont. Ils sont là, dans la rue. Que leur est-il arrivé? Qu’ont-ils vécu? Est-ce que ce sont toujours les mêmes?

Le dernier, un irakien de 50 ans me demande une pièce. J’hésite à me retourner, sombre mine, heure tardive, on ne sait jamais. J’écoute mon cœur et j’y retourne: médecin à Bagdad, ici il fait la plonge à Saint Michel pour un restaurant grec. Propre sur lui, de petite taille, casquette sur la tête pour passer inaperçu, il bosse de 8 heures du matin à 1 heure du matin. 20€. Il me rappelle Fawzi, le père de Markus mon correspondant allemand, médecin en Allemagne.

Il dort à l’hôtel ibis. C’était son point de chute. 70€ la nuit. Il parle correctement le français, par chance appris avant d’arriver ici. Il est chauve, il me remercie. Il sourit. J’aimerai lui proposer plein de choses, j’ai envie de l’aider, mais il n’y a rien que je puisse faire ce soir qui change sa condition. Ses diplômes ne sont pas reconnus ici, il ne connait personne. Il me dit que je suis beau avec mes cheveux longs et que lui les avait long avant aussi. Il sourit à nouveau et me remercie, main sur le coeur. Je le remercie à mon tour, j’ai pas fait grand chose, mais il m’a touché.

Il y a 3 mois maintenant j’avais croisé un albanais à gare du nord. J’avais donné 2€ à son camarade qui vendait le guide des sans logis. Lui me demande 2€ aussi, je lui dis de partager avec son copain, il me dit qu’il n’y a pas de partage. Je suis gêné. Je veux comprendre. Je lui propose d’aller manger un grec en face et qu’il me raconte. Il a 19 ans, il est venu d’Albanie en voiture, il devait payer 100€ pour le voyage et finalement il s’en est sorti sans payer. Ses parents sont morts, il ne les a pas connu. Frères et sœurs, on ne sait pas. Il ne prend pas de frites, son estomac n’est pas habitué à manger autant, il ne préfère pas. Il parle pas mal français. Il a une tente en banlieue nord, quelque part paumée près d’autres tentes mais assez loin pour pas qu’on lui vole ses affaires. Il a froid le soir, il collecte de l’argent pour s’acheter une couette. Il vit seul. La journée il rejoint d’autres jeunes de l’est pour vendre « ensemble » ces magazines à la sortie de Gare du nord. Je finis les frites que j’avais commandé pour lui. Gêné. Il me donne 3 pounds pour me remercier, il les a récupéré d’un touriste, il ne peut rien en faire, gêné à nouveau, j’accepte et le remercie. On se prend dans les bras et on se quitte. Je lui dis que je passe de temps en temps, qu’on se reverra. J’ai envie de le revoir et peur en même temps, je ne sais pas quoi faire pour pas qu’il ne s’attache à moi. Et en même temps je veux lui apporter tout le surplus qui traîne chez moi et ne m’est d’aucune utilité. Lui proposer de venir chez moi, j’y songe, c’est risqué, j’ai honte, je ne sais plus quoi faire. Tétanisé entre ma générosité, mon égoïsme et mes schémas mentaux, je ne sais plus ce que je peux faire. Je lui dis à bientôt et je m’éloigne. Quel avenir? Quelle histoire? Quitter l’Albanie pour la gare du nord. Comment peut-il vivre seul, sans famille, dans un pays étranger dont il ne parle que si peu la langue? Où est-il aujourd’hui? Cela fait un moment que je ne l’ai pas revu. J’ai oublié son prénom. J’espère qu’il va bien.

Comment en sommes nous arrivés là?

Le monde marche sur la tête.

Dure réalité.

D’autres moyens d’échanger

Texte écrit pour la newsletter de Zhi Rou Jia, l’école du développement de la douceur, club de Taï chi de Bourgogne animé par Laurence Cortadellas et Jean-Michel Chomet.

La vraie richesse

Une vision d’évolution du monde considérerait la richesse comme la bonne organisation des humains, des objets et des animaux. Quand toute chose est à sa place, alors le monde est en paix. Ainsi la richesse découle de la bonne combinaison des éléments entre eux : quand la plante reçoit de l’eau, quand l’élève prend un cours avec le professeur qualifié, quand le livre trouve un lecteur, quand Roméo trouve sa Juliette, alors chaque élément se combine avec l’autre, et de cet échange nait un enrichissement mutuel. La plante sans eau meurt et la vie ne s’écoule plus en elle. Le professeur sans élève est malheureux et l’élève sans professeur ne peut progresser. Le livre sur l’étagère prend la poussière et le lecteur curieux n’étanche pas sa soif de culture. Roméo sans Juliette ne partagera pas son amour et la vie s’arrêtera s’il en va de même pour tous les humains.

Ainsi dans la plupart de ces cas, l’immobilisme et la stagnation sont synonymes de mort. C’est le mouvement et la liaison des éléments par complémentarité qui leur permettent de dégager leur richesse et de s’entraider mutuellement pour remplir leur mission. Lorsque les éléments s’unissent, leur nouvelle formule créée quelque chose qui dépasse chaque élément pris séparément. Ainsi la vie et le mouvement donnent la possibilité à chaque élément de s’exprimer à sa juste valeur.

De façon inverse, j’observe que l’accumulation génère une perte de richesse puisque certains éléments pourraient être mieux utilisés si leur allocation était optimisée. Le jeu économique correspond donc à mes yeux à l’organisation et la répartition de ces richesses dans le but de coupler besoins et biens pour satisfaire tous les êtres vivants.

Dans l’économie en crise qui nous entoure, beaucoup d’entre nous courent après la richesse, le rêve de devenir riche : accumuler une somme d’argent importante, ou des objets qui nous assureront un certain confort. Dans une logique de peur du manque ou de besoin d’en avoir toujours plus, nous courrons régulièrement après une quantité strictement croissante de biens et de quantité d’argent. Cette vision ne satisfait pas notre enrichissement collectif.

J’aime comparer l’économie et l’argent à l’organisme et au sang. Le sang permet d’apporter l’oxygène aux cellules des différents organes. Chaque organisme a ses règles, sa façon propre de fonctionner, ses spécificités, mais quelques règles restent invariables quel que soit le domaine choisi : le sang doit circuler, être en mouvement, tel un flux permanent. Sa stagnation, son accumulation, sa solidification sont synonymes de pathologies qui indiquent un déséquilibre nuisant à la santé de l’organisme.

À l’échelle de l’économie, l’argent a les mêmes propriétés : pour que le système soit en bonne santé, la circulation doit être fluide. Des facteurs aggravant tels que l’accès au crédit, l’accès aux intérêts, le retour sur investissement, et l’accumulation des richesses dans les mains de quelques uns qui n’a jamais été aussi forte jusqu’à maintenant sont les causes de la nette dégradation du système.

Bien des zones de notre corps planétaire n’ont aujourd’hui plus accès à l’oxygène nécessaire à leur survie. Alors que le coeur mutant de notre économie représenté par Wall Street et la City pompe à une vitesse qui donne le vertige le sang de notre corp ; l’Afrique et les pays en voie de développement en sont dépourvus.

L’argent était rare

L’argent était pendant longtemps considéré comme rare et limité. Avec la fin de l’ère de l’industrialisation et les changements liés à l’arrivée des moyens de communication moderne, la donne a changé : 95% des échanges ne sont plus liés à l’économie réelle, la masse monétaire en billets représente moins de 3% de la masse monétaire totale, et la monnaie n’est plus garantie en or, comme c’était le cas jusqu’en 1971. Cela signifie qu’aujourd’hui, l’argent n’est plus qu’une information : un accord collectif de donner une valeur mesurable à un bout de papier. Dit autrement, l’argent est un jeu auquel nous acceptons de jouer collectivement. En termes de technique, il n’est pas difficile de créer un système monétaire, pour cela il suffit d’une feuille et d’un crayon pour noter les mouvements de compte et les dépenses recettes de chacun. Internet et les technologies de l’information ayant rapidement évolué et s’étant démocratisés, comme les blogs ont rendu les médias participatifs et citoyens, de nouvelles formes d’économies sont en train d’apparaître à grande échelle et de proposer des alternatives nombreuses, diverses et adaptées localement aux besoins des populations.

A quel jeu voulons nous jouer?

Dans le Monopoly, la structure du jeu nous oblige malgré nous à jouer les uns contre les autres et après une vingtaine de tours, nous nous retrouverons avec un gagnant et 4 perdants sans un sou. Notre jeu économique international est constitué des mêmes architectures invisibles : pour rester dans le jeu, il faut lutter et être en compétition contre les autres. N’étant plus en accord avec ce postulat, de nombreuses personnes, déjà chassées du secteur économique ou en recherche d’innovation prennent la responsabilité de recréer la structure, l’espace, le jeu dans lequel ils ont envie de jouer. Ils créent les règles de leurs échanges, en fonction de leurs valeurs, de leur richesse et de ce qui compte pour eux. Certains jeux ont des architectures dites de « jeux finis », on note un début, une fin et une possibilité de départager un gagnant d’un perdant : la ligue 1 de foot en est un très bon exemple. D’autres jeux ont des architectures dites de « jeux infinis », où comme une partie de foot avec des copains, on joue sans fin, les règles peuvent changer, la taille des buts, le nombre de joueurs, le jeu se poursuit tant qu’il y a du plaisir. Le Monopoly présentant une architecture de jeu fini, à nous de trouver les astuces pour faire durer le jeu économique des échanges sur un rapport gagnant-gagnant-gagnant (un pour la planète), de façon illimitée dans le temps.

Fraternité économique

Dans de nombreux SELs (Systèmes d’Echanges Locaux), le solde de chacun peut varier entre -1000 et +1000. Les membres sont d’accord pour dire que la vraie richesse est dans l’échange, ainsi être à 800 ou -700 n’indique plus un état de richesse ou de pauvreté, mais simplement un indicateur pour donner notre position par rapport au flux collectif. Comme un groupe qui avancerait en cordée, peu importe si tu es devant ou derrière dans l’ascension, l’essentiel est que tu sois lié au tout, et que tu avances. Comme la respiration, peu importe que tu sois en inspiration ou expiration, tant que tu respires régulièrement, le groupe se porte bien. Ainsi collectivement, nous pouvons faire le choix d’aller aider à dépenser celui qui est à +1000 en lui proposant nos services, ou inversement, aller aider celui qui est à -1000 en l’aidant à formuler ses offres, ses richesses et ce qu’il a qu’il ne reconnaît peut-être pas encore qui a une grande valeur pour les autres. Nous sommes unis, et ensemble, nous nous enrichissons collectivement en utilisant des règles que nous choisissons et respectons. C’est une des multiples possibilités qu’offrent les monnaies complémentaires, les SELs, ou les monnaies libres. Il en existe aujourd’hui déjà 5 000 dans le monde, et plus la crise et l’impasse économique, spéculative et financière des états et des banques continuera, plus ces possibilités deviendront un outil logique et raisonné pour développer les collectivités locales, les régions, les groupes et créer un nouveau maillage d’irrigation en réseau.

Les monnaies complémentaires ne changeront pas le monde si nous ne nous changeons pas en même temps. Elles ne restent qu’un outil créé par l’homme, et dans le fond ce seront toujours notre cœur et nos intentions qui donneront au système sa couleur et son sens. Elles nous permettent en tout cas de sortir du système prédateur actuel et d’ouvrir notre conscience à la vraie richesse.

Merci à Delphine pour les relectures, critiques et commentaires.

Comment créer une société d’abondance?

L'abondance ...

L’idéogramme « crise » signifie en chinois à la fois « danger » et « opportunité ». Dans ces temps où nous sommes en recherche de solutions, d’alternatives, d’autres manières de vivre, de penser, de respirer, nous recevons à Génération Tao des personnalités qui ont, chacun(e) à leur manière, développé des activités dirigées vers une économie éthique et responsable, une nouvelle façon d’être et d’interagir avec nos semblables.

Ils créent une société où le savoir-être prend le pas sur l’avoir… une société tournée vers plus de sens.

Dans ce contexte, que signifie l’abondance aujourd’hui?
Peut-on concilier prospérité financière et richesse intérieure ? Abondance et écologie ?
Les monnaies libres sont-elles une solution ?

Parce que toutes ces questions seront posées dans un lieu où se cultive quotidiennement la richesse intérieure et l’écologie corporelle®, nous essaierons ensemble, au sens propre et métaphorique du terme, de participer à créer un nouveau Souffle.

Nos invités sont:
Edel Gött, fondatrice de Recherches et Evolution : www.recherches-et-evolution.com
Philippe Derudder, fondateur de L’Homme en devenir : www.lhed.fr
Ezzedine El Mestiri, fondateur du Nouveau Consommateur : www.nouveauconsommateur.com
Pol Charoy, co-fondateur de Génération Tao® et co-créateur du Wutao®

Rendez vous le Vendredi 23 avril à 20H au Centre Génération Tao

Réservez votre place! Envoyez un mail: centre@generation-tao.com

Retrouvez l’événement sur Facebook

Participation libre en euros ou monnaies libres ou ce que vous jugerez utile et approprié!

Lieu : Centre d’Arts & d’Ecologie Corporels Génération Tao
144 bd de la Villette • 75019 Paris • Métro Colonel Fabien /Jaurès
www.generation-tao.com • centre@generation-tao.com

En partenartiat avec les éditions Yves Michel, le Nouveau Consommateur & Génération Tao

Pour les internautes: coverage à venir grâce à Dominique Nugues & Radio Bazarnaom : http://www.radiobazarnaom.com

Petit altermondialiste rêve de changer le monde

C’est un ramassi de pensée, une vidange de cerveau, une fin de chapitre que j’ai écrit le 1er octobre 2009 à Rotterdam, quelques heures avant mon retour en France. Cela retrace pas mal de choses dans un désordre sympatique. Piochez ce que vous pouvez, oubliez le reste.

On y retrouve mon état d’esprit à la sortie du chapitre étudiant, juste avant le retour en France, et puis je repasse en vitesse sur mon évolution et mon parcours (surtout sur le net) de site d’infos en site d’infos, constituant ma conscience de petit altermondialiste. J’en profite un peu pour recracher sur le pyramidal et réaffirmé des évidences. Certaines informations sont déjà obsolètes: j’ai quitté le transitioner fin novembre, les relire maintenant donnent une autre dimension. En changement permanent… en changement permanent

Jeudi 1er octobre 2009, 2 heures du matin, Rotterdam chez Julien et Paula

Fin d’un monde.

Musique: Gotye – heart’s a mess – Supermayer supermess remix

Mood: happy happy strange

Fin d’un monde

Aujourd’hui je finis le dernier jour de mon stage. Aujourd’hui je finis le dernier jour de ma vie étudiante. J’entre dans l’autre monde: celui où l’on pense qu’on a assez étudié et qu’il est temps de voir ce qu’on sait vraiment faire. Le passage à l’acte.

Après 25 ans à s’imbiber, à recevoir, à accumuler, à traiter, à analyser et à remâcher continuellement il est temps de voir ce que j’ai appris et ce que je puis faire pour faire avancer ce monde. Ca s’appelle la réalité et je vais m’y attaquer sérieusement. Il est temps.

Strange strange but nice

Je quitte la Hollande avec ce nouveau sentiment, chaque fois c’est différent. Cette fois c’est strange strange but nice. Strange parce que je suis venu pour vivre avec Elseline et que ça n’a pas marché. Strange parce que je suis resté, grâce à la passion et l’intérêt pour la mission d’assistant dans l’organisation de la Conférence Internationale de Recherche en Développement Durable (avec les majuscules, c’est marketing) à l’université d’Utrecht. Nice parce que ces deux mois ont été uniques et que les quatre qui ont suivi aussi. Je suis resté là où beaucoup seraient rentrés. Je me suis adapté. Je suis devenu nomade, squattant en Juin et Septembre en hostels ou colloc en Juillet et Août et fin septembre. Je n’avais parfois que la clé de mon bureau et celle de mon vélo, sans réelle attache physique à quelque toit que ce soit. J’ai vécu deux phases complètement riches et différentes qui ont toutes les deux créé beaucoup de rencontres et de magnifiques moments. La facilité de la Hollande, c’est que c’est à 4h de Paris donc contrairement au Mexique et à l’Argentine, on sait qu’ils viendront bientôt bénéficier d’un WE touristique à la zoupiquerie pour visiter Paris.

Organisation du futur

Je passe ma vie à organiser mon futur et s’il y a un moment que j’ai longtemps attendu, c’est celui là. En retrouvant les feuilles de la présentation de mon projet professionnel en Juin 2009 j’avais écris en gros OCTOBRE 2009 comme la case de sélection vers les différentes options ou choix qui s’ouvriraient à moi, et c’est avec joie et plaisir que je rejoins demain en rentrant à Paris le groupe d’organisation de la communauté du Transitioner où je suis déjà actif en tant que membre.

Passer de la vie étudiante au monde de l’abondance en donnant mon temps à une organisation non profit est exactement ce que je cherchais. Après avoir passé 5 ans en école de commerce à apprendre comment rendre les ressources rares et chères, je vais maintenant appliquer le procédé inverse en créant et partageant des ressources de manières abondantes et en créant des moyens d’échanges abondants pour pouvoir échanger et partager les biens et connaissances de façon plus équitable.

Créer du profit n’est pas mon but ultime. Créer de la richesse et assurer son partage me paraît plus judicieux. L’accumulation c’est la stagnation et c’est la mort du flux. Je ne suis qu’un petit maillon qui cherche à fluidifier le flux et repenser les tuyaux.

Ecrire demain

Demain à l’arrivée du train je rejoins le 209, je rallume mon pc et capte le wifi, bois beaucoup d’eau [ndZ: j’ai 4 étages pour rentrer chez moi] et me réjouis de la nouvelle installation et de la propreté. Je passe ensuite à l’istec histoire de croiser du monde, je rejoins ensuite les copains au Quai ouest et peut-être rejoindrais-je le groupe The Transitioner. Vendredi open forum, rencontre de Jean-François, moment très attendu. Après avoir quitté Walter aujourd’hui, c’est comme un changement de maître, l’accès au niveau supérieur, un changement de stratégie et de terrain mais une énergie et une optimisation de la motivation parfaite. Je suis au meilleur endroit possible, là où je peux apporter le meilleur de moi même et faire changer les choses.

Rejoindre The Transitioner (TT)

Depuis Avril où j’ai découvert les monnaies libres, je n’ai cessé d’harvester à droite à gauche, tout ce que je pouvais trouver sur le sujet et absorber un maximum d’information. J’ai assez vite contribué sur la traduction de la vidéo d’introduction aux free currencies et à l’open economy. Après j’ai commenté, alimenté et participé au sein de la communauté et via Twitter lors des événements à distance. Au fur et à mesure je commençais à comprendre et connaître les différents acteurs et les liens entre eux. J’ai réfléchi à ce qui manquait au TT et aux autres plateformes pour avancer plus vite et ce que je pouvais leur apporter avec mes petits bras et mon cerveau. Après avoir découvert et participé à la rédaction du texte d’introduction au Flowplace en français et anglais, j’ai continué à participer à l’organisation un événement en ligne d’introduction aux codeurs. En travaillant régulièrement avec Fernanda des avancées et des rouages de la grande machine j’ai pu avoir une image d’ensemble et comprendre comment fonctionner le tout, pour servir quel but et grâce à quelle énergie. C’est en offrant mon énergie à un endroit où le tout en bénéficierait que je serai donc utile à l’ensemble.

Une fois fait la combinaison de ce qui manque et de ce que je peux combler, au boulot.

J’ai travaillé et contribué tout ce temps, de façon désorganisée et asynchrone. Je n’ai toujours pas rencontré Fernanda ou Jean-François à ce jour, mais ils m’ont déjà invité à les rejoindre. C’est une sensation extraordinaire de connaître le degré de certitude que j’ai par rapport à ce choix et cette direction. C’est le meilleur endroit où je puisse être.

Le bout du chemin

C’est le bout du chemin, d’un cheminement de 3 ans depuis les incidents de Oaxaca, les sites aztecs et le chiapas. Début de l’éveil de la conscience de l’autre monde, avec le rapport sur l’évolution des inégalités et la découverte des freemens, carnets de nuit de José Ferré le premier puis lafinducapitalisme de Francesco. Gentil altermondialiste, petit à petit j’avance jusqu’à tomber dans le subprime en août 2007, mon grand amour. Finance internationale en Argentine et le livre de Greenspan me donneront de bonnes armes pour comprendre les défaillances du système. Paul Jorion expliquera brillament le reste, en complément avec LEAP. Contreinfo, Dedefensa, Loïc Abadie, millesime, le blog finance et mon netvibes qui s’organise drôlement aideront pour approfodir la finance et la géopolitique ainsi que le durable et le libre. Le très bon story of stuff et les youtube sur l’exponentielle. Le crash course de Chris Martenson aussi. En Septembre l’année dernière je participais aux rencontres du libre à Buenos Aires et rencontrais Maddog et Chris Hoffman (Linux Foundation & Mozilla Foundation) et confirmais mon amour pour la philosophie du libre. Avec AJH je découvre les vices de la monnaie, l’île des naufragés, l’écosociétalisme, le crédit social, les lets, le dividende universel et la monnaie dette. La création monétaire abandonnée par l’Etat au banque en 1976 par VGE, le 6 janvier. Reconfirmée et scéllée dans l’article 104 du traité de Maastricht, et repassé avec le mini traité de Lisbonne. L’alternative de Constitution écrite par les citoyens d’Etienne Chouard et la Consitution pour l’économie de Paul Jorion. J’entends parler du mouvement colibri.

Donc la monnaie est viciée à l’origine, et elle est contrôlée par les banques. Margrit Kennedy et Bernard Lietaer l’expliquent très bien, Attac aussi.

Voir les patterns similaires au Mexique et en Argentine dans les crises, et le documentaire de Kenny Arkana sur la mondialisation confirme que c’est ancré dans le code même du système. L’autre réalité du travail clandestin, des camps de la sueur du No logo de Naomi Klein, ou the shock doctrine explique assez bien les techniques modernes de nouvelle colonisation du capitaliste. De façon similaire on retrouvait dans le Mexique et en Argentine une double conquête de ces pauvres pays. D’abord au fusil et à la hache avec les conquistadors européens en 1528 pour le Mexique et 1779-1879 siècle de la conquête du désert (comprendre massacrer les indiens toujours plus loin) pour l’Argentine, et puis une deuxième guerre plus subtile, à coup de banques, d’exode rural, de privatisation du chemin de fer, et au Mexique avec les banques évidemment aussi. Les deux fois les pays se sont laissés conquérir alors qu’ils avaient toutes les ressources et les capacités pour s’auto-organiser sans se faire piller.

L’argent cherchant toujours plus de profit, le rouleau compresseur avançant, il faut envoyer toujours plus de dettes pour faire fonctionner une machine qui bénéficie à ceux qui ont la monnaie reine. Pour stimuler la dette rien de telle que la consommation et la boucle en avant est bouclée. Une bonne dose de surcommunication faisant péter tous les systèmes nerveux d’un être humain normalement constitué permettra d’engluer ce qui reste cérébralement activé avec le show du marketing politique et la saga Obama Saison 1 et l’illusion d’une démocratie au milieu de cet oligopole financier qui tient les ficelles de chaque homme politique ayant fait une carrière ou en contact avec des lobbys d’une industrie déjà dépassée qui ne comprend pas son époque.

La triple pyramide: pouvoir financier, politique et démocratique, le meilleur exemple Bloomberg, maire de New York, homme le plus riche de la ville et fondateur/président de la plateforme du même nom, référence de l’information en finance.

Chaque entreprise qui aujourd’hui veut faire plus de croissance se demande comment faire. Ils font appel à des consultants très renommés qui vont leur pondre un fabuleux plan de bataille sous powerpoint. En dehors des changements pipos de stratégies et autres recyclages internes, ce qu’il faudra changer le plus souvent, c’est la marque et donc faire appel à la comm pour impulser un nouveau signal dans le cerveau de vos clients pour leur expliquer que dans le fond, vous êtes quand même une marque cool. Les consultants font donc appel à une agence de communication pour réfléchir au message, à la cible, au ton, au média et canaux de diffusion etc.. L’agence de communication va donc après avoir refait le logo et peut-être même le site web proposer une campagne de comm pour raconter un peu sa vie. Et dans ce monde où la publicité traditionnelle est devenue si cher et peu regardée et où l’on veut toucher son public au contact rien de tel que l’événementiel. L’agence de comm va donc faire appel à une agence événementiel qui va leur concocter l’événement parfait pour lancer leur nouvelle campagne. Puisqu’ils n’ont aussi que leur cerveau pour penser et que leur expertise s’arrête là où commence celle des autres, ils vont donc sous-traiter le traiteur, le logement, la construction, le mobilier, la technique, la vidéo, les prestations accessoires.

Donc l’entreprise décide sous les joyeux conseils de notre belle équipe de cerveaux d’organiser la coupe du monde de foot des moins de 18 ans. Elle sera créatrice du tournoi et le tournoi portera donc son nom, marquant pendant une génération tous les jeunes garçons qui associeront la marque à la coupe du monde de foot junior. Ils pourront même à l’occasion coupler l’affichage de l’emballage en pub pour leur événement et utiliser leurs produits pour inonder l’événement.

Reprenons: l’entreprise investit pour augmenter son chiffre d’affaire, on lui propose une campagne de communication, qui lui propose un événementiel, qui lui propose de créer un tournoi pour les jeunes garçons de tous les pays, ce qui permettrait d’augmenter le positionnement de la marque, et d’augmenter à court ou moyen terme les ventes de ses produits. Objectif atteint!

Je décompose: Il y a une coupe du monde de foot pour les adultes. Il n’y en avait pas pour les enfants, donc c’est une entreprise qui l’a créée, non pas pour satisfaire à un besoin, mais pour pouvoir par un moyen détourné augmenter son CA.

Quand on dit c’est l’intention qui compte, on touche le fond.

Penser l’inverse est tout simplement impensable: La même entreprise se rendrait compte que tel problème existe à un endroit, elle donnerait de l’argent dans le but de l’aider. Alors que la finalité est la même, qu’elle bénéficierait en retour d’un regain de respect et d’humanisme, elles ont besoin de passer par des chemins bien complexes pour comprendre ce qui est bien dans ce monde: aider à construire et créer des richesses.

Pourquoi ne le font-elles pas spontanément?

Parce que le but numéro un de chaque entreprise est de créer du profit, pas de donner de l’argent pour résoudre des problèmes. Alors comment on en est arrivé là?

Comment peut on finir par penser que faire le bien et investir plein d’argent doit être fait par les entreprises, pour le bien commun et leur sera bénéfique tôt ou tard en retour sur investissement?

Pourquoi l’inverse n’existe pas?

Il existe et ce sont les fondations de dons. Elles passent leur temps à investir et donner de l’argent à des projets selon des thématiques. Elle n’obtient pas ses ressources de clients à qui elle vend des produits mais entretient un réseau de donateurs et vend des services de gestion de fondations.

Pourquoi les entreprises ne pourraient pas fonctionner comme ça?

Offrir, donner, partager, sans forcément attendre en retour et vendre ou trouver des donateurs intéressés par le service. Diversifier son offre en donnant en abondance tout ce qui est immatériel et en valorisant en retour le matériel, inévitablement plus rare.

Il y a un ravin entre l’entreprise d’aujourd’hui et mon monde numérique. Ceux qui dealent et jouent avec leurs deux identités le savent très bien, plus on s’expose, plus il faut tenir la transparence et en contrôler le niveau. .

L’entreprise ne se mettra jamais à nu, elle ne sait pas comment parler sans passer par une agence de comm qui lui vendra du cool. Elle ne sait pas comment parler et alimenter la discution avec ses publics. Elle ne sait que trop rarement les écouter. Elle consacrera sûrement plus de temps à ses actionnaires.

Comment peut-on arriver à concevoir que 30 personnes se soient suicidé chez France Telecom en un an. L’autre jour quelqu’un a sauté du dom et tout le monde disait que c’était affreux de faire ça sur la terrasse des cafés. Il faudrait donc créer un endroit, un terminus où chacun pourrait aller mourir en paix quand son heure serait venue. Créer ceci serait accepter et reconnaître que notre système est tellement opressant que des personnes en arrivent à vouloir se donner la mort. Je ne crois pas à la société des individus, je crois à un système vicié qui ne tourne plus rond et cache ce qu’il peut de l’arrière boutique. Si la vitrine brille toujours, à l’intérieur c’est sûr que ça a dijoncté depuis un moment, contrôle de l’image, contrôle de l’homme et peur de l’insécurité, tenaille entre le chômage et la rareté monétaire, le besoin d’avoir de l’argent pour vivre, faut bien manger et se loger.

Une bonne partie de nos organisations crééent une pression sociale et un état permanent de semi lobotomie semi on vous la met profond. La transparence est reconnaître et prouver qu’on joue beau jeu et que la communication est libre et multidirectionnelle, pas de contrôle du bruit, discussion et implication des consommateurs etc..

Les jeunes entreprises et NGOs ont déjà compris ça. Si la transparence s’installe dans le discours et la réalité de l’entreprise, alors le monde aura déjà bien changé. Quand on voit la belle saison de green washing qui nous attend, on n’y est pas encore tout à fait.

Cette entreprise pyramidal et hiérarchique, tellement patriarcale et obsolète! Ses bases sont solides mais je la vois déjà tellement branlante. Small is beautiful: Auto-entrepreneur, propriétaire de mon cerveau et de mon corps je partage ma création en projets.

L’entreprise pyramidal, la corporation, la haute finance, la voltige boursière, l’économie sans frontières, les paradis fiscaux, les délocalisations, le casino, la FED, le $, le FMI, l’OMC

Ce temps là est finit, ça ne marche pas. Certains tombent d’eux mêmes, d’autres nécessiteront un bon coup de balai pour finir aux oubliettes assez vite. Il est temps de passer à la suite. et il s’agit donc de réinventer un système qui prenne en compte toutes les données actuelles de nos problèmes globaux majeurs. Réinventer le monde: écrire l’Histoire.

Il s’agit de créer un système qui valorise toutes les richesses, qui soit libre et abondant.

Il s’agit de reconnecter la richesse à sa juste valeur et arrêter de déconnecter la création de richesse avec la masse monétaire.

Trouver un système, une organisation locale qui garantisse satisfaction des besoins pour tous et épanouissement dans la vie. L’immatérielle s’échangera de façon abondante et libre tôt ou tard, donc de ce côté là, je ne me fais pas trop d’illusions. Il faudra organiser l’investissement dans la recherche et développement de ces technologies et assurer le partage et la diffusion des données.

Pour le matériel, plus c’est local mieux c’est. Plus c’est autonome, interdépendant mieux c’est. Electricité, alimentation, Education, Santé et Logement doivent pouvoir s’organiser et se partager à l’échelle locale la plus basse. Recréation des communes, organisations libres de personnes ayant des richesses à partager et échanger. Créer les bonnes monnaies libres permettront de fluidifier tout ça dans le bon sens.

Je l’espère…